Le Parti de l'Innocence 9

 




Ceux qui n'ont pas été sages et qui ont été privés de ma bonne parole pourront néanmoins lire ici-même :

L'éloge de Jules Regnault.




Cent cinquantenaire !

INVITATION

Pour le 150ème anniversaire du décès de Jules Regnault,
auteur du Calcul des chances et philosophie de la Bourse,
ingénieur des Ponts et Chaussées,
professeur de mathématiques des lycées de Périgueux et Chaptal,
officier du Génie et de la Garde nationale de Paris,
Grand'Croix de la Légion d'honneur,
vous êtes invité à une cérémonie commémorative qui aura lieu le mercredi 17 juillet 2013 à Paris au cimetière du Montparnasse à 14 heures 30 et à un service religieux le même jour en l'église Saint-Philippe-du-Roule à 12 heures 30 précises.

Si vous voulez confirmer votre venue, prière de me joindre par téléphone au 01.47.51.51.59 et par e-mail driout@club-internet.fr
Si vous souhaitez prononcer quelques mots au cimetière, n'hésitez pas à me le dire !

Sesquicentennial !

INVITATION to a CELEBRATION

For the 150th anniversary of the death of Jules Regnault
author Calculation opportunities and philosophy of the Exchange,
Engineer Roads and Bridges
high school math teacher at college of Périgueux and Chaptal
Engineering Officer and the National Guard of Paris,
Grand Cross of the Legion of Honor,
you are invited to a memorial ceremony Wednesday, July 17, 2013 in Paris at the Montparnasse cemetery at 14:30 and a religious service on the same day in the church of Saint-Philippe-du-Roule at 12:30.

If you want to confirm your attendance, please contact me by phone at 01.47.51.51.59 and e-mail driout@club-internet.fr
If you want to say a few words to the cemetery, do not hesitate to tell me !


Fünfzig und Hundertjahrfeier !

EINLADUNG

Für den 150. Jahrestag des Todes von Jules Regnault
Autor Berechnung Chancen und Philosophie von der Börse,
Ingenieur Straßen und Brücken
Mathelehrer Gymnasium Périgueux & Chaptal
Pionieroffizier und der Nationalgarde von Paris,
Großkreuz der Ehrenlegion,
Sie sind zu einer Gedenkfeier eingeladen Mittwoch, 17. Juli 2013 bei Paris am Friedhof Montparnasse um 14 Uhr 30 und einem Gottesdienst am selben Tag in der Kirche von Saint-Philippe-du-Roule bei 12 Uhr 30.

Wenn Sie Ihre Teilnahme zu bestätigen möchten, kontaktieren Sie mich bitte per Telefon unter 01.47.51.51.59 und E-Mail driout@club-internet.fr
Wenn Sie ein paar Worte zu dem Friedhof sagen wollen, zögern Sie nicht, mir zu sagen !

Centocinquantenario !

INVITO

Per il 150° anniversario della morte di Jules Regnault
autore Opportunità di calcolo e la filosofia della Borsa,
Ingegnere Strade e Ponti
liceo insegnante di matematica e Périgueux e Chaptal
Ingegneria Officer e la Guardia Nazionale di Parigi,
Gran Croce della Legion d'Onore,
siete invitati a una cerimonia commemorativa Mercoledì, 17 luglio 2013 a Parigi, presso il cimitero di Montparnasse a 14 ore e 30 e un servizio religioso nello stesso giorno nella chiesa di Saint-Philippe-du-Roule a 12:30.

Se si desidera confermare la vostra presenza, vi prego di contattarmi per telefono al 01.47.51.51.59 oppure e-mail driout@club-internet.fr
Se si vuole dire qualche parola al cimitero, non esitate a dirmelo !

Sesquicentenario !

INVITACIÓN

Para el 150 aniversario de la muerte de Jules Regnault
Autor Oportunidades de cálculo y la filosofía del Mercado de Valores,
Ingeniero de Caminos y Puentes
profesor de matemáticas de la escuela secundaria y Périgueux y Chaptal
Oficial de Ingeniería y de la Guardia Nacional de París,
Gran Cruz de la Legión de Honor,
usted está invitado a una ceremonia conmemorativa Miércoles, 17 de julio 2013 en París, en el cementerio de Montparnasse a las 14 horas 30 y un servicio religioso en el mismo día en la iglesia de Saint-Philippe-du-Roule a 12:30.

Si desea confirmar su asistencia, por favor ponerse en contacto conmigo por teléfono al 01.47.51.51.59 o por correo electrónico driout@club-internet.fr
Si quieres decir algo al cementerio, no dude en decirme !

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Le Parti de Mon Innocence

Le Parti de Mon Innocence 2

Le Parti de Mon Innocence 3

Le Parti de Mon Innocence 4

Le Parti de Mon Innocence 5

Le Parti de Mon Innocence 6
 

Le Parti 7

Le Parti 8

La suite du parti privé d'Innocence 9.

Le Parti 10.

Le Parti 11.

Le Parti 12.




Le Parti privé d'Innocence 10


Cette page est ouverte pour faire plaisir à Olivier Bruley qui se plaignait toujours de la longueur du chargement de la précédente ... puissent des pensées légères ne pas trop l'alourdir !

Terrible crise des blogs entre le 14 juillet et le 15 août ! Chez Assouline on a exterminé toutes les sauterelles antisémites et l'on crie famine devant cette disette inédite depuis le divorce public de Charlie Hebdo, chez le tapir Brighelli toutes les fourmis pédagogistes étant parties dans leurs paillottes siroter les fruits de la passion, on ergote sur des virgules raisonnées et des comptes d'apothicaire, entre les amis in-nocents de Renaud Camus même le maure se fait rare, ce dessert délicieux pour les âmes bien nées qui n'attendent jamais le nombre des années, Pierre Cormary, le vengeur masqué, est au bord de la syncope pour avoir flagellé sa chair flasque toute l'année, Ludovic Maubreuil attend le prochain film prise-de-tête en se désespérant devant The Dark Knight qui va occuper tous les écrans du mois d'août, Didier Goux époussette les canettes de bière jusqu'à plus soif d'un air désabusé de vieux chien battu, Olivier Bruley fait la féria tout seul chez lui dans un habit de misère et même moi j'épouvante les fonds de tiroir, car où sont passés mes vieux frères ennemis, où et n'en quel pays ?

Alain Juppé affirme dans les journaux qu'il était en excellente forme alors qu'il était premier ministre contrairement à François Fillon ! Sûr après un mois de grève des transports en décembre 1995, il était radieux et pas décomposé du tout, c'est pourquoi il a cédé dans la bonne humeur sa place à Lionel Jospin après un tel triomphe ...
Curieuse l'amnésie chez les hommes politiques ! Juppé c'est l'alter-égo de Fabius, la même vanité et la même impopularité oublieuse ... ces gens-là sont incorrigibles, l'école normale supérieure leur a fait sucer le lait de la prétention depuis leur plus jeune âge ; je revoyais chez Ruquier, Laurent Fabius voulant jouter avec Fabrice Luchini qui est un spécialiste des citations de circonstance, évidemment il s'est lamentablement étalé, tout premier de la classe qu'il se croit, la mise en bouche de la langue française c'est un métier comme un autre et Luchini le pratique depuis de longues années.

Il est vrai que la rue d'Ulm a produit une liste de mathématiciens de premier plan tout à fait impressionnante, dans les Lettres le bilan est beaucoup plus mitigé pour ne pas dire indigent ! Ce n'est pas demain la veille qu'un poète sortira de cette machine à niveler les esprits sous l'étiage d'une pensée commune voire triviale.

Un poète ne vaut que par sa singularité, qu'il exprime un lieu commun sans y laisser trace de sa patte par une discordance quelconque et le voici exclu de ceux qui dispensent l'ambroisie. Il n'existe que par le plaisir pervers qu'il provoque en nous. Il n'exprime aucune loi générale sous le ciel étoilé pour reprendre l'expression célèbre de Kant.

Un poète a forcément tort mais avec quel éclat !

Paul Claudel fait penser à Richard Strauss, ils sont de la même race quoiqu'ils s'ignoraient l'un l'autre (mais il est vrai que leurs contemporains les indifféraient) - il est curieux que personne n'ait entrepris le parallèle - la même intempérance, le même goût de la domination, les mêmes égarements et l'absolution finale au nom de l'étrangeté poétique ! L'époque voulait ces mises en scène outrées et ces mises en bouche à la limite du mauvais goût. Un Montalte qui aime l'un et l'autre devrait se régaler à encenser l'un et l'autre en même temps, après tout ils sont oecuméniques ou catholiques tous deux avec la même affectation ! Et cela le change de son propre masochisme ...

Paul Claudel était très content d'être Paul Claudel et Richard Strauss infiniment satisfait de s'appeler Richard Strauss ! L'aile de la modestie ne les a jamais atteinte (à la suite de la seconde guerre mondiale qui l'avait laissée dépressif Strauss fit cet étrange aveu à Furtwängler qu'il n'était qu'un épigone de Wagner).

Jean Dujardin va passer de Brice de Nice à Jacques Chirac, aucune difficulté c'est la continuité, cet acteur est trop doué pour s'arrêter en si bon chemin, je lui proposerai bien quelques noms de neuneus de la politique pour continuer sa carrière prometteuse. Il faut suivre la pente même si c'est en descendant ... malgré ce qu'en disait André Gide le prudent tâteur de petits garçons.

Le Pen a fait une objection ironique au plan de Christine Boutin qui veut "loger les français", il lui rétorque qu'il est impossible de différencier les français et les étrangers en situation régulière au regard de la loi !
Effectivement c'est par abus de langage que la ministre du logement parle de loger les français ! Tout au plus peut-elle proposer des logements sociaux aux ayants-droit ...

Je voulais avoir une carte de lecteur de la BNF - j'étais prêt à payer pour cela et à m'inscrire sur une liste d'attente si besoin était - je n'ai jamais réussi à en obtenir une depuis sept ans ! Et pourtant beaucoup d'étrangers l'ont ... faut-il un diplôme spécifique ou passer un examen pour en avoir une ? Je n'ai même pas reçu une seule explication.

Google Books m'a rendu de grands services, mais il ne peut pas suppléer à tout.

Si des gens comme de Villiers et Le Pen étaient suffisamment intelligents, ils seraient pour l'intégration de la Turquie car il n'est rien de mieux pour faire exploser les institutions européennes ...

L'exemple de la Belgique prête à réflexion, il montre que vouloir passer par-dessus la tête des peuples est un exercice qui trouve vite ses limites quel que soit le système politique. A moins d'inventer un régime totalitaire en Europe on ne voit pas ce qui pourrait subvertir à ce point cette réalité fondatrice ... l'Europe n'est pas un continent vierge quoiqu'on en pense !

J'ai découvert que Rameau avait composé de la musique pour Jupiter vengé ballet meslé de récit qui sera dansé sur le théâtre du collège royal de Nanterre le 27ème août 1744 à midi et demi. Or le grand musicologue anglais Cuthbert Girdlestone - on ne dira jamais assez tout ce que la musique française doit aux anglais dans l'état de déréliction où les snobs type Boulez et ses affidés l'avaient laissée après guerre - n'en souffle pas un mot dans son ouvrage de référence.
Dans le même spectacle ou quelques jours soit avant soit après le jeune Sébastien Durand de Monville (°1728-1774), âgé alors de seize ans, incarna le rôle de Lysandre des Fâcheux, ballet-comédie de Molière sur une musique de Lully. Il était le cadet de Marie Ursule Durand Demonville (°1727-1793) épouse en 1773 du savant botaniste Louis Guillaume Lemonnier (°1717-1799).

Jean-Philippe Rameau était un homme timide qui fuyait la foule et était embarrassé des compliments qu'on faisait sur sa musique, il cherchait à passer inaperçu quand il allait à l'Opéra et s'étonnait quand on le reconnaissait et qu'on l'applaudissait. Il n'avait pas la belle certitude de Richard Strauss sur son génie et recevait volontiers les conseils en corrigeant ses partitions en fonction des attentes. Comme on le voit on est loin du portrait que Diderot fait de lui en sublime atrabilaire !
Le misanthrope c'est Rousseau pas Rameau !

Voltaire ne s'y est pas trompé en lui confiant plusieurs de ses arguments. A la fin de sa vie Rameau arpentant les jardins du Palais-Royal confia à un interlocuteur ravi de le faire un peu parler que si son goût était devenu meilleur il n'avait plus du tout de génie (était-ce si vrai ou un accès dépressif de grand vieillard puisque Les Boréades date de l'année même de sa mort ?).

Concierge du sérail royal des animaux, comme voilà un titre qui sonne haut et clair !
Il est digne d'une turquerie de Voltaire ou de Mozart.
Avez-vous remarqué parmi les sottises de l'époque contemporaine que plus personne ne veut se parer du titre de concierge sauf dans les palaces parisiens ?

Je ne crois pas qu'on puisse concevoir aujourd'hui une recherche historique et érudite sans Google Books, de même que tout travail scientifique sérieux s'appuie sur les banques de données fournies par le Net. Il est fait pour cela.

Internet ce n'est pas un truchement temporaire c'est la base essentielle de la mémoire collective.

J'aime bien Olivier Bruley à cause de sa sincérité dans un monde où tout le monde triche ! Je ne suis pas sûr que cette franchise le conduira loin ... Tout le contraire d'un Eric Fleutelot dont on parle dans Libération aujourd'hui, je l'ai connu en 1995 à Act Up, déjà à l'époque il manigançait pour se faire bien voir de tous, ça l'a emmené loin, il est chevalier de l'ordre du mérite à 39 ans et chargé de je ne sais quelle fonction de direction dans la lutte contre le Sida. Quand je l'ai rencontré il n'en menait pas large avec sa séropositivité fraîchement découverte, je me rappelle même pour le rassurer lui avoir dit qu'il vivrait vieux, la trithérapie étant sur le point d'arriver ... ma prédiction s'est accomplie, je devrais en être satisfait, curieusement c'est à peine le cas.

Joli garçon d'ailleurs, ce qui ne gâte rien ... certaines personnes sont nées pour la prostitution sous toutes ses formes. Prostitution morale comme physique. Mon semblable, mon frère, hypocrite lecteur comme dit si bien Baudelaire ! Que celui qui ne s'est jamais payé les services d'un prostitué ou ne s'est jamais prostitué - s'il en avait les moyens - lui jette la première pierre !

L'amour est une forme de prostitution dit cyniquement Baudelaire, disons inconsciemment, cela est vrai !

L'amour chez moi est une forme morbide d'obsession, il n'y a pas de quoi s'en vanter, la Nature faisant bien les choses, peu d'individus sont atteints de la même façon de la même maladie.

La sujétion à quelque chose qui vous dépasse n'est-ce pas une forme de prostitution sacrée ? On peut difficilement garder sa lucidité et vivre sa passion, me semble-t-il ...

Il y a des couples de choses antagonistes. Vous ne pouvez pas à la fois réclamer votre liberté et vous plaindre ensuite que tout soit désenchanté !

Jérôme Vallet a une dent depuis toujours contre Erik Satie (c'est une scie), on ne sait pas ce que le pauvre ermite d'Arcueil a bien pu lui faire ! Il l'empêche de dormir ? Ses petites mélodies lui trottent dans la tête ?
En matière d'art c'est simple, tant que rien n'est imposé - et l'art est censé être le lieu de la plus grande liberté - on se détourne de l'oeuvre qui vous ennuie, il n'y a que des professeurs jurés qui se font conscience d'étudier ce qu'ils réprouvent ! L'art c'est d'abord l'art de plaire, me semble-t-il ...
Ainsi je n'aime pas la création musicale contemporaine, qu'y puis-je ? Dois-je me fracasser la tête contre les murs pour me faire rentrer dans le crâne une musique qui m'échappe et dont je ne retiens rien ?

Je n'aime pas Pierre Boulez non pas parce qu'il produit une musique qui m'ennuie ou que ses talents de chef d'orchestre ne me convainquent pas mais parce qu'il voudrait faire croire qu'il n'est qu'une seule loi du plaisir en musique ... j'appelle cela du totalitarisme musical.

Jean-Jacques Rousseau disait que les français ne pouvaient avoir de musique, Boulez que Schubert n'est pas de la musique, tout ceci est du même acabit. J'y vois un fond de peu d'intelligence et des paradoxes faciles.

Glenn Gould le puritain n'aimait pas le sensuel Mozart, cet amateur de plaisirs faciles. Pourquoi se serait-il forcé à apprécier ce qui le dégoûtait musicalement ? Quant à ses paradoxes, du style le grand Mozart c'est le premier Mozart, on peut les laisser là où il les a trouvé sans grand mal. Glenn Gould disait un jour à Josef Krips, le mozartien émérite, alors qu'il venait de jouer ensemble un concerto, vous m'avez presque fait aimer Mozart ! Je trouve cette remarque plus charmante que bien des sentences définitives dont le pianiste canadien nous affligeait.

Les gens les plus bêtes croient que l'art est un domaine progressiste ... ce ne sont certainement pas des esthètes ! Est-ce que l'ouie a progressé depuis les derniers siècles ? Est-ce que notre vue est plus fine ? Ou aucun de nos sens ?

Karl Marx c'est la philosophie du fixisme, ce qui en sciences de la nature a précédé et a combattu l'évolution des espèces, c'est la ligne Maginot de l'économie, toujours contournée et jamais achevée ...

Je suis passé cet après-midi rue de Picpus, juste une petite plaque de marbre qui indique que là furent enterrées les victimes de la guillotine installée place de la Nation, après que décidément le sang coulé place de la Révolution ait fini par lasser les amateurs de sensations fortes ...

La République n'a pas jugé bon honorer toutes les victimes innocentes de la Révolution. A quand le mémorial national de tous les crimes révolutionnaires commis au nom de la République ?

On ne fait plus d'esprit en France, c'est dommage il y aurait tant à dire et encore plus à montrer !
Eric Fleutelot, chevalier de l'ordre du mérite. Son mérite le précède, sa renommée le suit.
On s'honorait autrefois de sa particule pour se dire noble, il aura trouvé moyen de faire d'une particule virale, un pont d'or dut son immodestie naturelle en souffrir.
Ses anas valent la peine d'être notées et qu'on s'y attarde : Ca suffit de toujours faire porter la responsabilité aux riches ! Les africains doivent s’en prendre à eux-mêmes, à leurs gouvernements. Ils n’ont qu’à être démocrates, et alors, ils auraient les traitements.
On ne saurait être plus élégant et Pascal Sevran contresignerait des deux mains (s'il le pouvait encore) cette déclaration d'amour à la Terre entière, l'éloge de la démocratie dans une telle bouche et dans de telles circonstances va droit au coeur ... il n'y a pas d'excès quand on aime.
M Fleutelot a le teint blond c'est pourquoi il nous fait penser à un pactole dont il aurait trouvé la source en lui-même ...
Et puis c'est un grand avantage d'être contagieux, cher monsieur, car on partage ses biens tout en ne s'appauvrissant jamais !

Le silence du G8 a été pesant, note Eric Fleutelot, responsable des actions internationales au sein du collectif Ensemble contre le sida. Regardez la France. Certes, elle a donné 270 millions d’euros, et en 2005, on était à 250, mais ce n’est pas les 300 millions prévus. Chaque pays grignote. Quoi qu’on dise, les financements à venir ne sont pas sécurisés.
En entendant cette remontrance nous sommes dans nos petits chaussons. Heureusement que M.Fleutelot lui se contente d'un rien et ne grignote jamais entre les repas ... une tontine pour sécuriser la rente perpétuelle du sida serait donc bienvenue, car sinon comment se montrer charitable ? Pour que le crédit des bonnes intentions reste intact, il faut l'alimenter régulièrement ...
L'âme délicate de cet ange de douceur s'effraie de peu de choses. Il faut le rassurer du mieux que nous le pouvons. Son confort est une chose précieuse et comment dormir tranquille en laissant cette âme en peine ? Beau marquis nous tenons à votre repos.

Obama a déclaré qu'à partir de maintenant grâce à lui les mers allaient cesser de monter, il ne doute de rien !
Je disais qu'il n'était pas plus crétin qu'un autre mais je crois que j'ai un peu exagéré ...

Moïse-Obama séparant les eaux ... ah ! comme cela est grand ! Auparavant il réunissait les races d'un geste auguste effaçant d'un coup quelques milliers d'années d'exil, maintenant ce sont les éléments qu'il maîtrise sans se lasser. Quel spectacle nous prépare-t-il donc qui pourra surpasser cette toute-puissance et quand le verbe se fera-t-il chair ? Si Cécil B. DeMille vivait encore, il aurait trouvé là un héros digne de prendre la relève des Supermens de la pellicule.

Les gens qui racontent la "libération sexuelle" (trade mark), en parlent comme des vieux schnocks de leur guerre passée ! Ca ne donne pas franchement envie ... s'il faut s'amuser d'une manière aussi sinistre, autant travailler, c'est plus drôle !

L'amusement obligatoire ça ressemble fort aux travaux forcés - à domicile souvent qui plus est ! bonjour le faux exotisme ...

Militantisme et érotisme ne font pas bon ménage.

Le plus érotique c'est encore Raphaël Juldé qui sans jamais rien nous montrer, nous fait tout sentir ! Un frisson, un frôlement d'aile ... tout l'émeut et nous remue ! Et c'est le moins militaire de tous les hommes, je voulais dire militant ...
Il est fort l'animal ou bien il très vicieux et très imaginatif.

Si l'on veut vaincre le VIH il faut avoir une vue d'ensemble du problème.
La manière la plus simple d'envisager la question c'est de reprendre le principe du tue-mouche, attirer le virus dans un piège. On sait qu'il est réceptif aux protéines CD4 qui se trouvent à la surface de certaines cellules, il faut donc créer un leurre. On pourrait imaginer se servir de nanoparticules (porteuses comme un cheval de Troie de composés biologiques), auxquelles on collerait les protéines idoines. L'avantage de la technique c'est qu'elle épuiserait les capacités d'infection du virus. Les nanoparticules seraient comme des puits viraux. Si on peut repérer les réservoirs profonds du virus - peut-être selon certaines études dans des ganglions intestinaux - alors on irait directement rechercher les virus dans ces poches.
D'une manière générale, on peut certainement envisager plusieurs approches différentes du problème - soit le bouclier, soit l'épée - mais ce qui est sûr c'est qu'il faut élaborer une stratégie d'ensemble et ne pas se focaliser sur les détails.

Il y a une logique du vivant et les rétrovirus y participent. Quant aux moyens à mettre en oeuvre pour contourner la Nature ils ne sont pas forcément copiés sur ce qui existe déjà ! L'utilisation de la radio-activité pour le traitement des cancers est un bon exemple de ce que l'on peut réaliser sans reprendre les chemins déjà balisés par la biologie.

Je ne tiens pas à me laisser enfermer dans la littérature ...
Et d'autre part je sens bien que si je ne m'en mêle pas d'une manière ou d'une autre en stimulant les esprits, certaines choses n'avanceront pas.

L'esprit conventionnel menace toujours de l'emporter. Il faut des originaux ...

Les pensées présumées ... on se trompe toujours ! C'est bien pourquoi j'aime bien vérifier à travers le prisme d'une certaine réalité découpée en morceaux ce que je pense. La science n'est que cela, ce prisme et cette réalité délimitée soigneusement par des coupures nettes comme des éclats de verre.
Je n'aime pas répandre ma sentimentalité ... quant aux petites fleurs si elles font bien dans le paysage, elles ont vite fait de se fâner sur mon bureau.

Je préfère résumer, je l'ai déjà dit, plutôt qu'étaler les choses. Resserrer les tourments d'une vie dans quelque formule. Ne pas s'acharner à enlever des voiles pour mieux paraître habillé ... à quoi bon ? Autant se déshabiller d'un coup si on le peut ...
Ma pensée à cet égard n'est pas érotique. Je ne laisse rien à deviner. J'entreprends de démolir l'assurance des forts et la faiblesse de faibles. Pourquoi faire des dupes, ne pensez-vous pas que la Nature y suffit ?

J'ai pris la place de Dieu, elle était vacante ...

J'ai commencé à lire la biographie que Jean-Luc Barré a consacré à Dominique de Roux (°1935-1977), qui traitait Roland Barthes de bergère, celui-ci menaça de faire saisir son recueil d'aphorismes où il était ainsi qualifié (son éditeur et ami Christian Bourgois fit découper la page incriminée !). Curieux pour un homme de gauche et progressiste qui plus est (les deux ne vont pas toujours ensemble) ...
L'homme était chaleureux et il est difficile de lui refuser sa sympathie même si son milieu d'origine et ses fréquentations ne sont pas vraiment ma tasse de thé, son grand-père était l'avocat de Charles Maurras et de l'Action française, son fils Pierre-Guillaume de Roux a épousé en secondes noces la fille de Maître Varaut, le défenseur de Papon.
Je connais la famille de Roux à travers le mariage scandaleux qui eut lieu en 1782 entre la fille du soi-disant marquis de Casaux et Sauveur de Roux (je descends des Casaux ou Cazaux d'Angoulême et des Antilles - oui ! je suis issu d'une famille de planteurs qui possédaient des nègres en Guadeloupe, mon hérédité est chargée) et qui se termina assez piteusement par la fuite du marquis et de sa fille à Rome où elle accoucha d'un fils adultérin et mourut en couches ...
Cazaux était connu pour être une relation du marquis de Mirabeau, l'ami des hommes et un économiste comme il en existait beaucoup en ce temps, ni plus, ni moins farfelu que beaucoup d'autres à notre époque ...

Dans un certain sens on pourrait dire que Céline a continué l'oeuvre de Saint-Simon, il en a repris l'esprit d'invectives ... cet espèce de désordre intérieur qui se répand sur tout le monde.

Michel Bernanos fit une scène à Dominique de Roux parce qu'il y avait un pédéraste dans le cahier d'hommages à son père, certaines personnes rendent la vie tellement impossible aux autres qu'ils finissent par empoisonner la leur même, Michel Bernanos se suicidera quelques années après.

Jean-Paul Brighelli qui est corse d'origine a fait une incise sur l'aspect clanique de son île et le sous-développement qu'il entraîne nécessairement, voire ! Je suis quelque peu un spécialiste de l'histoire des familles, je peux donner en exemple la famille Mulliez issue du Nord de la France qui règne sur un empire économique et qui est tributaire d'un pacte de famille, il en est d'autres ! La famille Michelin contrôle toujours le groupe Michelin, la famille Peugeot, la famille de Wendel, et plusieurs entreprises tricentenaires qui sont restées endogènes depuis leurs origines montrent que le modèle de développement familial a encore de beaux jours devant lui
C'est la doxa républicaine qui prétend que hors l'Etat il n'est point de salut mais la réalité est toute différente, la transmission culturelle et économique existe toujours au sein de certaines familles qui ont su conserver une structure et un pouvoir physique et intellectuel sur ses membres. Les formes changent, l'esprit demeure ...

L'Islande est de même un bon exemple de société homogène dont tous les membres cousinent à des degrés variés depuis l'an mil. On sait que les japonais se flattent d'avoir conservé un pureté ethnique à travers plusieurs millénaires d'histoire commune de leur archipel.

Autre modèle : les Regnault dont je suis issu dont une des branche celle dite des Regnault de Beaucaron dirige depuis six générations l'Etoile, mutuelle d'assurances contre la grêle.

Il me semble qu'avant de se prononcer sur la réalité d'une société, il faut se pencher sur ses composantes, sur ses méthodes de fonctionnement et ne pas s'éclairer seulement à la lanterne de l'idéologie la plus aveugle ! Remarquez par exemple que les sociétés communistes qui perdurent comme la Corée du Nord et Cuba le font sur un modèle familial, le fils qui succède au père, le frère qui succède au frère etc. Je ne connais pas le fonctionnement des cercles de pouvoir en Chine mais je suppose que si je l'étudiais de près, je verrais là aussi des consanguinités manifestes au sein du parti communiste et des milieux d'affaires malgré un discours égalitariste destinés aux étrangers et à la masse qu'on vise à manipuler voire à endormir ! On sait qu'en Russie ce sont essentiellement les proches du pouvoir qui se sont partagés les dépouilles de l'Etat ! La Chine comme la Russie sont des pays réputés pour avoir des élites corrompues. On n'y obtient rien sans bakchich et sans avoir des introductions auprès des hommes bien placés. Impossible de faire des affaires en Chine sans avoir un honorable correspondant sur place qui soit un autotochne ayant des relations. La question ethnique est d'ailleurs fondamentale, il faut être un han en Chine comme un russe blanc en Russie.

Il ne faut pas confondre amuser la galerie avec des discours généreux et essentiellement abstraits et poursuivre des stratégies égoïstes radicalement opposées.
Dans l'histoire récente de la France on pourrait montrer que la politique a servi de marche-pied à l'ascension de certaines familles comme les Giscard d'Estaing et les Mitterrand pour ne parler que des plus célèbres. La famille Sarkozy met elle aussi en place une stratégie d'alliance avec le pouvoir économique afin de perdurer.

Un individu isolé dans une société complexe et hiérarchisée est fatalement faible.

On peut remarquer que treize ans après sa disparition, la France règle encore la succession de François Mitterrand comme l'affaire Tapie et l'affaire des frégates de Taïwan, on peut supposer d'ailleurs que cet argent n'a pas été perdu pour tout le monde ...

Je soulève les pierres et je regarde les insectes qui s'agitent dessous ... au fond c'est moi le seul révolutionnaire car j'ai le regard le plus scientifique.

Les remèdes miracles sont souvent des poisons miracles comme la cortisone ... ironie du vivant !

On pourrait envoyer Obama comme président de la république libre d'Haïti, il y ferait merveille, il y changerait l'eau en rhum et autres choses de ce genre ... il est né pour enchanter ce peuple simple et indolent qui se balance au gré des palmes.

On ne s'évade pas si simplement de la biologie ... il y a des leçons étonnantes à retenir encore de la Vie.
On vient tout juste - et avec quelle surprise - de découvrir un virus parasite d'un macro-virus !
La vie ne se laisse pas si facilement déborder.

La vie se passe de littérature ... la littérature cette chose informe, mais on peut quand même s'en amuser. On met des croix sur des morts et des points sur des idées. Cela fait tableau.

Je suis plongé dans mon le temps écoulé comme si j'avais les pieds dans la glue, je relis des pages passées et je n'en mène pas large, comme un petit chat à qui on aurait mis le nez dans son pipi.
Ma vertu c'est mon silence et mon oubli. Quand j'outrepasse ces interdits je reviens sur mes désarrois de solitaire forcément. Me voici tout embrouillé, navigant dans une brume dangereuse. Le coeur n'y est plus mais le corps y est encore.

J'oubliais de dire que c'est sublime et que le sublime me tue.

Quand on ne recule devant rien pour prouver l'improuvable ou la posture des impostures :

Dans la peau d’un noir ?
2008-08-08 16:59:49
Vous souvenez-vous de ce programme « Dans la peau d’un noir » diffusé l’année dernière sur Canal + ? Il s’agissait de montrer au public ce que les personnes de couleur ressentent aujourd’hui, en France, lorsqu’elles ont à trouver un appartement, un emploi. Souvenez-vous : par le moyen d’un maquillage ultra perfectionné, la famille blanche devenait noire et la famille noire devenait blanche, mettant ainsi en évidence la discrimination que subissent quotidiennement les gens de couleur.

Mais la réalité est toute autre : Images travaillées, vernis impeccable, montage au millimètre, familles mal fagotées, scénario fignolé, la production ne reculait devant aucun artifice pour déceler chez les « piégés » la preuve de leur racisme ; ceci, nous l’apprenons en lisant le témoignage du père de famille blanc devenu noir.

Laurent Richier est un modeste intermittent du spectacle qui vit de contrats à la télévision ; contacté parce que sa famille est dans le même secteur professionnel que lui, tout le foyer s’embarque dans l’aventure avant de déchanter quasi-instantanément.

Parce que les propriétaires blancs ne sont pas assez racistes, parce que les employeurs, ces néo-colonisateurs en puissance, ne sont pas assez discriminants, parce que le quidam ne jette pas de regards suffisamment nimbés de peur et de haine, la production réclame des acteurs qu’ils en rajoutent, qu’ils se montrent plus agressifs, plus « exaspérés ». On sommait Laurent « de provoquer un peu les choses », « il fallait faire de bonnes images». En réalité, les situations étaient bidons, « oui, [tout a] été monté » affirme Laurent.

A la question « vous êtes vous senti manipulé ? » Laurent répond qu’il pensait faire une émission utile, « mais rien de ce qu’on a tourné n’est vrai. je m’en veux d’avoir fait passer certaines personnes pour racistes. C’est aussi pour ça que je vous parle. J’avais besoin de me confesser».

Il y a fort à parier que beaucoup de français sont, à l’instar de Laurent Richier, des gens bien intentionnés, de bonne volonté et qui croient ce qu’on leur dit : les français sont racistes. Jusqu’à ce qu’on leur prouve le contraire. Qu’on émette un doute.

Les medias ne reculent devant rien pour l’antiracisme, ce communisme du XXIème siècle comme l’a écrit Renaud Camus. Allant jusqu’à vouloir trouver du racisme là où il n’y en a pas, afin de culpabiliser les français de souche face à une immigration de plus en plus importante et face au métissage en passe de devenir loi spontanée. Il est à noter aussi qu’il y a bien un racisme que ces émissions de télévision se gardent d’évoquer, c’est bien entendu le racisme anti-blanc, prégnant pour tout français de souche. Si les rouages de cette émission sont dévoilés aujourd’hui par l’indiscrétion d’un employé peu reconnaissant, combien d’autres images manipulées, combien de petits capos dictant ce que l’on doit voir, savoir...
source : Magazine Closer, semaine du 4 août 2008.
Louise Demory.

Dans un autre style comment ne pas penser au procès d'O.J. Simpson où les noirs soutenaient massivement cet assassin qui fut acquitté au prix de quelles contorsions de la justice !

Que la famille Kennedy, pourrie jusqu'à l'os, soutienne mordicus l'actuel candidat démocrate est tellement significatif ...

L'origine du monde se trouve au château de Plieux, tout le monde sait cela, c'est d'ailleurs là que les géniaux frères Bogdanoff, les anciens proprios, ont eu l'idée de la seconde avant la seconde originelle !

L'homme n'est pas fait pour le camping quoi qu'en dise Jean-Jacques Rousseau ! Mon grand-père a fait quatre ans de camping dans les tranchées en 14/18 et plus jamais par la suite ...

Le grand-père par la main gauche des frères Bogdanov est le chanteur noir-américain Roland Hayes, je me disais aussi que leur physique ressemblait fort à de la magie noire, ils doivent confondre équations mathématiques et grigris qu'on agite pour invoquer les esprits !

Gobineau disait qu'avec une goutte de sang noir tout refleurissait, moi j'ai tendance à trouver qu'avec une goutte de sang noir dans les veines rien n'est plus sérieux ! Il n'y a plus que des chanteurs et des danseurs, des êtres qui bullent sans cesse ... incapables de ne jamais rien approfondir. La jactance remplace l'amère loi de la logique ...

Quelques personnages célèbres qui avaient du sang noir dans les veines comme Maurice Béjart et Saint-John Perse et pour qui dans le fond j'ai toujours eu une certaine répugnance. Béjart qui ne savait pas ce que c'était que la musique classique, tandis que le russe Balanchine était un esthète de la précision chorégraphique ; ses ballets m'ont toujours semblé un foutoir, et un foutoir orgiaque qui plus est ! Ce qui explique le public particulier qui était attiré par le caractère sexuel de ses chorégraphies.

Il n'y a pas de musicien classique noir contrairement aux dires d'une certaine propagande qui voudrait faire croire qu'on peut apprendre n'importe quoi à n'importe qui. Le pianiste André Watts est presque l'unique exception, fils d'une allemande d'origine hongroise et d'un soldat noir-américain, sa carrière s'est déroulée essentiellement aux Etats-Unis, elle fut poussée dans les années soixante par la politique anti-discriminatoire par des gens comme Léonard Bernstein qui le présentait souvent à la télévision.
Quant aux chanteurs lyriques qui se produisent sur diverses scènes cela ne prouve rigoureusement rien, n'importe qui peut chanter à la suite de quelques cours !
Je ne suis d'ailleurs pas un grand amateur des voix de Leontyne Price, Jessye Norman, Barbara Hendricks etc. Le timbre particulier des gorges noires ne me plaît pas. Elles ont une signature très reconnaissable, un peu enrobée.

On va dire que je fais le difficile, que je suis dans la nuance, que je joue à l'esthète ! Mais, oui, c'est cela, je suis dans la mesure du centième de seconde, mais c'est là où se fait toute la différence ! Entre le tocard et le génie, il y a juste une larme ...

On me casse les couilles avec la dictature médiatique ... la vérité d'un seul vaut bien la vérité pour tous !

Quand Jean-Jacques Rousseau écrit :

Quand on songe que, de tous les peuples de la terre, qui tous ont une musique et un chant, les Européens sont les seuls qui aient une harmonie, des accords, et qui trouvent ce mélange agréable ; quand on songe que le monde a duré tant de siècles sans que, de toutes les nations qui ont cultivé les beaux-arts, aucune n'ait connu cette harmonie ; qu'aucun animal, qu'aucun oiseau, qu'aucun être dans la nature ne produit d'autre accord que l'unisson, ni d'autre musique que la mélodie, que les langues orientales si sonores, si musicales, que les oreilles grecques si délicates, si sensibles, exercées avec tant d'art, n'ont jamais guidé ces peuples voluptueux et passionnés vers notre harmonie ; que sans elle leur musique avait des effets si prodigieux ; qu'avec elle la nôtre en a de si faibles ; qu'enfin il était réservé à des peuples du Nord, dont les organes durs et grossiers sont plus touchés de l'éclat et du bruit des voix que la douceur des accents et de la mélodie des inflexions, de faire cette découverte et de la donner pour principe à toutes les règles de l'art ; quand, dis-je, on fait attention à tout cela, il est bien difficile de ne pas soupçonner que toute notre harmonie n'est qu'une invention gothique et barbare, dont nous ne nous fussions jamais avisés si nous eussions été plus sensibles aux véritables beautés de l'art et de la musique vraiment naturelle.

Il n'y a qu'un défaut, c'est qu'aucun des mots qu'il emploie n'est défini précisément. Que l'on considère que la musique est une convention, que cette convention a l'heur de plaire ou le malheur de ne pas plaire, on aura tout dit je crois !
Un bruiteur engagé sur un film fait lui aussi une certaine musique, une musique concrète avec des objets donnés par le hasard ou bien des instruments spécifiques. Comme on le voit je peux étendre à l'infini la notion de musique ... loin même de tout solfège, de toute syntaxe !
L'idéologie de Rousseau est d'autant plus impérieuse qu'elle est éminemment floue, c'est d'ailleurs tant mieux pour elle, sinon elle serait une dictature parmi d'autres, qui serait une objurgation au bon goût comme d'autres veulent rendre obligatoire le politiquement correct.
L'art par définition est une question personnelle qui ne supporte aucune dictature et aucun bon goût imposé de l'extérieur. Faites-vous vous-même votre goût ... et écoutez le vent qui passe comme disait Debussy. Ou ne l'écoutez pas si tel est votre bon plaisir.

Les imbéciles veulent vous imposer leur imbécilité, ne soyez pas dupes ! L'art ne saurait rien concéder de nos sens et de notre entendement.

Au fond tous ces gens-là voudraient qu'on fasse sans cesse des concessions à la vie en société, mais dites-vous bien que si c'était cela, aucun art n'aurait de réalité ! La musique de Debussy n'est nécessaire à personne et elle n'est écoutable que par une infime minorité de l'humanité, cela n'enlève pas un pouce à son originalité.

Au fond le seul intérêt des imbécilités de Rousseau c'est qu'elles ont forcé Rameau à se faire théoricien et à mettre noir sur blanc ses idées.
La musique est un art discret ... on ne peut pas tout noter sur la portée ! Edwin Fischer racontait que jeune il mettait trop d'expression dans l'introït du 4ème concerto en sol de Beethoven et que Richard Strauss lui fit remarquer qu'il fallait se contenter juste de glisser sa carte de visite !

Comme vous le voyez la musique classique est loin des tambours du Bronx !

Thé et sympathie un film qui m'émut dans ma jeunesse, savez-vous que ce fut une des rares fois où la télévision française fit allusion à l'homosexualité dans les années soixante-dix ? La fiche wikipédia précise que le film fut interdit en Grande-Bretagne à sa sortie en 1956. Bien entendu les gens de mauvaise foi répéteront qu'il n'y avait aucune discrimination envers les gays en ces temps glorieux de la morale au beau fixe ! Une morale qui indiquait toujours le nord, ne les croyez pas ! Je suis témoin du contraire.

- Alors M.Aillagon il paraît que vous en pincez pour un homard ?
Il me brûle de faire cette demande au conservateur en chef de Versailles qui expose en grandes pompes le homard de Jeff Koons, artiste sponsorisé par M.François Pinault le célèbre marchand de Venise.
Je lui demanderais bien aussi s'il l'emmène avec lui attaché au bout d'une laisse dans quelque parc d'attraction rencontrer ses semblables, car quoi de plus triste qu'un crustacé solitaire ?

Quand j'ai vu Sarkozy embrassant Obama, je me suis dit, le voici perdu de réputation ce gentil noir innocent !

Vu hier soir dans les jardins de Ravello sur la côte amalfitaine, le West-Eastern Divan orchestra interpréter le premier acte de la Walkyrie avec Waltraud Meier, Sir John Tomlinson et Simon O'Neill. Ce bizarre nom pour un orchestre, tiré du recueil de Goethe, a été voulu par Barenboim pour rapprocher les esprits à l'aide de la musique, ce qui prouve qu'on peut être plus intelligent que l'imbécile éditorialiste du Figaro, Alain-Gérard Slama, professeur à Sciences Po' qui voudrait faire de la villa Médicis un lieu pour conférenciers politiques alors que seul l'Art a quelque chose à dire à tous.

A la villa Rufolo, Wagner séjournant alors dans cette station de Ravello, trouva l'inspiration pour les jardins de Klingsor et de ses filles-fleurs qui valent bien des James Bond Girls.

Mes enfants nous sommes peu de choses sur cette Terre ! Devant faire une livraison à Courbevoie j'en ai profité pour faire un saut de puce jusqu'au cimetière nouveau de Neuilly qui se trouve à cheval sur les communes de Courbevoie et Nanterre. J'y ai trouvé le caveau des Mestre. Tombe imposante en une espèce de grès gris, sur la partie verticale est ainsi gravé : Famille Mestre. Requiem aeternam dona eis Domine avec au milieu un motif en creux dont la dorure s'en va. En-dessous : Mme Joséphine Mestre née Brioude 1837-1907. Jean Mestre 1899-1937. Mme Emile Mestre née Angèle Leferme 1868-1950. Une grande croix en relief orne la partie horizontale.
Le nom d'Emile Mestre ne se trouve même pas gravé sur la pierre alors qu'il fut bien inhumé ici ! Donc Robert Mestre et Suzanne Réveillac ne se sont pas donnés la peine de cette petite dépense ! Robert Mestre devait être le neveu d'Emile Mestre et je suppose son héritier ...
Angèle Leferme est morte le 8 avril 1950 à Hyères dans le Var et Emile Mestre le 12 mai 1961 à Canadel, ou Rayol-Canadel-sur-Mer près de Cavalaire, dans le Var lui aussi. Leur tombeau est dans la division 2A, série 2, N°11.

Le plafond du parlement européen à Strasbourg s'est effondré ... mauvais augure ! La pauvre Europe est bien malade et la Belgique n'en parlons pas !

J'étais tout seul au cimetière de Neuilly, je ne comprends pas c'est pourtant un des endroits les plus follement amusants au monde. Il est vrai que les voies rapides qui ont poussé dans le coin isolent complètement ce carré ombragé et fort bien entretenu - pas de papiers gras, un silence religieux - tant et si bien que pour y accéder j'ai dû imprudemment enjamber des protections qui empêchent de traverser les routes ... de quoi y toucher un aller direct vers un monde meilleur si la circulation du mois d'août n'était si calme.

Une invitée de Jean-François Zygel qui questionnée sur une oeuvre de Prokofiev la trouve triste - lui terrifié par ce mot qu'on ne doit jamais prononcer à la télévision sous peine d'interdiction - grave n'aurait pas été mieux accepté - la reprend et corrige de son mieux la fâcheuse impression. Il s'agit d'une oeuvre motorique, nous dit-il !

La musique classique qui fait réfléchir, qui suspend le cours des vanités, qui est comme un miroir tendu à chacun pour approfondir son introspection doit être bannie. La musique classique c'est fun, c'est cool, c'est Rieu !

On ne doit plus prier quand on est face à une oeuvre d'art - on doit tout au plus faire appel aux gens des médias qui adoucissent le choc comme une cellule de soutien psychologique idoine ...

La perception du temps sans cesse accéléré, motivé et propulsé vers l'ailleurs. On ne doit plus écrire de la musique qui s'écoute la tête entre les mains disait déjà Cocteau, cette libellule outrée de superficialité - et de stupéfiants.

La meilleure définition qui a été donnée de De Gaulle reste encore la mienne, un nietzschéen combattu par un chrétien. Sans la lecture tôt venue dans sa vie des oeuvres de l'auteur de Zarathoustra et sans cette double ascendance on ne comprendrait pas la trajectoire et la pensée de cet homme d'Etat, un des rares qui traîne avec lui un conflit intérieur qui le rend complexe et intéressant quand les autres ne sont que platement vaniteux.

La gouaille parisienne mêlée au sens de la grandeur et au sentiment de vanité de toute chose ... un patchwork en vérité ! Charles de Gaulle n'était pas bâti d'une pièce contrairement aux dictateurs de son temps ce qui l'a empêché de se lancer dans une aventure solitaire et sans lendemain d'apprenti tyran.

De Gaulle n'était pas habité superficiellement par des références livresques comme un vulgaire professeur de littérature, il vivait intérieurement et jusque dans l'action la culture dont il avait hérité par diverses voies, empreintes familiales - sa parentèle était composée d'intellectuels et non pas de militaires - influences de ses chefs et mentors comme Pétain ou le colonel Mayer, inflexions de l'expérience qu'il avait puisée au fil de ses affectations par exemple au Liban et en Syrie. Tout faisait impression en lui. Il n'était pas un personnage dispersé vivant dans l'éphémère.

Que De Gaulle soit inactuel, je n'en doute pas ! Soit qu'on le glorifie et qu'on en fasse une icône telle l'entreprise de son fils l'amiral Philippe de Gaulle ou sa mise sous scellée par les hommes politiques du cru actuel comme une horloge immobile sous une cloche, soit qu'on essaye de démolir la statue petit bout par petit bout, on ne risque par d'atteindre à sa vérité profonde. Tout simplement parce que l'époque nie l'authenticité d'un individu de génie soit en le transformant en marque, soit en le vouant aux gémonies des enfers politiques. De Gaulle s'est retiré volontairement à plusieurs reprises de son époque comment la nôtre qui ne comprend pas le sens de la retraite publique pourrait-elle le saisir ? Une société qui ne supporte pas qu'il y ait un envers de la vie sociale ... la tapisserie a pourtant deux côtés. Il faut savoir passer par-derrière et regarder la trame et l'enchevêtrement des destinées.

On peut toujours aligner les poncifs au sujet de De Gaulle, dire ainsi qu'il n'était pas un esthète - il préfèrait Albert Samain à Mallarmé - mais il n'avait pas de prétention à dicter le bon goût dans les Arts et il avait délégué son ministre Malraux à cet office. Il était conscient de ses limites, ce qui est rarement le cas dans un homme qui a touché aux sommets et qui est entouré par une cour de complaisants. Il connaissait ses raideurs, son incapacité à la diplomatie, sa difficulté à travailler avec les individus de qualité qui ne pliaient pas devant lui. Il était certes conscient de n'être pas un homme politique comme les autres, ne serait-ce que parce qu'il était venu tard à ce métier particulier où la contingence l'emporte toujours ou presque sur la nécessaire vision à longue portée. Mais il n'a pas renié ses convictions pour n'importe quelle situation honorifique et cela importe dans le tableau final. Opposant résolu quand il fallait et chef de clan quand cela était justifié, il n'a pas transigé avec ses devoirs au profit de sa seule image.

Le code déontologique de la télévision interdit les pensées profondes. Tout invité surpris à réfléchir plus de cinq secondes avant de répondre à la question d'un animateur sera mis à l'amende dès la première incartade, à la seconde il sera banni provisoirement et à la troisième il sera black-listé !

L'idéal moderne, si je le comprends bien à travers les épiphénomènes de l'actualité, c'est un individu unidimensionnel, un habitant de Flatland, une peau sans couture, ni envers, ni endroit et qui ne dissimulerait aucun corps pesant !
Un individu dont les complexes seraient évacués dans une autre galaxie.
On pourrait en tirer un texte de science-fiction : un individu réglé sur ses fonctions sociales et technologiques, l'individu parfaitement efficient dont toutes les dimensions psychologiques seraient reléguées dans un autre univers d'isolement carcéral, sensoriel, à l'abri des regards, une chambre noire ! En somme l'ordinateur central comme dans Matrix se chargerait de récupérer les dimensions proprement humaines, les singularités individuelles, et viderait de tout contenu conflictuel - les dimensions imaginaires - l'humanité. Quel rêve ou quel cauchemar de biophysicien !

Si je me projette dans l'avenir - et c'est la seule chose qui compte vraiment à mes yeux - le passé n'étant qu'un terrain de jeux verbaux - et que je songe aux destinées de l'espèce humaine, je me dis déjà que résoudre les questions essentielles de sa bonne santé exige une médecine nouvelle, entièrement différente de l'actuelle. Le soma, le corps a besoin d'être réparé de manière efficiente et doit être le support toujours disponible d'une psyché entièrement remodelée.
Les grands principes du vivant, nous en connaissons quelques uns, l'exploration de l'environnement externe par le contrôle de l'environnement interne. Toute morale découle de là. La société n'est que le lieu des échanges, des entrecroisements de gènes et de l'occupation de l'espace. Comment optimiser cette occupation de l'espace, cette chose mentale mais aussi physique ?
Le jour où nous aurons en mains tous les paramètres de notre destin, il nous restera à régler la question de la mort. Comment décider de la fin quand on peut être immortel ? Ou qu'est-ce qu'une fin individuelle au sein d'un organisme collectif ? Autre manière de poser la question, qu'est-ce que la douleur ? Et son antipode : qu'est-ce que le bonheur ?

Des renseignements sur Emile Mestre (°1873-1961) :
Hyères et sa région dans la guerre de 1939 à 1945 - Page 96 de Vincent Borel - 1998 - 128 pages ... le plus proche possible des combattants, pour installer leur antenne. Ce sera d'abord au Canadel dans la villa réquisitionnée de M. Mestre, puis, ... Les combats se rapprochant de Toulon ils devront dès le 23 août s'installer plus près des commandos et viendront pour quelques jours, s'installer à l'hôtel Continental à Hyères. ...

Sur Emile Mestre, son neveu et héritier Robert Mestre (°1888-1975) époux de Suzanne Réveillac (°1888-1984) et leur fils Pierre Mestre :
Revue Autocar & Motor année 1988.
... small stone plaque beside the road on the way into the village of Le Canadel. ... Rolls-Royce company, which sold it in 1933 to M Mestre, who made his money from a chain of French car accessory supermarket and who still lives in Monte Carlo ...
Sir Henry Royce (°1863-1933) fondateur de Rolls-Royce vivait dans la Villa Jeanne à Canadel qui fut vendue aux Mestre après sa mort.
Les établissements Mestre à Monte Carlo se situaient en 1977, avenue de la princesse Grace.

Voici des vues de la Villa Jeanne bâtie en 1911 et vendue en 1938 aux Mestre, qui vient d'être revendue à la mort de Pierre Mestre (Villa "Les Mimosas" aujourd'hui).

A vue de nez ce genre de villa vaut bien un million d'euros, suffisamment en tous cas pour faire graver un nom sur une tombe !

D'après mes renseignements, la lettre gravée et dorée à la feuille d'or coûte 5 euros, donc pour Emile Mestre 1873-1961, il en faut 20 soit 100 euros, pas la mer à boire ! En l'occurrence sur la tombe de Neuilly, il s'agit de lettres gravées en creux sans dorure. Le prix d'un beau bouquet de fleurs ...

De plus en plus de gens se font incinérer, on comprend pourquoi, ils n'ont pas confiance en leurs héritiers pour entretenir les tombes ! Moi-même cela m'obligera à prendre un parti pour ma tombe et celle de mes parents, si je veux leur conserver une sépulture.

Mes grands-parents, mon oncle Francis et mon grand-oncle René sont au cimetière militaire de Saint-Mandrier dans la baie de Toulon, qui est un domaine inaliénable, donc ils sont à l'abri, ce n'est pas le cas de mes parents au cimetière de Rueil.

On remarquera qu'il y avait beaucoup de points communs entre Henry Royce et Emile Mestre, ils avaient des origines modestes et ils se sont forgés tout seul. Encore une fois c'est une grande naïveté de croire qu'hors l'école point de salut ...

Nouvelle brève, Ossétie du Sud :
Un ours percute un géorgien. L'ours va bien ...

En Angleterre le nom d'Henry Royce est un culte, en France on a assassiné Louis Renault dans sa prison en 1944 ! Autre pays, autres moeurs !

L'industrie automobile est à un tournant de son histoire, dans les prochaines décennies elle doit faire face à deux défis, d'une part la mondialisation de la production avec la montée en puissance des fabricants chinois et indiens, d'autre part la hausse du prix des carburants. Il est probable que des figures nouvelles vont émerger qui sauront présumer ces évolutions. Aux Etats-Unis Général Motors et Ford sont en grande difficulté alors que ce pays avec la France, l'Allemagne et l'Angleterre a vu naître cette industrie. Il est à noter que l'Angleterre a complètement perdu le contrôle de son industrie automobile. La branche automobile de Rolls-Royce et de Bentley étant aux mains des allemands, seule subsiste la firme de ce nom qui fabrique les moteurs d'avions et de fusées. Il n'y a pas de situation acquise comme on le voit.
Les équipementiers notamment ceux qui fabriquent des pneumatiques comme Michelin sont davantage à l'abri puisque quelque soit le mode de propulsion il sera nécessaire de fabriquer des structures de roulement et que jusqu'à présent on n'a pas trouvé de meilleurs matériaux que le caoutchouc. Ceci dit rien ne prouve que l'on n'arrivera pas un jour à le remplacer par autre chose, on voit par exemple qu'on vient de fabriquer des tubes en carbone géants qui pourraient à terme servir à remplacer l'acier des carrosseries et autres matériaux composites utilisés dans l'aviation donc pourquoi pas un substitut à l'hévéa !

Il est plus facile de présumer du passé que d'envisager l'avenir ! C'est ce que les utopistes qui ont le regard tourné vers l'histoire oublient toujours ...

Biographie de Stendhal par Michel Crouzet. Quoique j'ai de la sympathie pour Stendhal, il me reste largement un personnage étranger, nous verrons bien si cette approche me convainc et du moins s'insère en moi dans une pensée organisée. Je crains la dissipation de mes pensées, je n'ai que trop une tendance naturelle à dévier mes propres pensées pour m'adapter à celles des autres sans pourtant engager aucun moi social mais la curiosité intellectuelle est la plus forte.
J'en suis au moment où son précepteur lui apprend les règles du jeu social et du plaire par devoir aux préjugés communs, ce qu'il repoussera énergiquement et sans réserve jusqu'à ses derniers jours contrairement à un Chateaubriand qui se laissera prendre au faux brillant de la réussite politique et mondaine par le biais des femmes. Stendhal demandait aux femmes à le faire rêver, pas à lui faire avoir des postes et des prébendes !

Le monde se décolore quand on vieillit, cela ne veut pas dire qu'on est plus intelligent, mais qu'on est seulement moins inventif et qu'on brode moins autour de lui. Stendhal a su préserver presque jusqu'au terme la notion d'émerveillement devant la dimension féérique de la société des femmes alors que Chateaubriand cultivait l'amertume et le ressentiment, l'appel au jugement suprême et l'éloignement fictif des honneurs d'ici-bas, en somme il conserva toute la vanité stérile des vieillards.

Stendhal par son esprit blessait la vanité des gens en place, on ne le lui pardonna pas, il s'en moquait du moment qu'il avait chassé l'ennui de ses soirées. Chateaubriand lui figurait le suprême ennuyé dans les sociétés qu'il hantait comme Talleyrand pouvait affecter le silence digne d'un grand esprit qui médite mais qui n'abritait que sa prudence politique.

Il y a un côté très enfant chez Stendhal - qui fait des niches - et l'on peut dire que la littérature est un jeu d'enfants en somme.
Stendhal ou le Monsieur Moi qui a refusé de mûrir. Il a préféré conserver sa fraîcheur et sa malice innocente.

Mon aïeul le capitaine François-Barthélémy Gérard (°1777-1860) comme Stendhal fit la campagne d'Italie en 1799 et y vécut longtemps (jusqu'en juillet 1811) mais lui s'y est vraiment battu et a même été blessé à Marengo.
Cette époque troublée de la Révolution et de l'Empire a jeté la division dans les familles, ainsi un autre de mes aïeux le chirurgien-major Charles Regnault (°1765-1832) et son beau-frère le chasseur à cheval Jean-François Labbé (°1773 - après 1825) ont tous deux fait les guerres de l'époque et reçu la Légion d'Honneur, alors que leurs deux beaux-frères Jean-Jacques et François Hubert Leblanc émigrèrent pendant la Terreur et moururent à l'étranger !

Henri Cartan mort à cent-quatre ans, il détrône le chimiste Chevreul au titre de savant français à la plus grande longévité. Il était le dernier vivant des membres fondateurs du groupe Bourbaki.
La différence entre l'époque de Chevreul et la nôtre, c'est que son centenaire en 1886 fut un événement national et international, alors que celui de Cartan passa inaperçu, on dira que la rareté fait le prix des choses et qu'au XIXème le nombre réduit de savants entretenait le mythe, certes ! Mais il y a aussi une place démesurée accordée aujourd'hui à l'éphémère et à l'accessoire. Aucun savant de nos jours ne peut se prévaloir de la gloire de certains sportifs qui pourtant n'existeraient pas sans les secours de la science !

Un prix Nobel de physique ou une médaille Fields passeront inaperçus dans la rue, alors que n'importe quel médaillé d'or aux J.O crééra une émeute ou la première venue parmi les mannequins médiatisées sera assaillie par une foule de soupirants !

En somme on a dévalué l'intelligence, on lui a ôté ses mystères et ses arcanes. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Le savoir suprême ne plastronne plus entouré de trônes et de dominations.

A-t-on galvaudé la science ou l'a-t-on démocratisé ? Quel est le projet qui se cache derrière tout cela ?

Il est certain qu'entre Michael Phelps et ses vingt millions de dollars par an et le premier docteur es-sciences de vingt-trois ans venu, on sait bien qui va faire rêver la jeunesse, cette catégorie indécise et essentiellement ignorante ...

Moi qui suis la voiture-balai qui ait ramassé tous les éclopés de la vie ... dans un certain sens j'ai une situation privilégiée pour observer les évolutions de la société. J'ai quand même le sentiment que je ne vais pas faire rêver grand monde !

Pauvre Diable, on lui fait faire tellement de choses que j'ai peur qu'il se mette en grève !

Le tribunal de l'Histoire doit être relaxé, il est innocent !
Ceci était ma plaidoirie pour les temps passés. Quant à l'avenir je réserve mes attendus pour le jugement final.

Rencontré Patrice boulevard Saint-Michel en fin d'après-midi du 19, nous allons boire un verre dans une brasserie près de la place, il prévoit un krach boursier pour octobre ou novembre suivant les dires d'un de ses amis, tout réjoui à la perspective de l'écroulement du système démocratique ! Les rêves révolutionnaires des ratés m'amusent toujours autant, surtout quand on sait qui sont ceux qui reconstruisent derrière ...

Nous sommes tombés d'accord : ce qui est sûr c'est que ce ne sont pas les fils Sarkozy qui vont s'engager dans l'armée pour combattre en Afghanistan !

Je lui trouve un livre autobiographique de Benoist-Méchin chez Boulinier, il est ravi, il admire au moins autant Hitler que le père d'Hélène Carrère d'Encausse, il semble d'ailleurs que la secrétaire perpétuelle continue la voie paternelle et encourage avec toute licence l'impérialisme russe à sa façon dans Le Figaro.

Besancenot est contre l'élection du président au suffrage universel car c'est antidémocratique, c'est pourquoi il se présente à la fonction, car comme il dit la démocratie c'est quand c'est moi qui gouverne au nom du peuple !
Son programme est d'ailleurs simple et aisé à comprendre, il y a 6% de riches en France, prétend-il, à qui il faut confisquer l'argent et tout ira pour le mieux. Chacun aura selon ses besoins, surtout si c'est Olivier qui définit les dits besoins ... qui seront courts vu la profondeur d'une telle pensée.

Contrairement à Besancenot - et à Rousseau qui l'a précédé dans cette voie - je crois que c'est le luxe qui fait la valeur de la civilisation, le luxe de la connaissance comme des entreprises humaines. C'est la part de rêve qui est essentielle, pas la part terre à terre.
Besancenot est d'ailleurs dans le fond d'accord avec moi puisque la médiocrité de son existence sociale de facteur est transcendée par son activité politique ce qui lui a permis de sortir de sa modeste condition pour vivre avec une éditrice parisienne. Il refuse seulement aux autres son propre succès qu'il jalouse. C'est toute la différence entre nous.

Il prétend représenter 94% de l'électorat contre 6% de profiteurs, curieusement son score se situe plutôt à un modeste 5%, comment peut-il expliquer que les ennemis du peuple soient si nombreux, si mal embouchés, si obtus ?

La réalité qui renvoie à la modestie de nos origines est cruelle avec notre imagination et chacun se voit sur les barricades en train de revendiquer ses droits naturels à briller !

Les hommes sont ballottés entre l'ennui et la vanité, ironie du destin !

A la fin du fin le grand évènement c'est Britney Spears qui s'en va dans un salon de coiffure d'une banlieue miteuse de Los Angeles pour se faire raser le crâne au vu et au su de quinze voitures de paparazzis qui la pourchassent toute la sainte journée ! Voilà le sommet de la civilisation - c'est ça ou les imbéciles talibans qui veulent dissimuler les chevelures de leurs douces moitiés sous des sacs de toiles de jute par quarante degrés à l'ombre afin de faire marcher le commerce du chanvre et du lin, je suppose !
Mieux vaut en rire qu'en pleurer ... le cirque est égal de deux côtés et la vanité de ces choses pareillement identique !

C'était assez amusant ce reportage de M6 sur ce jeu du "pas vu-pas vendu" des grosses vedettes d'Hollywood qui dans leurs quatre-quatre (et non quatre-quart comme j'avais écrit précédemment) aux vitres fumées se dissimulent sous des capuches afin de mieux se faire prendre en photo dès qu'elles sortent de chez elles. Bien entendu elles n'ont aucune raison de quitter leurs somptueuses résidences sinon rechercher un coup publicitaire et relancer les tabloïds sur leurs modestes personnes qui n'ont pas inventé le fil à couper le beurre.
On ferait comme si tu m'avais pas vu ... ce sont les mots des enfants qui jouent à cache-cache quand le jeu et la poursuite s'est trop tôt interrompue à leur goût.

Quand on voit ce genre de spectacle, on se dit qu'il n'y a vraiment aucune chance pour qu'un Besancenot arrive jamais au pouvoir - je suppose qu'il s'en doute un peu - il fait juste partie lui aussi du folklore médiatique - mais même les innocents fonctionnaires de gauche - veuillez excuser le pléonasme - style le professeur David Madore qui veulent normaliser la vie et les moeurs n'ont réellement aucun sens de la psychologie humaine ! Ils peuvent toujours voter Ségolène Royal qui d'ailleurs les gruge allègrement en truquant tout ou partie de son propre parcours ...

De l'art des faux-semblants en politique et ailleurs ... certains voudraient que la vie soit réduite à une seule dimension - et sur quoi voudriez-vous que les pauvres types rêvent alors ?

Normaliser les comportements c'est ôter la part proprement humaine de nos vies - c'est ce que tous les totalitarismes entreprennent. Un David Madore aurait été un fervent communiste russe en 1917 en attendant les lendemains qui chantent et qui ne sont jamais venus. Cela n'en fait pas un monstre, juste un docteur es-sciences stupide comme quelques milliers d'autres qui ont apporté leur foi au système soviétique avec la même candeur de scientifique.

Dites-vous bien que l'imagination débordera toujours tout processus régulier autorisé et recensé comme licite. On peut faire rêver avec un bout de chiffon rouge une grenouille alors pourquoi pas les hommes avec la calvitie d'une vedette féminine ?

C'est vrai Didier Goux a raison, la malheur est très photogénique, les gens heureux n'ont ni histoire, ni poésie ! C'est pourquoi peut-être le XVIIIème siècle, le siècle le plus heureux de notre histoire, est anti-poétique et anti-historique ! Mais au bout d'un moment le peuple des grenouilles demande un Roi et les turbulences et affres de l'histoire refont surface ! Regardez la France de 2007 toute tranquille, toute somnolente, après son soliveau, elle a voulu élire l'agité du bocal qui s'est empressé de se faire mousser pour se faire naturaliser américain en envoyant en croisade de jeunes soldats qui n'en demandaient pas tant et qui se font tuer pour on ne sait quel motif dans on ne sait quelle querelle d'un autre âge ...

Vous voulez faire des afghans des civilisés comme les autres ? Installez leur l'électricité et la télévision. Ils sont trop agressifs, vous les préféreriez dépressifs ? Livrez-leur des tonnes de psychotropes ... ensuite vous pourrez toujours y créer des cellules de soutien psychologique ! Nous avons chez nous des milliers de psychologues et de psychanalystes inutiles et tellement créateurs de concepts vides que nous pourrions utilement employer à démoraliser ces braves cultivateurs de pavot dont la rudesse a tellement besoin des douceurs de la société la plus décomposée.

La vérité c'est que les occidentaux n'ont ni stratégie, ni tactique face à des primitifs relégués depuis des siècles dans des réflexes de survie élémentaire. La complexité civilisationnelle face à la vitalité brute se trouve désarmée. C'est de la sociologie pure et dure que je vous fais là.

Sur le site de Libération il y a un blog spécialisé dans les questions militaires où l'on apprend des tas de choses sur les hélicoptères et le matériel dernier-cri en usage dans les armées occidentales. Et alors ? Les israéliens eux aussi ont du matériel de pointe, le seul moyen qu'ils aient trouvé pour se protéger des kamikazes palestiniens c'est de construire un mur !
Vous voyez ce qu'il reste à faire, messieurs les stratèges en chambre, construire un mur cernant les zones talibanes, sauf qu'il devra faire quelques milliers de kilomètres et être gardé par des centaines de milliers d'hommes ...

Vous pourrez toujours envoyer tous les renforts que vous voudrez c'est comme passer à côté d'un essaim d'abeilles en étant persuadé qu'elles vont être impressionnées par votre présence et ne pas attaquer ... elles sont programmées pour attaquer n'importe qui représente une menace sans se soucier du nombre de combattants qui resteront sur place.

On pourrait illustrer de manière frappante la différence sociologique entre l'Occident et l'Afghanistan de manière simple, on photographie un groupe de population dans un village de chacune de ces parties du monde et on les colle l'une à côté de l'autre, d'un côté vous avez des gras, de l'autre vous avez des maigres, d'un côté des vieux, de l'autre des jeunes ... on appelle cela aussi le choc des civilisations !

Je m'étais demandé d'où venait le prénom d'Osine Masson (°1895-1955) épouse du fermier de Saint-Hubert Louis Gailly (°1892-1975), et cousine de mon grand-père, il semble que ce soit un diminutif de Joséphine, en fait imité probablement du prénom usuel de la fille des châtelains de Reynel, Osine de Beurges alias Joséphine Louise Marie de Beurges (°9/3/1853 Paris - 30/4/1877 château d'Ecot-la-Combe) fiancée au prince de Bourlémont et qui se serait peut-être suicidée (sa tombe se trouve à Ecot), elle était l'amie d'enfance de Mathilde Mauté (°1853-1914) épouse de Paul Verlaine, celle-ci vint souvent faire des séjours au château du comte de Beurges, propriétaire des forges de Manois et fils du député de la Haute-Marne. Elle a publié ses mémoires pour se justifier après son divorce tumultueux d'avec le poète communard et pédéraste !

Il y avait vraiment deux côtés à Reynel - on se croirait chez Proust - le côté du château sur son promontoire dominant le petit lac et la forêt, habité par des aristocrates - et le côté du village où mes aïeux étaient maires de père en fils tout le long du XIXème siècle et une franche hostilité entre les deux du moins je le suppose car mon grand-père qui était un républicain n'avait pas vraiment beaucoup de sympathie pour l'aristocratie et singulièrement pour les ancêtres nobles de sa femme.

Au sujet des choses de l'armée, j'ai appris que mon cousin Bernard Guillet a été nommé général de brigade le 1/8/2008 et directeur de la section technique de l'armée de terre, chargé du bureau programmes et systèmes d'armes au ministère.
Ceci dit même avec les meilleures armes on n'empêchera pas les afghans et leurs alliés militants de l'internationale islamique d'avoir l'esprit combatif ... je ne suis pas sûr qu'on les dégoûtera de poursuivre la lutte seulement en leur opposant des forces supérieurement organisées et armées. Je crois que si on veut les démoraliser, il faudra employer d'autres moyens. Au fond il faut les pervertir et les individualiser, tant qu'ils restent groupés et se contentant d'une vie de nomade sans besoin, on ne saurait les tenir en mains.

Savez-vous quelle est la particularité de Sarkozy par rapport à tous ses prédécesseurs ? Il n'a jamais servi sous les drapeaux dans aucune guerre, même Pompidou, cet esthète normalien pourtant d'esprit peu guerrier a été mobilisé en 39/40. Il fit son service à Balard avec tous les planqués fils de famille parisienne ! Autant dire qu'il n'a aucun atome crochu avec la chose militaire et d'ailleurs le soir de son élection lors de la petite réunion du Fouquet's je n'ai jamais entendu dire qu'il avait partagé ces agapes avec quelque trouffion que ce soit, il préfère nettement la compagnie des people. En clair j'imagine qu'il a une bonne dose de mépris pour les képis de toute sorte comme les soldats du rang en avaient pour les pékins dans le temps.

Il serait intéressant de savoir combien de membres du gouvernement ont de fils en Afghanistan ou du moins de militaires de carrière dans leur progéniture ?

Vous connaissez la phrase du Douanier Rousseau à Picasso ? Nous sommes toi et moi les deux plus grands peintres contemporains, toi dans le genre égyptien, moi dans le genre moderne !
Quel coup d'oeil !

En écoutant Richard Strauss on a l'impression qu'on a répandu un bol de crème fraîche sur de la Chantilly !

Récupération : on peut citer Stendhal qui plagiait effrontément les livres des autres tout en les insultant s'il le pouvait ! Car l'art ce n'est jamais que la mise au goût du jour de vieilles formes.
Il n'y a que les journalistes qui croient en l'actualité pure et dure.

Delanoë qui est candidat à la présidence du PS (chez les socialistes, on se veut modeste et donc seulement premier secrétaire), propose de différencier l'investissement des entreprises de leurs bénéfices, fausse bonne idée, inapplicable.
Quant à sa personne je n'ai aucune espèce d'estime particulière pour cet homme. Il est né couché ...

Convention Démocrate à Denver : beaucoup de bruit pour rien, cela a du moins le mérite de remplir les journaux français (au mois d'août) qui ont choisi leur élu, ils se veulent plus américains que les américains comme notre bon président.

Lecture du blog Secret Défense : qu'ils sont bavards ces militaires ! Ce bivouac est un vrai salon de coiffure pour dames ...

Tout le monde connaît la qualité supérieure de Nelson : il désobéissait. Nous manquons de désobéissants c'est à dire de personnalités singulières si vous préférez. La vérité est en moi se dit l'homme de génie.

Franchement un petit conseil pour les militaires en vadrouille au pays des pachtouns : apprenez donc la langue du pays plutôt que vous faire canarder bêtement parce que vous ne savez pas bredouiller deux mots du langage vernaculaire des indigènes du pays ! En sept ans de temps, il me semble que les soldats français auraient pu faire des efforts ; et si vous n'êtes pas doués pour les langues prenez sur vous, ça vaut mieux que réciter l'alphabet dans un cimetière.

Ma peau serait en cause plutôt que perdre mon temps sur des consoles de jeux vidéos, je me perfectionnerais dans le pachto ou le persan.

Voici ce qu'on écrivait sur Ferdinand de Béhagle (°1857-1899) vingt-cinq ans après sa mort : Il soutint une politique indigénophile, mais sans fausse sensiblerie, à la manière d'un marin qui a dû obéir et a su commander à son rang.
De Béhagle ne manquait pas de panache, bien entendu il parlait arabe et dirigeait des communes mixtes en Algérie avant de participer à la mission Maistre en Afrique noire puis de monter sa propre expédition qui se termina tragiquement par sa mort. Il avait été marin au long cours avant de devenir administrateur. Il plaida la cause des esclaves noirs en France et face à Rabah, sultan de l'Afrique centrale, il ne renia aucun de ses engagements et lui tint tête quoique sans soldats ce qui lui coûta la vie, il lui expliqua que s'il le tuait d'autres français viendraient pour le venger, ce qui fut fait peu de temps après avec la mission d'Emile Gentil (°1866-1914) et du commandant Lamy (°1858-1900).

J'ai vu hier soir le remake de Fanfan la Tulipe avec Vincent Pérez - pourtant fort joli garçon - mais qui est loin de valoir le film original avec Gérard Philipe.

On discute ferme en haut lieu pour savoir s'il s'agit d'une guerre ou pas en Afghanistan, mais non voyons ! il s'agit de musique de chambre avec lancer de pétards obligés ... vous pouvez saluer les musiciens en tous cas car ils font bien leur travail !

Les anglais ont célébré l'épopée coloniale avec un film emblématique comme Khartoum, en France on préfère le mode parodique avec La victoire en chantant ou avec le Coup de torchon, pourtant la bataille de Kousséri ou la crise de Fachoda vaudraient bien elles aussi d'être commémorées et des figures comme Brazza, Lamy, Gentil, Marchand ou de Béhagle méritent que le cinéma s'y attarde. Où est passé le sens de l'épique ? Vous ne pouvez pas demander de mourir pour Kaboul maintenant tout en réfutant la noblesse de la geste de ces explorateurs, soldats et administratifs qui bâtirent l'Empire de ce temps-là. Depuis trente ou quarante ans qu'on a décrié l'oeuvre de la France à cette époque, on a défait l'esprit national et il est difficile de retrouver le fil de cette pensée qui faisaient haleter le coeur des jeunes français.

Brazza est fêté au Congo alors qu'en France c'est l'esprit de dénigrement qui prévaut, le corps enseignant porte une lourde responsabilité dans cet état de fait.

On connaît le conseil d'Ingres à Degas : Faites des lignes !
Si ce n'est pas une injonction à l'abstrait ...

Marc Schweizer m'apprend qu'en Suisse - c'est sa nation - il n'y a pas plus haut grade que colonel sauf en temps de guerre où l'on élit un général en chef ! Que le général Puga prenne exemple sur ces sages helvètes s'il ne veut pas transformer chaque raclée en réussite fictive du haut commandement ...

Une idée toute simple : on aurait envoyé en reconnaissance deux éclaireurs sur des motos tout-terrain pour gravir le col, on aurait évité pas mal de casse ... bien entendu, je suppose que la hiérarchie militaire ne sait même pas ce que c'est qu'une moto !

Voici l'article du Temps, quotidien suisse :

L'armée française affirme avoir infligé une «sacrée raclée» aux talibans
FRANCE. Critiqués après la mort de dix soldats en Afghanistan, les généraux se défendent et nient toute erreur de commandement. Ils livrent leur récit d'un combat épique, rapproché, où certains soldats ont été tués à l'arme blanche.
Sylvain Besson, Paris Vendredi 29 août 2008
Les militaires français restent droits dans leurs bottes. Depuis la mort de dix de leurs soldats dans une embuscade en Afghanistan, les 18 et 19 août, ils essuient un feu nourri de critiques: soldats trop jeunes, matériel inadapté, absence de reconnaissance aérienne sur les lieux du traquenard... Un général en poste à Kaboul, Michel Stollsteiner, a même eu cet aveu: «Nous avons péché par excès de confiance.»
Jeudi, la hiérarchie militaire a rectifié le tir. «Il n'y a pas eu d'erreur commise par le commandement», a affirmé le général Benoît Puga, sous-chef des opérations à l'état-major de l'armée. Mieux: «La mission est réussie, [...] l'adversaire a été mis en fuite, il a pris une sacrée raclée.»
Au passage, l'officier a livré un récit détaillé des combats. Ils apparaissent comme l'une des plus dures, sinon la plus dure bataille livrée par la coalition en Afghanistan depuis la chute du régime des talibans, en 2001. Elle a duré neuf heures, impliqué jusqu'à 500 soldats occidentaux et afghans contre une centaine de talibans, et mis en mouvement une armada aérienne sans laquelle les éclaireurs français auraient peut-être été massacrés.
Le lundi 18 août, à 13h15, 60 militaires arrivent au village de Sper Kunday, dans la région de Kaboul, accompagnés d'une cinquantaine de soldats afghans et d'une unité de forces spéciales américaines. Devant eux, une piste en lacets, raide et impraticable pour leurs véhicules blindés. Une vingtaine d'hommes reçoit l'ordre de continuer à pied, par une température de 30°. Coiffés de casques et de lourds gilets pare-balles, ils mettront plus de deux heures à atteindre le col, 1,5 kilomètre plus loin.
Les talibans ont eu tout le temps de les voir arriver. Cachés dans les rochers, répartis en trois groupes qui communiquent par téléphones portables, ils prennent les Français sous leurs tirs croisés. Des soldats tombent. Les rescapés ne peuvent ni avancer, ni reculer. Au bout d'un moment, raconte le général Puga, «les insurgés se rapprochent dangereusement. Il faut coûte que coûte que le chef de section tente de se replier pour sauver ce qui reste de ses hommes.»
S'ensuit une partie de cache-cache mortelle, entre les blocs rocheux, alors que les forces restées en arrière font pleuvoir missiles et obus sur la zone. Les soldats mettent parfois «une à deux heures pour faire des bonds de 20 mètres, pour sauter de rocher en rocher». Les combattants des deux camps sont très proches - quelques mètres, parfois moins. Le général Puga n'a pas démenti qu'un ou plusieurs hommes aient été tués à l'arme blanche, tout en refusant de donner des «détails sordides».
Il révèle tout de même que des soldats sont tombés en portant les corps de leurs camarades morts, et que «des types se sont perfusés, se sont fait des garrots, et en même temps ils se prenaient des éclats ou des tirs et ils ripostaient en lançant une grenade.»
Dans ce film terrible, l'aviation américaine joue le rôle de la cavalerie salvatrice. Afin de repousser les talibans, elle a engagé tous les moyens imaginables - drone Predator pour la reconnaissance nocturne, avions de bombardement F-15 et A-10, sans oublier l'AC-130 Gunship, un gros avion à hélices bourré de canons à tir rapide. Sans ce soutien aérien, et sans la décision de battre en retraite sous la mitraille prise par le chef du groupe de tête, les pertes auraient pu être «beaucoup plus lourdes», admettait mercredi le ministre de la Défense, Hervé Morin.
Pour les généraux, le fait que quelque 80 talibans - c'est une estimation - aient été tués lors de cette opération est un succès. Mais leur compte rendu omet une question gênante. Pourquoi les troupes françaises se sont-elles approchées du col avec un dispositif aussi vulnérable?
Trois jours plus tôt, selon le général Stollsteiner, les villageois avaient mis en garde les soldats venus pour une première reconnaissance: «N'allez pas au-delà de cette limite, parce que sinon on aura des problèmes.» Une prédiction qui ne semble pas avoir été assez prise au sérieux.

Voici moi ce que je constate 1° les talibans ont eu l'initiative du feu, 2° ils ont gardé la maîtrise du terrain jusqu'à la nuit tombante puisqu'ils ont pu évacuer leurs morts.
Autre remarque : on ne gravit pas un col en plein midi avec le soleil au zénith, il aurait fallu bivouaquer dans le village le plus proche et partir à l'aube.

Sarah Palin colistière de John McCain dont le fils aîné âgé de dix-huit ans va partir se battre en Irak, cela nous change de l'atmosphère délétère qui règne en France ...

Et toi mon coeur pourquoi bas-tu ?
Comme un guetteur mélancolique
J'observe la nuit et la mort.
                                 Apollinaire.


Les plus beaux poèmes de guerre ont été écrits par Guillaume et comme l'espérance est violente !

Il faudrait tous les citer :

Désir.
...
Nuit du 24 septembre
Demain l'assaut
Nuit violente ô nuit dont l'épouvantable cri profond devenait plus intense de minute en minute
Nuit qui criait comme une femme qui accouche
Nuit des hommes seulement.

Le départ.

Et leurs visages étaient pâles.
Et leurs sanglots s'étaient brisés.

Comme la neige aux purs pétales
Ou bien tes mains sur mes baisers
Tombaient les feuilles automnales.

Chef de section.

Ma bouche aura des ardeurs de géhenne
Ma bouche te sera un enfer de douceur et de séduction
Les anges de ma bouche trôneront dans ton coeur
Les soldats de ma bouche te prendront d'assaut
Les prêtres de ma bouche encenseront ta beauté
Ton âme s'agitera comme une région pendant un tremblement de terre
Tes yeux seront alors chargés de tout l'amour qui s'est amassé dans les regards de l'humanité depuis qu'elle existe
Ma bouche sera une armée contre toi une armée pleine de disparates
Variée comme un enchanteur qui sait varier ses métamorphoses
L'orchestre et les choeurs de ma bouche te diront mon amour
Elle te le murmure de loin
Tandis que les yeux fixés sur la montre j'attends la minute prescrite pour l'assaut.

Guillaume pouvait être brutal avec les femmes et il était surtout très cochon, il aimait sodomiser Marie Laurencin ce qu'elle n'appréciait guère mais ... il a été l'amour de sa vie ! Elle a toujours refusé de jeter sur le papier ses souvenirs de lui.

Demain dimanche 31 août 2008, Mlle Maria Magdalena Kaczor donnera un concert à Paris à 10h au temple des Billettes puis vers 15h elle touchera l'orgue de l'église St-Germain-des-Prés. Remarquée au dernier concours André Marchal de Biarritz cette jeune organiste polonaise est installée depuis 2005 en France.

Stendhal est trop intelligent pour ne pas être ambigu, c'est un intellectuel critique sous les dehors d'un romantique, Apollinaire lui est à fleur de peau, tout d'un bloc, sincère dans ses enthousiasmes et ses brutalités.

Des chiffres qui donnent le vertige : le Pakistan compte 170 millions d'habitants, au rythme de l'accroissement actuel dans cinquante ans ils seront 400 millions ! L'Afghanistan est dans une situation semblable.
Que dire de l'Arabie Saoudite ? Sans le pétrole ce pays serait dans une misère noire. Il est vrai que l'exemple vient de haut Ibn Séoud (°1880-1953) fondateur de la dynastie a eu vingt épouses et 180 descendants, il y a 4000 princes qui descendent du premier roi.

Cette démographie galopante explique en grande partie les problèmes de ces pays et nous montre qu'il faut apporter avec des pincettes nos propres solutions extraterritoriales et extraculturelles.

La Chine a réussi sa transition démographique grâce à un pouvoir autotochne qui disposait d'une main de fer, je ne crois pas que des étrangers auraient pu obtenir un résultat semblable.
L'Iran sous le Shah avait le même souci, on sait ce qu'il en est advenu, un pouvoir totalitaire a remplacé la main trop faible du souverain, une guerre étrangère a suivi qui a purgé toute une génération de jeunes gens en âge de procréer et le résultat actuel c'est que si l'Iran vit dans une dictature du moins sa population est sous contrôle.

En clair on peut se demander si le système démocratique est adapté à des pays comme l'Afghanistan et le Pakistan ?

Dans une démocratie pour se faire élire les hommes politiques promettent un meilleur bien-être pour chaque individu, pour que cela soit possible il faut que le taux de croissance du PIB soit supérieur au taux de croissance de la population. Si un pays a un taux de croissance démographique de 3% comme certains pays musulmans, il faut donc une croissance économique extrêmement forte et régulière. Rien n'est moins certain sur le long terme. L'Inde qui est une démocratie a beaucoup de mal à parvenir à maîtriser sa démographie et un gros déséquilibre du ratio des sexes est observé.

L'extrême du problème démographique est atteint dans la bande de Gaza avec une économie en panne et une croissance démographique - la guerre des ventres - maximale. Le résultat c'est qu'un pouvoir autoritaire très fort - le Hamas - y a pris les commandes démocratiquement dans un premier temps.
Sur le papier la démocratie a réponse à tout ... dans la réalité elle n'est viable que sous certaines conditions.

Dans les situations de crise même les plus grandes et les plus vieilles démocraties comme les Etats-Unis et la Grande Bretagne mettent certains de leurs principes entre parenthèses et les droits de l'homme y sont allègrement bafoués.
Je ne suis malheureusement pas un idéologue et je n'ai donc pas réponse à tout, je me contente donc d'observer les faits et d'essayer de les comprendre en les replaçant dans une optique rationnelle et non dogmatique.
En temps de guerre, on renforce la censure, on met certaines personnes à l'écart au mépris de leurs droits élémentaires dans des camps de prisonniers, on enrôle de force, on exécute les récalcitrants etc. L'histoire lointaine et récente nous enseigne que les lois - même les plus fondamentales d'un état - sont faites pour être contournées au gré des circonstances.

J'ai vu le reportage de l'équipe de TF1 sur le corps expéditionnaire en Afghanistan et notamment l'accrochage entre une patrouille française commandée par un sergent et une bande de talibans aux abords d'un village, mon sentiment c'est que le sous-officier a bien agi avec les moyens du bord. Il est clair que les fantassins sont très exposés dans ce genre de guérilla et que c'est davantage le rôle d'une armée nationale afghane d'effectuer ces opérations de quadrillage. Les français et plus généralement les occidentaux devraient se contenter de superviser l'armée afghane et de l'appuyer dans les grosses manoeuvres car sur le long terme nous ne pouvons pas tout le temps assurer la liberté des peuples indépendants s'ils ne sont pas capables de l'assumer par eux-mêmes, il faut donc qu'ils prennent leurs responsabilités.
L'occidentalisation du pays c'est le gouvernement local qui en est en charge, pas nous. La remarque vaut aussi pour le Pakistan.

70 000 soldats pour 650 000 km², cela fait un homme pour 10 km² (dix militaires pour la superficie de Paris) et dans un terrain très accidenté pour une grande partie du pays, avec cela on ne peut pas assurer un quadrillage efficace. Donc c'est aux afghans à faire le boulot de fourmi (pour un pays de 31 millions d'habitants, leur armée devrait faire au moins 500 000 hommes).

Un pays à la dérive : l'Afrique du Sud, encore quelques décennies et le tableau sera aussi noir que pour le Zimbabwe ! Mêmes causes, mêmes effets. Bien entendu les élites médiatiques occidentales restent encore émerveillées de l'abolition de l'apartheid qu'elles ont réclamé à grands cris ! Mais les blancs autochtones fuient en grand nombre ... chacun vote comme il le peut !

Voici un article sur Sviatoslav Richter qui va faire plaisir à Jérôme Vallet à cause de la rectitude de ses vues et de l'intégrité de ses jugements !

Il est probable que les jeunes soldats que l'on a filmé l'autre soir sur TF1 voyaient le feu pour la première fois, donc s'il y a un peu de précipitation et de désordre cela se comprend.

Voici ce qu'on lit sur le site de Jean-Paul Brighelli ce jour sous la plume de Pedro Cordoba (j'ai corrigé quelques fautes malencontreuses qui se sont glissées sous la plume affûtée de ce maître de conférences en langues romanes) :

J’ai seulement dit (et je le répète) qu’il est mathématiquement impossible de nommer en lycée tous les agrégés actuellement en poste. C’est triste mais les vérités mathématiques sont parfois tristes. Il faudrait, pour satisfaire toutes les demandes, fermer le concours de l’agrégation pendant 5 ou 6 ans de suite, peut-être beaucoup plus, ce que Sanseverina ne souhaite pas, je suppose. Il serait plus facile de faire l’inverse : nommer tous les néo-agrégés en lycée. Mais alors, la perspective d’avoir un lycée s’éloignerait encore plus pour les agrégés actuellement en poste. Pas de solution à gauche, pas de solution à droite : double bind. Conclusion : Sanseverina fait malheureusement partie des 5% d’agrégés qu’on trouve parmi les enseignants en collège. C’est statistiquement pas grand chose, ce 5%, presque résiduel. Mais quand ça vous tombe dessus, les statistiques ne sont pas une consolation. Qu’en dire de plus sinon répéter la même chose : les mathématiques n’ont pas été faites pour consoler les gens.

Pour le reste, il est indiscutable que les agrégés ont "là encore statistiquement" une maîtrise de leur discipline très supérieure à celle des certifiés. Du moins au début. Au bout de quelques années, les différences s’estompent sauf, sans doute, dans les matières scientifiques. Il est néanmoins juste que les agrégés soient privilégiés en termes d’horaires et de traitement. Le fait qu’ils fassent « le même travail » n’est pas un argument. Car le salaire des enseignants n’est pas, en principe, lié à leur travail. C’est cela qu’explique Milner dans le livre que je citais il y a quelques jours et que Sanseverina semble avoir lu. J’y reviens parce que cela concerne un point des réformes en cours (le problème des 35 heures de présence).

Contrairement à ce que disait Sanseverina dans l’un de ses posts, l’analyse rigoureusement marxiste de Milner "rapporter le salaire au coût du renouvellement de la force de travail" est bien plus satisfaisant que le sociologisme ambiant. Dire que les professeurs sont des bourgeois rémunérés est beaucoup plus précis que de les mettre dans le grand fourre-tout des « classes moyennes ». Tout bourgeois rémunéré touche un sursalaire. C’est la définition : sinon ils seraient des prolétaires, qui reçoivent, eux un salaire juste (juste suffisant pour renouveler leur force de travail).

Contrairement aux pays anglo-saxons, la France avait fait le choix de verser ce sursalaire bourgeois non pas sous forme de surrémunération mais, pour l’essentiel, de surtemps. Du moins pour ses fonctionnaires et, plus particulièrement, pour ce modèle de fonctionnariat que constitue le corps enseignant. C’est pour ça que les enseignants ont tellement de vacances : parce qu’ils ne sont pas surpayés en espèces mais en temps libre. Plus on est haut dans la hiérarchie du corps enseignant, plus on a de temps libre. On gagne aussi un peu plus, mais ce n’est pas très significatif. L’essentiel est le temps libre. Ce temps libre n’est pas, en principe, un temps de loisir. C’est de l’otium, pour continuer à se cultiver. Des fonctionnaires cultivés, de plus en plus cultivés, cela fait un Etat cultivé - que Milner oppose à l’Etat culturel (encore une invention de Vichy, comme dit Milner en s’appuyant sur Fumaroli). Un certifié est censé être plus cultivé qu’un instituteur, un agrégé qu’un certifié, un universitaire qu’un enseignant du secondaire. Voilà ce qui justifie la hiérarchie des sursalaires.

Or tout cela appartient désormais au passé. Les professeurs ne sont plus du tout surpayés. Ni sous forme de surrémunération ni sous forme de surtemps. Et les choses ne font que s’aggraver. Les hiérarchies aussi disparaissent et plus on est haut, plus on trinque. Les premières victimes sont donc les universitaires. D’abord les professeurs, puis les maîtres de conférences. Là encore on respecte l’ordre. Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir (en 81), les professeurs sont passés de 3 heures à 7 heures. Parallèlement, tous les universitaires ont vu leur charge de travail s’alourdir de façon considérable et cela continue. Les cours commençaient autrefois après les vacances de Toussaint. Maintenant, c’est le premier octobre. La semestrialisation des cursus et le maintien de la deuxième session ont ajouté un mois, parfois plus. Cela ne suffit apparemment pas au Ministère. Il est question d’obliger toutes les universités à mettre la deuxième session 3 semaines après celle de juin. Nous serons donc pris jusqu’à fin juillet-début août. Pour libérer septembre ? Que nenni. Pour que les cours commencent le premier septembre ! Quand les prolos avaient une semaine de 45 heures, les universitaires en avaient une de 7 ou de 3 (selon le grade). Quand les prolos avaient 15 jours de vacances, les universitaires avaient 4 mois d’otium. On s’achemine vers une situation où les prolos auront 5 semaines de vacances et les universitaires un mois. Quand pourront-ils se cultiver (ie faire de la recherche) ? La question ne sera pas posée.

Qui ne voit que les « 35 heures de présence » répondent à la même logique ? Les syndicats ont eu tort d’entrer dans des comptes d’apothicaire pour expliquer qu’en fait, les professeurs travaillaient plus de 35 heures. Il aurait fallu dire : non, nous travaillons moins mais c’est tout à fait juste. Si vous voulez que nous travaillions comme tout le monde, alors il faut nous payer comme des cadres supérieurs : 3 fois plus. Mais pour raisonner ainsi il faudrait que les « marxistes » de la FSU aient lu Marx.

Pour boucler la boucle : les universitaires sont plus maltraités que les agrégés du secondaire, les agrégés que les certifiés (le fait d’enseigner en collège s’inscrit dans cette logique de la maltraitance) et les certifiés que les professeurs des écoles. On pourrait l’accepter dans une logique communiste. Mais le but n’est évidemment pas de réduire les inégalités. Construire une société sans classes ne semble pas l’objectif principal de Sarkozy. Car dans le même temps, les prolétaires sont précarisés et sous-payés. Non, la vraie raison de tout cela, c’est qu’il faut en finir avec l’Etat cultivé. En avant toute pour l’Etat culturel ! Pas de pub pour la télé publique pour qu’il y en ait davantage pour les chaînes privés et intermittents du spectacle pour que les boites de prod puissent mieux se sucrer.

Ecrit par : Pedro Cordoba | 05 septembre 2008.

Je ne me plongerai pas dans l'analyse marxiste car je n'y suis pas expert, je rappellerai seulement un mot de Jean Moulin, il était préfet et lors d'une réunion un fonctionnaire proposa d'augmenter le salaire des cantonniers, réplique immédiate : pourquoi, il y a une crise du recrutement ? On passa à la question suivante de l'ordre du jour ...
Si Jean Moulin ressuscitait, il demanderait certainement, y-a-t-il un problème pour trouver des professeurs ? Peut-être rajouterait-il pour trouver de bons professeurs, mais ceci est un autre problème ...
Pedro Cordoba comme beaucoup de ses confrères fait semblant d'oublier la massification de l'enseignement. Tout l'inverse de l'armée où quoique l'effectif des hommes de rang diminue sans cesse, le nombre de généraux reste toujours égal ! 390 généraux pour l'armée française, le triple des effectifs de l'armée anglaise !
Et croyez bien que la revalorisation des soldes des militaires depuis les années soixante-dix fait des hauts gradés de véritables nantis aujourd'hui à l'aune des traitements communs des diplômés du supérieur (avec un risque minimum, il y a vraiment très longtemps qu'un général n'est pas mort au combat en France !).

On a inventé beaucoup de disciplines à l'université qui à mes yeux s'apparentent à du charlatanisme, et celles qui existaient précédemment sous le titre d'humanités ont voulu se parer des oripeaux de la science, en s'intitulant sciences humaines.

C'était le prix à payer pour une société qui s'enrichissait continuellement à grande vitesse. Qui peut dire que le différentiel de richesse par habitant entre la France et les pays à bas-coût de main d'oeuvre va se poursuivre ? Ce n'est pas un acquis en tous cas (la tendance inverse depuis 1981 s'est plutôt observée, à la suite de politiques médiocres mises en oeuvre successivement par la gauche et la droite, les français se sont appauvris relativement aux citoyens de pays de culture comparable).

Le Couvent des Bernardins à Paris vient d'être restauré, il a été un haut-lieu de la culture au moyen-âge, puisse-t-il le redevenir !

Je suis très loin de tout vedettariat et je m'en éloigne de jour en jour. Vu ce que l'on peut faire avec un homme de qualité en le triturant dans les médias cela ne paraît pas plus mal !
Seul à seul avec moi-même jusqu'où irai-je ?

Le pire qui puisse m'arriver ? En-dehors de la souffrance physique qui est commune à tous, il n'y a rien de particulier que je n'éprouve avec intérêt.

Il n'est pas nécessaire de faire rire pour participer à une forme de société supérieure. Les émotions intellectuelles qui ne dérivent pas vers le frisson de la chair ont leur existence propre.

Le vrai drame de ce qui ne communique pas. On peut imaginer un cerveau global qui serait tellement étendu que certaines parties ne joindraient plus qu'avec peine certaines autres parties, mais n'est-ce pas le quotidien de l'être humain ? Son cerveau est divisé en multiples couches, en fonctions séparées, en strates d'âges divers ... le cerveau est déjà une société à lui tout seul.

Qu'est-ce qu'une expérience extrême sinon pour un homo sapiens un certain état de son esprit ?

La seule personne qu'il y ait en face de moi c'est moi-même. Solipsisme.

Etre effacé de sa propre mémoire. Atteindre l'amnésie complète de sa propre personnalité, certaines religions y voient une forme de nirvana, un état supérieur.

Il y a deux projets concurrents : la maîtrise du monde extérieur, la maîtrise du monde intérieur. Etre à la superficie de soi ou à l'intérieur de soi. Deux modes de communication différents. Effacer les inégalités du Soi ou du Monde. Les Terra Incognita de l'esprit et de la Nature. Rivalité extrême entre ces deux substances qui participent d'une même essence. Faut-il être extrêmement étendu, c'est à dire en langage moderne extrêmement répandu, ou bien être concentré à l'extrême ? Avoir une figure sociale ou une figure pensante ?

Il y a un fichier qui s'appelle Edvige qui prétend connaître et reconnaître ma personne, comme j'aimerais que cela fut le cas ! Hélas, je crains que cette informatisation ne soit qu'un triste formatage parmi d'autres ... un jugement sommaire qui n'en peut mais. Une goutte de salive est plus révélatrice sur moi qu'un dictionnaire entier.

Se fondre dans le décor pour mieux exister par soi. Technique de camouflage très répandue dans le monde vivant.

Der Doppelgänger, le double ... pas au sens romantique, ni au sens psychologique, mais le double vide ... l'apparence creuse pour mieux feinter l'observateur ! Voici un texte de Michel Guiomar sur ce sujet.

Je suis veuve d'un colonel qui mourut à la guerre ...
L'armée française essaye de nous refourguer les généraux de la seconde section - ses veufs - pour nous porter la bonne parole mais comme ils semblent tous sortis d'une opérette d'Offenbach, on a bien du mal à les prendre au sérieux !

Ah ! que j'aime les militaires, j’aime les militaires, j’aime les militaires, leur uniforme coquet, leur moustache et leur plumet.
Ah ! que j'aime les militaires, j'aime les militaires, j'aime les militaires,
Leur air vainqueur, leurs manières
En eux, tout me plaît.
Quand je vois là mes soldats
Prêts à partir pour la guerre,
Fixes, droits, l'oeil à quinze pas,
Vrai Dieu ! j'en suis toute fière.
Seront-ils vainqueurs ou défaits,
Je n'en sais rien... ce que je sais...
Je n'en sais rien... ce que je sais...
Je n'en sais rien... ce que je sais... Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Je sais ce que je voudrais.
Je voudrais être cantinière,
Près d'eux toujours je serais
Et je les pincerais.
Avec eux vaillante et légère,
Au combat, au combat je m'élancerais !
Cela me plairait-il, la guerre ?
Cela me plairait-il, me plairait-il, me plairait-il...
Je n'en sais rien... ce que je sais...
Je n'en sais rien... ce que je sais... Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Oui !!! J'aime les militaires !!!

Quand papa s'en allait en guerre,
Du moins on me l'a raconté
Des mains de mon auguste mère
Il prenait ce fer redouté

Voici le sabre, le sabre, le sabre
Voici le sabre de mon père
Voici le sabre, le sabre, le sabre
Tu vas le mettre à ton côté, à ton côté.

Voici la page charmante et instructive où je prends ce copier-coller Gay Attitude.

"Montaigneàcheval" un bon petit gars suspendu la tête à l'envers et les pieds sur la barre transversale du blog de Pierre Assouline, tel Toto qui ferait le pitre ! Et devinez quoi, ce grimacier nouveau-genre est agrégé d'histoire-géographie, pourquoi pas grammairien aussi ? Il dit qu'il enseigne aux nègres, ce sont plutôt les nègres qui l'enseignent depuis le temps ... Pas plus étonné que cela de glavioter sur tous les métiers - il fait partie du "collège ambition cornet de frites", il en est le héraut, très fier de ne préparer à aucun avenir viable sinon de bête de zoo ses élèves ... ah ! si, il y a une préférence qu'il peut assumer, être assidu aux tréteaux littéraires du journal "Le Monde", c'est peut-être une profession d'avenir, qui sait ?

Dans le temps on se déplaçait en famille au zoo pour voir les bêtes sauvages en voie d'extinction, avec lui et ses semblables on pourra bientôt organiser les visites guidées dans des collèges-safaris, les touristes seront dans des véhicules blindées et parcoureront les réserves de l'Education Nationale sous haute protection ... il faut bien protéger les espèces rares, les hommes cultivés !

80% des français voudraient élire un noir à la Maison-Blanche, dingue cela ! Si j'avais su je me serais passé le visage au cirage et je me serais présenté aux élections présidentielles de 2007 ! Comme nègre on ne fera jamais mieux que moi ... j'ai déjà la plume !

Obama qui ne doute jamais de rien dit qu'il faut achever le boulot en Afghanistan, il en profite pour donner la leçon à McCain, sûr ses connaissances militaires dament le pion à l'ancien pilote de l'aéronavale américaine ! Quelle est la chance pour que dans les dix ans à venir les insurgés, les terroristes, appelez-les comme vous voulez, déposent les armes ? Je crois que nous aurons beaucoup de veine si dans cinquante ans d'ici cette région du monde est enfin apaisée et que cela ne tourne pas à la guerre civile généralisée, l'exemple de l'Algérie qui se débat depuis quinze ans avec ses islamistes est là pour prouver que ce genre de conflit ne se résout pas en un jour.
Obama : un nègre vantard et un politicien illusioniste (ça c'est son côté blanc).

Résumons : ensemble Afghanistan+Pakistan deux cent millions d'habitants, croissance démographique 3% l'an, territoire un million cinq cent mille km², ressources propres faibles, fort enclavement, rien de comparable avec la Tchétchénie, son million d'habitants et ses quinze mille km² ! D'ailleurs les occidentaux ne peuvent pas appliquer les méthodes russes, Karzaï se plaint de plus en plus des bombardements aveugles, hier au Pakistan avec son nouveau président il a dénoncé de tels agissements. On est vraiment au coeur du monde islamique avec ses madrasas et c'est en plus le trou du cul du monde depuis toujours et comme chacun sait on a beau en faire la toilette, le trou du cul c'est toujours sale ...

A part leur envoyer la troupe du Splendid avec Christian Clavier à sa tête pour les distraire, je ne vois vraiment pas ... seront-ils sensibles au charme petit-bourgeois de nos gais-lurons ces farouches guerriers ? Notre président qui est un homme très éclairé rigole beaucoup aux facéties de ces drôles là ... A moins que pour 285 millions d'euros on expédie en éclaireur notre Tapie national qui leur vendra la Mer Morte en leasing ... avec promesse de rachat dans les dix ans s'ils ne sont pas satisfaits.

Le lyrisme de la pénitence ne frappe pas tout le monde de la même manière !

Il faudra bientôt créer des bobothèques pour remplacer nos bibliothèques municipales afin d'y attirer les bisounours des blogs ...

La crise est palpable, je l'observe à mon niveau dans le tarissement des commandes de ce mois de septembre.

En "Une" des journaux l'opinion de telle ou telle vedette sur le 11 septembre ou sur je ne sais quoi et pourquoi pas aussi bien sur les expériences du CERN à Genève ? Dans le temps Marilyn Monroe couchait avec le président JFK mais on ne lui demandait pas son avis sur sa politique ... en clair les feux et les contre-feux de l'acutalité dans ces affaires se valent, il s'agit toujours et encore de vendre du papier, comme les journaux people qui créent l'actualité en complicité avec de fausses célébrités telles Paris-Hilton ou Britney Spears en les coursant toute la sainte journée et grossissant leurs moindres faits et gestes, car sous le microscope le ciron devient un géant et ses déplacements les plus minimes deviennent des épopées ...

Les journalistes tout étonnés de voir que les expériences du CERN avec son énorme machine de 27kms de circonférence se résumaient à un point de lumière sur un écran ... rien de spectaculaire, certes moins que la boule à zéro de Britney Spears ou son coup de poing à un paparazzi posté là comme par fait exprès ... mais comme le disait Nietzsche les vraies révolutions viennent sur des pattes de colombes.
La science ne se veut pas un spectacle pour tous. Etonnant non ? Elle ne cherche ni à se mettre en scène, ni à aboutir à une explication définitive des fins ultimes du monde contrairement à l'eschatologie des esprits religieux.

La science qui cherche à éclairer le silence autour des choses les plus naturelles du monde, à les mettre en musique ... à harmoniser le mystère. Ce n'est pas de l'émotion facile, ni de la tripe saignante.

Echec final de ceux qui cherchent à faire du bruit. Le bruit de fond de l'univers l'emportera toujours sur le vain bruit des hommes qui s'agitent autour de faux mystères, leurs passions inutiles. Feu la divinité humaine ...

Le philosophe sourit et la poésie naît de ce sourire.

Jean Sarkozy à Jessica Darty dans la salle des mariages de la mairie de Neuilly au moment de lui passer la bague au doigt : Je te soutiens à mort !

De plus en plus pauvre, de plus en plus isolé, heureusement ma philosophie me tient lieu de tout.

Dans un certain sens les Talibans seraient mieux à même de comprendre la Chanson de Roland, l'Iliade et l'odyssée que la plupart des jeunes français, je suis plus proche d'eux moi qui me suis nourri de Corneille que de ceux qui paraissent être mes contemporains. Nous n'avons rien à nous dire de fondamental, les amateurs de spectacles creux et qui ne prêtent jamais à conséquence et moi qui joue toujours ma vie à quitte ou double.

Mon père disait que les combattants allemands étaient meilleurs que les soldats américains, c'est indubitable ! Même s'ils servaient une mauvaise cause, ils la servaient avec foi. Je pourrais en dire autant des Talibans.

Le pape m'a détourné de mon droit chemin ! J'ai été obligé de rejoindre le métro Pont-Neuf à pied depuis le boulevard Saint-Michel à cause de lui, du coup quai des Grands Augustins Bernard m'a hélé depuis la terrasse d'un café et voilà comment je suis devenu un poivrot par la faute de ce benoît allemand essayant de passer pour une bonne soeur en terre de France ... en partant dans la nuit j'ai fait remarquer à Bernard qu'un quidam prenait le trottoir du quai pour un tapis de prière en direction de la Mecque, à moins que ce ne fusse un gentil vieux farceur qui voulait se moquer de la visite pontificale !

Bernard est à tu et à toi avec le chien de madame Chirac qui souffre de displasie et dont l'arrière-train traîne ... il lui met des pièces jaunes sur le trottoir pour l'encourager dans sa marche de petit vieillard. Le Jacquot qui aime toujours autant flatter le cul des vaches lui a dit que bouquiniste était un beau métier ... mais moins payant que la politique j'aimerais préciser, heureusement Bernard a une main artiste et vit essentiellement de la vente de ses toiles aux touristes du quai Voltaire.

Je suis furieux, la sécurité sociale ne me rembourse pas des analyses sanguines prescrites par mon médecin, soixante-deux euros à ma charge ! Alors que je n'avais pas été prévenu de cette ponction indue comme si un commerçant vendait ses produits sans avertir de ses prix (je n'aurais pas fait faire cette recherche inutile du virus de l'herpès sinon alors que je ne l'ai jamais contracté). J'ai l'impression que je vais passer un gros savon aux hautes autorités si on refuse de faire un geste, il ne faut pas oublier que chaque mois je fais économiser plus de quatre cent euros à la SS grâce à mon heureuse initiative ayant diminué la prescription de mes antiviraux de moitié.

Bernard Grappotte est le neveu de François Grappotte, l'ancien PDG de Legrand Electrique, qui siège maintenant au conseil d'administration de Michelin. Sa marraine Nicole Catala a longtemps été l'adjointe de Chirac à la mairie de Paris. Son père était un ingénieur géographe qui faisait les relevés aériens du Liban, ils sont revenus en France en 1975 aux commencements de la guerre civile. Il est né bohème dans un pays sans loi, ni ordre et il lui est difficile d'admettre que la France n'est pas le Liban ...

L'endoctrinement religieux est très fort au Liban, pratiquement toutes les écoles sont confessionnelles et Bernard y a fait toute sa scolarité (il lui en reste des traces), je me souviens d'un jeune gay - libanais de souche - installé à Paris qui me disait qu'il ne pouvait plus supporter ce gavage. On le comprend et l'on voit où cette philosophie particulière - et trop répandu - a mené ce pauvre pays encerclé par de puissants voisins tous ennemis les uns des autres.

Prendre le pouvoir sans être pris par le pouvoir (Olivier Besancenot au New York Times) : on appelle cela une pirouette.

Les talibans ou la table rase comme défi à une autre table rase celle de la civilisation scientifique occidentale. On remarquera qu'ils ne dédaignent pas les jouets de la technologie occidentale, comme les téléphones satellite, l'internet et le matériel d'armement de pointe. Tout le paradoxe d'une culture nihiliste comme celle de leurs lointains prédécesseurs - leurs inspirateurs ou leurs aïeux spirituels - du XIXème siècle qui utilisèrent la dynamite nouvellement créée par Alfred Nobel pour faire sauter les têtes couronnées d'Europe ... Bien entendu tout ceci se fait au nom de la pureté d'une idée ou d'une foi. La révolution prolétarienne ou la réforme religieuse.

Je ne crois guère aux générations spontanées. Les sociétés se développent selon des lois intrinsèques ou endogènes qui ont leur propre logique. Il faut un élément déclencheur pour voir des évolutions folles et autodestructrices s'emparer d'une société tout entière.

La plupart des actions humaines sont sous-déterminées. En Art c'est une vérité qu'il est facile d'établir. Les contraintes ne sont pas telles que ne puisse pas s'y glisser toute espèce de génie personnel. Dans une société la loi d'évolution supporte peu d'écart à la norme qu'on appelle aussi en statistique la moyenne. En politique la génie est celui de l'espèce, pas celui de l'individu, sauf dans des régimes totalitaires où un seul individu remplace tous les autres réunis.

Dans le cas qui nous occupe celui des talibans il est intéressant de voir que le génie propre d'un groupe humain se réduit au génie de la destruction et de l'épuration systématique des moeurs, le ménage par le vide des coeurs et des esprits.
Il n'y même plus le génie d'un chef pour guider le peuple. Le guide c'est un code en creux. Un vide fait de matière inaniméen des lettres qui ont perdu leur feu organique. C'est l'extrême du littéralisme.

Il y a quelque chose de fascinant dans cette langue parlée par les talibans qui est comme écrite dans un alphabet étrange qui ne débouche sur aucun sens, une écriture inconnue qui ne brasse que du vide. Ils cherchent le sens de la vie et ne trouvent que le vide de la mort. C'est une civilisation posthume qu'on découvrirait en plein XXIème siècle, un fossile vivant parmi les nations.

Ce n'est plus Montjoie ! Montjoie ! avec les barbus, ce serait plutôt Monde triste ! Monde triste !
On dit souvent que l'islam est né du désert - certains méchants esprits comme Chesterton rajoutent qu'il y retournera - mais il faut avouer que les talibans poussent l'amour du désert un peu loin jusqu'au vide le plus troublant.
Drôle de flirt pourrait-on dire si ce mot ne sonnait si mal pour des gens qui ont si peu l'esprit du jeu. C'est peut-être cela le fin fond de leur esprit, vouloir bannir l'esprit d'enfance, ses jeux et ses ris. Le remplacer par un sérieux impeccable qui ne doute jamais de rien. Tout en noir et blanc, d'où leurs couleurs habituelles.

La science c'est amusant parce que c'est plein de surprises et l'on sait qu'on n'épuisera jamais cette ressource, la nature a plus d'un tour dans son sac pour nous émerveiller. La religion dans sa forme la plus exaltée c'est tout le contraire, c'est un monde fermé qui n'admet aucune réalité extérieure et l'on a pu entendre cette parole étonnante du pape à Paris, l'homme a trop approfondi la science aux dépens de son essence ! Quand l'église condamnait Galilée elle le faisait au nom de la pureté de la doctrine mais pas pour avoir cherché dans ses lunettes une vérité supra ou infralunaire, elle lui interdisait la publication pas la recherche. Faut-il que l'église se sente fragile aujourd'hui et peu sûre de son emprise sur les esprits pour interdire non seulement le libre examen mais douter de l'utilité de la conduite raisonnée de son intelligence dans les activités humaines !

En somme si l'on suit Benoît XVI laissons-nous aller à nos instincts et attendons que le prêtre juge nos comportements ...

Un état des lieux : les talibans installés à cheval sur la frontière.

Les ethnologues se pencheront plus tard avec passion sur ces étranges mélanges de modernité et d'archaïsme comme les historiens le font pour le mouvement nihiliste ou anarchiste de la fin du XIXème siècle qui luttait contre l'industrialisation et l'étatisation nationaliste.

Hérédité le seul dieu dont nous connaissions le nom, Oscar Wilde, fils de son époque s'il en fut et pourtant la transcendant non sans la dénoncer.

On essaye aujourd'hui de taire le nom de ce dieu, mais comme il est malin il se venge de multiples façons ... comme Loki, le dieu du feu ! Car notre héritage génétique est comme le feu plein de ruses et de retours sur soi.

Vous connaissez le langage maya ? Il se traduit par une écriture mixte, un ensemble d'environ mille signes, à la fois idéels et phonétiques et après quelques siècles d'efforts on a pu le déchiffrer, et bien entendu ce que racontent les signes épigraphiques qui restent ce sont des généalogies royales. Le jeune David Stuart âgé de douze ans en 1977 traduisit une grande partie de ce langage, on songe au génie de Champollion ...
Il n'y a rien à faire : vous ne pouvez simplifier la pensée humaine à l'extrême sans perdre de la substance des sociétés.

L'idéologie est morte née parce qu'elle ne rend compte ni de la nature biologique de l'homme, ni du développement temporel des sociétés, ni de l'élan vital, ni de la nécessité abstraite. Les langages formels élaborés à la fin du XIXème et dans le courant du XXème siècle autorisent une approche rationnelle de la pensée humaine qui nous permet de comprendre pourquoi toute réduction ad infinitum est vouée à l'échec.

N'oubliez jamais que l'ADN est une écriture ! Une combinatoire sur un substrat chimique.

J'ai vu hier soir "Complément d'enquête" sur l'A2 consacré à l'armée de terre et portant notamment sur la question afghane. La conclusion que j'en tire c'est que cette arme a de gros problèmes et qu'elle ferait bien de s'inspirer des méthodes d'organisation industrielle. Il n'y a pas de retour entre l'utilisateur - le soldat de base - et le décideur - la hiérarchie ou haut commandement - tout ne se fait que dans un seul sens. D'où mauvais matériel, inadapté, jusqu'aux treillis et aux objets portables que le biffin est obligé d'acheter sur sa solde car la dotation est soit insuffisante, soit non prévue pour l'opération. Un militaire chargé de l'entretien du matériel sur le terrain en Afghanistan fait remarquer au général Georgelin que la lourdeur administrative ralentit les procédures et limite la disponibilité des engins. Un autre se plaint du manque de protection blindée des tourelles des véhicules de l'avant blindée (VAB), bien entendu aucun responsable ne peut prendre l'affaire en mains et aller voir des industriels pour améliorer la situation. Il n'y a pas l'équivalent du contrôle qualité qui est un service qu'on trouve dans toutes les grandes entreprises, pas de feed-back. Par contre on trouve un grand luxe de personnel à Paris ...

L'armée de terre est en situation de monopole, par définition, en France et donc on ne peut la juger que quand elle est concurrence avec d'autres armées sur un terrain d'opération. Ce petit jeu est cruel pour elle mais peut être salutaire. Pour l'instant elle se contente d'appliquer des rustines à ses failles et ses manques patents.
Tout monopole, toute bulle protégée tend à développer les mêmes routines, les mêmes vices dues aux habitudes qui s'incrustent.

Nicolas Baverez qui était interrogé hier soir a participé au "Livre blanc sur la Défense" qu'on trouve sur Internet, un sondage de ce document me fait penser qu'il s'agit surtout de bla-bla politique qui ne rentre pas dans le vif du sujet et qui n'aborde pas les questions concrètes.

Ce document date de 2007, cherchez donc le nom de la Géorgie dedans ! Inconnue au bataillon ... et le mot pétrole ? Quid du choix d'un porte-avions nucléaire par rapport à un porte-avions à propulsion classique ? Quelle prescience ...

On pourrait dire, en quelque sorte, que l'armée américaine est la garante de la dette américaine. Ce bras armé est le levier qui fait fonctionner les tiroirs-caisses ... pratique ! Dans le temps les armées en campagne pillaient allègrement, maintenant ce sont les banquiers et les bourses qui sont chargés de ramener au pays les trophées du vainqueur ...
On imagine mal dans ces conditions les Etats-Unis se retirant de ses théâtres d'opération, ce serait enlever toute légitimité aux ponctions qu'ils opèrent sur l'épargne mondiale ...

Si Obama est élu et retire l'armée d'Irak ce sera tout le crédit US qui s'effondrera d'un coup ... les asiatiques qui détiennent une grand part des réserves monétaires ne voudront plus croire à la précellence américaine. Le facteur psychologique sur le champ de bataille des armées comme sur celui des marchés financiers est capital pour faire croire au surcroît de force qui vous permettra d'emporter la victoire.

Chacun est dans son rôle, Hollywood soutient Obama, ça ce sont les gentils qui se font flinguer, le chef McCain envoie le soldat Palin - un peu borné mais grand coeur - faire le sale boulot et à la fin les spectateurs applaudissent le western et son happy end ! Bonne production, mérite sans conteste un Oscar ...

La journée des dupes ou comment les démocrates ont perdu les élections au plus fort de cette crise financière et pendant ce temps les caniches de la politique française s'égosillaient dans tous les médias comme à leur habitude, manières de petits roquets qui n'ont que leurs seuls jappements pour exister ! Keep cool, guys and go on !

La morale de Wall-Street ou la ronde du brésilien :

Je suis Brésilien, j'ai de l'or,
Et j'arrive de Rio-Janeire
Plus riche aujourd'hui que naguère,
Paris, je te reviens encor !

Deux fois je suis venu déjà,
J'avais de l'or dans ma valise,
Des diamants à ma chemise,
Combien a duré tout cela ?
Le temps d'avoir deux cents amis
Et d'aimer quatre ou cinq maîtresses,
Six mois de galantes ivresses,
Et plus rien ! Ô Paris ! Paris !
En six mois tu m'as tout raflé,
Et puis, vers ma jeune Amérique,
Tu m'as, pauvre et mélancolique,
Délicatement remballé !
Mais je brûlais de revenir,
Et là-bas, sous mon ciel sauvage,
Je me répétais avec rage :
Une autre fortune ou mourir !
Je ne suis pas mort, j'ai gagné
Tant bien que mal des sommes folles,
Et je viens pour que tu me voles
Tout ce que là-bas j'ai volé !

Je suis Brésilien, j'ai de l'or,
Et j'arrive de Rio-Janeire
Vingt fois plus riche que naguère,
Paris, je te reviens encor !

Ce que je veux de toi, Paris,
Ce que je veux, ce sont tes femmes,
Ni bourgeoises, ni grandes dames,
Mais les autres... l'on m'a compris !
Celles que l'on voit étalant
Sur le velours de l'avant-scène
Avec des allures de reine
Un gros bouquet de lilas blancs ;
Celles dont l'oeil froid et câlin
En un instant jauge une salle,
Et va cherchant de stalle en stalle
Un successeur à ce gandin,
Qui plein de chic, mais indigent,
Au fond de sa loge se cache,
Et dit en mordant sa moustache
Où diable trouver de l'argent ?
De l'argent ! Moi j'en ai ! Venez !
Nous le mangerons mes poulettes,
Puis après, je ferai des dettes,
Tendez vos deux mains et prenez !

Je suis Brésilien, j'ai de l'or,
Et j'arrive de Rio-Janeire
Vingt fois plus riche que naguère,
Paris, je te reviens encor !

Hurrah ! je viens de débarquer,
Mettez vos faux cheveux, cocottes !
J'apporte à vos blanches quenottes
Toute une fortune à croquer !
Le pigeon vient ! Plumez, plumez...
Prenez mes dollars, mes bank-notes,
Ma montre, mon chapeau, mes bottes,
Mais dites-moi que vous m'aimez !
J'agirai magnifiquement,
Mais vous connaissez ma nature,
Et j'en prendrai, je vous le jure,
Oui, j'en prendrai pour mon argent.

Je suis Brésilien, j'ai de l'or,
Et j'arrive de Rio-Janeire
Vingt fois plus riche que naguère,
Paris je te reviens encor !

Et rajoutez-moi un peu de cocaïne pour que je puisse faire la fête à la mode nouvelle ... puisque je sais si bien plumer la volaille ! Car Wall Street vaut bien une messe basse !

Une chanson de circonstances la chanson d'Hélène par Romy Schneider.

Dans un autre genre, pour vous réchauffer le coeur, Michel Simon et l'Amour en noir et blanc !
Et évidemment Cette petite femme-là !

Michel Foucault : l'obsession de l'intellectualisme. Pourquoi ? Par peur de la sentimentalité, voire de la sensibilité, tout simplement ? Ce retrait est tout le signe de celui qui se cache par peur d'être soi tout uniment, d'où son goût factice et déviant pour le sadomasochisme. Foucault accusait Guibert d'avoir tout faux, mais on pourrait bien plus utilement lui retourner le compliment, dans ses rapports humains il était visiblement incapable d'avoir un accès direct à la connaissance.

Les universitaires sont des gens qui veulent être pris au sérieux et ne pas être confondus avec la foule vulgaire, ils en rajoutent donc dans l'abscons. Mais les choses sont infiniment plus simples en général - ou bien trop compliquées pour être expliquées. Faites des sciences si vous voulez vous réfugier dans le domaine des généralités sans tomber dans l'excessive ardeur de notre présence au monde. Refroidissez la machine avec de la géométrie ... plutôt qu'avec les axiomes transis de la foi.
Les artistes eux veulent jouer et il y a plus de vérité sereine dans cette manière d'être un gosse qui s'émerveille d'être au monde que dans le factice des clercs de toute nature qui encombrent les allées de la Sorbonne. La science la plus profonde est aussi un grand jeu ... une partie de billard où l'on effectue des carambolages.

J'ai écouté - et vu sur LCP - le débat à l'Assemblée consacré à la guerre de pacification - oxymore - en Afghanistan. Rien de très nouveau, chacun patauge dans ses propres incertitudes ou des certitudes trop marquées pour être honnêtes. Pas un pour dire : nous ne savons pas où nous allons, ce qui est le lot de la plupart des actions humaines. Manque de courage au fond, il faut mettre son objectif au-dessus de soi pour ne pas se révéler trop inférieur à la tache (De Gaulle reprochait aux résistants de ne pas mettre la France au-dessus de leur propre sacrifice).

Ne trouvez-vous pas curieux une philosophie qui ne s'occupe pas des limites de la connaissance ? Et qui ne sinquiète que de l'usage du logos bien entendu ... sans en fixer les bornes ? Pourtant toute la pensée logico-mathématique au XXème siècle a évolué dans ce sens. Franchir les obstacles sans déranger les bornes ...
Kant n'a pas tout dit sur ces questions, je pense. On a fait quelques progrès depuis ce temps des Lumières. Ou ce serait à désespérer.

Mon sentiment c'est que si malgré tout Obama arrivait à s'installer à la Maison-Blanche en janvier, il faudra retirer les troupes supplémentaires que nous avons envoyé au printemps dernier en Afghanistan. Sa politique économique et étrangère étant dans ses grandes lignes déjà connue elle ne peut conduire qu'à des catastrophes en chaîne les Etats-Unis comme au temps de Jimmy Carter, lui aussi animé des meilleures intentions du monde ... malheureusement le Monde lui s'en moque résolument !
Il est douteux que les talibans seront amadoués par le beau sourire de Barack et même par ses origines musulmanes qui n'en feront jamais à leurs yeux qu'un apostat.

Il est d'ailleurs étrange de voir que lors du débat à l'Assemblée hier on n'a pas mentionné les élections américaines comme si tout ne dépendait pas d'elles ! C'est dire à quel point il y avait une impression de flottement dans cette suite de discours surréalistes. On n'a évidemment pas non plus signalé l'état d'impréparation de l'armée française ! C'est tout dire ...

Si voulez encourager des soldats français en Afghanistan, c'est par ici : le blog de Merlin.

Ce qui est frappant chez Obama c'est qu'il n'a jamais exercé aucun commandement - hormis la direction de ses campagnes électorales - qu'il n'a jamais rien accompli de probant hors la pure politique.
De Gaulle avait fait la même remarque au sujet de Weygand qui avait parcouru tous les grades militaires sans jamais avoir reçu aucun commandement de troupe (il était le bras droit de Foch pendant la première guerre mondiale) jusqu'à ce qu'en pleine tourmente en mai 1940 on lui confie la direction de la bataille, bien entendu même si on ne peut pas vraiment lui imputer le désastre de juin 1940, il n'en reste pas moins qu'il aurait été incapable de prendre une décision radicale comme de transporter les restes de l'armée française en Afrique du Nord afin d'y continuer le combat et de sauver la flotte par la même occasion.

Jean-Dominique Merchet suivant Alain-Gérard Slama cite le célèbre discours de Phnom-Penh, sauf qu'aujourd'hui les données du problème sont inversées ! C'est le commandant Massoud qui vint lui-même en Europe quelques semaines avant le onze septembre demander l'intervention des Occidentaux qui refusèrent de le recevoir et de l'écouter !
Je rappelle d'ailleurs que c'est De Gaulle qui fit la tragique erreur à l'automne 45 d'envoyer un corps expéditionnaire à la reconquête de l'Indochine, qu'il ait pris par la suite la mesure de sa bévue et que cela l'ait convaincu de se retirer d'Algérie, je n'en doute pas mais enfin il n'en reste pas moins que le De Gaulle de 58 n'était plus celui de 45 !

Les Etats-Unis étaient devenus un casino géant, maintenant il va leur falloir digérer cette croissance à marche forcée. Vers quoi orienter les crédits encore disponibles ? Il est clair que le marché immobilier est saturé pour un bon moment malgré la forte croissance démographique des U.S.A. Devront-ils réindustrialiser après la chute du milieu financier qui vient de perdre des dizaines de milliers d'emplois ? Cela paraît improbable. Les nouvelles technologies sur lesquelles on comptait marquent le pas, les relais de croissance n'existent pas encore (par exemple les nanotechnologies sont balbutiantes et sont loin du stade industriel, la biotechnologie avance plus lentement que prévu). Ceci dit on peut quand même se demander s'il ne faudrait pas réorienter l'investissement en recherche fondamentale et appliquée ? Il y a des voies qui restent largement inexplorées par exemple dans les techniques qui permettraient des économies d'énergie.

Globalement l'excès d'imagination qui s'était emparé de la finance au point de créer de la valeur fictive par des opérations simulées manque pour le moins quand il s'agit de choisir les technologies du monde futur. Que voulons-nous choisir ? Quelles valeurs voulons-nous créer ? De même que nous sommes co-responsables des dérives des marchés, nous sommes collectivement intéressés par nos choix. Marquer l'homme c'est désigner un nouveau territoire pour les conquêtes de l'esprit. L'homme est chose mentale essentiellement, ne l'oublions pas, ne nous laissons pas abuser par les prestiges du matériau brut si je puis dire, c'est la transformation du matériau vivant qui nous concerne vraiment. L'essentiel restera invisible si nous ne faisons pas un effort d'imagination.

Sans tomber dans une philosophie vide, nous devons désigner des objectifs qui puissent nous faire rêver.

Le Figaro, brève :
Simone Veil à l'Académie française.
L'élection du successeur de Pierre Messmer à l'Académie française aura lieu le 20 novembre. Simone Veil devrait, en principe, se présenter sans concurrent. Dans le langage du quai de Conti, on appelle cela une élection de maréchal. Celle réservée aux grandes personnalités que les immortels tiennent à compter parmi eux.

Mais non, mais non ! Puisque je me présente, il y aura donc deux candidats, un politique et un homme d'esprit !

Peut-être aurons-nous l'occasion de chanter ensemble ce petit duo sous la coupole :

- Je sens lorsque je t'aperçois
Comme un tremblement qui m'agite
- Et moi, Betina, quand j'te vois
C'est étonnant comme je palpite
- Lorsque tu me parles voilà
Que dans mon p'tit coeur ça s'embrouille
- Moi quand tu me regardes, j'ai là
Comme une grosse bête qui me chatouille

- J'aime bien mes dindons
- J'aime bien mes moutons
- Quand ils font leurs doux glou glou glou
- Quand chacun d'eux fait bê bê bê
- Mais... j'taime mieux qu'mes dindons
- J't'aime mieux qu'mes moutons
- Quand ils font leurs doux glou glou glou
- Quand chacun d'eux fait bê bê bê,
- Glou glou glou
- Bê
- Glou glou glou
- Bê
- Glou glou glou
- Bê bê bê

- Lorsque j'plonge dans tes yeux mes yeux
C'est curieux comme ça m'ravigote
- Quand j'aspire l'odeur de tes ch'veux
Jusqu'au bout des doigts ça m'picote
- Si tu t'approches de moi soudain
Je tremble comme une petite poule
- Quand ma main rencontre ta main
Crac ! C'est fini je perds la boule.

On n'est pas sérieux quand on est amoureux ...

La Gloire - je ne connais qu'elle : Académie : ils sont tous là !

Alain Finkielkraut n'aime pas l'ère du numérique, ne lui dites pas que la télévision et la radiodiffusion sont passés au numérique, il n'osera plus s'y montrer ...

Bien entendu cet ignare est incapable de comprendre la différence entre analogique et numérique faute d'avoir fait de la physique et de l'informatique, d'avoir étudié la théorie de l'électromagnétisme et la théorie de l'information, il s'agit seulement pour lui d'utiliser des mots-valises gros comme des maisons pour avoir l'air savant ...

Le problème de ces soi-disant philosophes spécialisés en généralités et en choses vagues c'est qu'ils utilisent des mots qui ont un sens précis dans les technologies de notre temps pour leur faire émettre des bulles de savon dans lesquelles ils espèrent faire miroiter leur gloire ... ce sont là penseurs pour cour de récréation et talk-shows télévisuels.

Finkielkraut, un type qui passe son temps à dénoncer l'actualité et fait tout ce qu'il peut pour en être, on appelle cela un Tartuffe moderne si l'on considère que son anti-morale de la société du spectacle est bien celle finalement de se montrer en gloire ...

Il faut être un polytechnicien très naïf de vingt ans pour ne pas éclater de rire à toutes ces simagrées et ces mimiques d'outré perpétuel et une simple Dorine aurait tôt fait de lui tirer les chausses pour le mettre cul nu ...

C'est un people de la culture, qui nous fait part de ses moindres gestes depuis sa dernière tonsure jusqu'à son récent tatouage Touche pas à ma Kultur à un endroit que la pudeur m'interdit de nommer !

Pas vraiment de différence entre Paris-Hilton et Finkielkraut, un avis sur tout et une légèreté qui pèse des tonnes ...

Britney Spears me ferait davantage sourire avec son cirque qui s'avoue comme tel, finalement on est moins trompé sur la marchandise et puis on devine qu'il y a une date de péremption au-delà de laquelle la fraîcheur n'est plus garantie, tandis que l'odeur d'hareng saur ou de vieux saumon qui a remonté le cours de toutes les émissions de Finkielkraut, ça finit pas schlinguer comme on dit dans le Père Noël est une ordure ...

Il n'est nullement interdit de réécrire "La Comédie humaine" ou "La Recherche du temps perdu" en l'an de grâce 2008, comme Proust s'est penché sur les coteries du Paris 1900, on peut étudier les différentes manières d'être snob, d'avoir des sentiments affectés, ou de lorgner comme les héros balzaciens vers des intérêts bassement matériels tout en prônant une morale pure ...
Peut-être qu'il manque à un écrivain contemporain d'avoir le courage de s'isoler comme ces deux grands esseulés, d'en devenir malade et de cultiver une certaine morbidité pour pouvoir dévisager la société actuelle !
Les écrivains heureux ont-ils quelque chose de valable, c'est à dire d'original à raconter ? Pas plus probablement que les gens heureux.
La société actuelle ne veut voir qu'un seul reflet dans son miroir au nom d'un idéal de transparence qui ressemble fort à une dictature douce. Qu'est-ce qu'il y a de plus intolérant que le bonheur ?

Etrange renversement, auparavant la société américaine faisait des nègres le noir tombeau des vices, maintenant elle y voit les réceptacles de toutes les vertus ! Manichéisme ...

La main souffre dans la société actuelle comme pour les grands virtuoses du piano qui arrivés à un certain point de leur carrière peuvent être pris par une paralysie d'un membre trop sollicité ; mais en l'occurence elle souffre peut-être d'un trop grand abandon ! C'est faute d'exercice que les prodiges que la main de l'homme peut accomplir nous sont dorénavant interdits, faute d'une estime réelle pour le corps. On ne veut plus confondre l'art avec l'artisanat dont il émane pourtant, on préfère l'art conceptuel où la main n'a plus que faire ...

On nous encourage à faire des miracles tous les jours alors que seul le temps peut en faire. Le temps qui permet de composer.

La main nous rend humain, c'est ce que prétendent les anthropologues et il y a certainement une grand part de vrai là-dedans (même si les enfants affectés par la thalidomide sont devenus aussi humains que vous ou moi). La souffrance de la main est un problème complexe, dans les cas de paralysies unilatérales des pianistes virtuoses ce n'est pas le membre lui-même qui est paralysé, mais l'aire de projection du cerveau qui pour une raison largement méconnue se bloque. Le clavier d'ordinateur peut aussi provoquer des douleurs kinestésiques. La culture de l'esprit ne doit pas tomber dans l'excès inverse qui consisterait à méconnaître les besoins de représentation du corps or la main dans l'aire de projection du corps tient une place éminente (d'où l'importance des enseignements artistiques).

Il y a un grand jeu Google en ce moment qui demande des idées pour améliorer le Monde, vaste programme ! Une petite suggestion quand même de la part de quelqu'un qui comme moi suis un peu de la partie à la fois éditeur sur le Net et écrivain, il faudrait fabriquer une édition du Coran expurgée des passages litigieux, c'est à dire les plus violents afin de la répandre abondamment dans les pays islamiques où des conflits sont à l'oeuvre.

Je pense qu'un esprit libre ne doit pas se résigner à la dictature du bonheur sur soi-même, mais bon ! il est difficile de résister à ses appâts ...

Il y a une certaine perfidie du bonheur puisqu'il nous endort !

On ne dit jamais en Occident qu'il y a des limites au bonheur individuel comme au bonheur d'une société, pourtant pourquoi voudriez-vous que cet état d'esprit particulier porte en lui toutes les vertus ? Il a ses limites lui aussi, il agit comme un anesthésiant.

Dans un certain sens on peut faire aussi le procès du bonheur, mais les gens heureux ne vous le pardonnent jamais !

Le bonheur : le seul état qu'on nous présente comme une fin en soi - comme la foi !

L'Occident ou l'asile du bonheur, comme les terres de l'Orient sont l'asile de la foi. La constitution américaine inspirée des Lumières étant la seule qui propose le droit au bonheur ... oui mais le bonheur aveugle ? Il faudrait écrire une métaphysique du bonheur.

"Entre les murs" de François Bégaudeau, le thème est simple, c'est l'accès égal pour tous au bonheur entre les murs d'une classe, malheureusement il arrive qu'à l'école on souffre ! Et après l'effort dans cette espèce de prison sans barreau, de chambre monacale d'un cloître sérieux où l'on prie les saintes écritures du savoir d'infuser en nous, on trouve la récompense ...

Disons qu'aujourd'hui dimanche j'avais envie de me payer la tête du bonheur - ce petit bonheur tant vanté des deux côtés de l'Atlantique !

Vous connaissez l'histoire, cela se passe en Orient à l'époque de Shéhérazade. Un homme invite son ami à dîner et l'on apporte du beurre sur la table, l'hôte dit : Ô quel beurre merveilleux, on dirait de l'huile tellement il est onctueux et parfumé ! alors le maître réplique : tu préfères de l'huile, parfait qu'on échange le beurre avec de l'huile, et l'invité de s'exclamer aussitôt qu'il voit l'huile, elle est limpide et délicieuse comme l'eau d'une source ! - eh bien ! tu préfères donc de l'eau, qu'on remporte l'huile et qu'on amène de l'eau dit le maître de maison.
Tirez-en la morale que vous voudrez ...

On nous parle de psychologie de l'adolescent pour expliquer et justifier le livre et le film de Bégaudeau, il vaudrait mieux nous parler de psycholalie ... notamment du côté des commentaires ad libitum !

La réalité physique des choses impose des limites à la vérité dicible, comme pour toute chose, la réalité économique aussi bien que les structures d'apprentissage se passent très bien d'une chambre d'échos ...

Les uns et les autres veulent inventer un système sans erreur, un système optimal mais qui ne sort jamais de limites rigoureuses fixées à priori, un peu comme le système stellaire décrit par Newton, mais même pour le système des trois corps, terre-lune-soleil, il n'existe pas de solution ! Alors que penser des errements de tout système humain, et l'économie n'est-elle pas par définition une somme d'évènements humains ?

Si le crédit est un pari sur l'avenir et sur toutes sortes d'aléas qui peuvent survenir - mais un pari nécessaire - alors il n'existe pas de contrôle à priori qui pourra supprimer ces variables intrinsèques. Le guidage ne peut se faire que marche après marche. Les corrections de trajectoire se font les unes après les autres.

Quelques références que je viens de trouver sur Google Books, la plus ancienne remonte à l'année 1941, en pleine guerre, un japonais qui dans une revue de statistiques cite Regnault :

Bulletin of Mathematical Statistics - Page 272 de Tokei Kagaku Kenkyukai (Japan) - 1941. 1863, Regnault, Calcul des chances et philosophie de la bourse, Paris.

Market Devices - Page 64 de Michel Callon, Yuval Millo, Fabian Muniesa - 2007 - 318 pages. Regnault, J. (1863) Calcul des chances et philosophie de la Bourse. Paris: Mallet- Bachelier.

Jean Edmond Briaune, 1798-1885: cultivateur, agronome, économiste - Page 417 de Jean-Pascal Simonin - 2006 - 440 pages. Regnault : Calcul des chances et philosophie de la bourse, Paris, Mallet Bachelier et Castel.

Louis Bachelier's Theory of Speculation: The Origins of Modern Finance - Page 187 de Louis Bachelier, Mark Davis, Alison Etheridge, Paul Anthony Samuelson - 2006 - 188 pages. Philosophical Magazine 10(5) :73-78. Regnault, J. 1853. Calcul des chances et philosophie de la bourse. Paris: Mallet- Bachelier et Castel.

Un livre récent : "Derivatives: Models on Models" de Espen Gaarder Haug - 2007 - 384 pages, en page 34 et page 68 :
Bibliographie : Regnault, J. (1863) Calcul des Chances et Philosophie de la Bourse. Il cite mon adresse Internet.

Comme on le voit la renommée de Regnault grandit de jour en jour - comme je l'avais prévu - que ce soit dans le milieu académique ou bien dans le milieu de la finance. C'est la revanche posthume de Regnault après bien des déboires ...

Combien sont-ils ceux qui peuvent dire que cent cinquante ans après leur mort leur nom grandira à cause de l'héritage intellectuel qu'ils auront laissé ?

En 2013 pour le 150ème anniversaire du Calcul des Chances ainsi que du décès de Regnault, j'espère qu'on pourra largement célébrer cette double commémoration-anniversaire !

En fait le livre est paru en décembre 1862 mais le millésime inscrit par l'éditeur Mallet-Bachelier et l'imprimeur Pilloy de Montmartre est 1863.

Ce qui est amusant c'est que c'est Poincaré qui a démontré que le système des trois corps n'a pas de solution or Henri Poincaré par les Daubrée était parent de Gabriel-Auguste Daubrée et de Jean-Joseph Regnault, il était aussi le "tuteur" de Louis Bachelier, c'est devant lui qu'il passa sa thèse en 1900 sur la théorie de la spéculation. Dans les années 60, le théorème KAM (Kolmogoroff-Arnold-Moser) a démontré que le système Terre-Lune-Soleil est robuste, c'est à dire qu'il est suffisamment stable sur le long terme pour que l'on n'ait pas à craindre que la Lune nous tombe sur la tête ... ouf !
Quel rapport avec la finance ? Ils sont nombreux. Vous pouvez très bien représenter les flux financiers en foyers d'attraction et chercher les trajectoires les plus vraisemblables des crédits et quand ils s'échappent de leurs orbites. Je pense qu'un grand topologue pourrait arriver à représenter la nature de ce genre de problème au moins sommairement.

Martine Aubry : Je ne crois pas à une crise du type de 1929.
Moi : Cela pourrait être pire car en 1929 il n'y avait pas l'arme nucléaire.

C'est curieux cette habitude des hommes politiques de faire des prédictions qui s'avèrent fausses ... et maintenant si les femmes s'y mettent !

Je préfère la musique au bruit, ce qui fait que je ne suis pas de mon temps, on me le fait assez sentir. Est-ce que la musique vaincra le bruit ? J'en doute. Je crois qu'elle ne connaît que des victoires temporelles. Elle arrache juste des éclats de silence au bruit de fond du monde. Le désordre l'emportera, mais il n'y aura aucun vainqueur à proprement parler, aucun triomphe humain. Et puis le monde repartira vers un nouveau tour ... il est étrange de vouloir l'emporter quand on est promis à la mort depuis sa naissance. Vanité incoercible. Inventer un dieu pour se prendre pour lui.

Je connais mon échec, c'est déjà bien, tout simplement parce que j'ai l'habitude de réfléchir nu. On ne philosophie bien qu'à poil disais-je à Ludovic Maubreuil, je crois qu'il a pris ça pour une blague et même un peu salace ! Et pourtant il n'y a rien de plus vrai ... Socrate a appris aux grecs à philosopher alors qu'il était nu ou presque. La distinction absolue de la nudité, et même se priver d'écrire autrement que sur du sable. Socrate ne construisait rien, il accouchait les esprits.

Je pars de rien et c'est déjà beaucoup. En physique fondamentale, le vide et le zéro absolu sont presque inaccessibles, ce sont des états d'énergie minimale.

Ecouter les Variations Goldberg et l'Art de la Fugue, écouter le vieux Bach faire de la musique sur rien, cela n'exclut pas la joie ! Mais ce quelque chose de souverain et détaché ...

Quelle idée de vouloir régner sur les autres hommes, être le geolier en chef en somme, le maître du désordre des autres !

Seul l'esprit qui correspond directement avec un autre esprit est digne de régner sur lui-même.

Savez-vous pourquoi la plupart des gens préfèrent le bruit à la musique ? Parce que le bruit est expressif alors que la musique est abstraite. Le bruit c'est le corps des choses qui parle, la musique c'est l'âme géométrique.

Il faut une grande contention d'esprit pour écouter la musique, un long apprentissage qui n'est pas sans rigueur. Les enfants eux se tournent spontanément vers le vacarme dont ils s'étourdissent pour ne pas entendre leur propre désordre intérieur et leur effroi devant ce monde étrange.

Il faut nourrir les enfants avec de l'ordre si l'on veut qu'ils échappent à leurs démons et quel plus cadeau à leur faire que la musique ? Elle épuise toutes les velléités, elle arme toutes les patiences.

Jean-Paul Brighelli est un personnage médiatiquement important, il se bagarre avec le ministère de l'éducation nationale - entre autres - pour ... l'égalité à l'école ! C'est ce qui lui reste de son passé gauchiste. La cause est belle et même entendue depuis longtemps. En gros je vous la résume : on importe des millions de nègres d'Afrique - c'est là où il y a le plus important réservoir - et avec la plus belle école du monde - la nôtre, la républicaine et française - après beaucoup d'efforts - et d'effrois - on en fait des prix Nobel de physique, des médailles Fields de mathématiques et autres prix d'excellence de toute sorte.
C'est admirable dans le fond et comme Brighelli connaît un peu le darwinisme et en parle avec talent, il nous dirait qu'il s'agit de faire de la sélection à rebours - effacer d'un trait de plume avec forces craies de couleurs et crayons bien aiguisés cent mille ans ou plus de divergence entre les races noire et blanche. Brighelli est un ambitieux - c'est aussi un impatient ! Bien entendu comme tous les docteurs Faust il croit aux miracles de sa science, il prend du plomb et il le transforme en or à volonté, à tel point que l'or finirait par ne plus avoir aucune valeur - c'est une incidente mineure ou presque au milieu du tableau faramineux de cette école qui fabrique des élites autant qu'on en désire.
Je ne doute pas d'ailleurs qu'il finira par avoir raison et que l'homme du futur remodelé par les soins de la génétique aura toutes les dispositions que l'on voudrait qu'il ait - dans cinquante ans ou dans cent ans - qu'importe nous ne sommes pas si pressés !
En attendant je me contente d'observer les réalités et je reviens de la nuit blanche parisiennne où j'entendais des bandes de noirs issus tout droit de cette immigration que le monde nous envie et qui faisaient un joyeux raffut avec des tambours qui résonnaient à tous les échos.
A l'époque où l'Europe était blanche, la famille Bach cultivait la musique savante, cette prodigieuse dynastie de musiciens se transmettait son savoir en famille, aucune école spécialisée n'existait pour suppléer aux manques des enseignements publics. Et de même que Jean-Sébastien Bach apprit son métier auprès de ses parents proches, ses fils apprirent le leur auprès de lui. Cela ne leur a pas trop mal réussi. Ils ne songeaient pas spécialement à l'égalité sinon à celle qui est au service du seigneur et des âmes devant son jugement.
Chesterton disait que le monde est plein d'idées chrétiennes devenues folles. Je crois que les méthodes de l'apprenti sorcier Brighelli, certes plein de bonnes intentions valent celles de ses confrères qui ont trouvé une martingale pour mettre tout le monde à la toise et qu'on appelle le pédagogisme.

Moi qui ne suis chrétien que de naissance - j'ai été surtout influencé par les évangélistes américains qui m'ont communiqué le virus de la lecture de la Bible - je crois qu'on juge les hommes à leurs oeuvres. C'est pourquoi je subodore jusqu'à plus ample informé l'existence des races et de leurs vertus respectives.

QCM. Pourquoi Henri Poincaré fut-il un génie des mathématiques ? Nul ne le sait. Tout ce qu'on peut avancer c'est un faisceau d'indices. Il était issu d'un milieu très cultivé, son père était professeur à la faculté de médecine de Nancy, son oncle paternel inspecteur général des Ponts et Chaussées, ses oncles maternels avaient la passion - en amateur - des mathématiques. Il est né en 1854 dans un pays la France qui a cultivé l'ars mathematica depuis très longtemps et a bénéficié d'un excellent parcours scolaire, polytechnique et les mines. Il était européen c'est à dire blanc cela va sans dire à cette époque, race qui a montré depuis des siècles des dispositions particulières dans les sciences et les arts savants.
Peut-être que quand la biologie en saura plus nous pourrons en dire davantage sur ce cas particulier de bosse des mathématiques à un point extrême, à la fois une mémoire fabuleuse et le sens géométrique le plus délié - tout en ayant d'étranges incapacités, grande distraction rançon de son énorme faculté de concentration, faibles dispositions physiques - comme si toutes les vertus de son corps étaient requises par son cerveau - jusqu'à sa gaucherie et sa difficulté à dessiner qui lui valut un zéro éliminatoire à l'X - mais comme il avait 20 sur 20 dans toutes les autres manières le jury enleva un point à une de ses épreuves pour le rajouter à l'épreuve de lavis ne voulant pas priver l'école d'un tel sujet.
Je ne veux pas généraliser à partir d'un cas aussi extrême mais on sait que les cas qui frisent la pathologie sont plus éclairants pour la science que les cas moyens.

Il est moins facile qu'on ne le croit de dire n'importe quoi ... heureusement nous avons les Ig Nobel qui sont le fruit de longues recherches ! Justement ceux de cette année viennent d'être décernés ...

Passé à Fontenay-aux-Roses - la chanson de Maxime Le Forestier me trottait dans la tête - devant la propriété de campagne où résidèrent le poète Scarron et Françoise d'Aubigné plus tard Madame de Maintenon (sis avenue Marx Dormoy), au XVIIIème le physicien du Roi Nicolas-Philippe Ledru dit Comus (°1731Paris - 6/10/1807 Fontenay-aux-Roses) grand-père de l'homme politique Ledru-Rollin y habita, il fut le professeur de physique des enfants de France et père du médecin Jacques-Philippe Ledru (°1/5/1754 Paris - 10/11/1832 Fontenay), membre de l'Académie de Médecine, maire de Fontenay-aux-Roses.

Pierre Assouline et Josyane Savigneau, le petit chose et la petite chosette, vous verrez ils finiront par partager la même bouteille ... ce que c'est que le malheur quand même !

Qu'on songe au destin fabuleux de Madame de Maintenon pour nous délasser de toutes ces petites misères journalistiques, petite-fille du plus enragé poète calviniste de France, mariée à seize ans à un bossu plein d'esprit et finissant sa vie avec un Roi qui était un soleil couchant, pétrie de dévotion et d'édifications mortelles pour ses demoiselles de Saint-Cyr, que de contradictions et d'inconséquences !
J'aime bien son mot d'esprit involontaire qui la montre dans toute la verdeur de son tempérament de lutteuse après être passée par la chambre de Louis XIV où elle venait de lui faire ses adieux et alors qu'il avait lui dit A bientôt, Madame ! et elle sortant furieuse Quel beau rendez-vous ! A croire qu'elle ne tenait pas tant que cela à partager l'éternité avec Louis Capet !

Avec Pierre Assouline ce qui est formidable c'est que tous les mots de la langue française sont rapetissés, Dominique Frémy est un encyclopédiste, Josiane Savigneau est une critique littéraire (moi qui croyais que c'était surtout une Josiane) et ainsi de suite ... il est bien de son temps, rien qui dépasse, ce sont les soldes permanentes de la littérature française dans son hypersurface. Démonstrateur en écriture, je suppose que c'est la profession qui est inscrite sur son passeport.

Je lui propose d'écrire un film pour Hollywood : Chérie, j'ai rétréci la langue française !

Il paraît que Jean-Marie Le Clézio a reçu le prix Nobel, qu'il est un détracteur de la société matérialiste occidentale, qu'il vit à Albuquerque (Nouveau-Mexique, U.S.A.) et patati patata. Est-ce notre nouveau Sully-Prudhomme ?

N'y touchez pas, il est brisé ... c'est que c'est fragile un Le Clézio d'époque !

Mon époque se dénonce toute seule, elle censure Le Cid dans la Pléiade et elle glorifie Le Clézio dans les écoles ! Vous remarquerez que si le Coran a été publié dans la collection de la Pléiade, Gallimard n'a pas songé à l'expurger de ses appels au meurtre !

Qu'est-ce qu'un Le Clézio ? Un écrivain de guides de tourismes pour une époque où il n'y a plus que des touristes de la vie.

Stendhal faisait l'éloge de la société italienne et de son espèce de caractère mi-primitif, mi-artiste mais enfin il vécut quand même une grande partie de sa vie au milieu des italiens. Là on arrive à l'imposture de Chateaubriand et de ses mauvais romans peuplés de bons sauvages américains ... qui les lit aujourd'hui ?

La vérité, l'âpre vérité de Stendhal, le mensonge, le faste du mensonge des Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand qui sauve par les apparences une vie drapée dans la pourpre. Du côté de Le Clézio on ne peut espérer ni l'un, ni l'autre, il n'y aura aucune confession au final. Juste un type satisfait de lui-même jusqu'au bout couvert de fleurs comme un Anatole France ou un Catulle Mendès (au moins celui-là est tombé du train).

Tant qu'à faire je pense qu'il y a plus de bonne littérature d'exotisme et de rêve dans le Tintin d'Hergé ou dans Corto Maltese si vous voulez, que dans ce succédané d'écriture. Le jury Nobel qui est un jury petit-bourgeois de suédois frileux (on les comprend à ces latitudes !) serait bien incapable de récompenser un bon auteur de bande dessinée et d'outrepasser les codes moraux qui voient dans toute pensée qui pose une vérité immortelle. Non ! Le regard des enfants est plus juste, un Jules Verne vaudra toujours cent Le Clézio.
Je vous fiche mon billet que l'on lira toujours avec passion les aventures du capitaine Nemo dans cent ans et plus du tout Le Clézio !

Il n'y a pire imposteur que celui qui ignore l'être.
Un écrivain qui publie sur papier et qui se dit écologiste est un oxymore vivant, il n'y a pas d'industrie plus polluante que l'industrie de la pâte à papier, les vrais écologistes, les vrais amis de la Terre sont pauvres et vont nus et refusent toute publicité, c'est bien pourquoi ils seront toujours vaincus par les autres, les nantis. Que pèse un Léautaud cet ami des bêtes qui vivait chichement face à la superbe d'un Claudel ? Les autres font semblant, mais j'admets volontiers que faire semblant est le propre de l'écrivain, tout le monde sait à quel point Bernardin de Saint-Pierre était déjà au XVIIIème siècle l'antithèse vivante de son oeuvre ! Il était en cela un digne héritier de Rousseau. Napoléon se scandalisait de la vie immorale de l'auteur de Paul et Virginie ...

Je n'aime pas cette veine littéraire, elle court et serpente à des degrés divers dans l'histoire des lettres françaises, on la retrouve par exemple chez une Marguerite Yourcenar, fausse solitaire de Mount Desert. Je préfère et de loin ces vicieux qui s'affichent comme tels, les abbé Prévost, les marquis de Sade, les roués comme Hamilton et les libertins comme Beaumarchais, industrieux et plein d'allant. Le français comme animal social pas comme contrefaisant l'innocence bien entendu (laissons cela aux allemands) d'ailleurs qu'est-ce qu'il y a de plus beau et cruel qu'un documentaire animalier ? En toute innocence ...

La politesse a été créée pour que nous ne nous sautions pas à la gorge pour nous égorger comme notre nature le voudrait fort bien ; respectons-là et ne jetons pas la civilisation avec l'eau du bain ... on peut rendre justice aux sauvages comme le faisait Montaigne sans pour autant les contrefaire et ignorer nos coutumes et nos ancêtres.

On imagine très bien que si les gens du comité Nobel avaient existé au XVIIIème, ils auraient couronné Bernardin de Saint-Pierre, d'ailleurs Napoléon l'a couvert de prébendes et décorations, il était devenu un symbole ... le fils spirituel de Rousseau en quelque sorte, cela ne voulait pas dire que le général Bonaparte était dupe !

Il faudrait écrire une thèse sur le faux-semblant en littérature, mais bof ! des thèses il y en a assez comme cela ...

Providence et mansuétude divine : le melon a des côtes afin qu'il soit dégusté en famille (sic) selon Bernardin de Saint-Pierre.

La culture cela sert à relativiser la réalité du moment et à ne pas prendre pour argent comptant les vérités du jour. Si ce n'était que pour ça elle vaudrait encore qu'on en conserve les traces en nous, les fruits de la mémoire sont les arsenaux de l'intelligence.

Que voulez-vous les palétuviers évoquent pour moi l'immortelle chanson de Pauline Carton et pas Le Clézio qui déjà à vingt ans avait l'air de ce qu'il est : un grand con blond ! Il n'y a pas que des blondes sur Terre ...

L'amour ce fruit défendu vous est donc inconnu
Ah ! Cela se peut-il joli petit bourgeon d'avril
Non je ne l'ai jamais vu, jamais vu ni connu
Mais mon coeur ingénu veut rattraper
Vois-tu tout le temps perdu
Ah ! rien ne vaut pour s'aimer les grands palétuviers,
Chère petite chose
Ah ! Sous les palétuviers, je vous sens frétiller,
Je veux bien essayer

Ah ! Viens sous les pa...
Je viens de ce pas et je vais pas à pas
Ah ! Suis-moi veux-tu !
Je n'suis pas vêtue sous les grands palétus
Viens sans sourciller,
Allons gazouiller sous les palétuviers
Ah oui ! Sous les pa pa pa pa, les pa pa les tu tu,
Sous les palétuviers
Ah ! Je te veux sous les pas, je te veux sous les lé,
Les palétuviers roses
Aimons-nous sous les patus, prends-moi sous
Les laitues, aimons-nous sous l'évier

Ah ! Ton coeur me semble encore hésiter cher trésor
Mais je peux tout oser pour un p'tit, tout petit baiser
Un vertige m'éblouit, un baiser c'est exquis
Mais dès qu'il l'aura pris,
Je vais être pour lui l'objet du mépris
Non le mépris je t'en prie ce n'est pas dans mes prix,
Car je suis pris, mignonne
Mon coeur est aux abois, je te donne, ô mon roi,
Mon corps au fond des bois

Ah ! Viens sous les pa...
Je viens de ce pas et je vais pas à pas
Ah ! Suis-moi veux-tu !
Je n'suis pas vêtue sous les grands palétus
Viens sans sourciller,
Allons gazouiller sous les palétuviers
Ah oui ! Sous les pa pa pa pa, les pa pa les tu tu,
Sous les palétuviers
Ah ! Je te veux sous les pas, je te veux sous les lé,
Les palétuviers roses
Aimons-nous sous les patus, prends-moi sous
Les laitues, aimons-nous sous l'évier

Si je comprends bien, tu me veux mon chien,
Sous les grands palé tu viens.

L'oeuvre de JMG Le Clézio est aux antipodes de la vision de la littérature stigmatisée par Horace Engdahl et ce dernier s'en est félicité: "Ses oeuvres ont un caractère cosmopolite. Français, il l'est, oui, mais c'est plus encore un voyageur, un citoyen du monde, un nomade", a dit Horace Engdahl lors de la conférence de presse pendant laquelle il a annoncé le nom du lauréat." (Le Temps).
Je signale que cette semaine je suis passé par le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis, la ville de Paris et même le sud des Hauts-de-Seine ! Suis-je assez cosmopolite pour mériter le prix Nobel ? Comme d'autre part je ne me déplace que dans les transports en commun, je dois cotoyer au moins cent nationalités différentes ... on ne saurait être moins raciste que moi, il me semble !
Je mérite d'ailleurs aussi le prix Nobel de la Paix car ma consommation énergétique est deux ou trois fois moindre que celle d'un occidental moyen car je suis un vrai pauvre ! Qui dit mieux ? Je lutte donc de mon mieux contre le réchauffement climatique.

Je tairai bien entendu mes autres vertus qui ne relève pas du jugement des jurés Nobel, mais elles sont nombreuses sachez-le ! Une bonne fois pour toutes seule ma modestie m'empêche de les publier et de dialoguer, qui sait, avec BHL ou Michel Houellebecq pour les étaler dans la presse people ...

Ce qui est admirable c'est la parfaite débilité des arguments des jurés Nobel, en somme Mallarmé qui a toujours vécu en France hormis quelques séjours en Angleterre - je rappelle qu'il était professeur d'anglais dans le civil - était un écrivain moins important que tel ou tel globe-trotter qui raconte ses souvenirs de voyage ...

Autant dire que Jules Verne qui inventait de chic Vingt mille lieues sous les mers avait l'esprit moins aiguisé qu'un type qui note ses impressions de touriste aux quatre coins de la planète, sans parler de Proust dont les qualités cosmopolites ne sont vraiment pas évidentes ... ceci dit le Grand Hôtel de Cabourg est peut-être le fin du fin du cosmopolitisme 1900 !

Quelle bouillie intellectuelle dans les esprits ! Est-ce l'effet d'internet et du village global ou de l'esprit de sérieux qui contamine tout ? La littérature est surtout un jeu, prenez-là comme telle ... quant à spéculer là dessus, laissons donc tout cela aux financiers de haut vol dont on voit que leurs calculs s'evanouissent aussi vite qu'un vent mauvais. Un prix, pourquoi un prix ? Est-ce que la littérature est une course pour cheval gagnant ? Grigori Perelman a refusé la médaille Fields de mathématiques et le prix Clay d'un million de dollars, au fond il a bien fait, tous ces prix entretiennent une forme d'esprit aussi dévoyée que les martingales financières bâties à grand renfort de probabilités aberrantes.

La seule lutte qui compte elle est avec soi-même. Le reste est vanité mauvaise ou stérile.

Je me présente à l'Académie française, croyez-vous que je vais faire campagne et parler de mes mérites aux académiciens ? Cela n'aurait aucune espèce de sens.

Les prix se multiplient et la valeur de la littérature s'effondre, pourquoi ? Peut-être que parce qu'ils ne font que le jeu des petits esprits superficiels et intéressés style Pierre Assouline qui s'agitent chaque automne sur fond de rentrée littéraire ! C'est une émission d'actions sur une compagnie des Indes qui ne produit que des richesses fictives d'où une spéculation intense qui ne débouche que sur du vide.

La littérature c'est quelque chose qui essaye d'échapper au journalisme, c'est à dire à l'actualité. De grâce messieurs les journaleux cessez de faire les empressés auprès d'elle, elle a tout son temps ! La bonne littérature est essentiellement inactuelle, ce n'est pas un produit de consommation courante avec une date de péremption. Il n'y a pas d'actualité littéraire.

Je suis en train d'écrire l'éloge de Pierre Messmer - et ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi - ça n'a évidemment aucun rapport avec un discours académique mais comme je suis le seul à pouvoir écrire ce que j'écris je me suis mis à la tâche vaillamment ...

Je ne vais pas rechercher une querelle d'allemand à Pierre Messmer - d'autant que maintenant dans l'état où il se trouve ... - mais toujours est-il qu'il disait que vivant en Afrique il considérait les africains comme ses frères, certes je n'en doute pas mais lui serait-il venu à l'idée d'écrire que vivant dans le Cantal, il considérait les auvergnats comme ses frères ? Non, n'est ce pas, c'est bien que malgré tout - malgré lui en somme - il continuait à bien voir qu'il existait une légère différence entre un français et un africain de souche ! On me dira que son collègue à l'Académie Jean d'Ormesson prétend qu'il ne met aucune nuance entre un jaune, un blanc et un noir, loin de moi l'idée de mettre sa parole en doute, mais enfin il s'agit d'un normalien, et l'on sait que cette espèce particulière d'homme a un sens supplémentaire qu'on appelle, si je ne m'abuse, la rhétorique !

L'Académie française s'est aperçue un peu tard que Messmer avait été le dernier grand colonialiste français, après l'avoir invité en son sein elle a choisi de l'encadrer par deux personnages au-dessus de tout soupçon, François Jacob qui le reçut et lui succèda à la tête de l'Ordre de la Libération et Simone Veil qui est destinée à prendre son siège. En clair il s'agit de chloroformer les consciences et les mémoires. On ne doute pas un seul instant que les discours soporifiques et académiques n'y parviennent.
Mon but est tout autre, je suis un éveilleur. Je rameute les consciences. Ce qui est une manière comme une autre d'éviter les troubles populaires et les réveils douloureux des nations. Vouloir endormir l'opinion publique ne m'a jamais semblé de bonne guerre. Et puis je ne suis pas en train de faire carrière dans le temporel, je suis un moine guerrier qui se débat avec son éternité.

Je me suis bien amusé à écouter le dernier prix Nobel d'économie Paul Krugman dire au sujet de la situation présente : C'est terrifiant ! Imaginez-vous un biologiste étudiant le virus Ebola dire : C'est effroyable ! Si l'économie était une vraie science on étudierait de manière détachée ces phénomènes comme on étudie la Nature sereinement.

C'est terrible l'espèce humaine est mortelle ! C'est affreux la planète Terre est menacée à terme d'être engloutie par le Soleil quand il sera devenu une géante rouge ! Ridicule n'est-ce pas ? Au fond tout ceci n'est que de l'emphase journalistique ... la vraie science regarde les choses sub specie aeternitatis.

Ils ont encore du chemin à faire tous ces gens-là avant de parvenir au stade philosophique !

Krugman écrit toutes les semaines dans le New York Times un article où il incendie le gouvernement Bush, ce qui explique le relâchement de son style oral par la contamination journalistique - le jury Nobel lui aussi est contaminé au moins dans trois disciplines - trois disciplines de trop ? - la littérature, l'économie et le Nobel de la paix.
Il me fait penser à ce philosophe médiatique français à la cravate mal nouée qui passe sur toutes les ondes en répétant toutes les trois phrases, c'est épouvantable !

Moi je suis partisan de l'understatement, je ne suis donc pas du tout un contemporain.

Le journalisme c'est une grosse caisse de résonance qui plus elle est creuse plus tant elle fait du bruit ... moi, je joue du bidon comme disait si justement Jean Lefebvre alias Le Goubi dans Un idiot à Paris.

L'erreur c'est de chercher à savoir si c'est faux ou vrai, ce n'est ni l'un, ni l'autre, c'est vide tout simplement.

Ne croyez-vous pas que si les médias, si Hollywood, si le monde académique avaient fait autant de publicité aux indiens qu'ils en ont fait pour les noirs, ce serait un indien qui aujourd'hui serait en passe de devenir président des Etats-Unis plutôt qu'un noir ?

En fait je crois qu'à force de temps et de pressions diverses et variées ceux qui détiennent les moyens de forger l'opinion publique peuvent faire élire n'importe qui à leur guise. Du moins dans un pays organisé comme le sont les U.S.A.

L'endoctrinement n'est pas un vain mot sinon on ne comprendrait pas l'étonnante stabilité des sociétés religieuses à travers les siècles alors même que par définition toutes les religions sont absurdes.

On remarquera que jamais - ô grand jamais - on ne vit un film ou un feuilleton de télévision avec un indien de souche occupant la Maison Blanche ou n'importe quelle fonction importante au sein de la société américaine comme chef d'une police locale, maire de grande ville, professeur d'université etc. S'il y a bien une discrimination et un non-dit dans la société médiatique américaine c'est bien là qu'elle se trouve ! On oublie le crime originel, le génocide des indiens pour installer une société noire & blanche triomphante !

C'est étonnant comme je puis avoir toujours raison ! J'avais dit que l'élection de Nicolas Sarkozy serait catastrophique et cela va au-delà de mes espérances si l'on peut dire ! Je dis de même pour Barack Obama à la Maison Blanche mais à l'échelle de l'Amérique c'est à dire sans commune mesure avec ce qui se passe dans l'hexagone, bien entendu il n'y a personne pour me croire et pourtant ...

Il n'y a rien de pire que les gens qui croient tout savoir style Barack Obama et Nicolas Sarkozy ... tout évènement imprévu les prend au dépourvu ! Leur idéologie triomphante ne comprend jamais le moindre obstacle, le plus petit caillou que la réalité met en travers de leur chemin.

Ce sont des gens qui procèdent par affirmations et non par réflexion et il est donc absolument impossible qu'ils modifient leur façon de procéder - contrairement à l'affirmation sans cesse répétée de N.Sarkozy j'ai changé qui n'est que prétérition abusive - l'un et l'autre ont fait des études de droit et la plaidoirie est entièrement basée sur la rhétorique et où l'on ne sait pas ce qu'est une raisonnement méthodiquement construit, on assomme l'adversaire avec un flot de paroles décousues, on utilise des méthodes semblables à celle du marketing et leurs campagnes politiques en sont issues essentiellement. La répétition tient lieu d'argument. Or un seul argumentaire juste détruit cent arguments faux.

Si l'on en croit Sarkozy, il va de triomphe en triomphe et pourtant rien ne se passe !

Au sujet des siffleurs de Marseillaise : dans la mesure où la classe enseignante française rejette l'hymne national - voir les pétitions pour en changer les paroles - je ne vois pas trop comment il pourrait en être autrement pour ceux qui furent ses élèves.
Personnellement plutôt qu'entendre siffler la Marseillaise, je préfère qu'on arrête de la jouer dans les stades de France.

Je crois savoir d'ailleurs que les enseignants de l'Education nationale - une fraction notable - préfèrent l'Internationale. On devrait rebaptiser ce ministère et l'appeler Ministère de l'Eradication Nationale.

Et l'affaire Guy Moquet, me direz-vous ? Si les professeurs ont accepté de lire cette fameuse lettre c'est parce que ce jeune homme était issu du communisme, s'il s'était agi de quelqu'un proche des mouvements nationalistes, ils auraient refusé.

Arnaud Montebourg est de la même race des beaux parleurs, à l'entendre cet avocat va tout casser et il ne se produit jamais rien, car il est dans le royaume de la pure fiction. La rhétorique est le règne des mal entendus, Cicéron en reste le modèle insurpassable, à la fin on l'assassina car à son époque on criait malheur aux vaincus !

En fait les gens se réjouissent à l'idée qu'Obama signe le déclin de l'empire américain et pour être remplacé par qui ? Par le surgissement de la Chine comme nouvel empire mondial, beau cadeau en vérité, comme nous aurons gagné à l'échange !

Je n'ai jamais adhéré au discours médiatique qui distingue entre économie réelle et économie boursière dite virtuelle. La finance est partie intégrante de l'économie comme un accumulateur électrique qui entraînerait une machine mécanique ou électromécanique, on ne saurait dissocier l'une de l'autre. Les problèmes surviennent quand l'accumulateur ou la batterie qui fournit l'énergie se décharge mal, par à-coups, avec des sautes de tension alors il faut trouver des mécanismes régulateurs.

Moi je fais partie d'une diaspora culturelle qui n'a pas de patrie. J'y songeais hier en bavardant avec un beau jeune homme polonais passionné de musique classique et qui réside à Paris depuis deux semaines tout en parlant un français impeccable - avec un léger accent chantant - qu'il a appris chez lui à Varsovie (il est né dans la même ville qu'Arthur Rubinstein). Comment ne pas songer au Chopin de vingt ans arrivant à Paris en 1830 ?

Guillaume Depardieu est mort il y a quelques jours, il ne manquait que sa disparition prématurée pour rendre parfaite sa ressemblance avec mon amant, Sven ne vivait que l'instant présent car son passé l'accablait. Les mêmes éclats de joie et les mêmes violences surtout tournées contre soi-même.
On a parlé de Rimbaud, on aurait pu aussi bien citer Alfred de Musset dont la délicatesse blonde cachait des blessures secrètes et une vie dissolue dans l'éphémère qui s'en allait à vau-l'eau. La disparition précoce de ces personnalités est dans l'ordre des choses, leur longévité indue eut été une hérésie morale.

Il y a un entretien dans Le Monde du jour avec Daniel Cohen, économiste patenté des médias et gouru de Normale Sup' comme Thomas Piketty qu'il cite. Ce papier (virtuel si l'on veut) montre surtout qu'il n'a rigoureusement rien compris à la situation !
Il faut partir du moteur de la crise si l'on veut arriver jusqu'au fin fond de la réalité. Quelle réalité ? Le monde d'après la chute du mur de Berlin et ce qu'on a appelé les dividendes de la paix. Les Etats-Unis sont les grands vainqueurs en 1989 et ils entendent conserver leur prééminence économique et militaire. Comment faire ? En instituant à la fois la peur de l'instabilité politique (voir les deux guerres successives en Irak) et en dérégulant la finance qui fera miroiter des profits démesurés. Tant et si bien que sous les deux mandats de Bill Clinton 90% de l'accroissement de la richesse mondiale se localisera aux Etats-Unis ! C'est le règne des rentiers - les retraités modernes - de leurs villégiatures luxueuses, les américains deviennent d'habiles profiteurs qui accumulent l'épargne mondiale et font travailler le reste du Monde à leur profit ! Les Etats-Unis deviennent alors un casino géant dont Wall Street est le symbole. C'est cela qui est en train de prendre fin et que le règne d'Obama va sanctionner sans que pourtant les américains le sachent qui s'apprêtent à voter pour lui en croyant qu'il va leur redonner les clefs de l'âge d'or clintonnien ! Il n'y a pourtant aucune chance ...

Obama va faire deux erreurs majeures : rapatrier l'armée américaine d'Irak et instituer un système très coûteux de sécurité sociale généralisée, ces deux décisions vont miner les sources de la puissance américaine pour en faire une sociale-démocratie à l'européenne qui ne bénéficiera d'aucun avantage comparatif par rapport aux autres nations et donc il y aura interruption du flux de capitaux qui arrivait aux Etats-Unis.

Je dois dire qu'en tant qu'esthète de la politique je me dois de saluer la gouvernance américaine depuis Reagan, elle a été admirable, on n'avait rien vu de tel depuis l'ère Roosevelt.

Si je devais choisir un passage à vide dans la politique américaine au XXème siècle, je le situerai plutôt de Kennedy à Carter, son acmé étant la désolante affaire du Watergate et ses conséquences même si au fond les américains ont surtout fait payer à Nixon le désastre du Vietnam.

J'ai quand même une théorie qui me paraît sérieuse - du moins plausible - c'est que la perspective de l'élection d'Obama qui grandissait au fil de l'été a fini par faire fuir les investisseurs des Etats-Unis ce qui a entraîné la chute des marchés que l'on a connu et a ébranlé un certain nombre d'institutions déjà mises à mal par l'année qui venait de s'écouler.

J'ai le sentiment qu'on devient économiste parce qu'on n'a pas pu devenir physicien. Il y a une gradation de la difficulté des matières, certaines disciplines sont plus ou moins mathématisées, la biologie l'est moins que la chimie qui l'est moins que la physique. Francis Crick qui avait été un physicien de troisième catégorie avant et pendant la guerre (il travaillait sur les radars) est devenu un biologiste de première grandeur après la guerre. Les plus grands mathématiciens sont d'ailleurs ambivalents, ils peuvent travailler conjointement sur la physique tout en développant des théories mathématiques même si la spécialisation des disciplines rend aujourd'hui plus difficile cette compétence partagée.
Sans vouloir être bassement polémique (en attaquant les individus), l'économie est un art tout d'exécution et très peu formalisable ; par définition comme le facteur humain y est premier, il est quasiment impossible de définir des théories rigoureuses à grande portée. Regnault - et ceux qui lui doivent leur inspiration dans le domaine de la finance - est un des rares exemples d'économiste qui a importé les méthodes de la physique, tout en précisant obstinément les limites de ce genre d'exercice. On ne peut quantifier la psychologie des intervenants d'un marché.

Bien entendu on peut dire aussi que l'art politique est encore plus bas dans l'ordre de la rigueur (s'il se peut).

Voyez-vous quand je lis ou que j'écoute des économistes je ne peux pas m'empêcher de sourire. Soit ils affirment des positions de principe - l'égalité des conditions pour tous les hommes par exemple - qui ont plus à faire avec la politique qu'avec la mesure des choses. Soit ils jurent détenir une théorie mathématisée - type Maurice Allais - à grand renfort d'équations (assez simplettes, il faut bien le dire mais très embrouillées) dont ils sont incapables de préciser le domaine de validité et qui est en fait entièrement bâtie de chic ...
En clair soit ils se réfugient du côté du Droit, soit du côté des Mathématiques, ce qui démontre le caractère impur et ambivalent de cette discipline, mi-chair, mi-poisson !

Le monde entier vote Obama, c'est donc le Messie !
Il n'y a que les portefeuilles qui soient encore un peu réticents, on saura les rendre à la raison ...

En France d'après les derniers sondages 93% des citoyens voteraient Obama s'ils le pouvaient, mieux que Chirac en 2002 ! La suite de l'histoire est une autre histoire ...

Il est pour le moins curieux que les enthousiasmes collectifs me laissent de marbre. Je suis un vilain réfractaire pourtant le collectivisme c'est une jolie aventure !

On avait Marie épouse putative du charpentier Joseph et maman du petit Jésus, on a maintenant la grand-mère d'Obama ! Mon Dieu, pauvre Amérique ... elle n'a rien à jalouser à la France de Ségolène, il y a des signes qui ne trompent pas, quand un pays retombe en enfance c'est qu'il est atteint de gâtisme, la Case de l'Oncle Tom c'est comme cela qu'on va devoir rebaptiser la Maison Blanche !

Ce qui me fait penser à mon facteur nègre de tout à l'heure qui tapait avec un doigt sur son clavier l'air très concentré ...

Obama : un bisounours à la tête de la première armée du monde !

Je voudrais revenir sur une vérité élémentaire. On discute avec abondance de culture des mérites comparées de Balthus et Picasso sur le forum de Renaud Camus. L'un avance avec aplomb et toute l'évidence d'une certitude bien assumée que l'on ne peut pas voir sur le web un tableau car il manque trop d'éléments. Il y aurait ailleurs - dans la vraie vie seulement - une vérité simple, évidente, élémentaire et qui serait indiscutable ! Mais alors où serait l'art dont l'essence me semble-t-il est justement dans la liberté ? La liberté d'appréciation à travers le prisme de chaque sensibilité ? Certains disent même que l'essence des mathématiques c'est la liberté ... alors que signifie cette vérité univoque qui s'imposerait à tous et qui serait l'unique et sainte réalité ? Je crois qu'on saisit là l'essence de l'esprit religieux qui voit partout une lumière d'une seule nature qui tend vers la perfection divine ! Et si ... et si justement cette vérité n'était qu'une illusion ? Et si en fait nous ne voyions jamais les choses dans toute leur complexité et que la pluralité des points de vue était l'unique vérité et la sainte réalité ? Il n'y a qu'un prisme intellectuel et qu'un faisceau de sens. Le plus drôle de l'affaire, ce me semble, c'est que l'auteur consacré sur ce site justement insiste sur l'équivocité des sens dans la lignée de Barthes !

Qu'est-ce que la lumière ? Réponse simple en trois mots : une vibration électromagnétique. A-t-on vraiment épuisé toute sa richesse et sa substance ? On a donné une définition synthétique qui d'ailleurs suppose tout un arsenal mathématique et d'instruments physiques comme substrat mais ses effets sont loin d'être tous énumérés de cette manière. Il y a tout un arrière-plan qui se cache derrière la fausse simplicité de la science !

Vous êtes d'accord, n'est-ce pas, sans la lumière aucun tableau de "vraie" peinture n'est visible ? Or sous quelle lumière comptez-vous regarder le tableau considéré ? Infra-rouge, ultraviolet, faisceau monochrome par exemple un laser rubis ? Lumière blanche qui contient tout le spectre du visible ? Sous quelle intensité ? Lumière rasante ? Lumière plombante ? Vous pouvez aussi faire un hologramme de votre tableau, c'est à dire une photographie en trois dimensions, ou bien le passer aux rayons X.

Pourquoi la science est importante ? Parce qu'elle enrichit notre conscience. C'est Georg Cantor qui a dit que l'essence des mathématiques c'est la liberté.

-10% à la Bourse ce matin, c'est curieux mais il semblerait que l'effet Obama - l'Obamamania dit-on dans les milieux informés - n'arrive pas aux oreilles des porteurs de portefeuilles ! Moi qui croyais qu'il changeait l'eau en vin et réciproquement.

Vous savez on dit souvent que par accès le marché financier est saisi par l'irrationalisme, mais comment doit-on appeler cette vague d'enthousiasme en faveur de Barack Obama qui soulève le monde ? Entendu ce matin sur France-Info, la radio où il n'y a que de "l'info" une femme-journaliste dire : il est jeune, il est beau, il est noir - ou plutôt métis - et il va bientôt habiter la Maison-Blanche !
Elle n'avait qu'à rajouter : il est vieux, il est trop gros car il a l'âge de ses artères et il va bientôt regagner son Arizona, ce pays de ploucs, il s'appelle John McCain, pour avoir une information vraiment objective !
Sans même ambitionner la neutralité qui n'est pas de ce monde, est-ce qu'au moins on pourrait connaître les raisons qui font qu'Obama est présenté comme le nouveau messie planétaire ?

Moi qui ne suis rien, je me suis fait le constat depuis ma modeste situation que Barack Obama n'a jamais exercé aucune responsabilité, ni maire d'une ville, ni gouverneur d'un état, ni président de parti, ni secrétaire d'Etat dans un gouvernement quelconque et qu'on va lui confier tout à trac le sort de la plus grande puissance mondiale ! Personnellement je comprends la nervosité des investisseurs sur les marchés financiers, pas vous ?

Je suis devenu une vedette chez Jérôme Vallet alias Georges ! Comme quoi tout arrive et je me décriais fort hier en prétendant n'être rien. Je ne regrette qu'une chose c'est que Jérôme, musicien averti, ne soit sensible qu'à ma pire musique ! Il est vrai que sur le petit parti de mon innocence, je ne donne à voir que ma veine satirique et rien de mon côté élégiaque ou même lyrique. La tendresse n'est pas mon fort, dira-t-on !

Savez-vous à quoi me fait penser le système financier international dans son développement high-tech des dernières années ? A cette tour qui s'appelle Burj Dubaï qui comptera près de 200 étages sur 800 mètres de haut en plein milieu du désert, ce qui n'a absolument aucune espèce de sens !
Il y a d'ailleurs longtemps que je contemple effaré le développement immobilier effrené de Dubaï et des autres Emirats Arabes entre les îles artificielles au milieu du Golfe Persique et les multitudes de buildings vides au milieu de nulle part et qui sont destinés à le rester pour très longtemps !

Imaginez le coût de fonctionnement d'un immeuble de huit cent mètres de haut ! Il est pour le moins curieux que les écologistes si prompts à se mettre en ordre de bataille n'aient pas dénoncé ce scandale énergétique.

Je vais me vanter pour une fois, j'ai fait une bonne action ce matin, du moins je le crois. Rue Maurepas dans le centre ville de Rueil, jour du marché et alors que les rues sont presque toutes piétonnes à cette heure, je descends sur la chaussée pour éviter un groupe qui vient à ma rencontre, je regarde en arrière en vérifiant qu'aucun véhicule ne vient sur moi, puis arrive une voiture qui me klaxonne. Quelques mètres plus loin elle est bloquée par le feu rouge, je frappe à la vitre et je fais remarquer au conducteur qu'on ne klaxonne pas en ville, bien entendu ce jeune con ouvre sa portière l'air menaçant pendant que sa copine le regarde l'air effaré. Je l'ai vite rappelé à l'ordre en lui indiquant que le poste de police municipale était à quelques mètres et qu'on pouvait aller s'y expliquer s'il voulait. Je ne sais si ma leçon a porté sur ce conducteur des dimanches mais peut-être que je lui ai évité de finir son week-end avec sa nana à l'hôpital s'il adopte une conduite raisonnable au lieu de se prendre pour Fangio.

En général je suis beaucoup plus cynique et je pense que ceux qui finissent à la morgue l'ont souvent cherché. Mon père était un excellent conducteur mais c'était un professionnel de la route, les types de vingt ans qui prennent le volant le week-end et veulent épater les filles n'en sont pas.

Devant le théâtre des Champs-Elysées deux énormes lapins oranges hauts de trois mètres montent la garde ... ces animaux pacifiques semblent victimes de l'épidémie de mauvais goût qui sévit avenue Montaigne depuis que la galerie Artcurial s'y est installée. Je n'ose plus m'y promener seul tant j'ai peur d'être l'objet d'une plaisanterie vue ma normalité affichée.

Nicolas Domenach sur iTélé : "Ce n'est pas S comme Zorro !" Encore une victime de la globale ...

Une fois n'est pas coutume, je vais vanter les mérites de l'homme-chimpanzé, un québécois : Dominic Lacasse.

Mon petit chéri, le tigre de la glace Evgeni Plushenko.
Ce n'est pas tous les jours dimanche, n'est-ce pas ?

Le Financial Times, cet antique journal anglais soutient Obama - le contraire m'eût étonné - car il a montré un véritable leadership dans sa campagne ! Nicolas Sarkozy aussi en 2007 et regardez où nous en sommes ? Une agitation frénétique admirée par les médias pour qui toute personne qui remue de l'air est un esprit de premier plan mais qui se résume dans la réalité à pisser dans un violon.

De trajectoire comparable à celle d'Obama, je ne vois guère que celle de Kennedy et l'on sait où elle a emmené l'Amérique, à la guerre du Vietnam.

Voici ce qu'écrit David Madore, agrégé de mathématiques et docteur es-sciences : Du moins tant qu'on ne découvre pas que des banques auraient spéculé sur la montée perpétuelle du marché de l'art, jusqu'à fournir des prêts spéciaux, subprime, à ceux qui voudraient en acheter sans en avoir les moyens... Mais ça ne risque pas d'arriver, n'est-ce pas ? Les banquiers sont des gens sérieux, ils ne feraient jamais ce genre d'erreur.
Il n'y avait aucune erreur là-dedans et si le gouvernement américain avait voulu intervenir en interdisant les subprimes comme on sanctionne les taux usuraires, il l'aurait fait ! Il s'agissait seulement d'attirer des capitaux en masse venus du monde entier jusqu'en Amérique, ce fut une totale réussite jusqu'au jour où le doute s'installa. Je suis le seul - je crois - à lier le dénouement de cette crise avec la campagne électorale américaine et pourtant c'est le seul facteur rationnel qui puisse expliquer cette cascade financière.

Regardez le chronologie, les subprimes se sont développées à partir de 2001, c'est à dire à partir du moment où les Etats-Unis sont entrés en guerre avec le terrorisme, guerre sans fin et sans limite et qui a nécessité de gigantesques capitaux tous votés par le Congrès.

En somme une économie de paix en temps de guerre ! Quel paradoxe ...

Qu'est-ce qui caractérise une économie de guerre ? Ce sont les restrictions de la consommation des peuples concernés, or là les américains moyens - tous les Joe le plombier cordialement détestés par le reste de la planète - ont continué à rouler dans d'énormes voitures, à vivre des retraites confortables au coeur de l'Arizona, à se payer de belles vacances à Las Vegas et des croisières dans les Caraïbes !
J'ai résumé un jour ma pensée en disant que le seul américain moyen sympathique c'était Omer Simpson ! Je crois n'avoir exprimé que l'exacte tonalité du ressentiment de la majorité des habitants des autres pays.

Pourquoi la planète entière vote Obama ? Pour ses beaux yeux ? Ce serait étonnant, mieux plutôt parce qu'elle espère que sa politique ruinera l'hégémonie américaine et sa prospérité captatrice qui est ressentie comme spoliatrice par tous les autres peuples.

Et la version parodique de Sex Bomb Baby, il n'y a vraiment que les russes pour se livrer à de telles facéties !

La philosophie du boudoir justifiée si poliment par Yvonne Printemps dans La Valse de Paris.

Mon Dieu que les hommes sont bêtes ! Ceci sera le mot de la fin ...

Jean-Paul Brighelli a essayé de faire une synthèse des six ou sept motions du PS en matière éducative - il a du mérite le bougre ! - moi je pourrais résumer la situation d'une manière simple - à mon niveau - en quoi la culture me donne un avantage social ? En rien si ce n'est à m'empêcher de m'ennuyer et bailler aux corneilles de la société de consommation et autres coquecigrues. Je ne peux même pas dire qu'une certaine connaissance livresque acquise avec ténacité et patience et qui m'empêche de tomber dans tous les charlatanismes à la mode me donne la moindre autorité sur qui que ce soit. Il est vrai que je ne me donne peut-être pas assez des airs de faux savant ...

Il y a même pire, je crois, je le faisais remarquer à Olivier Bruley, la culture fait fuir ! Les pauvres d'esprit forment une société à part, un ghetto dans lequel ils se réfugient et où ils n'admettent personne qui puisse les faire rougir, quand je dis pauvres d'esprit, ceux-là peuvent très bien être avoir un portefeuille bien garni ! Ce n'est pas exclusif ...

Je crois, n'en déplaise à JP Brighelli, que son combat pour sauver les Lettres est perdu d'avance (je mets une majuscule pour faire frémir les incroyants). On peut juste essayer de constituer des Thébaïdes où l'on se transmettra une certaine subtilité, une éducation à la sensibilité. Si les Lettres étaient un idéal alors cet idéal est enfoui dans les sables mouvants de la mémoire dont il ne reparaîtra plus rien à la surface.

Après tout Kafka - comme Pessoa - était un humble employé de bureau ... Sur le Net tous ceux que je lis et qui montrent une sensibilité littéraire n'occupent que de modestes fonctions à la mesure d'un Merlusse de notre temps, Raphaël Juldé est surveillant d'internat, Pierre Cormary est gardien au musée d'Orsay, Olivier Bruley fait des distributions de prospectus etc. Vous remarquerez qu'ils connaissent parfaitement l'orthographe mais que cela ne leur permet d'ambitionner aucune promotion sociale comme au XIXème siècle, disons !

Moi je m'intéresse à eux plus qu'à Britney Spears ou à Paris-Hilton, mais je suis bien conscient que leur surface sociale est sans commune mesure avec ces deux héroïnes des temps modernes !

Le drame de Jean-Paul Brighelli c'est qu'il n'a aucune arme, aucun avenir à proposer à ses élèves à part devenir comme lui professeur de français.

D'ailleurs il y a probablement un malentendu, JP Brighelli est invité sur tous les plateaux de radio-télévision depuis plusieurs années, peut-être pense-t-il que c'est pour défendre les Lettres et sa vision de l'école dans tous ses composants, mais s'il est un bon client aux yeux des médias c'est parce que sous-jacent il est entendu qu'il est écouté attentivement par les parents qui sont surtout intéressés par la promotion sociale de leurs enfants. Je doute que ce qui passionne la plupart des parents ce soit l'épanouissement littéraire de leurs rejetons et leur accès à la grande culture pour reprendre les termes essentiellement faux de George Steiner.

Au fond d'un côté on a un enseignant qui veut transmettre un Credo comme dans les époques anciennes les clercs transmettaient leur foi aux laïcs, de l'autre on a des usagers de l'école qui cherchent non des repères culturels mais des modes d'emploi en vue de la réussite professionnelle telle qu'ils l'entendent.

Il y a même encore quelque chose de plus inquiétant que les Lettres en perdition, c'est la perte de la foi dans la science - je veux parler évidemment des sciences dures, les seules qui méritent vraiment ce nom - attaquée de toute part dans la société, accusée de tous les maux. Récemment l'Académie des Sciences s'est émue qu'on réduise à la part congrue les sciences naturelles et physiques avant le baccalauréat.
Il y avait un article intéressant sur Techno-Science (lire aussi les commentaires) qui expliquait que si les connaissances croissaient de manière exponentielle, l'ignorance aussi !
Nous sommes donc doublement menacés, par le moindre souci des humanités classiques et par la perte de l'esprit de curiosité.

Je ne suis pas bien certain que beaucoup d'hommes politiques comprennent la nature du problème soulevé ici !

La réponse au problème, semble-t-il, c'est de faire des lois qui affirment des vérités révélées ! Des vérités historiques qui seraient des principes de foi à ne pas interroger ...

Le problème c'est qu'on a laissé croire qu'il existait des sciences humaines mais cela n'a pas de sens ! Il n'y a pas plus de sciences humaines que beurre en broche. Il existe par contre des savoirs comme la grammaire. On a du coup laissé usurper la place de législateur à de fausses sciences comme la sociologie avec tous les dégâts que cela implique et notamment l'oubli des humanités classiques.

Autant dire que l'économie est une science exacte, c'est du même tonneau !

La meilleure chose qui puisse arriver à Obama c'est de ne pas être élu car ainsi le mythe du chevalier blanc restera intact !

De toutes les manières cinq ans d'une part et quatre de l'autre à s'enfiler tous les jours les mérites prééminents et comparés de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, moi je ne pourrais pas ! Autant se planter devant la télé et regarder les incroyables aventures de Wallace et Gromit ...

Je ne vois que le vaudou pour se débarrasser de ces deux-là sinon ça va pas être possible ...

Nouvelles Regnault :
Aymeric Regnault de Beaucaron et son épouse Clara Géliot ont annoncé il y a quelques jours dans Le Figaro la naissance de leurs jumeaux Chloé et Adrien Regnault de Beaucaron, le 12 octobre 2008 à Paris. Ils s'étaient mariés en septembre dernier à Levallois.
Aymeric Regnault est agent général des MMA à Levallois comme son père Ghislain Regnault de Beaucaron qui est agent général des Mutuelles du Mans (MMA) à Paris et il est le petit-fils de Jacques-Edme Regnault de Beaucaron (°1913-1992), officier de la L.H, commandeur du mérite, directeur de l'Etoile, 5è du nom, président de la réunion des assurances mutuelles, président de la Caisse d'Epargne de Paris etc.
Les Géliot sont des industriels du textile de la Haute-Meurthe à l'origine devenus société de gestion d'actions (Groupe Boussac).

Je n'aime pas faire cours ...
Mais comme j'ai affirmé quelques lignes plus haut qu'il ne saurait y avoir de sciences humaines et qu'il ne fallait pas confondre un savoir d'essence empirique comme la grammaire et une science qui forme système, je vais quand même me fendre d'une explication un peu plus longue.
Une science n'a d'existence qu'en fonction de son objet d'étude, si la physique est considérée comme une science dure ou science exacte c'est qu'elle découle entièrement d'un petit nombre de principes élémentaires d'où l'on peut tirer rigoureusement une série de conséquences toutes liées les unes aux autres. Imaginez qu'au lieu des quatre forces fondamentales qui gouvernent l'univers entier, il y eut un million de forces élémentaires, il est clair qu'il deviendrait particulièrement difficile d'élaborer une science cohérente à partir d'un tel écheveau. On serait obligé de recourir à des palliatifs, des recettes empiriques.
Prenons un exemple précis que vous allez tous saisir, la biologie étudie les systèmes vivants, elle pose en principe que tout homme possède les mêmes caractéristiques essentielles, même code ADN, même génome, même système immunitaire HLA, même réseau sanguin et même formule sanguine, mais la Médecine qui s'occupe des hommes en particulier sait bien que chaque individu est un cas unique, qu'elle doit donc adapter ses formules en conséquence. Bien entendu l'idéal serait de disposer d'une médecine personnalisée, c'est la médecine du futur, celle qui connaîtra les protéines de chaque individu, ses caractéristiques génétiques, son système immunitaire propre etc et qui concevra ses médicaments en fonction de la réponse attendue.
Dans l'ignorance de la nature propre des individus, les sciences humaines recourent à des expédients comme les méthodes statistiques qui sont fort en usage en sociologie. On établit des séries de moyennes en fonction de certains critères soigneusement sélectionnés, on emploiera le concept d'homme moyen introduit par Quételet et utilisé par tous les adeptes du marketing. Mais lorsque vous établissez vos statistiques par nature vous perdez de l'information et donc vous ne pouvez pas faire de prédictions à longue portée comme dans le cas de la physique où l'on ne sacrifie pas l'information de départ au profit d'une conclusion attendue. En général la portée des méthodes statistiques est faible et toute extrapolation devient vite abusive parce qu'elle ne tient pas compte de l'essence des individus, en inférer des conclusions étendues par itération est pour le moins abusif.
Un bon exemple de l'impossibilité de rationaliser un objet d'études qui soit le fruit du concours de l'arbitraire des individus - et en l'occurrence d'une multitude - c'est la langue. Dans les années cinquante certains comme Chomsky ont cru qu'il était possible de concevoir une grammaire générative, l'échec des traducteurs automatiques a montré les limites de cet exercice de pensée formelle. La meilleure traduction automatique est empirique, on se contente de fournir une bibliothèque d'exemples à la machine.

Pour faire bisquer Yfig je continue à jouer au bottin mondain, nouvelles Regnault, branche de Polisy :
Le capitaine de vaisseau (C.R) Yves Boyer-Vidal et son épouse Françoise Lambert-Daverdoing annoncent la naissance de deux petits enfants : Cyprien Courtois, né le 16/8/2008, fils d'Eudes Courtois et de Christel Boyer-Vidal, d'une part, Marie Boyer-Vidal, née le 29/10/2008 chez Michaël et Laure Boyer-Vidal, d'autre part.

Les Boyer-Vidal, Lambert-Daverdoing et Courtois sont des familles de militaires, comme les Regnault de Beaucaron sont dans les assurances depuis sept générations !

De ma branche Regnault, je n'ai pas eu de nouvelles, le site de Marion Laudet annonce quatre naissances pour l'année 2008 (trois Caron et une Laudet) et une prévue pour 2009 (une Picard).

Vue l'étendue de la famille Regnault, il est un peu difficile de suivre ... enfin voilà que j'ai un cousin célèbre maintenant - Augustin Laudet - qui pose dans Paris-Match !

Ceci dit ma mère a fait encore mieux, en juin 1955 elle fut victime du célèbre accident des 24h du Mans et fit la une de Paris-Match ainsi que d'un grand nombre de journaux du monde entier avec une photo spectaculaire, on la voyait évanouie sur le sol - en tailleur vert, couleur qu'elle ne porta plus jamais depuis ce jour-là - soutenue par deux gendarmes et bénie par un prêtre qui lui donnait l'extrême-onction !

Edwy Plenel qui n'en loupe pas une prétend que l'élection d'Obama serait la victoire du Tiers-Monde sur l'Occident ! Mais on peut soutenir exactement le contraire, que c'est une double victoire de l'Occident, que quelqu'un issu du Tiers-Monde soit tellement contaminé par les idées de l'Occident qu'il se confond complètement avec le citoyen moyen au point d'être choisi par lui pour le représenter !

Ce serait en fait l'inverse qui serait vraiment significatif, qu'un européen ou un américain soit élu pour diriger un pays d'Afrique noire ou un pays musulman ! Mais cela c'est une autre histoire ...

Il faudra quand même prévenir l'hystérique Edwy que le Tiers-Monde est une expression dépassée ou obsolète maintenant que le bloc communiste a disparu.

On en est au point maintenant dans les médias où quand on organise un débat sur les élections américaines on invite deux partisans du divin candidat - je veux dire le grand Barack Obama - pour discuter sereinement ! Sur France-Info, Alain Genestar face à Edwy Plenel ce matin. On se croirait revenu à la grande époque de la chaîne unique de l'ORTF et du monopole des ondes de Radio-France ! La démocratie n'a vraiment plus aucun progrès à faire pour ressembler à une parfaite démocratie populaire du défunt bloc de l'Est. A croire que le mur de Berlin est tombé du mauvais côté ...

Si penser c'est penser contre soi, alors nous en sommes au degré zéro de la philosophie dans le débat politique actuel.

Il y a quelque chose qui paraît malgré tout rassurant, c'est que l'obamania ne pourra que décroître après les élections. Enfin on espère ...

Mon sentiment c'est que l'unanimisme est toujours le signe du délire religieux avec les dévots qui sont en extase !

Le stade suivant après cette acmé c'est quand la société se cherche une victime pour bouc émissaire. Le théâtre tragique explore très bien les diverses facettes de la crise politique - et économique - telle qu'on la voit à l'oeuvre actuellement en Amérique et dans le reste du Monde. On peut se reporter aussi bien à Eschyle qu'à Sophocle pour comprendre le fonctionnement d'une société pré-démocratique (et il n'y a rien qui ressemble plus à une société pré-démocratique qu'une société post-démocratique telle qu'on la voit à l'oeuvre dans cette société médiatique dont l'avènement était prévu depuis longtemps).

Après le 11 septembre, les médias unanimes cherchaient un coupable ... on sait ce qu'il advint ! Guantanamo, le Patriot Act, Abou Graïb, les geôles de Kandahar etc. Le retour de la torture dans un état démocratique !

Vous vous souvenez du titre du journal Le Monde d'Edwy Plenel et Jean-Marie Colombani le lendemain du 11 septembre ? Nous sommes tous américains !

On peut s'enthousiasmer librement pour Plushenko qu'on pourra considérer comme un miracle de la nature - un peu aidé peut-être par la médecine ... - ou pour Mozart sans risque car cela ne décide pas de votre vie, mais s'enthousiasmer pour un homme politique et sa doctrine c'est autrement plus dangereux et dérisoire, si je puis dire ! Dérisoire car l'histoire de l'humanité ne saurait se réduire à un homme sauf pour le pire.

Le slogan d'Obama, yes, we can ressemble d'ailleurs étrangement à celui de Sarkzoy, tout devient possible !
A mes yeux la politique c'est justement gérer le faisable en le délimitant étroitement et non pas passer son temps à faire rêver sur tout et n'importe quoi.

J'ai trouvé un renseignement supplémentaire sur Louis Xavier Pomiès (°6/5/1765 Versailles), fils de Jean-François Pomiès et engagé dans la Marine Royale, il était vivant au 22 décembre 1797 et à ce moment il avait le grade de capitaine de frégate. Il devait être de retour en France à cette date, je suppose, après ses aventures aux Canaries. Son grade montre qu'il avait obtenu une promotion après ses exploits puisque les français sous ses ordres ont infligé à Nelson la seule défaite de sa carrière.

C'est dans un inventaire des archives nationales scanné par Google Books que j'ai trouvé cette précision mais il faut quand même rectifier les erreurs qui sont contenues dans les meilleures sources car à en croire ce recueil récent (2000) la corvette La Mutine partie de Rochefort en mars 1796 serait rentrée en France à Lorient dès septembre 1796, ce qui est absurde ! A ce moment elle se trouvait aux mains des anglais et combattait dans l'océan Indien ! Elle n'est jamais retournée sous pavillon français.

Vous allez me dire c'est exceptionnel, on peut faire confiance aux livres des historiens sérieux et particulièrement des chartistes, eh bien ! non, malheureusement moi qui fait de la généalogie je suis constamment obligé de rectifier les erreurs qui en s'accumulant finissent par dénaturer entièrement le sens des choses. Ceci pour dire que l'histoire comme science c'est plutôt douteux !

Ce n'est pas le problème d'accuser les autres de mentir - ou de s'accuser soi-même de mentir, voir le succès des Confessions de Rousseau - le problème est que la vérité nous échappe le plus souvent. La science méthodique, c'est à dire la science moderne, qui s'est donnée comme modèle la géométrie, qui s'est calée sur un certain idéal de rigueur est pratiquement inaccessible dans la plupart des cas de la vie courante, or il faut pourtant avancer. On a donc élaboré tout un tas de stratégies pour pouvoir se diriger. On peut dire que les erreurs se compensent - tant qu'elles ne sont pas trop importantes et systématiques - ou que nous n'avons pas besoin de mesurer de manière exacte les phénomènes car nous agissons de proche en proche etc. De fait nous devons développer une théorie de l'erreur dès que nous nous soucions de proposer un modèle ou une théorie rationnelle. C'est la face cachée de la rationalisation, de tenir compte des variables cachées comme parfois on les appelle !
Recourir à l'injonction morale comme le font les journalistes qui sont constamment dans l'actualité immédiate c'est un pis-aller qui ne peut pas nous mener très loin. C'est surtout une désertion intellectuelle. Cela veut dire qu'on renonce au projet de rationalisation qui habite le monde civilisé depuis quatre ou cinq siècles.

Demander le programme !

Lors du dernier débat présidentiel, le modérateur a demandé aux candidats de hiérarchiser leurs priorités par ordre d’importance. Si McCain s’est défilé avec un «on peut tout faire en même temps», Obama s’est mouillé avec son top 3.
1) Assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis en 10 ans.
L’objectif n°1 d’Obama est de «soulager les familles», premières à souffrir de l’essence chère (avec la récession et la chute de la demande, le baril de pétrole a cependant chuté ces deux derniers mois à son plus bas niveau depuis un an). Obama promet d’investir 15 milliards de dollars (12 milliards d’euros) en 10 ans afin de ne plus être dépendant du pétrole du Moyen-Orient (environ 20% des importations américaines), et de créer «des emplois verts», en développant les énergies alternatives et une voiture propre «construite aux Etats-Unis et pas au Japon ou en Corée». Obama est revenu sur son opposition à l’offshore drilling (forage pétrolier au large des côtes américaines). Mais selon lui «ce n’est pas la réponse à tout» car les Etats-Unis «disposent de 3% des réserves mondiales mais en consomme 25%». Il demande donc «à tous les Américains de faire un effort et de changer leurs habitudes».
2) Que tous les Américains aient une couverture maladie.
Hillary la First Lady s’y était cassée les dents lorsque Bill était à la Maison Blanche, Obama reprend le flambeau d’une couverture maladie pour tous (plus de 45 millions d’Américains ne sont pas assurés). Un plan plus progressif sur deux axes: rendre les coûts plus accessibles en utilisant la carotte et le bâton avec les employeurs et créer une offre publique garantissant «la même couverture qu’aux membres du Congrès». Combien tout ça coûterait? Difficile à dire, mais Obama jure qu’investir davantage dans la prévention paierait pour une grande partie.
3) Rendre la fac accessible à tous et réformer l’éducation.
Selon Barack Obama, «un étudiant sort de la fac avec en moyenne 19.000 dollars (15.000 euros) de dettes». Il promet un abattement de 4.000 dollars (3.000 euros) pour ceux qui accepteraient de faire un service civil. Cela rendrait, selon lui, quasi gratuits les community collèges, ces établissements publics qui ne proposent en général qu’un diplôme en deux ans, mais avec la possibilité de transfert vers une autre université pour terminer son bachelor (licence, 4 ans). Obama fait également de la petite enfance une priorité, ainsi que l’enseignement des maths et des sciences.
Pour le reste: baisse d’impôts pour la classe moyenne, davantage de contrôle pour Wall Street et priorité à la diplomatie. Les impôts, c’est sans doute la plus grande controverse de cette fin de campagne, depuis l’apparition de Joe le plombier. Obama, avec l'aide de son simulateur, répète malgré tout qu’il baissera les impôts de 95% des travailleurs, en priorité les familles avec enfants, les parents célibataires et les personnes âgées. Seules les familles gagnant plus de 250.000 dollars (200.000 euros) et les célibataires à plus de 150.000 dollars (120.000 euros) annuels verraient leur contribution augmenter.
Concernant la crise financière, Obama a voté le plan de sauvetage de Wall Street. Il assure qu’il fera immédiatement adopter un «package de stimulus fiscal» de 50 milliards de dollars pour «Main Street» (la classe moyenne) et mettra en place «davantage de contrôle» pour éviter les dérives du système financier.
La politique étrangère s’est fait beaucoup plus discrète sur la fin, mais le soutien de Colin Powell est tombé à pic pour Obama, qui veut «mettre fin à la politique de cowboy de Bush», c'est-à-dire «retirer les troupes d’Irak avec responsabilité» et remettre la diplomatie sur la table. Il veut toujours «dialoguer avec l’Iran», ce qui, s’est-il défendu lors d’un débat, ne veut pas dire «prendre le thé sans préparation». Avec la France, on aurait pu avoir une polémique la semaine dernière, à la suite d'un article du journal israélien «Haaretz», selon lequel Nicolas Sarkozy trouvait les vues d’Obama sur l’Iran «très immatures». Mais Paris a aussitôt démenti et reste sur le refrain «Obama est un copain». Ouf!
Philippe Berry, à Los Angeles.

Il est tellement dérisoire d'annoncer qu'avec 15 milliards de dollars on va mettre fin à la dépendance énergétique des Etats-Unis, qu'on n'a vraiment pas envie de répondre à une telle sottise ! Il paraît qu'il est entouré par des conseillers qui sont prix Nobel, à croire que ce prix est de plus en plus décerné par un jury d'ânes.

De toutes ces belles promesses il ne va rien rester dans quelques mois ...

L'Islande a fait faillite pour avoir trop spéculé en Bourse, est-ce que les Etats-Unis qui représentent mille fois la taille de la petite île perdue au milieu de l'Atlantique pourrait en faire autant ? Oui ! Ce qui est sûr c'est que vu le plan Paulson et un endettement américain croissant dans une conjoncture mondiale affaissée les marges de manoeuvre se réduisent de plus en plus, or le programme d'Obama est très coûteux, notamment cette fameuse sécurité sociale qu'il veut mettre sur pied au détriment de la compétitivité du pays déjà mise à mal par une financiarisation excessive - 38% de l'économie !

En fait l'honnêteté serait d'admettre que les temps de la facilité sont révolus, mais même les banquiers de Wall Street ne sont pas prêts à le reconnaître et leurs bonus pour l'année 2008 qui seront versés en janvier sont presque aussi importants que ceux de l'an dernier ! En clair l'Amérique vit au-dessus de ses moyens et voudrait continuer à le faire encore et encore.

J'ai de la sympathie pour McCain alors que je n'en ai pas pour Obama qui est un produit ce qui explique son succès. Et que l'on ne dise pas que c'est parce que je pencherais pour les républicains, j'étais hostile à l'élection de Bush Junior par principe, car je considère qu'il est anti-démocratique d'élire le fils après le père à moins de changer de système politique et de revenir à une espèce de monarchie constitutionnelle. Je ne crois pas m'être beaucoup trompé après deux mandats ...

De même que j'avais dit que les promesses de la campagne présidentielle française de 2007 étaient surréalistes - jour après jour on le constate - je dis que les promesses des fleurs de la campagne américaine de 2008 ne porteront pas de fruits.

Si les traders ont le nez rivé sur leurs écrans, les politiques ont les yeux fixés sur les sondages et naviguent à vue, les deux races qui nous gouvernent sont aussi aveugles l'une que l'autre vis à vis du long terme, d'un horizon temporel un peu plus profond. Les incantations magiques ne changent rien ...

McCain est un franc-tireur ce qui engendre chez moi la sympathie pour celui qui sait se distinguer de la masse sans renoncer à la prise de risque d'être un individu non formaté.

L'Europe veut être le partenaire de l'Amérique ... l'alliance de l'aveugle et du paralytique !

Bon signe : Fidel Castro vote Obama ...

En fait il y eut une seule nouvelle vraiment nouvelle aujourd'hui, c'est que l'apeline serait impliquée dans le diabète de type II et pourrait y remédier si les premières études sont confirmées. Le reste c'est de l'écume ...

Une idée lancée par un jeune post-doc Henk Postma : séquencer le génome en moins de trois heures grâce à une feuille de graphène percée d'un trou !

Ca rassure de voir que certains ont des idées et pas seulement des préjugés qui suivent les idéologies du moment !

Ah ! J'oubliais de dire que ce sont des français qui ont découvert l'apeline, une équipe de Toulouse, des blancs - désolé !

Ca n'a pas traîné, à peine Obama élu, les russes commencent à déployer des missiles comme sous Kennedy ! En fait c'est la grande annonce pour tous les ennemis de l'Amérique que maintenant que la superpuissance a une tête fragile, tout est permis !

Je m'attends à une dégradation de la situation internationale très rapidement à partir de janvier.

La Bourse ne vote pas la motion de confiance au nouveau président américain.

Entendre Obama raconter le soir de la victoire son énième conte à dormir debout - la grand mère noire de 106 ans qui fait la queue pendant des heures devant le bureau de vote pour venir élire pour la première fois un homme de couleur (comme c'est vraisemblable !) - crée un malaise alors qu'écouter McCain saluer une élection historique - pour les noirs américains notamment - me fait penser que les Etats-Unis ont loupé un grand président au profit d'un homme qui est entièrement dépendant d'une image et d'un discours type de beau parleur.

La Halde se plaint des stéréotypes dans les manuels scolaires français, mais je l'ai toujours dit l'école n'apprend plus à penser par soi-même !

Il ne s'agit pas d'échanger un stéréotype contre un autre comme semble le proposer cette haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité, il s'agit de juger sur pièces et pour cela enseigner des méthodes ! L'intelligence est discriminante, c'est tout l'objet de son fonctionnement. L'esprit différencie, cela s'appelle l'apprentissage pour un enfant ou un adolescent qui va apprendre à reconnaître les lettres et les nombres du fouillis de formes que lui présente le monde puis des objets de plus en plus complexes. Il s'informe littéralement c'est à dire qu'il voit avec les yeux de l'esprit ce que les sens lui présentaient d'une manière désordonnée. Informer = détacher les formes au milieu du désordre croissant ou désordre entropique. Lutte de tous les moments. L'énergie libre tend vers une augmentation de sa quantité de désordre. Il faut donc la réguler.

Les images qui se trouvent dans les manuels scolaires - notamment d'histoire et géographie - ne peuvent plus avoir l'importance qu'elles avaient dans un monde pauvre en représentations graphiques comme il y a cent ans alors que nous sommes maintenant inondés par un flot médiatique audiovisuel dont le sens est souvent pour le moins décousu. Mais si vraiment on les considère comme tendancieuses alors autant les supprimer et revenir aux enseignements fondamentaux qui passent d'abord par le discours écrit et par l'expression orale.

Le combat de la Halde ressemble à une lutte d'arrière-garde à l'époque d'internet, il vaut mieux apprendre aux enfants à décrypter les images et à se prémunir contre leur contenu tronqué et le sens parcellaire qu'elles peuvent induire dans une imagination fertile mais fragile.

Cours de décryptage d'images ... voilà une excellente option pour futurs bacheliers !

L'imagination c'est le jeu de la libre association, elle a donc besoin d'être structurée par une pensée pour obtenir le sens désirable.

Une image ne fait sens que dans un contexte interprétatif. C'est donc la syntaxe du langage de transposition qu'il faut soigner. Il faut que le langage soit suffisamment régulier pour supporter un sens unique et ne pas varier au fil des individus ou au gré du contexte. On pourrait donc dire qu'il faut commencer par la critique du langage avant même la critique des images. Une pensée qui se conduit judicieusement use d'un langage correctement formé.

Je vais instituer la fête du Néant ! Ben oui, toutes les religions ont leurs jours sacrés, nous qui ne croyons à rien, il nous est loisible de consacrer une journée à Rien ! Vous me rétorquerez qu'il sera difficile de choisir un jour plutôt qu'un autre, qu'à cela ne tienne, nous ferons confiance au hasard et une grande loterie sera organisée pour choisir La Dive Journée du Rien du Tout !

Le nouvel opus des oeuvres complètes de la Halde : Les Immersions d'Afrique librement interprétées d'après l'oeuvre célèbre de Raymond Roussel, Les Impressions d'Afrique.

Le Hasard n'est pas un Dieu suffisamment consacré, il n'est reconnu que par les joueurs du Pari Mutuel, de la Française des Jeux et les Boursiers, semble-t-il ! Il serait bon de solenniser un peu ce tout-puissant étranger qui règne sur nos vies et régente nos coeurs ...

Si Jacques Monod revenait sur Terre il ne reconnaîtrait plus la génétique de son époque ! L'épissage et les protéines induites.

Dans ses attendus et ses préconisations la Halde est trop timide, au lieu d'importer la médecine d'Albert Schweitzer en Afrique, il vaudrait mieux mettre sur un pied d'égalité dans nos Facultés la médecine de Claude Bernard et de Louis Pasteur et la médecine des Marabouts et de plus la sécurité sociale fera de grandes économies, car enfin un gri-gri et quelques amulettes, c'est pas cher et inusable ! Au fond notre enseignement des sciences est encore trop discriminatoire ... et puis le boulier chinois c'est bien !

Vous savez quoi ? Je m'y mets dès ce soir, au lieu de prendre Truvada et Sustiva ces horribles médications chimiques inventées par d'épouvantables racistes nord-américains, je ferai quelques incantations vaudous et le tour sera joué !

A bas la science impérialiste ! Vive la magie blanche !

Marcailhou est le véritable créateur de la valse française moderne. Immortellement célèbres, les valses de Marcailhou restent documentaires de leur temps comme les camélias blancs ou pâlement roses aimés de nos aïeules du second Empire. Maurice Ravel, 1933.
On dirait du Marcel Proust ! Délicatement chantourné et agréablement parfumé ...

Elle forma cinq branches : Bretagne, Versailles, Périgord, Toulouse et Ax. Jean-Antoine eut comme fils aîné : Autre Jean-Antoine de Marcailhou-d'Aymeric.
On a André Marcaillou, mort à Paris, 9ème ancien le 21/3/1854, acte reconstitué (même famille ?).
Gatien Pierre Joseph Ferdinand de Marcailhou d'Aymeric (°18/12/1807 Ax-les-Thermes - 25/12/1855 Paris, 10ème arrondissement ancien, acte reconstitué sous le nom de Gatien Pierre Marcaillou) dont je recommande l'écoute, digne d'un Canteloube, d'un Maurice Emmanuel, d'un Vincent d'Indy, d'Albéric Magnard et de son compatriote Gabriel Fauré dont il fut le professeur !
A l'âge de 18 ans, il fut envoyé au collège de Toulouse pour y terminer sa rhétorique et sa philosophie, études qu'il alla achever à Montpellier, où il fut reçu docteur et il prit, en 1831, le grade de docteur à la Faculté de Montpellier. Il revint exercer sa profession dans la petite ville de Léguevin (Haute-Garonne), puis alla à Paris où il s'adonna à la musique, son étude favorite ; il prit des leçons de composition auprès de Thalberg, l'un des plus grands pianistes de l'époque et acquit bientôt une grande renommée.
Il fut reçu docteur en médecine. Il montra très tôt des aptitudes remarquables pour la régale qu'il apprit sous la direction de son père ; improvisant des airs de mélodies, il devint bientôt plus fort que le maître. Il devint l'amant de George Sand - comme tout le monde - à qui il dédia sa célèbre valse, Indiana.
Il était le deuxième des sept enfants de Jean Pierre Augustin Marcailhou (°1767-1848), receveur des douanes époux en 1804 de demoiselle Rose Elisabeth Astrié du Castelet, fille de Pierre Astrié aîné, négociant, maître de forges à Ax, marié trois fois dont 29 enfants. Son père surnommé le Doctrinaire, qui, à l'âge de 20 ans, professa la rhétorique au collège royal de Toulouse (ancien doctrinaire à l'Esquille à Toulouse, on dit qu'il avait été professeur du vénéré M.Izac), émigra avec ses trois frères en Espagne sous la Révolution. En 1843, M. Marcailhou, ex-doctrinaire publia chez Loze-Madière à Pamiers "Système de la construction écrite appliqué aux Fables de Phèdre". Jean Loze-Madière était l'époux de Marie-Elisabeth Pomiès, fille de Jean Pomiès l'aîné. En 1804, Marcailhou père était receveur principal des droits réunis à Pamiers.

La déportation sous le Premier Empire : les Espagnols en France, 1808-1814 Par Jean René Aymes Publié par Publications de la Sorbonne, 1983 :
1814 : A la fin de l'année l'ariégeois Pierre Antoine Marcailhou, ancien sous-lieutenant assermenté du dépôt de Châlons, qui a vu se fermer les frontières d'Espagne, réclame une demi-solde soit au titre d'Espagnol réfugié, soit d'officier français sans emploi.
Il doit s'agir d'un des oncles de Gatien.

Le frère aîné de Gatien, Auguste de Marcailhou d'Aymeric, né en 1805, mort en 1872, pharmacien, fut adjoint au maire d'Ax et conseiller d'arrondissement. D'où viennent les suivants.

Il se trouve de plus que mes ancêtres Pomiès étaient liés à sa famille, Henri Hippolyte Marcailhou d'Aymeric (°1855 Ax - mort le 11 octobre 1909), pharmacien de 1ère classe, botaniste, historien, médaille d'argent, 1875; 1er prix, médaille d'argent , en 1876); lauréat de l'École supérieure de pharmacie de Montpellier (1er prix, médaille d'or).
Il publia chez l'imprimeur Pomiès en 1909 : "Notice sur les villages composant le canton d'Ax", 142 pages et beaucoup d'autres ouvrages notamment en 1909 une biographie du compositeur - son oncle - chez mon aïeule Marie Tersouly veuve Pomiès ainsi qu'une autre consacrée à sa propre soeur "Biographie de Zénobie Marcailhou-d'Aymeric, en religion soeur Céline. 1837-1909" (Céline Marcailhou née en 1837 à Ax-les-Thermes). Il avait un frère botaniste comme lui l'abbé Alexandre Lucien Marie Marcailhou (°16/8/1839 Ax-les-Thermes - 7/8/1897 Ax), aumônier du couvent des religieuses Dominicaines du Saint-Nom de Jésus à Ax le 10/6/1872, ordonné prêtre le 25/3/1865, mort à 58 ans le 7/8/1897 à Ax-les-Thermes.
Deuxième branche cadette : Le docteur Hippolyte Alphonse Léonard Denis Marcailhou-d'Ayméric (°1876 Rennes - 1944 Toulouse), leur neveu, dès 1878 il quittait Rennes et suivait sa famille, il fut médecin de la Marine marchande et publia "Quelques-unes de mes ascensions en Ariège et en Andorre. Les Pyrénées et l'Ariège... Pages oubliées du pays d'Orlu ; la grotte de Lombrives et le combat de 1802 ; le tombeau de Mme Lafarge à Ornolac... " à Foix, imprimerie de Vve Pomiès, 1906, In-8 °, 234 p., cartes et plans, "Les Pyrénées et l'Ariège", par le Dr Marcailhou-d'Aymeric fils, impr. de Vve Pomiès, 1907, In-8° , paginé 17-86. Alphonse Marcailhou passa à Tahiti à bord de la Boussole, des Messageries Maritimes, il en laissa un témoignage, un journal de bord "Mon voyage amoureux à Tahiti, Guadeloupe, Martinique et Canal de Panama".
1910 : Hippolyte Marcailhou-d'Ayméric avait un frère aîné, le Dr Alphonse Marcailhou-d'Aymeric, mort médecin à Toulouse et un autre frère encore vivant, le Dr Clément Marcailhou-d'Aymeric.
Thomas Auguste Marcailhou épouse Jeanne Thérèse Céline Rivière, dont Joseph Clément Marcailhou d'Aymeric (°21/2/1842 Ax-les-Thermes - 10/12/1910 Blidah, Algérie), officier de la L.H, admis à l'école nationale de santé militaire de Strasbourg, il se révèle un excellent élève, sortant, à la fin de son cursus, au quatrième rang, thèse soutenue en 1867. Il poursuit alors une carrière dans l'armée et se fixe à Blidah en Algérie en 1867 où il épouse Louise Urbain en 1870. L'année suivante il participe à l'expédition de Kabylie puis quitte les rangs de l'armée. Maire-adjoint de Blidah, conseiller général de l'Algérie, canton de Blidat de 1895 à 1910.
On a aussi François Xavier Alphonse Marie Marcailhou d'Aymeric (°18/12/1834 Ax-les-Thermes), pharmacien-major de 2ème classe en 1871, chevalier de la Légion d'Honneur en 1871.
Guy-Marie-René de Marcailhou-d'Aymeric, né à Toulouse en 1904, fit ses études secondaires au collège Saint-Stanislas de Toulouse puis, pendant la guerre de 14-18 fut successivement élève au collège Saint-Caprais à Agen et au lycée Gambetta à Cahors. Il se destinait à la carrière médicale lorsqu'une grave maladie vint interrompre ses études. ...
G. Marcailhou d'Aymeric vient d'être douloureusement affecté par le décès accidentel de son petit fils Axel MARCAILHOU d'AYMERIC (°1983-2001), âgé de 18 ans. Les obsèques religieuses ont eu lieu à Ax-les-Thermes en l'église Saint-Vincent, le mercredi 25 avril 2001.

Gatien Marcailhou.

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Marcailhou d'Aymeric, cette ancienne famille est originaire de Lordat et d'Urs au comté de Foix, elle se fixa ensuite à Ax où on la trouve établie dès le XVIIè siècle.
Robert baron de Marcailhou, originaire du château de Lordat, combattit avec le comte de Foix en 1272 contre le roi Philippe III le Hardi.
Un de ses aïeux : Jean-Antoine de Marcailhou d'Aymeric, né en 1710, mort en 1755, fut contrôleur royal des Finances et consul d'Ax. Il épousa en 1736 en premières noces Suzanne d'Aymeric, fille de Jean d'Aymeric et de Marion de Sarde ; elle mourut des suites de ses couches, à l'âge de 30 ans après avoir eu 7 enfants ; il épousa en secondes noces Jeanne Verniolle dont il n'eut pas d'enfants. Ce fut à partir du mariage de Jean-Antoine que les Marcailhou se fondirent avec les d'Aymeric, Suzanne étant la dernière du nom. Dont autre Jean-Antoine de Marcailhou-d'Aymeric, né en 1736, mort en 1779, qui fut lui aussi contrôleur royal des finances et consul d'Ax. Il épousa en 1766 Marie-Thérèse de Saint-André de Tarascon-sur-Ariège. Il en eu neuf enfants.
Un autre oncle paternel, M. d'Aymeric, ancien officier garde du corps de Louis XVI.
Joseph Clément Marcailhou d'Aymeric (°21/2/1842 Ax-les-Thermes), fils de Thomas Auguste et de Jeanne Thérèse Céline Rivière, fut médecin militaire à Blidah en Algérie, se marie en 1870 avec Louise Urbain, puis participe en 1871 à l'expédition de Kabylie avant de quitter l'armée et de faire une carrière politique locale.

J'ai regardé hier soir sur France 3, "Deux papas à Manhattan", un couple d'hommes homosexuels qui ont eu des jumelles grâce à une mère porteuse rétribuée - 25 000 dollars (en tout ils ont dépensé 100 000 dollars don d'ovule compris) - c'était très bien, mais évidemment il s'agissait de deux cadres supérieurs, un avocat et un journaliste-producteur de télévision qui étaient beaucoup aidés et très entourés ! Papas exemplaires sans doute, mais est-ce que nombreux seraient ceux qui pourraient apporter un tel luxe dans l'éducation de leurs enfants ?

Pour l'homosexuel moyen tout ceci me semble provisoirement hors d'atteinte ...

Il y a évidemment plus de facilités pour un couple de femmes lesbiennes qui peuvent porter elles-mêmes les enfants sans recourir à un organisme intermédiaire.
La question de l'éducation reste toujours cruciale dans nos sociétés développées, comment donner suffisamment de temps aux enfants - et donc d'affection, d'attentions - tout en continuant à exercer une activité professionnelle ?

Dans un certain sens, je crois qu'on en viendra à estimer que la responsabilité de l'éducation des enfants est collective et que les parents naturels ou non, biologiques ou d'adoption, ne sont pas les seuls habilités à transmettre une certaine culture.

Au fond la question parentale homosexuelle amène à s'interroger sur le modèle éducatif de l'Occident, et c'est très bien ainsi !
C'est peut-être ce que certains ont du mal à accepter, le partage de l'autorité sur leur progéniture !

Les progrès de la science biologique sont tels qu'on devra intégrer d'une manière ou d'une autre dans nos "patterns" culturels ses acquis sur lesquels on ne peut revenir à moins d'accepter le retour à l'obscurantisme le plus délirant car déphasé. Une ignorance volontaire c'est pire qu'une ignorance tout court !

Ces deux new-yorkais étaient catholiques et voulaient faire baptiser leurs filles, ils ont été obligés de passer par une église épiscopale protestante, ceci pour dire que l'église catholique a un gros problème pour s'adapter aux données de la société la plus avancée.

Les Pomiès et les Tersouly étaient très musiciens - la bonne bourgeoisie de l'époque l'était souvent - et c'est un Pomiès qui dirigeait les réjouissances à la tête de l'orchestre local sur les allées de Villotte lors des grandes fêtes de Foix chaque printemps.

Les opéras écrits par le poète catalan et juge de paix du canton d'Alzonne Louis Metge (°1829 Petzens, Aude) et composés par Pierre Germain sous le Second Empire et les débuts de la IIIème République comme sa "Jeanne d'Arc" (1874) ou son "Simon de Montfort devant Carcassonne" (12/2/1862 Toulouse) ont été édités par la maison Louis Pomiès à Carcassonne.

La valse est un peu plus qu'une danse ... Elle est époque, mal délicieux d'un temps, vertige et vol de toute une Europe évanouie. Ce nom, sans rime, est un des mots les plus heureux et les plus élégants qui soient. Il faut lui associer le nom du musicien qui, le premier, fixa le type de cette loi des mouvements tourbillonaires et donna l'âme du rythme à tant de couples : Marcailhou. Paul Valéry.

Non content d'avoir été pianiste et compositeur, il fut aussi théoricien : "École moderne du pianiste traité théorique, analytique et pratique pour servir d'introduction aux compositions de Thalberg et de son école" de Gatien Marcailhou publié par les fils de B. Schott, 1848 70 pages. Il était en effet parti pour Paris notamment pour suivre les cours de composition de Sigismond Thalberg, l'émule et le rival de Liszt.

Les valses de Marcailhou, créateur de la valse moderne 25 ans avant Strauss, détiennent le secret des oeuvres définitives. Indiana, le Torrent sont ...

Valses et voltes, tourbillons légers comme la fumée bleue des brûle-parfums de Bénarès. Albert Besnard, de l'Académie française.

Indiana, modèle du genre, conserve une fraîcheur de rose au coeur mouillé. Camille Saint-Saëns.

Gatien Marcailhou fut l'amant de l'actrice Juliette Drouet avant Victor Hugo - le trop-aimé Totor !

Voici ce qu'écrit Paul Claudel au sujet du bronze fameux de sa soeur Camille Claudel : Cette sculpture qui trône au milieu du salon c'est l'admirable cristallisation de la valse de Marcailhou.

François Mauriac : Indiana, le Torrent, le Tourbillon qui ont exprimé la joie du jeune amour se sont chargés, avec les années, d'une mélancolie puissante et clament ce qui ne reviendra plus jamais.

J'ai créé sur wikipédia un petit article manquant sur Marcailhou, prière de le compléter et de l'organiser un peu mieux !

Vous connaissez tous, je suppose, le livre d'Henry Steele Commager (1902-1998) "L'esprit américain", paru aux Etats-Unis en 1957 et en France en 1965, consacré à l'évolution de la pensée américaine entre 1880 et 1950 et où dès les premières pages il dit : En vérité, c'est justement parce que la pensée américaine doit tant à la pensée anglaise, et européenne en général, que j'ai essayé de distinguer quelles sont ses formes, ses caractéristiques, ses façons de s'exprimer, ses particularités proprement américaines. En un sens ce livre est une étude d'histoire culturelle comparée.

Ceci étant dit, il faut bien reconnaître que les intellectuels, les universitaires, les journalistes ne sont pas les individus les plus courageux au monde, qu'ils ont le caractère moutonnier et que leur manière pour eux d'être reconnus c'est de fondre leurs idées dans celles de la masse plutôt que pourchasser le fantôme de l'idéal !

Il y a un bouleversement en cours aux Etats-Unis dont on peut dire - dont on doit dire - qu'il est sorti du 11 septembre, c'est que les américains sont sortis de leur splendide isolement ! Tout d'un coup pour eux le reste du monde s'est mis à exister, c'est une idée qui est lentement en train de pénétrer en eux et dont toutes les conséquences ne sont pas tirées, mais la crise économique et financière va certainement hâter cette prise de consience. Ils vivaient innocemment à crédit aux frais de la population épargnante de la planète et voilà qu'on se met à douter de leur parole ! De leur avenir glorieux ... ils se réveillent étonnés de n'être pas tout l'avenir du monde comme ils le croyaient depuis l'indépendance.

Ils pensaient qu'il y avait les vieilles races et eux qui étaient la promesse de l'avenir ... la nouvelle race !

Dans cette perspective comment interpréter l'élection d'Obama ? Comme l'ouverture vers l'ailleurs, l'acceptation du dialogue ou au contraire le dernier soubresaut pour se fermer à l'étranger en réunissant toutes les forces de la Nation ? Nous verrons ...

Renaud Marcailhou d'Aymeric (°16/8/1942 Aucamville, Haute-Garonne) est le fondateur du festival de Jazz de Foix, il est le petit-fils d'Auguste-Louis-Alphonse-Charles Marcailhou (°4/11/1892 Ax-les-Thermes - 1973), pharmacien-colonel à Cazères-sur-Garonne comme le voulait la tradition familiale, historien et poète et grand ami de Paul Valéry. Auguste-Louis-Alphonse-Charles Marcailhou, bachelier es-lettres en 1911 était le fils d'Hippolyte de Marcailhou d'Aymeric époux en premières noces en 1889 de Catherine Sicardon, fille du docteur Sicardon, de Cazères-sur-Garonne, ancien interne des hôpitaux.
Revue de Comminges (Pyrénées Centrales): Bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l'Académie Julien-Sacaze à Bagnères-de-Luchon Par Société des études de Comminges, Académie Julien-Sacaze Publié par Société des études du Comminges., 1962 ... L'Académie accepte avec reconnaissance le don qui lui est fait par Madame Marcailhou d'Aymeric, née Geneviève Barrau de Lorde, d'un certain nombre d'ouvrages d'histoire ou d'archéologie régionales, provenant de la bibliothèque de son père, M. Paul Barrau de Lorde. BARRAU DE LORDE (Paul), contrôleur principal honoraire des Contributions directes, villa Joyeuse, petit chemin de Croix- Bénite, Aucamville (Haute-Garonne) en 1941.
BARRAU de LORDE. Autorisation pour Joseph-Victor-Paul Barrau de joindre à son nom celui de : de Lorde par décret du 18 avril 1923 qui était celui de son grand-père le marquis de Lorde.

La mère de Marie-Françoise Regnault (°1923-2004), Henriette Chapuis (°1882-1971) connaissait fort bien Paul Valéry par l'intermédiaire du conservateur du Louvre, Paul Jamot (°1863-1939) avec qui elle était l'hôte d'Edouard Lebey (°1849-1922), l'administrateur de l'agence Havas dont Valéry était le secrétaire particulier mais elle le jugeait amphigourique et précieux. Je suppose que son caractère facétieux et ses propos souvent lestes voire irrévencieux pour la religion qu'il moquait volontiers devaient choquer ses sentiments de bonne chrétienne et de professeur distingué de l'enseignement privé catholique.
C'est André Lebey (°1877-1938), homme politique notoire & franc-maçon, ami intime de Valéry qui présenta celui-ci à son oncle et lui obtint ce poste qui fut comme une sinécure pour le poète pendant vingt ans.

Dans la famille Schweitzer, je préfère Albert à Louis, est-ce grave docteur ? Dois-je me faire soigner pour discrimination manifeste ?

Thierry Coulhon est un mathématicien et un président d'université, et voici ce qu'il dit sur Feynman :

Julie CLARINI : Vous ne pensez pas que l'université doit être transcendante à la société ?
Thierry COULHON : Ni qu'elle soit transcendante à la société ni que la structure du savoir soit un savoir désintéressé et isolé. Hardy, un grand mathématicien, a écrit "A Mathematician's Apology" et a expliqué que les maths pures devaient être ... et jouer au cricket - il adorait le cricket - et puis il y avait les maths et il fallait surtout pas se salir. Moi je préfère les figures comme celle de Feynman. Feynman c'est à la fois le type, le physicien, qui écrit des diagrammes que les matheux ne comprennent pas on ne sait toujours pas très bien ce qu'il a voulu dire avec ses intégrales de phase. C'est à dire qu'il a fait exploser un certain nombre de secteurs de pensée physique et mathématique. C'est aussi le type qui va à Caltech enseigner en première année et qui fait un cours de première année en nous expliquant pourquoi la soupe refroidit quand vous soufflez dessus. C'est à dire qui est d'un sens pédagogique, avec très peu de maths - il n'aime pas les maths - c'est très qualitatif et très intelligent. Et c'est le type qui comprend pourquoi la navette Challenger a explosé en disant "c'est simple : le joint était trop froid", etc. Ca c'est un modèle d'intellectuel et je ne suis pas sûr que le modèle monastique soit plus intéressant et ça répond à l'autre question : faut-il que l'université soit isolée de la société ?

Prétendre que Feynman n'aimait pas les mathématiques c'est vraiment se ficher de la gueule des gens ... on pourrait aussi bien chercher à prouver que Poincaré méprisait la physique ce serait du même tonneau !

Au fond c'est la vieille démagogie à l'oeuvre, rien dans les mains, rien dans les poches, aucun savoir ou presque et avec cela on devient un génie des sciences ou des arts !

Pour dire la vérité - un peu - c'est tout le contraire, dites-vous bien que les génies des maths, de la physique ou de la musique par exemple en savent toujours plus long que le programme enseigné dans les cours et piochent avec assiduité leurs matières en-dehors même de toute motivation scolaire. Celui qui se trouve juste au niveau des examens ne sera jamais un grand créateur.

Feynman pour ne parler que de lui adorait faire des petits jeux de calculs mentaux et jouter avec ses camarades ou ses collègues. Il avait le tempérament du joueur et le goût du challenge.

En fait j'ai beau essayer de tourner dans tous les sens ses phrases - disjecta membra ! - je ne comprends pas du tout ce qu'il a voulu dire ! Savoir désintéressé et isolé de la société qu'est-ce ça peut bien vouloir dire ? Structure du savoir ? Université isolée ? Il a été nommé il y a quelques mois conseiller du ministre et je crois qu'en fait il avait par avance adopté la langue de bois de la politique qui à mes yeux ne signifie rien. On peut aller voir chez JP.Brighelli les perles du monsieur en question sous le titre "Cacophonies syndicales".

Quand vous lisez "Le Mesnagier de Paris" qui date de 1393, vous vous apercevez que la condition de la femme en Occident à cette époque était bien supérieure à ce qu'elle est aujourd'hui dans un grand nombre de pays musulmans !

Il n'y a pas d'équivalent de Jeanne d'Arc en Orient ou si vous préférez son alter égo c'est Shéhérazade et qui est-elle cette princesse des mille-et-une nuits, sinon une courtisane ?

Toutes les sociétés ne sont pas encore arrivées à l'âge philosophique, c'est à dire à l'époque où l'on commence à relativiser sa foi. Même les Etats-Unis cette société de pionniers ont encore ancré en leur coeur le messianisme de leurs débuts.

Vous connaissez les attendus de la condamnation de Socrate, il a corrompu la jeunesse d'Athènes, c'est à dire qu'il a instillé le doute à la place de la foi naturelle dans la patrie. La rationalité est toujours une mise en cause de la nature.

Bien entendu il ne s'agit pas de confondre la saine prise de distance avec la société dans laquelle on vit et dont on est issu et l'hyper-criticisme dans lequel tombent le plus souvent les figures de l'intelligence contemporaine en Europe notamment ! Cette posture qui consiste à mettre en cause tout héritage, toute vérité du passé se retourne contre elle-même très vite puisqu'elle aboutit à dévaloriser le discours même de celui qui le tient. Elle laisse alors le champ libre à tous les dogmatismes.

Voltaire résumait cela avec une formule frappante, le mieux est l'ennemi du bien !

La raison éclairée n'est pas la raison qui se prend les pieds dans le tapis.

Sous prétexte que la langue naturelle est imparfaite - et elle l'est en vérité - on en viendrait à se résoudre à ne plus employer que le langage des sourds-muets !

Il y a aussi une autre manière de raisonner la critique des sociétés modernes, celle de Michel Foucault, toute société dépend d'une structure de savoirs et toute structure est équivalente ! D'où l'on infère que toute société se vaut ...
Bien entendu tout cela est abusif et essentiellement faux. C'est l'infection des idées mathématiques dans une réalité sociale qui se dérobe par essence à une description complète, totalisante par extension. Encore une fois par quelque côté qu'on l'aborde la sociologie est une fausse science, tout juste si elle est une collection de résultats disparates à vocation éphémère.

Un joli spectacle en ce moment à Paris : Equus.

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Le jeune homme collé contre le cheval s'appelle Julien Alluguette, pour les amateurs ...

Hier dans un magasin de musique une femme entre en coup de vent : Il me faut un enregistrement de David Fray, je l'ai vu hier soir, il m'a scotché ! Evidemment le jeune pianiste a un physique avenant et un sourire enjôleur, à quoi tient le talent quand même !

Que la General Motors dont Alfred Sloan avait fait en quarante années de règne la plus grande entreprise au monde et surtout la première véritable multinationale soit sur le point de s'effondrer est un signe des temps. Il ne va pas faire bon dormir à la Maison Blanche dans quelque temps si l'Amérique continue sur cette pente et le retour des flammes d'adulation pour Barack Obama risque d'être cruel ! Déjà les Démocrates refusent d'avaliser l'accord de libre échange avec la Colombie que les Républicains voulaient signer. Ils renouent avec leur vieille tradition isolationniste et protectionniste.

Il se trouve que j'ai dans ma bibliothèque les mémoires d'Alfred P. Sloan (°1875-1966), un homme remarquable qui ne se payait pas de mots, je peux donc juger sur pièces les raisons du succès d'une telle vie et d'une telle entreprise. Sloan n'a jamais prétendu que les lois du succès d'une entreprise étaient immuables, quelques principes tirés de l'expérience et le souci d'adaptation continuelle suffisaient à guider l'entrepreneur.

Si l'on écoute les beaux esprits de notre temps, on peut faire de la physique sans mathématiques - à mains nues si je puis dire comme les chirurgiens philippins du même nom - et par contre il faut tout un arsenal de notions algébriques pour faire de l'analyse psychologique et sociale (des structures et je ne sais quoi encore) !

En somme quand Proust faisait l'analyse des lois du snobisme, il aurait dû mettre des petits a et petits b mélangés avec beaucoup d'x et d'y, et quand Einstein parlait de la Relativité il aurait dû faire tourner une mayonnaise en expliquant que le cosmos ressemblait beaucoup au mélange du jaune d'oeuf et de l'huile !

Cossaw donne la carte comté par comté du vote McCain et du vote Obama, en gros les campagnes et les petites villes ont voté Républicain, et les grandes zones urbaines Démocrate, or l'Amérique est aujourd'hui majoritairement urbaine (80%).

Il y a quelques exceptions notables, par exemple l'Utah qui est l'état des Mormons et quasi entièrement blanc a voté massivement McCain même sa capitale Salt Lake City.

Le comté d'Orange en Californie qui est considéré comme le comté le plus riche des Etats-Unis a voté McCain mais Los Angeles et San Francisco ont voté Obama (d'après cette liste wikipédia cette réputation du comté d'Orange est usurpée - ceci dit il peut y avoir cohabitation d'habitants très riches et de personnels de maison par exemple qui font chuter la moyenne des revenus, notamment de mexicains employés dans toutes les basses besognes).

Les riches sont un peu comme des handicapés, il leur faut beaucoup de pauvres autour d'eux pour pouvoir survivre ...

Ceci dit aux Etats-Unis le terme pauvre est très relatif, je me souviens d'un reportage sur un trader récemment licencié et le journaliste demandant si les trois voitures qui sont devant sa maison sont les siennes, non, répond-il, l'une est celle de la femme de ménage et l'autre celle du jardinier ...

Jérome Vallet recopie avec componction et presque en accomplissant une génuflexion de serf à seigneur pour saluer le génie du maître Victor Hugo - je ne sais s'il porte le chapeau et donc je n'oserai affirmer qu'il l'enlève en pénétrant dans la demeure des maîtres de la littérature française - une page des Misérables où il parle des Thénardier et où il signale l'anomalie des prénoms inversés après la Révolution, les prénoms d'usage courant devenus ceux de la noblesse et les prénoms rares ceux de la lie du peuple ! Comme toujours avec Hugo tout ceci fait de l'effet au premier abord mais se révèle faux quand on examine les faits.
D'abord avant la Révolution, les seuls prénoms d'usage étaient les prénoms autorisés par la hiérarchie catholique donc des prénoms de saints, les familles de la noblesse avaient parfois des prénoms remontant à leurs premières générations, celui d'un aïeul illustre qu'ils se transmettaient de mâle en mâle mais c'était leur seul particularisme. D'autre part souvent et presque toujours les seigneurs étaient les parrains des enfants de leurs serviteurs, leurs paysans ou même de la bourgeoisie donc les prénoms étaient en fait identiques quelque soit la classe sociale.
Après la Révolution, on voit apparaître beaucoup de prénoms tirés de l'Antiquité gréco-romaine ou bien des prénoms étrangers ou encore de sources très exotiques.

J'ai bien connu les Rougé marquis de Plessis-Bellière, on trouve chez eux des prénoms amusants comme Palamède que le baron de Charlus chez Proust arborera.

Je descends des La Rochefoucauld dont la plupart des prénoms sont d'usage courant à quelques exceptions près.
Cette page le Gotha européen donne quelques lignées françaises.

On trouve aussi quelques bizarreries comme chez les Montmorency, premiers barons chrétiens, le prénom Anne qui est celui du connétable !

Hugo est un maître de l'antithèse, presque un prestidigitateur pas vraiment un impeccable logicien, ni non plus un documentaliste.

Certains considèrent que le progrès consiste à échanger un mythe contre un autre ! Permettez que je ne me résigne pas à une telle partie de dés pipés.

Victor Hugo est un des grands fournisseurs de la pensée de gauche, parmi les formules que les générations s'en vont répétant, on trouve ceci tuera cela, le livre tuera la foi ! Ou bien ouvrir une école c'est fermer une prison ! A ce compte on se demande comment les Etats-Unis ont fait pour avoir 2 400 000 prisonniers pour une population de trois cent millions d'habitants ?

En fait on peut avancer une explication pour la politique carcérale des USA, la Justice et la Police est directement exercée par la population locale qui nomme par le biais des élections ses juges et ses shériffs, le gouvernement central n'y a pas droit de regard, or l'on sait que le peuple est beaucoup plus sévère dans ses jugements que les élites administratives, d'où la loi de Lynch longtemps répandue aux Etats-Unis, Contrairement à ce qu'affirme Victor Hugo le gouvernement populaire - et démocratique - est beaucoup plus dur que le gouvernement aristocratique. La justice du Roi avant 1789 était très indulgente, la justice des Sans-Culottes sous la Révolution ne laissait rien passer ...

Instituer la démocratie directe en France comme Ségolène Royal veut la créer et vous verrez qu'il faudra créer de nombreux centres de rétention ... peut-être même ressusciter la guillotine !

Je ne voudrais pas désespérer la rue de Grenelle, mais si voulez éradiquer l'instinct de meurtre alors messieurs les professeurs il vaut mieux que vous démissionniez et deveniez tout de suite petits frères des pauvres ...

Ce qui me fait penser à la phrase amusante de mon père au sujet de sa soeur Bernadette : Elle est encore plus méchante à jeun que saoûle ! Heureusement, si je puis dire, elle était saoûle du matin au soir et du soir au matin ...
Mes grands-parents qui étaient des gens admirablement bien élevés et qui feignaient de ne rien voir disaient lors d'une fête de famille alors que Bernadette et Peter s'étaient effondrés dans l'entrée en train de piquer un roupillon : Ils sont rentrés de Thaïlande hier soir, ils sont fatigués par le voyage en avion ! Sûr ...

Victor Hugo dans Les Misérables : Il y avait à l'académie des sciences un Fourier célèbre que la postérité a oublié et dans je ne sais quel grenier un Fourier obscur dont l'avenir se souviendra.
Quelle justesse de vue ! L'université de Grenoble porte le nom de Joseph Fourier, fondateur de la physique mathématique, quant à l'autre Fourier, Charles de son prénom qui le lit, qui s'en soucie ?

Victor Hugo ou l'impérissable bavard, la girouette politique sur laquelle tous les songe-creux se fixent pour trouver leur nord !

Tout ce qu'écrit Baudelaire est émouvant même quand c'est faux, tout ce qu'écrit Hugo est ridicule même quand c'est vrai.

L'emphase est un tue-la-poésie comme les soupirs sont un tue-l'amour.

Il y a eu une nouvelle extraordinaire aujourd'hui c'est cet américain de 42 ans porteur sain du VIH depuis dix ans à qui on a fait une greffe de moelle osseuse à Berlin parce qu'il avait développé une leucémie - sans rapport avec le VIH - d'un type un peu spécial en choisissant un donneur porteur d'un gène CCR5 mutant qui protège du VIH, or vingt mois après la greffe alors qu'il ne prend plus d'antiviraux, le VIH semble avoir disparu de son organisme !
Bien entendu on ne saurait employer cette méthode pour les autres porteurs du VIH mais enfin cela ouvre beaucoup de portes (cela confirme ce que des français de Pasteur et d'autres chercheurs avaient découvert sur ce gène mutant).

Si son immunité se maintient sur le long terme, il sera le premier patient au monde qu'on pourra considérer comme guéri d'une manière artificielle par les seuls moyens de la médecine.

En 2004 je disais à mon médecin que j'estimais que dans cinq à dix ans on aurait réussi à vaincre le VIH malgré son scepticisme affiché, en gros nous sommes dans les temps quatre ans après, si l'on arrive à simuler l'équivalent d'une greffe de moelle osseuse sans recourir à ce lourd protocole, on aura franchi une étape décisive.

La protéine fabriquée par ce gène porte le même nom, CCR5, c'est plus simple ! La protéonomique est une science en développement explosif, on peut en attendre beaucoup. Le génie génétique devrait pouvoir dans quelque temps fabriquer les protéines dont nous avons besoin comme la CCR5 (les allemands ont inventé une machine à assembler les protéines qui permet de les produire de manière quasi-industrielle).

Ceci dit, il ne faudra pas pour autant arrêter les recherches sur le VIH et les virus apparentés et se contenter d'une seule voie d'accès, il faut continuer à développer d'autres méthodes car on sait pertinemment que les virus menacent l'espèce humaine et hormis les vaccins, on n'avait jusqu'à présent aucun moyen ou presque de lutter contre eux.

Au sujet du mariage entre Marie Ursule Durand d'Emonville et du médecin du Roi Louis Guillaume Lemonnier arrangé à Versailles en septembre 1773 par la comtesse de Marsan née princesse de Soubise, gouvernante des Enfants de France voici ce qu'on trouve dans un ouvrage récent :
Le Maréchal de Richelieu aussi mauvaise langue que son ami Voltaire dira plaisamment qu'à l'exemple des princes d'Allemagne, qui lorsqu'ils se mésallient, épousent de la main gauche, Mme de Marsan, plus grande princesse que toutes celles d'Allemagne ensemble, pour satisfaire son goût sans offenser le ciel et sa maison avait épousé Lemonnier du pied gauche.

Il faut savoir que son époux le prince de Lorraine était mort de la petite vérole en 1743 à 22 ans alors qu'elle en avait elle-même 23 et que Lemonnier était célibataire, alors donc ni la religion, ni la morale n'étaient vraiment offensées par leur liaison qui n'avait rien d'adultère.
Au fond le duc de Richelieu était tout autant que ses contemporains plein d'une morgue aristocratique pour ceux qui n'étaient pas nés gens de condition.

Je pense que les pauvres prolétaires socialistes n'ont aucune chance face à une Royal qui va se faire sacrer à Reims ... en choisissant un tel lieu pour ce congrès on lui a donné des ailes et les autres lui ont fourni des verges pour qu'elle les batte !

Entendre Martine Aubry, cette petite fille gâtée par son papa parler de la misère et des associations qui crèvent (sic) me fait doucement rigoler ! Quelques beignes ne seraient pas de trop pour la rappeler au principe de réalité ...

Moi je suis pauvre mais je n'ai jamais eu faim de ma vie et je ne me permettrais pas de parler de la misère et pourtant je l'ai vu et j'ai vécu avec elle.

Laissons à des gens qui font carrière là-dessus comme Victor Hugo et Martine Aubry le soin de parler de l'extrême pauvreté morale et matérielle, ils le font si bien ! Vu de loin ça fait toujours un tableau très esthétique ...

La misère soeur Emmanuelle pouvait en parler, c'est la mort et le chagrin sans phrases.

Je ne vais jamais sur les blogs style Pierre Assouline ou Jean-Paul Brighelli parce que je n'ai rien à dire à ces petits bourgeois qui ne sont jamais sortis de chez eux. Il y en a une dont le pseudo est Dobolino qui est vétérinaire dont le père est un universitaire et qui prétend que son identité c'est la gestapo qui la lui a forgée ! Vous voyez le style de comédie qu'elle se joue ... elle est née en 1960 ou environs en France, elle n'a jamais connu ni la peur, ni le froid, ni la faim, ni la nuit ...

Savez-vous ce qui est le plus bouleversant chez les êtres qui n'ont connu que la misère depuis leur naissance ? C'est leur aspiration au bonheur.

Ceux qui n'ont connu que la souffrance et qui se gorgent de chaque miette de bonheur, de chaque bouffée de liberté et d'élan vers le ciel.

Il est étrange d'être assis à côté de quelqu'un qui pleure sans raison apparente parce qu'il y a une douleur insondable au fond de lui dont on ne saurait le guérir.

J'ai toujours considéré Bertrand Delanoë comme un lâche, je ne crois pas avoir à me dédire.

La science m'apporte une fraîcheur dont la littérature est la plupart du temps dépourvue. Le regard neuf, l'oeil attentif tout autant que capable de se surprendre. Des pauses et des interrogations. Pas la réponse à tout. Non quelque chose qui compose patiemment et qui demande la participation de l'autre, du soi-même et de tout puissant étranger qui réside en nous. On collabore à la science en se questionnant mais jamais en proposant des réponses toutes-faites.

Il y a une certaine musique de l'âme qui est contenue dans la science parce qu'elle ne pose pas et qu'elle remet à plus tard - et peut-être à la fin des temps la synthèse finale. Elle est suspension tout autant que révélation.

Carnet du jour famille Regnault, branche Champagne de Labriolle (avec quelque peu de retard) :
Charles-François Alain Marie Ghislain Champagne de Labriolle et Jean Pierre-Louis Marie Axel Champagne de Labriolle, nés tous deux le 19 février 2007 à Paris, 15è, fils d'Eric Champagne de Labriolle et d'Osmonde de La Rochefoucauld.

Osmonde et son père Pierre-Louis font partie de la dynastie Wendel, voir cet article de Capital La zizanie chez les Wendel.
Pierre-Louis de La Rochefoucauld a sa notice dans le Who's who, il est membre du Jockey Club cher à Charles Haas ce modèle du Swann de Proust !

Il est impossible à un descendant de l'ancienne aristocratie de faire une carrière politique de premier plan en France - hors une carrière locale - la particule est un empêchement dirimant à cela. Il faut dire que la haine du populo pour ceux que la naissance a distingué reste intacte deux siècles après la Révolution entretenue par l'école républicaine, sucée comme le lait maternel par des générations de petits français auprès de leurs instituteurs. Les journalistes qui sont eux aussi presque tous issus de la classe populaire couvent à petit feu cette joie malsaine d'abaisser toute supériorité, toute distinction innée.

Pierre Cormary a écrit un article judicieux là-dessus quoiqu'un peu systématique et excessif en y mêlant des considérations accessoires sur le nazisme qui est un national-populisme, il faut bien le dire.

De Gaulle qui avait les apparences de l'aristocratie n'aurait jamais pu accéder à des fonctions politiques supérieures hors situations de crises comme celles de 1940 et 1958 quand la République était ou en train de s'effondrer ou sur le point d'éclater. Il est amusant de penser que c'est quelqu'un qui était issu d'une famille de tradition monarchiste qui a ressuscité la République en France par deux fois !
Franco qui était un soldat de métier par tradition familiale a remis en place la monarchie en Espagne - et marié sa petite-fille à l'héritier des Bourbons, Alphonse duc de Cadix.

J'ai vu un triste reportage sur l'Afrique du Sud hier soir qui ne m'a malheureusement rien appris, les fermiers blancs y sont tués par des bandes de noirs encouragés par la nouvelle élite politique qui dirige ce pays. La classe moyenne noire a comme seul programme politique qui puisse l'unifier la spoliation des blancs. Les plus riches placent leur avoir à l'étranger en collaborant avec le régime en place et en fermant les yeux sur ses exactions, les jeunes diplômés blancs quittent en masse le pays. Pour les journalistes occidentaux tout va bien ...

Avez-vous remarqué que le gouvernement Sarkozy est le premier gouvernement de droite dans lequel on ne trouve plus aucun membre des anciennes classes nobles ? A la place on a des ministres issus des minorités visibles comme l'on dit ! C'est un signe des temps ou je me trompe fort ... de reculade en reculade, les souchiens finiront par faire gouverner la France par des gens exclusivement sortis des territoires ultra-marins !

Il y a toujours une aristocratie à abattre ... ceux qui croient que le jeu de massacre va s'arrêter là une fois que leurs ennemis personnels sont morts se trompent ! Quant à ceux qui sont au sommet et qui s'allient avec les forces montantes comme Carla Bruni-Sarkozy en signant une pétition qui réclame plus de diversité raciale dans les élites au pouvoir, ils ne font que créer un écran de fumée pour protéger leurs propres intérêts immédiats, bien entendu elle n'entend pas céder le lit présidentiel à une négresse quelconque ou à la musulmane voilée du coin !
Quant à moi me direz-vous - le moi est haïssable, ne l'oublions pas ! - je ne suis qu'un observateur, un esthète de la politique - je n'occupe aucune place et la société française fonctionne très bien sans me demander mon avis donc les évolutions futures qu'elles soient rapides ou lentes, qu'elles produisent un effet plus ou moins grand de surprise sur moi, ne me touchent qu'accessoirement, on est donc prié de croire à mon impartialité.

- Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route ?
- Mister Barack Obama president of United States of America : Il y avait dans un village très pauvre des Etats-Unis d'Amérique un petit poulet blanc au bord d'une grande route et tout à côté une grand-mère noire assise sur un banc. Le petit poulet avait peur de traverser la route alors la vieille maman se leva et lui dit : J'ai des rhumatismes et je suis bien fatiguée mais si tu veux me donner ton aile je t'aiderais à traverser. Alors le petit poulet lui tendit son aile et elle le fit traverser et le soir dans le village réconcilié et en paix où il n'y avait plus ni noirs, ni blancs, il y eut une grande fête où l'on célébra le courage du petit poulet et la générosité de la vieille mammie.
- Sarah Palin : Et le poulet fut jugé fort bon ...

Nouvelle philosophie politique au parti socialiste : Il faut métisser les marteaux et les clous. Sur une croix probablement ...
Si Molière revenait sur terre, il aurait fort à faire avec nos précieux politiques qui n'ont plus qu'un seul mot à la bouche, métissons-les ! comme seul remède et prophylaxie à tous les maux de la terre. Ségolène Royal se propose-t-elle de faire un beau parti métissé que l'on en est tout chaviré, espère-t-elle retrouver une âme soeur qui accepterait de se métisser avec elle à l'envie ? Il est vrai que Martine Aubry est un peu blanche de peau - même si son âme est un peu trop noire.

Pourquoi y-a-t-il une crise financière ? Parce qu'il n'y a pas assez de diversité parmi les banquiers de Wall Street !

En fait il est en train de se passer avec la diversité et le métissage ce qui s'est produit avec les titres pourris, on aura tellement spéculé en titrisant des mots vides de sens que le marché finira par s'écrouler en emportant tout sur son passage ...

En ce moment toutes les mauvaises modes viennent des Etats-Unis, je ne serais donc pas étonné qu'un grand désordre naisse de toute cette fausse monnaie ! Car enfin il s'agit bien d'une émission de contre-façons de vraies valeurs. Au nom de l'anti-racisme toutes les suspicions et toutes les accusations seront de mise jusqu'à ce que le système politique éclate tout entier chacun voulant faire valoir ses droits et les politiques se livrant tous à une surenchère qui mettra le pays à l'encan.

On pouvait croire tout cela un scénario de mauvaise politique-fiction il y a encore quelques mois, mais l'accélération de l'histoire laisse présager le pire.

Si j'avais prévu l'aggravation de la crise économique, tout laisse présager une même dégradation politique qui renversera les prévisions les plus pessimistes. On appelle les incendiaires pour éteindre les incendies ...

La Science ne peut avancer qu'en faisant des sauts dans l'inconnu, se référer au principe de précaution c'est lui rogner les ailes. C'est au fond préférer la foi qui se résigne à l'inaccessible alors que la connaissance cherche des preuves en ôtant les doutes par des spéculations hardies.

Toute science demande un langage bien fait, commencer par instruire les élèves avec un langage solide. Ne vous contentez pas de distribuer des dogmes et des images.

Ce matin une collaboratrice de Laurent Ruquier voulait que je réponde à ses questions pour son émission matinale sur Europe 1, soyons clair, je ne me suis pas présenté à l'Académie française pour obtenir je ne sais quelle publicité de mauvais goût et s'il s'agissait de se moquer de la candidature de Simone Veil, ce sera sans moi !

Si l'Académie française est tombée dans un grand discrédit elle ne le doit qu'à elle-même, je ne tiens pas à concourir à ce jeu de massacre. L'usure du temps suffit déjà à éroder toute aristocratie, à niveller tous les individus et à les confondre en une masse informe, à raboter les langues et leur enlever leur dignité native, faut-il vraiment y rajouter la poignée de sel qu'on sème sur les ruines de Carthage ? Je préfère les naissances heureuses aux crépuscules hideux.

Quand les institutions tombent dans la parodie d'elles-mêmes, on n'est plus très loin de leur chute.

La spin-attirance, l'attraction pour son double que Schubert a si bien décrite dans toute l'horreur de son effroi du Doppelgänger et qui explique la chute de toutes les institutions humaines incapables de dépasser cette fascination admirablement hideuse.

Hier j'étais dans la rue Henri Heine et pensais à la douloureuse présence de cet éternel exilé ... il hante les mémoires bien plus que beaucoup de présents de ce jour.

Explication littérale à destination d'élèves que je n'ai pas eus et que je ne revendique pas :
Qu'est-ce que c'est que le Doppelgänger ? C'est une espèce de répétition du moi, une chambre d'échos dans laquelle on se clôt et qui n'ouvre que sur la porte étroite de la folie.
Toute société qui tend à la fermeture développe des pathologies de ce type, certains les appellent idéal ou foi, paradis promis ou Messie annoncé. L'anneau d'alliance symbolise très bien cet idéal de la clôture d'une société sur elle-même.

Une grande oeuvre supporte des lectures diamétralement opposées, cf la vie et l'oeuvre d'Henri Heine.

Je reviens quelques instants sur l'élection académique d'hier, comme on le sait il y a plus d'un an j'avais annoncé à Marc Schweizer que je me présenterai au fauteuil de Pierre Messmer, non pas pour m'y célébrer moi-même comme il est coutume de le faire mais pour parler de la France. Bien entendu je n'ai qu'une parole et je publierai sur le Net au moment opportun, c'est à dire quand son successeur sera intronisé en bonne et due forme, le discours que je prépare, donc patience !

Il y a certainement une manière bourgeoise de devenir académicien - c'est la plus courante - et il y a une manière non-conformiste d'être à soi seul une académie tout entière, c'est permettez cette petite vanité, le choix que j'ai fait. Si l'académisme consiste à mettre un certain ordre dans les Lettres, alors on peut dire que je suis un bon représentant de cette forme singulière d'esprit qui ne demande pas qu'on lui accorde les verges pour corriger la langue mais qui se contente de faire montre d'un esprit subtil et distingué, profond et toutefois suffisamment ambigu pour que la liberté n'ait rien à craindre d'une telle entreprise.

L'autorité de l'esprit c'est l'aristocratie de l'intelligence, elle ne se donne pas, elle se prend.

La politique c'est la liberté de dire beaucoup de bêtises mais si l'on n'utilise pas cette faculté d'une souveraine majesté du citoyen on devient esclave de passions souterraines donc mieux vaut savoir que l'ignorance et l'à-peu-près sont à portée du forum, qu'on peut même dire qu'ils sont substance constitutive du débat public.
La démocratie si vous préférez c'est la faculté pour chacun de dire toutes les sottises qui lui passent par la tête, la dictature consiste à les remplacer par une parole unique censée contenir toutes les formes d'intelligence, ce qui est pour le moins illusoire et une forme suprême de l'outrecuidance humaine et qui plus est consacrée.

La liberté est peuplée de songes bêtes mais elle vaut quand même mieux que pas de rêves du tout.

Le journal "La Croix" prétend que j'ai voulu faire une blague en me présentant à l'Académie, mon Dieu, si j'ai déridé les journalistes et les lecteurs de ce digne journal, c'est déjà beaucoup ! Et puis quoi ? La liberté est indivisible, je le disais, celle de faire rire bêtement à ses dépens en fait partie.

Je me demandais si les banquiers de Wall-Street avaient voulu faire une blague ou bien à partir de combien de milliards on ne parle plus de blague mais de choses sérieuses ?

Tout le monde soutient tout le monde en ce moment, c'est à croire que tout le monde tombe !

Je savais que la crise économique allait provoquer des soubresauts politiques, je n'avais pas prévu qu'elle allait se traduire en premier lieu par une déroute du parti socialiste !

On pourrait produire devant la justice un calcul de probabilités pour que Martine Aubry qui fait 50% au niveau national passe à 80% dans la fédération de Seine-Maritime ! Je crois que la cause est entendue ...

Les mathématiques sont cruelles ... vous pouvez vous référer à une élection serrée type présidentielle 1974, second tour, où Giscard eut 50,81% des voix, l'écart-type par département est inférieur à 5%.

La méchanceté ce n'est jamais que de la spéculation qui a mal tourné.
Ceci pour répondre à la célèbre formule de Gobineau selon lequel l'homme est l'animal méchant par excellence, ce qui ne veut rien dire car la méchanceté suppose une conscience !

De quoi aurions-nous pu parler Laurent Ruquier et moi ? Il a réussi le prodige de mener une carrière à la fois triomphante et dissimulée et moi je ne suis ni vainqueur, ni hypocrite ! Il a réponse à tout parce qu'il emmêle chaque phrase dans la confusion qui lui sert d'esprit et qui en fait le contemporain de tous et de chaque chose, alors que je pose des questions cruciales, bien heureux si parfois je peux apporter une pensée qui déchire le voile des incertitudes et cet éclair je ne le dois qu'à mes propres efforts qui le font surgir du néant où la facilité et la paresse commune à la nature humaine le dissimulait.
Je suis dépourvu de vanité et j'ai l'orgueil le plus grand dont il n'a même pas idée car je le tire tout entier de moi sans songer à me comparer. En un mot je ne suis pas de mon temps et il est tout entier enchaîné à son char.

Je sais ce qu'on me doit en France et ailleurs pour avoir défendu le droit des homosexuels à vivre tranquillement leur différence. Je n'en fais pas état souvent mais enfin j'en ai la mémoire claire et distincte.

Les hommes sont tournés vers l'avenir, il leur faut assumer ce prodige, ils sont quelques-uns comme moi à s'être lancés tout entier dans la bataille sans perspective de retour en arrière. Je suis l'être le moins bourgeois qui soit car je n'assure pas mon avenir avec mon passé. Je me contente d'être le trait qui file droit devant soi, le javelot hardiment lancé dans les espaces indéfinis de l'avenir pour reprendre la formule de Liszt.

Wagner croyait en l'amour - et particulièrement en l'amour rédempteur. J'ai bien peur qu'il n'ait été victime d'une illusion. Une illusion très agréable certes. Proust a fondé son oeuvre sur l'analyse et la dénonciation de cette erreur, l'altruisme amoureux et ses prestiges dont nous subissons la magie. Schopenhauer aurait dit certainement qu'en nous livrant à la passion amoureuse nous ne faisons qu'accomplir une volonté supérieure et largement extérieure à nous, ou si l'on préfère indifférente à notre pauvre personne. L'amour n'est pas une passion philosophique malgré Platon ! Montaigne a bien raisonné son irrationalisme en résumant la chose ainsi : parce que c'était lui, parce que c'était moi qui n'exige pas de développements supplémentaires.

L'homosexualité ne rachète pas la folie de l'amour et n'en fait pas plus une passion philosophique, c'est là le tragique de l'affaire. Même si l'homosexualité n'a pas directement en vue la perpétuation de l'espèce, cela ne change pas son essence, une erreur de la conscience. On pourra remarquer que le souci de l'engendrement se retrouve aussi bien chez les hétérosexuels que chez les homosexuels, il n'y a pas de différence notable à cet égard.

Tout ce qu'on peut faire c'est rajouter des écrans, ceux que la science fournit par exemple, pour séparer l'instinct sexuel et la reproduction. Pour essayer de faire de l'amour quelque chose d'un peu philosophique ... et non plus seulement égoïste.

Les chrétiens pensent que tout est amour et que l'amour rachètera le monde, je crois tout le contraire, c'est le jeu des passions librement exprimées qui entraîne tout le malheur du monde.

Faut-il lire Gobineau ? Il y a en un au moins qui l'a lu attentivement c'est Claude Lévi-Strauss dans "Race et histoire", à la suite de nombreux autres lecteurs de Wagner à Paul Valéry qui classait les crânes dans sa jeunesse à Montpellier sous la direction de Vacher de Lapouge ...

Le grand thème de Gobineau ce n'est pas la race comme on le croit habituellement, c'est la décadence, c'est à dire l'homogénéisation entropique de toute différence culturelle, de toute aristocratie humaine. Il tient plus de Clausius dans un certain sens que de Darwin !

Parsifal :
Ich schreite kaum,
doch wähn' ich mich schon weit.

Gurnemanz :
Du siehst, mein Sohn,
zum Raum wird hier die Zeit.

- Je marche à peine et il me semble que je sois déjà loin.
- Tu vois, mon fils, ici le temps devient de l'espace.

On y a vu une préfiguration de la relativité, on peut donner cela en exemple aux élèves pour leurs expliquer les transformations de variables en fonctions inconnues et réciproquement.

Je crois très fort à la paresse des hommes qui les oblige à être intelligents.
Il faut compter sur les vices pour avancer ...

Pierre Assouline qui ne manque jamais d'hameçons pour affriander ses lecteurs et commentateurs a choisi de s'illustrer aujourd'hui avec l'affaire du collège Kléber Haedens inauguré par Jean d'Ormesson de l'Académie française à La Garenne-Colombes. Que ne s'étonne-t-il pas plutôt qu'on n'ait pas encore songé à donner le nom du comte Arthur de Gobineau à une école primaire alors qu'il me semble que les nouveaux programmes de notre enseignement public et les méthodes d'enseignement new-age sont tout à fait idoines s'il s'agit de corroborer les thèses sur la décadence de la culture dudit comte !

Les histoires de politiquement correct ne remontent pas à hier et elles sont toujours autant amusantes, je regardais tout à l'heure un vieux plan de Rueil-Malmaison datant de la seconde guerre mondiale où l'avenue qui longe la mairie s'appelait à l'époque boulevard du maréchal Pétain, depuis elle a été rebaptisée et divisée en trois morceaux, un tiers pour le maréchal Joffre, un tiers pour le maréchal Foch et le dernier tiers pour le général de Gaulle, donc pas de jaloux !

Pour dire le fond de ma pensée sur Pétain, je crois que sa présence à Vichy arrangeait tout le monde, aussi bien les gaullistes de Londres que les résistants de l'intérieur, les alliés comme les nazis, il servait aussi bien de repoussoir que d'unificateur pour des gens qui n'avaient pas grand chose en commun, on ne le vit que trop bien après la guerre ! J'en veux pour preuve qu'il n'y eut jamais aucune tentative d'assassinat contre sa personne alors qu'il eut été si facile de s'en débarrasser si on l'avait voulu vu le peu de précautions qu'il prenait, se promenant tous les jours dans le parc de Vichy en compagnie du docteur Ménétrel ou lors de ses rencontres avec le peuple français dans des voitures découvertes ou au milieu des foules qui l'acclamaient !

Les peuples varient comme les femmes c'est pourquoi ils sont de nature hypocrites ... tel qu'ils adorent aujourd'hui, demain ils le brûleront pour d'excellentes raisons.

Etienne Modeste Claudel, disciple d'Auguste Comte fut publié par Regnault vers 1860 dans ses "Annales des conducteurs des P&C", en 1856 il donna Discours de la méthode de Descartes au XIXème siècle dans lequel, pages 44/45, il met en garde sous la plume du fondateur du cartésianisme sur la qualité politique qu'un génie qui émet des idées nouvelles doit avoir.

Claude Allègre qui ne fut jamais à court d'une idée pour faire avancer son siècle a jugé bon distraire quelques minutes de son emploi de temps de ministre sous le gouvernement Jospin pour faire déplacer la statue d'Auguste Comte qui se trouvait devant la Sorbonne, tâche urgente tout le monde en conviendra !

Claude Allègre s'en est pris à René Descartes comme à Auguste Comte, j'ai malgré tout l'idée qu'il y a un fond de jalousie là-dessous ! Est-ce que dans deux ou trois siècles on parlera de la pensée de Claude Allègre comme de celle des deux philosophes français, peut-être n'en est-il pas lui-même intimement persuadé !

Ce que je peux vous dire c'est que c'est un vrai bonheur de lire Descartes, alors que le plaisir de lire Allègre n'est pas sans mélange pour ne pas dire pas également partagé par tous !

Dans mon jeune temps on dépiautait Descartes en classe, le fait-on encore aujourd'hui ? C'est une lecture qui vaut bien celle de l'album photo de Steevy, supporter de Nicolas Sarkozy ou des oeuvres complètes de Laurent Ruquier et Marc-Olivier Fogiel ! Pour ne parler que de pédés célèbres et sublimement eux-mêmes ...

Chaque époque a les vedettes qu'elle peut ! En 2008 Jean-Paul Brighelli écrit "L'art de la drague", en 1750, Jean-Sébastien Bach écrivait "L'art de la fugue" ! Personnellement je conseillerais vivement la fuite ou la fugue devant certaines lectures mais bon ! nul n'est prophète en son pays ...

Claude Allègre est certainement un bon géologue puisque ses collègues l'attestèrent en leur temps mais je ne pense pas qu'il ait plus l'esprit philosophique que Victor Hugo qui comparaît la gloire immortelle de Charles Fourier à l'obscurité - selon lui - de Joseph Fourier, deux esprits qui n'avaient de toutes les manières aucune sorte de rapport ! Manque de chance pour lui qui se croyait un voyant, il n'y a pas un mathématicien, un physicien, un ingénieur au monde qui ignore le nom du préfet de l'Isère et mieux encore ne se serve journellement des séries de Fourier, des transformées de Fourier et de tous les outils qu'il a créé !
On sait bien aujourd'hui qu'il y a deux cultures - voir les écrits de Snow - et que rares sont ceux qui maîtrisent également les deux domaines donc j'encourage à la prudence quand on veut s'aventurer hors de son champ d'action. Il s'y rajoute la grande confusion créé par l'université depuis cinquante ans qui a voulu récupérer le prestige des sciences exactes en en rapatriant les termes dans les dites "sciences humaines" dont on ne sait si elles sont plus scientifiques qu'humanistes ou plus humaines que savantes ? En tous cas elles sont jargonnantes, les sciences humaines faisant penser surtout aux médecins de Molière qui disposaient de tout un arsenal de termes latins pour décrire la manière dont leurs malades mouraient guéris selon eux, espérons que nos sociologues et nos habiles praticiens des sciences de l'éducation ne fassent de même avec la société française !

Est-ce que les disciplines enseignées sous le nom de sciences humaines sont neutres à défaut d'avoir un apport positif ? Je n'en suis pas sûr. On peut en dire autant du darwinisme qui fut transformé en une idéologie dont les fruits néfastes au XXème siècle sont connus et se sont traduits sous une forme politique. On a confondu habituellement - habilement ? - l'évolution des espèces qui est un fait d'observation que nul biologiste, géologue, naturaliste ou anthropologue ne viendra nier et la théorie de Darwin qui prétend expliquer l'évolution des espèces par des causes efficientes proches et lointaines qui sont la plupart du temps tautologiques.
La vérité c'est que même pour un simple virus comme le VIH on a des difficultés à préciser les raisons des mutations spontanées qui le font évoluer et s'adapter à son environnement de manière le rendre résistant aux traitements et à échapper au système immunitaire et donc à un possible vaccin, à fortiori pour un organisme complexe qui groupe des milliards de cellules et un génome bien plus important.

Auguste Comte pensait que l'humanité était sortie de l'âge métaphysique pour entrer dans l'ère des connaissances positives, or par un étrange renversement les sciences humaines se présentent aujourd'hui comme une nouvelle métaphysique, l'horizon indépassable de la conscience et de notre condition humaine, ce qui tendrait à prouver qu'il faut toujours aux hommes se créer les raisons d'une foi aveugle.

En 1775 et 1776, le jeune marquis de Sade (°1740-1814) fit un grand tour de l'Italie, il s'arrêta longuement à Naples où il décrivit l'étrange fête de carnaval : Moeurs et coutumes de Naples. Cet article n'est pas avantageux pour la nation et c'est avec douleur, qu'on voit le plus beau pays de l'univers habité par l'espèce la plus abrutie... Le carnaval que je passais à Naples fut peu brillant ; j'en vis cependant assez pour juger les plaisirs de la nation et la nation par ses plaisirs. L'ouverture s'en fit par une cocagne, spectacle le plus barbare qu'il soit peut-être possible d'imaginer au monde. Sur un grand échafaud que l'on orne d'une décoration rustique, se pose une prodigieuse quantité de vivres disposés de manière à composer eux-mêmes une partie de la décoration. Ce sont, inhumainement crucifiés, des oies, des poules, des dindons qui suspendus tout en vie avec deux ou trois clous, amusent le peuple par leurs mouvements convulsifs, jusqu'au moment où il lui sera permis d'aller piller tout cela. Des pains, de la merluche, des quartiers de boeuf, des moutons paissant dans une partie de la décoration représentant un champ gardé par des hommes de carton bien vêtus, des pièces de toile disposées de manière à former les flots de la mer sur laquelle on aperçoit un vaisseau dans un autre coin, chargé de vivres ou de meubles à l'usage du peuple. Telle est disposée, quelquefois avec assez de goût, l'amorce préparé à ce peuple sauvage pour exciter, ou plutôt perpétuer sa voracité et son amour pour le vol. Car après avoir vu ce spectacle, il serait difficile de ne pas convenir que c'est plutôt une école de pillage qu'une véritable fête. La veille, la décoration toute prête, gardée par un piquet de troupe, devient publique, et toute la ville ne manque pas de l'aller considérer. Souvent la tentation devient si forte que le peuple force la garde et pille la cocagne avant le jour destiné à lui être sacrifiée. S'il attend le lendemain, deux heures avant midi, qui ordinairement est l'heure indiquée pour le pillage, la place se garnit d'une trentaine de piquets de grenadiers et de quelques détachements de cavalerie, pour mettre en ordre une populace à laquelle on va donner la plus horrible leçon de désordre. A midi précises, tout le peuple dans la place, toute la ville aux fenêtres, le roi lui-même souvent sur un balcon de son palais en avant duquel cette place est située, on entend un coup de canon. A ce signal, la chaîne s'ouvre, le peuple accourt, et dans un clin d'oeil tout est enlevé, arraché, pillé, avec une frénésie qu'il est impossible de se représenter. Cette effrayante scène, qui me donna, la première fois que je la vis, l'idée d'une meute de chiens auxquels on fait faire la curée, finit quelquefois tragiquement. Deux concurrents sur une oie ou sur une pièce de boeuf ne se souffrent pas impunément. Il faut que la vie de l'un ou de l'autre en décide. Je fus témoin d'une horreur en ce genre qui me fit dresser les cheveux. Deux hommes s'attaquèrent pour une moitié de vache : le sujet en valait la peine, j'en conviens. A l'instant, le couteau est à la main. A Naples et à Rome, c'est la seule réponse à une discussion. Un d'eux tombe et nage dans son sang. Mais le vainqueur ne jouit pas longtemps de sa victoire. les échelons sur lesquels il grimpe pour en aller dérober le fruit manquent sous ses pieds. Couvert de la moitié de vache, il tombe lui-même sur le cadavre de son rival. Viande, blessés, morts, tout ne fait plus qu'un. On ne voit qu'une masse, lorsque de nouveaux concurrents, profitant à l'instant de la disgrâce des deux vaincus, démêlent le monceau de viande des cadavres sous lesquels il est englouti et l'emportent en triomphe tout dégouttant encore du sang de leurs rivaux. Le nombre des assaillants est ordinairement de quatre ou cinq mille lazzaroni : c'est ainsi que se nomme à Naples la partie la plus basse et la plus brutale du peuple. Huit minutes suffisent à la destruction totale de l'édifice ; et sept ou huit morts et une vingtaine de blessés plus tard, qui souvent en meurent après, est ordinairement le nombre des héros que la victoire laisse sur le champ de bataille. Je n'ai trouvé qu'une chose qui manquât à la sublime horreur de ce spectacle : c'était de ne pas laisser les morts et les blessés à la vue de tout le monde, couchés sur les débris de la décoration. Cet épisode serait héroïque et il est trop digne du génie de la nation, pour qu'un jour nous n'ayons la satisfaction d'en voir augmenter la magnificence de ce galant spectacle. On donne ordinairement quatre ou cinq cocagnes comme cela dans le courant du carnaval : c'est suivant la longueur dont il est. Aux grands évènements, on le renouvelle. Les couches de la reine sont une époque à laquelle il ne faut pas manquer de piller et de se tuer pour exprimer sa joie. S'il est permis de juger une nation sur ses goûts, sur ses fêtes, sur ses amusements, quelle opinion doit-on avoir d'un peuple auquel il faut de telles infamies ?

Cette page est une jolie sanguine. Elle montre un côté inattendu du divin marquis, contraire à sa légende.

La Via Crucis de Franz Liszt chantée par Josef Réti, admirable, Liszt était vraiment une grande âme et je ne comprends jamais qu'on puisse critiquer artistiquement le beau-père de Wagner, qu'on taxe de superficialité l'esthétique de l'abbé Liszt ! Sa profondeur n'est pas celle souffrante de Chopin, elle est autre. C'est une communion d'une nature plus spontanée, moins réfléchie, celle d'un corps vigoureux et plein d'allant qui ne connaît pas la peine physique comme le polonais douloureux qui cracha le sang toute sa vie. Sa charité le guide, ses études le conduisirent peu à peu vers l'intériorité. Sa générosité et son intégrité suppléérent à sa virtuosité initiale qui pouvait le perdre comme le sauver, tout comme ses succès faciles auprès des femmes et du public.
Liszt, comme Sade, a laissé ses impressions d'Italie, thème du romantisme par excellence. Il y a d'ailleurs un romantique par anticipation chez Sade, contemporain du roman gothique anglais. Il faudrait étudier sa sensibilité plutôt qu'appuyer sur la mécanique sexuelle de la punition comme on le fait habituellement.

Toujours Naples par Sade, la place du Marché :
Conradin, fils de Conrad empereur, avait par Constance fille de Tancrède, dernier duc de Sicile, des droits qui n'étaient point imaginaires. Il venait en jouir. Le jeune Frédéric, son cousin, l'accompagnait pour faire avec lui ses premières armes. Le pape Clément IV, qui veut défendre ceux de Charles 1er d'Anjou pour augmenter les siens, et dont on connaît les raisons pour avoir préféré ce souverain, juge à propos d'excommunier ces jeunes héros. Cette première injustice suffit à Charles ; un bourreau doit venger des droits qu'un imposteur lui assure. Un échafaud est dressé au milieu de cette place pour donner à la fois au peuple le spectacle de l'injustice la plus criante et de la plus tendre amitié. L'ami de Conrad est exécuté le premier, et ce jeune héros baise encore la tête séparée de son malheureux ami qu'il arrose de ses larmes au moment qu'on abat la sienne.
Ce qu'on peut faire de mieux est de s'arracher promptement à des objets sur lesquels on ne peut réfléchir sans frémir, et qui prouvent combien, dans ces siècles d'ignorance et de superstition, le fanatisme ouvrait la porte à tous les crimes.


Il n'y a pas de lycée ou de collège D.A.F de Sade, le marquis est encore une fois la victime de sa légende ! Créée de toutes pièces par des exégètes peu scrupuleux, faut-il le dire.

Vous admettrez qu'aller étudier au lycée ou à l'université marquis de Sade, cela en jetterait ! Et nombreux seraient les étudiants qui voudraient en être ... connaissez-vous beaucoup de gloires plus universelles dans les lettres françaises ?

Il est amusant d'appuyer du doigt sur l'étroitesse d'esprit du corps enseignant qui forme la jeunesse de France !

Cette scène de la mort de Conradin et Frédéric est un camée. La finesse du dessin et la tendresse de la pâte suffisent à rendre immortelles les traits des protagonistes.

Dis à Yfig un après-midi brumeux de novembre : Moi je me contente de me cogner à mes anges secrets ... tu sais la plus belle académie c'est encore le Paradis !

Sade a été un des grands émancipateurs de l'humanité, tout le contraire des vieilles plumes qui traînent deci-delà et paradent sur les tréteaux de la foire publique.

Dernière dépêche, nouvelle dramatique : un s.l.f - sans langage frais - mort la langue gelée quai Conti !

La force du scandale innocent va plus loin que l'adhésion à la convenance pour tout écrivain qui se respecte. Evidemment il faut avoir gardé le sens de l'honneur et un sentiment vif du quant-à-soi.

Un grand auteur doit se dire qu'il appartient à l'humanité et pas à une clique, il vaut encore mieux qu'il soit reconnu au sein d'un asile ou d'une prison plutôt que dans un lieu déserté par l'esprit et mort aux belles-lettres. Au milieu des fous de Charenton, Sade organisant des scènes familières de théâtre régnait mieux sur le langage qu'un dictionnaire empoussiéré.

On enferme Sade parmi les fous et on laisse en liberté des milliards d'êtres humains qui croient les uns que Dieu est trois en un, que le fils Jésus est le Père et le Saint-Esprit, qu'Allah est venu dicter le Coran à Mahomet et je ne sais quels délires plus insensés les uns que les autres, mais Blaise Pascal l'a très bien expliqué, c'est être fou d'une autre espèce de folie que de vouloir avoir raison seul contre tous et l'on comprend très bien que Descartes qui ne tenait ni à finir tel Galilée comme un repenti en liberté surveillée, ni brûlé sur un bûcher comme Giordano Bruno ait préféré avancé masqué en glissant ses vérités dans le courant de ses livres comme il le soutenait à son disciple Régius.

Sade a défendu la diversité des goûts sexuels au milieu d'un monde uniformisé par l'Eglise, on ne le lui pardonna jamais.

Vous remarquerez que si l'université est frileuse avec le marquis de Sade, il en est de même avec les édiles de la République et l'on ne voit pas beaucoup d'avenue et de boulevard marquis de Sade, pour ne pas dire aucun !

Comment identifier les religions de substitution ? C'est un bon thème d'études pour les historiens et philosophes des sciences. Comment par exemple ce domaine d'études qu'on appelle l'écologie, né au début du XXème siècle, a pu devenir dans les dernières années une espèce de culte public auquel les esprits libres sont sommés de consacrer ?

Comment une discipline - de l'écologie à la sociologie pour ne nommer que ces deux domaines - qui a toutes les apparences d'une science peut-elle si vite dériver pour devenir un dogme et une idéologie conquérante ?

Le besoin de religiosité attesté chez l'homme, ne dit-on pas que l'homme est l'animal métaphysicien par excellence, perturbe, vicie toute objectivité par extensions abusives, par parallélismes douteux, par généralisations suspectes. La philosophie des sciences est là pour démontrer au contraire que toute théorie, tout modèle a son domaine d'application, ses bornes précises, que le propre d'une science est justement de limiter son objet d'études.

Il y a une espèce de sociopathologie universitaire qu'il serait bon de fouiller et creuser quand des enseignants qui devraient garder les distances avec leur propre discipline en viennent à s'installer comme législateurs. La soif de reconnaissance et de dignités factices perturbe le sain jugement et développe des travers trop bien connus de volonté de pouvoir.

Quelqu'un qui veut non seulement régenter les actes mais aussi les paroles et les pensées est dans une volonté de pouvoir absolu qui ressemble à la démence, mais si cette personne - sociologue ou écologiste par exemple - est soutenue par l'ensemble de ses contemporains alors on entre dans une société à visées totalitaires. Les sociétés totalitaires sont les formes les plus courantes parce que les plus archaïques de l'organisation des groupes sociaux, il est seulement curieux qu'on se serve d'une science pour arriver aux mêmes fins ! Les grands totalitarismes du XXème siècle se voulaient tous scientifiques. Le détournement de la science n'est donc pas une première dans l'histoire de la civilisation.

Encore une fois il n'existe pas une science du TOUT !

Vers le milieu du XXème siècle ce fut le moment du triomphe de la psychanalyse qui prétendait régenter la société en ayant découvert les clefs du comportement humain à travers les phases de son développement, ce qui lui a porté tort ce sont d'une part la découverte des médicaments psychotropes qui soignent certaines pathologies et modifient le caractère de l'individu sans pour autant avoir à chercher les sources historiques de son passé-présent si je puis dire et plus récemment les développements des neuro-sciences qui donnent une idée plus précise de la complexité des réseaux neuronaux.

L'homme de science est un presbyte, il ne voit que les objets de très près ou alors sur une ligne d'horizon très lointaine. Les objets à moyenne distance ce sont les autres qui en font leur horizon et l'objet de leur désir ...

Vous savez qu'André Weil - le frère aîné de Simone Weil - a mis la main à la pâte pour établir les célèbres structures de parenté des indiens d'Amazonie dans le livre de Claude Lévi-Strauss, mais ce qui n'était pour lui qu'une boutade s'est transformé en une espèce de religion formelle dans laquelle a plongé toute une génération de "structuralistes" ! Comme quoi le charlatanisme peut lui aussi faire carrière ...

Carnet du jour, nouvelles Regnault :
Naissance de Titouan Pennamen le 27 août 2008 à Suresnes, fils de Sylvain Pennamen et Alexia Perier-Regnault, descendante de Louis Regnault, c'est ici.
Fiançailles d'Auriane de Fontanges, fille de Géraud de Fontanges et Nicole Regnault de Beaucaron avec Pierre van den Hove.

Il s'agit de la même famille que celle de Mlle de Fontanges (°1661-1681), favorite en titre du roi Louis XIV, faite duchesse de Fontanges à cause de sa grand-mère paternelle Guillemine de Fontanges héritière du marquisat du même nom en Auvergne.
Ses dernières mots furent : Je meurs contente, puisque mes regards ont vu pleurer mon roi.
Ah ! quand bien même les féministes l'avaient vu et entendu avec leurs yeux et leurs oreilles, elles ne l'auraient pas cru !

Madame, la Palatine, belle-soeur du roi dira : Fontanges était une sotte petite bête ; mais elle avait le coeur excellent, et était belle comme un ange.
L'abbé de Choisy : Elle était belle comme un ange mais sotte comme un panier.
Toujours la Palatine : La Fontanges était belle depuis les pieds jusqu'à la tête ; on ne pouvait rien voir de plus merveilleux. Elle avait aussi le meilleur caractère du monde, mais pas plus d'esprit qu'un petit chat.

Mlle de Fontanges s'exprimait comme une héroïne racinienne, une véritable Bérénice ...

Pensées obscures.
La chose la plus terrible qui puisse m'arriver : faire carrière ! Quand on pense qu'il y en a qui tueraient père et mère pour cela, remarquez que je suis orphelin mais faire carrière cela veut dire se donner aux autres, se marchander, se peser dans je ne sais quel trébuchet ! Non décidément, je ne suis pas assez modeste pour tomber aussi bas. Je veux bien m'annuler si cela se peut, cela ne coûte rien au fond, pas plus que de venir au monde, quelques pleurs et puis une grande solitude ... les yeux qui s'ouvrent et se ferment pour rien. Et dans les étoiles, dans le noir absolu du ciel on a bien dû trouver une utopie valable sinon pourquoi continuer l'espèce ?

Encore une fois je vais rappeler ma pensée : un instituteur ou un professeur n'a pas à faire état des origines religieuses ou raciales d'un élève. Cela aurait été impensable à mon époque quand je fréquentais l'école républicaine. C'est un principe constant et profond qui empêche de faire des distinguos entre les individus dans le cadre de l'école de la République.
Quand je lis chez Jean-Paul Brighelli "Dobolino" vétérinaire de la Drôme se plaindre avec insistance que son fils a été victime d'une injustice parce que ses petits camarades se sont moqués de lui quand leur professeur les a informé qu'il était l'arrière-petit-fils d'un juif allemand, je frémis ! Et "Robin", professeur de Lettres, de renchérir dans le même sens ! Ces gens-là ne savent visiblement pas que le professeur en question se met hors la loi en faisant état des origines supposées de ses élèves. Ils prétendent défendre l'école de la République et ils sont les premiers à trahir son idéal.

De même si un ministre nommait un fonctionnaire en précisant publiquement qu'il appartient à telle ou telle religion, qu'il est de telle ou telle race alors il est susceptible d'être traduit devant les tribunaux et condamné en vertu de la Constitution.

Ce qui est proprement incroyable - faut-il le dire ? - c'est que le parti socialiste, principal parti d'opposition n'ait pas saisi le conseil constitutionnel quand le ministre de l'intérieur d'alors, un certain Nicolas Sarkozy a proposé de nommer un préfet musulman, et depuis devenu président de la République a récidivé en prétendant nommer un préfet noir !

Les voici les fossoyeurs de la République ! En cortège, les premiers élus de la Nation qui ne respectent même plus la constitution sur laquelle ils sont chargés de veiller.

Je peux vous raconter une histoire qui vous montrera ce que c'est que la République française. A Rueil-Malmaison, il y a un orphelinat juif - ne le chercher pas dans l'annuaire il n'y est pas, il se dissimule derrière de hauts murs - en CM2 l'année 1973/1974, j'étais dans la classe de Mme Bendavid à l'école Jean Jaurès et quatre de mes camarades venaient de cet asile, jamais bien entendu notre institutrice ne fit état de leur religion, ni de la sienne. Quand il y eut la guerre du Kippour mes quatre camarades disparurent pendant une semaine, je suppose qu'ils se recueillaient en priant sur le sort de leurs compatriotes juifs - car ils étaient aussi de nationalité israélienne, j'oubliais de le préciser - à leur retour jamais Mme Bendavid ne fit allusion à la cause de leur absence. Nous respectâmes leur discrétion et nous n'en parlâmes jamais non plus.

Dans les deux derniers siècles il y a eu certainement des préfets juifs et protestants en fonction, est-ce que jamais aucun gouvernement en a fait mention ? Il paraît qu'il y a un "parti de gauche" qui vient d'être créé, s'il défend les principes républicains en tous temps et en tous lieux alors je lui apporterai mon soutien chaque fois que nécessaire.

La République française fait le silence sur les origines de ses citoyens, cela est et doit rester une affaire privée que ce soit sur le plan religieux, ou sur le plan racial. Aucun fonctionnaire d'autorité ne doit les mentionner. Elle ne reconnaît que des concitoyens libres et égaux en droits et en devoirs.

Mon grand-père n'a jamais eu aucune croyance religieuse même s'il accompagnait sa femme aux offices, issu d'une famille de vieille tradition républicaine, formé dans les grandes écoles, il pratiquait la tolérance pleine et entière c'est à dire en fait l'indifférence totale sur les origines sociales et religieuses des individus. Il occupait des fonctions importantes dans la maison Michelin où il dirigeait le service de recherches. En 1938, plusieurs membres de la firme furent impliqués dans un complot d'extrême-droite dit de "La cagoule", un ingénieur chimiste nommé René Pierre Jules Locuty (°1910) entré chez Michelin en novembre 1935 pour travailler dans le laboratoire fut arrêté le 11 janvier par l'inspecteur Buffet de Clermont-Ferrand, Locuty élève de l'institut de chimie de Nancy, docteur es-sciences, diplômé en 1933, était un ancien communiste de tendance trotskyste, c'est lui qui déposa une bombe au siège parisien de la Confédération générale du patronat le 11 septembre 1937 à l'Etoile rue de Presbourg. Ses complices Henri Voguel, ingénieur électricien chez Michelin d'origine juive fut lui aussi arrêté pour les mêmes motifs de même que Roger Mondereau. Ils étaient membres de la section clermontoise "Les enfants d'Auvergne" et se réunissaient dans une villa à Chamalières chez l'industriel François Méténier chef de la section locale avec Gustave Aimé Vauclard, ancien combattant qui travaillait lui aussi comme ingénieur et chef de service chez Michelin, Charles Mouget et Mondereau ingénieur de Michelin. Le 18 janvier 1938, trois autres collaborateurs de Michelin figurent parmi la vingtaine de cagoulards démasqués. Ils étaient évidemment tous très hostiles au Front populaire. Pierre Michelin (°1903-1937), fils d'Edouard Michelin, fut impliqué dans ce complot à qui il avait fourni de fortes sommes d'argent (un million d'après les déclarations d'un accusé lors du procès de 1949) mais il était mort auparavant le 29 décembre 1937 dans un accident d'automobile alors qu'il dirigeait Citroën et il ne put y avoir de poursuites contre lui.
Bien entendu ni de près, ni de loin mon grand-père ne se mêla aux agissements de ce groupe, tout au contraire la faiblesse de la chambre du Front populaire face au régime nazi l'amena à démissionner de l'armée quelques jours après les accords de Munich, "triomphe" pour le moins incertain de Daladier et de Chamberlain !

Un témoignage intéressant du côté des ouvriers de chez Michelin : La mémoire apaisée au long des routes de l'éducation populaire et de l'enseignement agricole de Jean-François Chosson né le 1er juin 1928 à Clermont-Ferrand dans la cité Michelin de la Plaine, ouvrage publié en 2002 chez l'Harmattan.

Quelques mots sur Edouard Michelin (°1859-1940) : mon grand-père qui fut recruté par lui en 1922 avait beaucoup d'admiration pour le patron de la firme de Clermont. Ayant fait ses études à l'école des Beaux-Arts de Paris pour devenir peintre comme son père Jules Michelin (°1817-1870), il professait un aimable positivisme comme beaucoup d'étudiants de cette époque disciples d'Auguste Comte, sous l'influence de sa femme il se rapprocha d'un christianisme social et avec elle fonda écoles, crèches, cité-modèles pour les ouvriers, et même une clinique dite des Quatre-Soleils, il subventionna les associations sportives et autres clubs de la vie clermontoise. Avec son frère André Michelin (°1853-1931), centralien, ils furent des pionniers de l'aviation fondant l'Aéro-Club de France dont André Michelin qui résidait à Paris fut président. Comme on le sait Edouard Michelin introduisit en France les méthodes américaines dites du taylorisme s'étant inspiré de l'exemple d'Henry Ford (°1863-1947) et de ses usines modèles. Les deux frères furent donc des pionniers en bien des domaines.

Dans le Livre d'Or des Arts et Métiers publié pour fêter leur bicentenaire (1780-1980), je lis ceci : Henri Pierre Flaud (°1816-1874) débuta sa scolarité par des études universitaires et la pratique du latin jusqu'à la troisième. Cette connaissance du latin lui donna dans tout le cours de sa carrière industrielle une supériorité sur un grand nombre de ses collègues. Il fut notamment le président de la Société des anciens élèves, le maire de Dinan, le conseiller général et député des Côtes d'Armor en-dehors de ses activités d'industriel à Paris.
Si ce parrainage ne paraissait pas assez prestigieux, il suffirait de rappeler les propos d'Henri Poincaré sur la connaissance des humanités dans sa célèbre conférence : Les sciences et les humanités.

Il ne s'agit nullement de poser des questions stupides dignes d'un quizz télévisé comme celle-ci manière de colle pour de futurs fonctionnaires Quelle est la différence entre le Jurassique et le Crétacé ? il s'agit de donner un cadre moral aux efforts de l'intelligence pour sortir de sa gangue natale celle des idées reçues.

Je crois que remplacer les humanités par de fausses sciences qui visent par exemple à évaluer la dangerosité des individus dès l'âge de trois ans est extrêmement dommageable pour la société tout entière voire condamnable moralement car cela conduit aux prémisses du totalitarisme.

Récemment un député UMP médecin de son état s'est suicidé à Thionville après avoir assassiné sa maîtresse, existe-t-il une seule science - la psychiatrie, la psychologie, le freudisme ? - qui aurait pu prévenir ce drame ? Et pourquoi ses collègues à l'Assemblée nationale qui veulent évaluer les nourrissons au berceau ou peu s'en faut n'ont-ils rien fait pour empêcher un tel geste s'ils savaient ?

Quand l'on ne sait prévoir et que l'on veut usurper un pouvoir malgré tout alors on dessine les contours d'une société où la liberté est destinée à dépérir.

Le journalisme encourage à la bêtitude - qu'il ne faut pas confondre avec la bath-attitude !
Hélas ! Il a été rejoint par la cohorte des charlatans qui sévissent dans les universités.

Au tribunal du fantastique ; c'est à peu près le titre qu'on pourrait attribuer à certaines sciences à la mode qui se font aujourd'hui les arbitres de toutes choses.

En ce moment on juge un groupe de jeunes filles dont des mineures au moment des faits qui ayant mis le feu à une boite à lettres dans une tour à l'Hay-la-Rose ont provoqué dix-huit morts ! Pouvait-on dès le jardin d'enfants prévoir et prévenir ce genre de choses ? Ou plutôt, puisque tel est le terme du projet éducatif gouvernemental, choisir à priori des enfants susceptibles de commettre ce genre d'acte ?

Un autre exemple : croit-on que les enfants américains sont plus que les enfants français soumis à des traumatismes précoces et à de mauvais traitements de la part de leur entourage ? Si non comment expliquer que dès l'adolescence les américains commettent beaucoup plus d'actes criminels que les français sinon par les conditions générales de la société ?
D'autre part prenez l'homme le plus pacifique, entraînez-le soigneusement, munissez-le d'armes de guerre et conduisez-le sur un champ de bataille et vous en ferez un assassin malgré soi ! Peut-être même que grâce à une préparation psychologique soignée arriverez-vous à le persuader de son bon droit et gardera-t-il une conscience tranquille après !
Le crime vient d'une mise en conditions qui dépend de l'entourage social et de circonstances aléatoires qu'on ne saurait prévoir. Quant à la part génétique là-dedans il est pour le moins difficile de la mesurer, il existe certes des criminels en série mais ils sont rares, ils n'ont pas tous été traumatisés dans leur enfance, et on peut croire qu'ils possèdent certaines caractéristiques qui les distinguent des autres comme par exemple le peu d'empathie qu'ils éprouvent pour leurs semblables.

Et puis n'oublions pas que les vrais criminels en série ce sont les hommes politiques, ceux qui ont la folie du pouvoir en eux, les autres ne sont que des amateurs en comparaison. Doit-on précocement identifier les futures vocations politiques et isoler dans les jardins d'enfants ceux qui pourraient être tentés par le pouvoir absolu ?
Il me semble que dans ces conditions beaucoup de brillantes carrières politiques s'arrêteraient net dès la maternelle et qu'on entourerait de soins assidus tous ceux qui manifesteraient la volonté de vouloir conduire le destin des autres hommes, signe évident d'une pathologie grave et récurrente chez certains jusqu'à un âge avancé.

Il est assez extraordinaire de penser que le président d'une association raciale - le CRAN (conseil représentatif des associations noires) - Patrick Lozès ait été reçu officiellement à l'Elysée par le chef de cabinet du président de la République le 10 novembre 2008 sans qu'aucun parti politique n'ai réagi ! Cela contrevient à tous les principes constitutionnels.

Il semble que le président de la République et une partie de son gouvernement - notamment son ministre de la Justice - aient décidé de s'affranchir de la Constitution et de la violer ouvertement. Que font les républicains ?

On voit se développer de la part de gens dont l'équilibre mental est sujet à caution - je pense notamment à Nicolas Sarkozy et Rachida Dati - une volonté de contrôle absolu qui fait croire que les principes mêmes de la République sont atteints en leur coeur. Chaque jour qui passe de nouvelles infractions au Droit et à la Constitution sont répertoriés. Doit-on continuer à accepter une telle dérive ? La Cour européenne des Droits de l'Homme vient de condamner la Grande Bretagne qui voulait conserver les empreintes ADN de chaque individu qui avait eu affaire à la Justice. Je crois que c'est une mesure de bon sens. La volonté politique de classifier les citoyens est la porte ouverte à tous les totalitarismes.

Je le dis et le redis tout ceci n'est pas qu'une question de pure forme, la technologie qui se développe à grande vitesse, que ce soit la biotechnologie, les capteurs de sons, d'images, de rayonnements divers et variés, les moyens informatiques qui connaissent une croissance exponentielle de leur puissance, tout nous incite à la plus grande vigilance. Il ne faut pas se laisser déborder par les moyens qui sont mis à notre disposition et permettre comme aux Etats-Unis sous n'importe quel fallacieux prétexte de sécurité nationale les libertés fondamentales être corrompues peu à peu jusqu'à rétablir le droit à la torture et à la détention arbitraire.

Vous savez notre principal ennemi c'est nous-même, le monstre est tapi en nous, dans ces conditions il importe de poser des règles et des limites claires et distinctes si nous voulons ne pas succomber individuellement ou en société à des chimères d'hyperpuissance.

L'actrice Rose Lacombe - de son vrai prénom Claire - née le 4 mars 1765 à Pamiers avait osé appelé Robespierre, Monsieur ! Outrage inoui à l'époque de la Révolution, elle fut emprisonnée républicainement pour cette offense à la dignité du conventionnel et dictateur jacobin, coupeur de têtes patenté.
Lisez cette Histoire pittoresque de la Convention nationale par Etienne Léon de la Mothe-Langon, tome III et Tome IV.

Un portrait pittoresque et romancé de Rose Lacombe.

Maximilien Robespierre : son prénom d'empereur romain lui monta à la tête.
L'emphase du vocabulaire le disputait chez lui au côté gourmé de l'apparence. Ces gens qui sont incapables de rire d'eux-mêmes n'inspirent guère confiance (je ne lui donne pas de particule car il n'aurait pas aimé cela, ne prétendait-il pas abolir les distinctions ? Tout le monde à la toise et lui seul à la tête).

L'article wikipédia essaye de le réhabiliter et d'en faire un modérateur qui voulait arrêter les exécutions mais le récit de Lamothe-Langon (°1786-1864) montre à quel point il inspirait la Terreur même parmi les plus farouches révolutionnaires comme Carnot.
Si vous consultez la liste des guillotinés, vous verrez que jour après jour elle s'allongeait, je ne vois pas comment dans ces conditions on peut prétendre qu'il cherchait à limiter les excès de la Convention.

Si l'on veut dire que Robespierre était un personnage politique complexe et pas seulement un être ignoble comme Vadier animé des plus basses motivations, certainement je vous l'accorde, mais même s'il ne se mêlait pas de juger les accusés et ne salissait pas ses mains avec leur sang, il n'en reste pas moins qu'il fournissait les motivations idéologiques et était le ressort principal de la Convention, il restait donc à ce titre l'inspirateur et le moteur de la Terreur.

Mes aïeux Pomiès eurent affaire à Vadier qui était originaire de Pamiers comme eux, Vadier qui était une vile crapule avant la Révolution et qui le resta jusqu'au terme de sa longue vie n'aurait jamais pu prendre la tête d'un mouvement politique de cette ampleur, il n'en était que le rouage maléfique et souterrain, de ces hommes de sac et de corde qu'il faut à toutes les époques troublées qui mettent une société cul par-dessus tête.

Chez l'homme politique de premier plan, la main droite ignore ce que fait la main gauche, appelez cela de la duplicité si vous voulez mais comme Mirabeau le disait de Robespierre, il ira loin : il croit tout ce qu'il dit, c'est à dire qu'il y a une certaine sincérité même chez les pires tyrans ! Hitler voulait le triomphe voire le bien de l'Allemagne d'une certaine manière, Staline se servait de Béria et de Vychinski comme avant lui Lénine et Trotski d'hommes de mains pour la plus grande gloire de la révolution bolchévique.
On pourrait imaginer de même un gentil docteur Nicolas Jekyll et un méchant mister Hyde Sarkozy, le premier voulant la baisse du chômage et l'enrichissement des français et la paix dans le Monde et le second poursuivant un ancien premier ministre de sa vindicte en lançant à ses trousses des juges complaisants ou voulant enfermer les enfants présumés "dangereux" pour la société française alors que le seul grand enfant véritablement dangereux pour la France c'est lui !

Ce qu'il est intéressant d'étudier c'est la fascination que les caractériels, les gens qui ont une personnalité déséquilibrée exerce sur ceux qui sont les plus équilibrés d'où leur succès dans les époques troublées et leur facilité à s'imposer au milieu des personnes les plus raisonnables. Pourquoi ? Parce qu'ils paraissent avoir un caractère plus affirmé que les autres, ce qui chez une personne normalement constituée paraît de la faiblesse et qui n'est en fait que de la réflexion, le moyen de peser le pour et le contre, le temps pris pour décider une résolution, se transforme chez les individus pathologiques en polarisation excessive, on dit dans le langage populaire que ceux-là fonctionnent à l'instinct. Il arrive qu'une décision rapide dans une situation de crise puisse nous sortir d'affaire par exemple à la guerre mais dans les affaires civiles il vaut mieux soupeser les choses mûrement. On peut donc dire que le caractériel ressemble beaucoup à un enfant, qu'il exerce un charme similaire sur les peuples parce qu'il montre de la variété dans ses emportements, de la diversité dans ses facettes alors que l'homme de réflexion paraît sombre, lent presque monotone. L'hystérie politique est donc le lieu où le caractériel a les plus grandes chances de réussite sociale. Il n'est pas anodin que la révolution française ait vu le triomphe d'avocats tels des acteurs en scène qui croyaient rejouer la république romaine et qui confondaient le registre de la fiction et de la réalité en s'investissant tout entier dans la rhétorique (Robespierre jouant dans un décor de carton-pâte la grande scène rousseauiste de la réconciliation de l'Homme avec l'Etre suprême). Napoléon, fils de la révolution, s'est toujours voulu en représentation et aurait voulu faire de Corneille un prince de son empire, à défaut il éleva le comédien Talma au faîte des honneurs comme Hitler spectateur assidu de Bayreuth se croyait la réincarnation de Siegfried. On remarquera que notre actuel président ne se plaît qu'au milieu de cette société-là, celle des people comme on dit aujourd'hui et qu'il a même choisi de prendre femme dans une famille de chanteuses&actrices de second rang au milieu des histrions médiatiques qu'il fréquente.

L'homme politique comme l'acteur est une espèce de médium. Il faut donc veiller à ce qu'il ne confonde pas les tréteaux de la scène publique avec le trépied de la pythie et ne nous entraîne dans on ne sait quel délire sacré.

Je vais faire un procès de suédois à Monsieur Passouline (du Monde) mais je ne partage pas son orthographe pour olographe à qui il plaque une h en incipit ce qui fait penser fâcheusement à holographie et hologramme ! Je suis contre la multiplication des lettres inutiles - et aussi des hypostases - surtout quand elles introduisent des homonymies qui doublent des homophonies. Rasoir d'Occam : entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem. Oui, je sais les principes c'est rasoir ...

Emile Mestre (°1873-1961) connaissait bien André Michelin (°1853-1931) car ils étaient tous deux membres de l'Aéro-Club de France, je me demande si ce n'est pas lui qui a suggéré aux frères Michelin de recruter mon grand-père Georges Driout après son mariage en 1922, d'autant que Louis Réveillac qui avait fait sa rencontre dès 1920 à Metz et qui devint parrain de mon père en 1923, dirigeait les établissements Mestre&Blatgé de Paris, le magasin de l'avenue de la Grande Armée et les ateliers de fabrication.
Mes grands-parents étaient très liés à Robert Mestre (°1888-1975) et Suzanne Réveillac (cousine de Louis Réveillac) avec qui ils partaient en vacances, Robert Mestre né Leferme était en fait le fils naturel d'Angèle Leferme (°1868-1950) adopté par la suite par son époux Emile Mestre.

Biographies de Henri Termerson 1962 : M. MESTRE (Emile) Né le 21 décembre 1873 à Paris, M. Emile Mestre fonde, en 1902, les Ets Mestre et Blatgé, société spécialisée dans la fabrication et le commerce des automobiles, des cycles et de leurs accessoires (1). Il en devient président-directeur général, fait construire une usine à Courbevoie et installe des agences à Bordeaux, Lyon, Marseille, Nancy et Nantes. Officier de la Légion d'honneur, M. Emile Mestre est décédé le 12 mai 1961. (1) Le 28 décembre 1960 la société a été dissoute.

La Vie automobile partie 1 de Louis Baudry de Saunier, Pol Ravigneaux, Charles Faroux chez Dunod 1913 : Ce serait d'un joli exemple pour la morale en Actions, l'histoire de ce Mestre, qui d'abord modeste employé au Crédit lyonnais, puis attaché à l'importante maison Comiot, bien connue de nos lecteurs, eut l'idée vers 1902 de jouer le rôle ...
Mestre — car Blatgé a succombé depuis, touché par la camarde en plein succès — n'était pas alors seulement un patron ... En 1911 le chiffre d'affaires atteignit près de douze millions, et en 1912 les quinze millions furent dépassés ; à cet ...

Maison Comiot dès 1894 fabrique et vend des bicyclettes à Paris 17ème 46 et 48 rue Brunel puis 87 boulevard Gouvion Saint-Cyr en 1897 puis 206 boulevard Pereire en 1904.
Charles Ferdinand Comiot (°29/8/1861 Saint-Dié, Vosges - après 1940), chevalier de la L.H le 22/8/1926 comme membre des conseils d'administration de la Société des Amis du Louvre et du Luxembourg, industriel, dmt 87 boulevard Gouvion Saint-Cyr et 48 rue Charles Laffite à Neuilly sur Seine, conseiller municipal de Saint-Dié, donataire important au musée du Louvre (en 1926, 3 tableaux Vue de Saint-Lô de Corot, Portrait d'un musicien de Degas, Paysage de Renoir), au musée Victor Hugo et musée du Luxembourg. Il épouse à Paris, 17ème le 31/12/1912 Marie Anne Theulé. En secondes noces Mme veuve Yvonne Comiot vivante en 2000.
Frère aîné de Jean Louis Comiot (°7/12/1863 Paris, 1er au 63 boulevard de Sébastopol - 23/11/1940 Libourne, Gironde), chevalier le 30/12/1901 puis officier de la L.H le 25/12/1916, dmt à Bordeaux, chef de bataillon au 150ème régiment d'infanterie puis lieutenant-colonel épouse en 1902 Marie Modeste Cécile Lacaze (°1878-1966) dont 2 fils, Albert Comiot (°1904 Libourne - 1931 Bizerte, Tunisie), lieutenant d'aviation, mort dans un accident d'avion et l'autre lieutenant d'infanterie en 1937 Charles Comiot (°20/1/1905 Libourne - 14/4/1941 Sidi Abdallah). Leurs parents Charles Ferdinand Comiot (°22/10/1823 La Brulatte Mayenne), chemisier, 40 ans en 1863 et Louise Laurent, 29 ans en 1863 habitent 29 rue des Jeûneurs à Paris, 2ème en 1902.

Le Temps du 28/3/1894 :

III. PIÈCES DÉTACHÉES COMIOT

Avant d'arriver à son état parfait et définitif le vélocipède a permis à des industries très diverses de travailler. Son essor ne date réellement que du jour où de grandes et importantes maisons se sont mises à lui fournir les pièces et parties de machines nécessaires à sa construction.

Parmi ces maisons, une de celles qui a pris le plus d'importance dans notre pays, est la maison Comiot, 46 et 48, rue Brunel. Bien que n'étant pas lui-même constructeur, M. Comiot est le fournisseur attitré des grandes usines françaises ; chez lui seulement elles sont assurées de trouver tous les éléments indispensables à leur industrie, car M. Comiot est le concessionnaire des plus grandes maisons de pièces détachées anglaises. Quel cycliste n'exige maintenant ou ne manifeste le désir de voir à sa machine une pédale et des moyeux Eadie, les plus parfaits qui existent.
Quel agent ou constructeur même, ignore, à l'heure présente, la merveille connue sous le nom de « Cadre Eadie ».

Les moyeux dont on voit ci-dessous le dessin, sont à l'abri de la poussière et réglables sans le secours de la clef.

Moyeu Eadie

Il faut noter également la merveilleuse tête à billes de cette maison. Les cuvettes sont formées par des disques mobiles ajustés au cône, qui permettent de construire et de braser le cadre de la machine, sans crainte de les détremper, ce qui, pour le constructeur, constitue un grand avantage de temps et de sécurité.
Le mouvement des manivelles ci-contre est le dernier terme de la perfection de la fabrication vélocipédique. On remarquera que le pignon est rivé à la manivelle et par conséquent détachable comme elle. Le roulement est du système Humber Beeston et les tubes d'arrière du cadre ont 22 millimètres de diamètre.
Grâce à ce fort diamètre que jusqu'ici la maison Eadie est seule à avoir adopté, le cadre possède une rigidité inconnue jusqu'à ce jour, c'est la sécurité absolue pour le cycliste. Il sera facile à nos lecteurs de se rendre rue Brunel, 46, et de demander à M. Comiot de leur montrer toutes les pièces, si intéressantes à connaître, qui constituent une bicyclette. M. Comiot les intéressera, car à une profonde connaissance de tout ce qui touche à son industrie, il joint les qualités d'un aimable et inlelligent causeur.

Le Petit Parisien du 18/4/1931 :

Les corps du lieutenant de vaisseau Comiot et de l'enseigne de vaisseau Barras, du croiseur Colbert, victimes de l'accident d'aviation survenu à Bizerte. seront ramenés dimanche matin à Toulon par le transport Forfait. Les cercueils seront placés, à leur arrivée, dans une chapelle ardente.

Idem 15/4/1931 : DEUX OFFICIERS DU « COLBERT » TUES DANS UNE CHUTE D'AVION Bizerte, 14 avril (dép, Havas) L'avion ayant à bord le lieutenant de vaisseau Comiot et l'enseigne Barras, qui accompagnait le croiseur Colbert, a fait une chute près de Sidi-Ahmed.
Les deux aviateurs ont été tués.

Le Matin du 15/10/1935 :
La gendarmerie à Précy-sur-Marne. a arrêté André Laudigeois, 20 ans Jules Cakebec, 20 ans Albert Marin, 18 ans Joseph Malingre, 25 ans, et l'Italien Angelo Curtoni, 31 ans, qui avaient commis des déprédations à la propriété de M. Comiot, à la boutique de la Grocci, débitant, et qui avaient brisé des fils téléphoniques.

Le Matin du 28/11/1940 :
On apprend la mort du lieutenant-colonel Comiot, pieusement décédé à Libourne après une cruelle maladie. Il était le frère de l'industriel parisien.

A partir de 1962, les établissements Mestre et Blatgé, devinrent la société anonyme Aune, Mestre et Blatgé, dont le siège social se trouvait 40, avenue de la République, Paris, XIème, cette société spécialisée notamment dans la métrologie (mesures de contrôle) était en activité en 1975, elle fut rebaptisée Mestra. Aune, Mestre et Blatgé existe toujours en Belgique à Ixelles, banlieue de Bruxelles.

Les gloires sont éphémères ...
De son vivant Paul Léautaud n'était rien, on n'aurait pas parié un shilling sur sa survie littéraire, même ses plus proches comme Paul Valéry se moquaient de lui qui le traitait de concierge stendhalisé par mes soins, ce n'est pas son anthologie poétique très réputée en son temps qui aurait pu lui faire avoir ne serait-ce qu'une noticule dans les histoires littéraires, ce grouillot du Mercure de France, ce critique théâtral sans audience était littérairement écrabouillé par les gloires de l'époque, tous les Marcel Prévost à fort tirage et pourtant qui lit et qui connaît aujourd'hui l'oeuvre de Marcel Prévost, autre ami de Paul Valéry et de tout ce que le monde comptait de gens bien à Paris et ailleurs ? Sans vouloir jouer au prophète, ne peut-on pas croire qu'il en arrivera à Le Clézio ce qui est arrivé à Marcel Prévost, il deviendra un écrivain renommé seulement pour les historiens de la chose littéraire qui étudieront son cas avec des loupes et des pincettes dans quelques lustres ?
Les tocards de l'actualité ont toute leur chance dans la course au poireau de la postérité.

Je vais vous dire un secret : la littérature n'est pas faite pour les gens bien. Car en fait écrire c'est très impoli, c'est très indiscret de révéler les secrets de famille de la société.

Le Clézio c'est certainement un type bien, mais qu'est-ce qu'il nous apprend ? En fait sa fonction dans la société contemporaine c'est de nous tendre un miroir flatteur et de faire de nous tous des dames de la charité ethnologique, un peu au fond comme Lévi-Strauss. Celui qui achète Tristes tropiques a bonne conscience d'avoir détruit les sociétés archaïques bourgeoisement par la force inévitable des choses. On se procure son livre comme on va au bazar de la charité en faisant coup double ...

La question serait de savoir si nous n'avons pas progressé en hypocrisie ? Vaste sujet, après tout nous avons avancé en bien des matières, j'y vois là le thème d'un beau et grand roman. L'hypocrisie à travers les pages et les âges, étude sociologique.

Affaibli par une vaccination que je me suis fait faire lundi pour me protéger de l'hépatite A, sur l'insistance de mon médecin de Foch, je me suis laissé à promettre aujourd'hui à mon assistante sociale que j'allais m'inscrire à l'ANPE pour devenir - du moins en rêve - assistant de vie scolaire ou surveillant de je ne sais quoi, écoliers en culottes courtes, collégiens et lycéens à idées qui ne le sont pas moins, je ne sais, enfin de ces êtres moutonniers qui défilent en hurlant anti-musicalement dans les rues avec des banderoles porteuses de mots sans esprit ce qui est gravement nuire à leurs professeurs de français qui auraient dû leur apprendre que la légèreté est une forme seconde de la nation française ou même première et que la lourdeur comme chacun sait est spécifiquement allemande.

Je suis si peu de mon temps que je ne vois pas bien ce que je pourrais faire dans cette galère, mais qu'y puis-je, je me suis engagé à faire semblant ... faisons semblant donc ! Soyons solidaires ... ce qui est la forme la plus sotte de la vie en société. J'ouvrirais volontiers un cours de désocialisation pour libérer des conventions tous les aliénés de notre temps. Pas un jour sans repos, ce serait mon programme. Faire la guerre aux médiations et aux remédiations et surtout, surtout pas de résilience comme on proclamait avant la bataille le pas de quartiers dans les rangs des soldats des temps anciens. Ne pardonnez rien, soyez à vous tout seul toute une résistance sociale ... votre vie sera bien meilleure même si plus courte.

On veut me rendre utile, sombre erreur ! Je suis bien plus beau et beaucoup moins néfaste dans mon inutilité consacrée, il y a tellement d'académiciens qui sont trop utiles à la société, pourquoi voudriez-vous faire de moi qui règne sur ma petite académie de mots une cheville ouvrière de la déplaisance d'être au monde ?

Je concevrais volontiers qu'on fasse de moi un revendeur de drogues synthétiques dans une chaîne de télévision si j'avais la moindre notion des différences entre l'ectasy, l'afghane et la colombienne, mais hélas ! mes études n'ont pas été poussées si loin ...

Le Clézio qui est un type formidable - on ne le redira jamais assez fort - a découvert qu'Internet aurait tenu Hitler en échec, il n'y a guère qu'un hic c'est que si Hitler avait vécu à cette douce époque du Net, il aurait pu aussi bien se procurer une bombe atomique pour tenir en échec ses contradicteurs ...

C'était une douce époque où la science se contentait de montrer sans avoir aucun moyen de pression sur les hommes, sinon le pouvoir de les convaincre par le seul jeu des raisons raisonnantes ... aujourd'hui la connaissance est devenue beaucoup plus ambitieuse, elle veut changer le monde et même la nature de nos rêves. La description qui est comme une douce rêverie romantique et qui permettait aux poètes d'être aussi des hommes de science est un luxe superflu.

On a l'impression que l'intelligence veut chasser le vide en nous. Toute forme de respiration. Tout élan vers un ailleurs. La science veut colmater les trous de l'esprit.

Le verbe était une jonglerie sans vanité (sauf quand elle devenait religion), les nombres sont des acrobates qui accrochent les étoiles comme des trophées de chasse.

Heureusement il restera toujours des espaces de liberté, des mondes browniens sans queue ni tête, des bizarreries spéculatives, des hommes de bourse qui croiront toujours que les arbres montent jusqu'au ciel, de doux poètes banquiers ...

Nous ne raccourcirons pas le réel comme on a raccourci des têtes sous la révolution pour y faire rentrer quelques idées sommaires.

C'est rassurant de voir que la machine la mieux huilée comme la finance globalisée dans laquelle nous vivons, peut se rétamer comme un vulgaire patineur qui dérape sur un miroir de glace ...

Doit-on établir un canon de la respectabilité littéraire ? Si la littérature est le lieu de la fantaisie personnelle cela ne me paraît pas indispensable. L'important c'est qu'elle ne devienne pas l'ultime refuge de la liberté ...

D'une manière un peu prétentieuse, en empruntant ses termes aux disciplines cognitives ou aux dites sciences humaines, on pourrait traduire cela en : faut-il rétrécir le champ de la conscience humaine ?
Beaucoup de gens qui se croient très responsables, par exemple des hommes politiques de premier plan, sont persuadés que le fin du fin de l'histoire humaine consiste à transformer les hommes en machines parfaites, en robots, en somme en animaux primitifs avec quelques fonctions élémentaires, l'idéal de la perfection selon eux c'est une vache qui broute dans un pré et produit une certaine quantité de lait ...
La culture tout au contraire consiste à s'extraire des nécessités immédiates et à faire la part belle à l'imaginaire. En somme à subsumer le programme pour lequel nous sommes faits - du moins dans une conception classique de la Nature - dominer les autres êtres vivants comme conquérir notre environnement.
Il me semble à moi que le champ de l'esprit est bien plus vaste que l'univers des possibles. Il ne s'agit pas de négliger ce que peut nous apporter l'étude de la réalité physique mais il ne s'agit pas non plus de s'y réduire dans une philosophie utilitariste pour le moins sommaire.
Nous ne sommes pas des animaux pour la réalité, nous sommes des êtres pensants qui aimons rêver, c'est d'ailleurs le fait de tous les êtres vivants supérieurs, la part du rêve y est de plus en plus importante à mesure que nous grimpons dans l'échelle animale. Un homme qui pense n'est jamais seul. Le rêve est l'ombre portée de notre condition.

La société est problématique dans la mesure où les rêves individuels s'y entrechoquent et s'y confrontent. La philosophie consiste à éclairer du point de vue de Sirius ce conflit perpétuel.

Le procès qu'on me fait et qui dure depuis quarante-cinq ans c'est d'avoir choisi volens nolens un point de vue extérieur au monde humain, c'est le procès éternel de Socrate accusé d'immoralité et de corruption de la jeunesse. On n'accuse jamais d'immoralité ceux qui entraînent les autres à la guerre ...

En 1762 Jean-François Pomiès et Marguerite-Adélaïde Brière se marièrent en l'église d'Herblay, un siècle plus tard les peintres immortalisaient ce coin d'île de France :

Charles-François Daubigny dans le milieu du XIXème siècle :

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Paul Signac en 1889 :

La-Seine-a-Herblay-Signac.jpg (60278 octets)

Vous pouvez admirer ces tableaux et d'autres actuellement à l'atelier Grognard à Rueil-Malmaison.

Vous connaissez la phrase fameuse : il n'est de science que du quantifiable.
Bien entendu on peut développer beaucoup de qualités, de finesse de discernement, de sensibilité, d'habilité manuelle etc mais cela ne saurait constituer une science. Ce sont seulement des outils qui peuvent aider à constituer une science là où il y a lieu.
La science est analytique et destructrice, destructrice de valeurs si vous voulez - c'est la fameuse table rase cartésienne - la machine qu'on monte à la place de la réalité brute fait fi et de notre sensibilité propre et de considérations adjointes sur le sens. Comme disaient les bourbakistes, il importe peu de nommer chaises ou tables des points et des droites, c'est l'articulation générale des objets qui compte, leur cohérence dans le discours logique. Jacques Tits a créé des immeubles mathématiques qui ont peu à voir avec les constructions en moellons ou en béton de nos architectes.

Est-ce que tout est réductible à une science du quantifiable ? C'est une question ouverte à laquelle personne ne saurait répondre de manière précise dans l'état présent des choses. Est-ce que dans un avenir lointain on peut espérer - ou craindre - réduire les hommes à des séries de chiffres ? Chaque individu réduit à une arcane, un code ADN plus je ne sais quoi, sa composition chimique, le plan de ses connexions neuronales mémorisé dans un ordinateur géant ? Je crois qu'on aura plus vite fait de remplacer l'espèce humaine par autre chose, une race nouvelle, mi-homme, mi robot, plutôt que poursuivre cette chimère de la main-mise sur la liberté intérieure de chaque individu même si certains politiques rêvent d'une société parfaite en forme de légo géant.

L'écrivain Céline : j'ai toujours l'impression au bout de quelques lignes qu'il s'agit d'un épileptique en train de convulser ce qui donne un sentiment pour le moins désagréable.

Jean-Florent Baour (°1724-1794), écuyer, scelleur de la Chancellerie de France fut le premier imprimeur permanent de Pamiers de 1750 jusqu'en 1765, date où il revint en sa ville natale de Toulouse pour y ouvrir une imprimerie qu'il dirigea jusqu'à sa mort, il y créa notamment le premier journal de Toulouse et un almanach comme cela se faisait à l'époque. Mon aïeul Jean Pomiès l'aîné (°1762-1837) originaire de Pamiers fut son prote c'est à dire son correcteur d'épreuves avant la Révolution jusqu'à ce qu'il ouvre en 1790 sa propre imprimerie à Foix la première du département qui n'en comptait aucune à demeure (seulement des imprimeries ambulantes auparavant).
Le fils de Jean-Floran fut assez célèbre à son époque sous le nom de Pierre Baour-Lormian (°1770-1854) poète et académicien, aussi médiocre dans un rôle que dans l'autre, refusant sa voix à Vigny et à Hugo par exemple et se montrant hostile en tout au Romantisme, malgré cela en 1846 Lamartine prononça un discours à la Chambre des députés en sa faveur, le décrivant en pauvre aveugle se rendant à l'Académie tenant la main d'un enfant, démuni de ressources et ayant donc besoin de la pension que la nation lui versait, ce qui était probablement exagéré car son père Jean-Florent Baour était devenu un riche propriétaire à Toulouse. Comme on le voit la fonction d'imprimeur-juré du roi pouvait amener à la noblesse, elle n'était en rien dérogeante.
Son fils qui s'était fait auteur dramatique pour cultiver la muse eut moins de succès que d'honneurs indus et eut droit à beaucoup de lazzis tournant autour de son nom devenu Balourd-Dormant, surnom donné par les Jeunes-France qui stigmatisaient son épaisse caboche.
En 1829 Lebrun-Ecouchard attaqué par lui répondit :
Rien n'est si lent, si lourd
Que monsieur Lormian-Balourd ;
Rien n'est si lourd, si lent
Que monsieur Balourd-Lormian.

Et encore l'épigramme d'Andrieux :
Ci-dessous gît Baour, le Tasse de Toulouse ;
II mourut in-quarto qui remourut in-douze.


La Biographie toulousaine donne une courte notice de deux des trois Baour célèbres, notamment le frère de Jean Florent, le graveur Louis-François Baour.

Un illettré corse qui ne sait pas lire les notices écrites noir sur blanc : Jean André Cruz Bt 6 Petra Verde Le Fangu 20200 Bastia.

J'ai remarqué qu'un plus en plus grand nombre de gens est devenu incapable de lire une note de trois lignes, ils regardent une image et c'est tout ce qu'ils captent, leur attention se contente d'une approche globale, cette diminution des capacités analytiques est probablement due à l'influence des médias audio-visuels qui sont devenus dominants alors que seul l'écrit jusqu'à présent faisait force de loi. On était passé de l'oral à l'écrit - les paroles s'envolent, les écrits restent, scripta manent, verba volant - progrès civilisationnel, du moins le croyait-on, on rétrograde ou l'on dégénère de l'écrit à l'idéo-visuel !
Pour le moment devant les tribunaux c'est l'écrit qui prime mais jusques à quand ?

Ce phénomène ne touche pas que la France et il est évidemment au premier chef dommageable pour la littérature mais les conséquences risquent d'être redoutables dans beaucoup d'autres domaines et notamment pour l'enseignement scientifique.
Il y a aussi des particularismes locaux, la page citée plus haut en lien sur l'imprimerie à Toulouse montre bien que la moitié sud de la France était très en retard sur la moitié nord pour ce qui était de l'alphabétisation dès avant la Révolution - on cite le chiffre de 20% d'hommes sachant signer donc encore bien moins pour les femmes. Aujourd'hui encore cette partie du pays lit moins (par exemple en Ariège pays de mes aïeux Pomiès et Tersouly on n'y pratique guère le sport généalogique !).

Je dois signaler que le mot prote dans son acception du XVIIIème siècle était en fait originellement porté par celui qui dans une imprimerie était chargé de diriger tous les travaux et de payer les ouvriers, par extension - ou abusivement par réduction comme on veut - dans son sens moderne il se dit de ceux qui lisent et corrigent les épreuves. Je suppose donc que Pomiès était en fait le second de Baour (son bras droit).

Lebrun-Pindare :
Sottise entretient la santé
Baour s'est toujours bien porté.
Sottise entretient l'embonpoint
Aussi Baour ne maigrit point.


Jules Simon (°1814-1896) : Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple. S'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain.

Le Collège royal des Chanoines réguliers de Sainte Geneviève à Nanterre fut fondé en 1642 en présence d'Anne d'Autriche par le père Paul Beurrier (°20/9/1608 Chartres - 25/1/1696 Paris), il avait pris l'habit de religion à Ste-Geneviève le 16 mars 1625 puis fut nommé abbé des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève de Paris à partir de 1634 (général de 1675 à 1681). Il fut le confesseur de Pascal dans les derniers mois de sa vie ce dont il laissa un témoignage précieux dans ses "Mémoires" restés manuscrits jusqu'en 1911 et il correspondit avec les Périer à qui il apporta son témoignage sur l'auteur des Pensées. Il serait frère du père Louis Beurrier, célestin depuis le 28 avril 1613 (né à Chartres en 1577 et mort à Vichy le 8 avril 1645) qui laissa des ouvrages d'érudition (à mon avis ce serait plutôt son neveu ou un demi-frère issu d'un second lit). Paul Beurrier doit être confondu avec l'abbé Pierre Beurrier prieur-curé de Nanterre de décembre 1634 à 1653 puis de Saint-Etienne du Mont entre 1653 et 1675 (on trouve aussi l'orthographe Beurier).
"Les Religieuses Augustines venues de Nanterre réussirent mieux. Claudine Beurrier, soeur de Paul Beurrier, Chanoine Régulier, étant venue en 1638 demeurer à Nanterre puis mourut au bout de huit ans en 1646, l'établissement fut transféré à Chaillot dès 1659 (abbaye de Ste-Perrine)".
Le Collège royal de Nanterre préparait au XVIIIème siècle les élèves qui devaient rentrer dans le Corps royal du Génie & de l'Artillerie, en passant par la fameuse école de Mézières fondée en 1748. La préparation du concours d'entrée à Mézières nécessitait pour la plupart des candidats d'aller étudier soit au collège de Nanterre, soit dans une des quatre autres grandes écoles spécialisées : l'école royale militaire de Paris, les collèges de Clamecy, Reims et Sorèze.
Le collège de Nanterre compta jusqu'à deux cent élèves.
On se souvient que Sébastien Durand Demonville (°1728-1774) était élève du collège en 1744 et que dans une représentation d'une comédie ballet sur une musique de Jean-Philippe Rameau, il incarna le rôle de Lysandre, "Lysandre acteur du Prologue de la Tragédie. Jupiter vengé ballet meslé de récit qui sera dansé sur le théâtre du collège royal de Nanterre le 27ème août 1744 à midi et demi". Et qu'il était aussi cousin de Jean-François Pomiès par sa femme Marguerite-Adélaïde Brière.

Le livre d'Henri Gouhier consacré à Blaise Pascal parle longuement des rapport de l'abbé Beurrier avec Pascal et sa famille.

J'ai créé un petit article sur la wikipédia consacré à Paul Beurrier, prière de le compléter. Voeu pieux !

Renaud Camus c'est notre Abel Hermant, ne trouvez-vous pas ? Le puriste et la belle en un seul individu !

Sur Abel Hermant : Existe-t-il une grammaire officielle ? et Catalogue de la Bernique hurlante où toutes les fautes d'orthographe sont garanties d'origine, l'auteur en est une pétasse-libraire de Rennes (mais il ne faut pas décourager les bonnes volontés).

Renaud Camus qui est très, très pointilleux, et pour qui on n'a jamais assez de quartiers d'orthographe et de régularité typographique - comme avant la Révolution l'aristocratie réclamait sans cesse de nouvelles preuves de noblesse pour s'agréger à son ordre - a l'autre jour fait un procès à cette pauvre Jacqueline Voillat - dont il devait en avoir assez qu'elle se prosterne régulièrement devant lui sans même lui faire les gâteries qu'il affectionne - sur l'usage du trait d'union et du tiret, qu'elle mélangeait allègrement. Qu'à cela ne tienne elle a pris des cours accélérés de rattrapage et est devenue prote en chef du site de ses lecteurs !

Au sujet de la réaction nobiliaire, comme vous le savez il y eut plusieurs réformes quelques années avant la Révolution où le formalisme l'emportait de plus en plus sur la réalité des choses au point qu'à l'école du Génie de Mézières on dut renoncer au concours de sortie car les promotions ne comptaient plus que dix individus chaque année ! En effet on exigeait toujours davantage de sang bleu au lieu de réclamer des connaissances positives plutôt que supposées. Mon aïeul Adrien-Bertrand de Texier (°1765-1852) fut compris dans une des dernières promotions sorties de l'école avant la Révolution, élève entre 1785 et 1787 mais je suppose que l'esprit aristocratique qui régnait alors dans le cadre de l'enseignement, l'ambiance générale disons, le porta vers l'esprit contre-révolutionnaire et le poussa à l'émigration à Coblence notamment sous l'instigation de son frère Ambroise-Adrien de Texier (°1753-1803), gendarme de la Garde du Roi à Versailles entre 1763 et 1787 comme leur père Sicaire-Adrien de Texier (°1727-1816), gendarme de la Garde du Roi de 1750 à 1775. Leur mère fut guillotinée place de la Révolution, actuelle place de la Concorde le 18 mars 1794 à 71 ans, accusée d'avoir correspondu avec ses fils par Fouquier-Tinville.
Ambroise-Adrien de Texier cotoyait le comte d'Artois futur Charles X dans la loge maçonnique (loge militaire) des Trois Frères Unis (Orient de la cour, francs-maçons du rite écossais) en 1781. Voici le credo de cette loge : le système de l'égalité maçonnique tout révéré qu'il est, n'est pas assez imposant pour rapprocher sous un même niveau des hommes dont les caractères, les âmes, l'esprit, la fortune ou l'état ne sont point assorties; ces différences, il est vrai, sont étrangères à la maçonnerie, quant au dogme, mais elles importent quant à son exercice. Un défaut dans l'assortiment d'état, est donc un mal et peut être l'origine d'autres maux. C'est ce que nous éprouvons dans notre loge. Des militaires l'ont fondée ; et s'ils se fussent fait une loi de n'y recevoir que des militaires, ils y auraient vraisemblablement conservé la paix sans altération ... l'intelligence du principe maçonnique n'admet qu'une égalité morale, l'assortiment des âmes que jamais la confusion des rangs et des conditions ne favorisera.
A la Restauration, Louis XVIII défendit toujours les francs-maçons qu'ils fussent ralliés à l'Empire ou restés royalistes, Bouilly dit même qu'il eut l'honneur de se trouver auprès du comte d'Artois "à la belle loge des trois frères", le duc et la duchesse de Berry l'étaient aussi. Comme on le voit on était loin des principes démocratiques qui prévalurent par la suite ...

On peut peut-être établir un parallèle entre cette époque anté-révolutionnaire et l'actuelle forgerie anti-discriminatoire de la Halde et des organismes affiliés où il s'agit de toujours plus faire preuve d'anti-ségrégation et d'adhérer de plus en plus formellement à l'idéologie de la diversité sans que jamais on ne sache précisément où il y a le moins du monde une réalité dans ces choses-là mais où les inégalités réelles se renforcent de jour en jour ! J'en suis un bon témoin puisqu'à quarante-cinq ans, sans emploi, porteur du VIH et du VHB, ayant vécu quatre ans à l'hôpital de Garches pour me soigner dans mon adolescence, j'ai vu la semaine dernière mon assistante sociale me menacer de me supprimer mon RMI au mépris de toute loi !

Pour donner une idée du formalisme abrutissant et stérile dans lequel est en train de tomber la société française, je me suis rendu jeudi matin à une convocation des Assédic où l'on a refusé de m'inscrire parce que ma carte d'identité était ancienne ! Et si j'étais mort sur le chemin on n'aurait pas voulu m'ensevelir sous le prétexte que mes papiers n'étaient plus à jour ?

Je dois y retourner lundi 22 et comme le 1er janvier les Assédic et l'Anpe vont fusionner, on peut prédire un joli bordel dans l'organisation de ma recherche d'emploi !

Je finirai par dire que dès que j'entends le mot éthique je sors mon revolver. On voit comment se forge ce genre de réputation de grande éthique personnelle, un homme comme Bernard Madoff faisait des dons à des associations qui avaient pignon sur rue et qui étaient chargées de répercuter sa réputation d'homme charitable et investi dans les problèmes de la société grâce à leur surface médiatique. D'autre part sa renommée dans le monde des affaires était entretenue par des gens à qui il servait grassement des intérêts exorbitants, il n'y a là rien de neuf ! Jules Mirès faisait de même au XIXème siècle sous le Second Empire, à son procès mon aïeul l'entrepreneur en travaux publics Jean Tersouly raconta comment il donnait davantage de titres en action à ses fidèles clients que les valeurs réelles qu'ils déposaient en en faisant des obligés et comme il avait mis à la fois toute sa confiance et toutes ses économies chez lui. Bien entendu tant que le système fonctionne en faisant des dupes et forgeant des reconnaissances nouvelles personne n'y trouve rien à redire, les plus hautes autorités couvriront la malversation jusqu'au moment où il y a un renversement de tendance du marché et où le pot aux roses est découvert alors plus personne ne s'estime responsable et les hommes politique qui couvraient les agissements délictueux du boursier le jette en pâture au public, d'ailleurs en général la peine est légère. La seule différence entre le XIXème siècle et notre époque, c'est qu'en ce temps l'honneur étant en jeu certains se suicidaient, ce n'est plus le cas aujourd'hui et l'on ne craint pas pour la vie ni de Richard Fuld, ni de Bernard Madoff, pas plus en son temps pour celle de Michael Milken, l'inventeur des junk-bonds, l'honneur est devenue chose légère ou denrée périssable qui n'a plus cours sur la place.
Regnault en 1863 donnait un aperçu de tous les dessous des marchés et expliquait bien que seuls les initiés pouvaient espérer faire fortune rapidement à la bourse.

Florilège sur Gatien Marcailhou :

"Les pas effacés : mémoires" de Robert de Montesquiou-Fézensac, édités par Paul Louis Couchoud chez Emile-Paul frères, 1923 : "... au-dessous d'un front dénudé, contrastant avec des doigts velus, dont cet ecclésiastique se servait pour jouer « Le Torrent » de Marcailhou, valse alors à la mode et parfaitement dénuée de rapport avec les valses d'aujourd'hui et c'était tant mieux pour les amateurs de bonne musique."

"Le journal de Tristan: impressions et souvenirs" d'André Theuriet - 1883 - 356 pages : "... et au loin la musique d'un orchestre qui nous jouait une valse langoureuse alors à la mode et qui s'appelle, je crois, le Torrent ! ..."

François Coppée "Toute une jeunesse", 1891 : "... celui de ses parents et qui avaient la jouissance d'une moitié du balcon, on jouait au piano une valse de Marcailhou, fort à la mode alors et intitulée Indiana. Tout homme né dans les environs de 1845, qui ne sent pas ses yeux se mouiller de larmes nostalgiques en feuilletant un ancien tome du Magasin pittoresque ou en entendant un piano suranné jouer l'Indiana..."

"Histoire des Ariégeois" de Henri Louis Duclos - 1881 (republié en 1998) :
On voyait, dans une ville du Languedoc, vers 1834, un jeune docteur-médecin vif d'intelligence, instruit, qui débutait dans la carrière médicale. Ce que c'est que l'irrésistible puissance de la vocation ! Le jeune adepte d'Hippocrate quitta brusquement une carrière qui s'annonçait fructueuse, utile et honorée; et à quelques jours de là, M. Marcailhou d'Aymeric ...
Mais il n'est pas inutile de dégager ici les prédestinations artistiques de Gatien Marcailhou. Dès les plus tendres années de sa vie, Gatien Marcailhou avait annoncé des dispositions précoces pour cet art de l'harmonie ; tout était pour lui sensation ...
Il délaissa les théâtres et borna son ambition artistique à régner dans les salons ; et de 1840 à 1856, ce fut un vrai règne, qu'inaugura avec splendeur sa célèbre valse Indiana. Ainsi cette individualité poétique d'Ariégeois, s'adonna par-dessus tout, à la musique de danse. Indiana fut suivie d'une grande quantité d'autres pièces ...
On a donné plus de 60000 exemplaires d'Indiana. Et néanmoins, on regrettera toujours qu'avec son étoffe, Marcailhou se soit arrêté à cet échelon de la musique de danse, lorsqu'il y avait ...
Le hasard, à son tour, vint apporter son contingent. Tandis que le jeune Marcailhou cherchait, seul, à se perfectionner dans cet art de la musique dont son père lui avait appris les premiers éléments, le hasard amena un habile musicien espagnol, chassé de sa patrie et réfugié à Ax. C'est lui qui devait initier notre virtuose ariégeois aux secrets du piano ; mais, telles étaient les merveilleuses dispositions ...

Notre Gatien Marcailhou était né le 18 décembre 1807 à Ax. Son père surnommé le Doctrinaire, qui, à l'âge de 20 ans, professa la rhétorique au collège royal de Toulouse (ancien doctrinaire à l'Esquille à Toulouse, on dit qu'il avait été professeur du vénéré M Izac) émigré pendant la Révolution en Espagne, avec ses trois autres frères, habitué à une douce aisance due à la position foncière et aux charges de contrôleurs des finances, occupées successivement par le grand-père et le bisaïeul de Gatien, fut obligé de demander au travail les ressources dont l'avait privé la confiscation de ses biens, pour lesquels il reçut une indemnité de vingt mille francs équivalente à la dixième partie de ce qu'il avait perdu. Deux des oncles de Gatien s'établirent en Espagne, où ils moururent. Un autre oncle paternel, M. d'Aymeric, ancien officier garde du corps de Louis XVI, et chevalier de Saint-Louis, rentrait en France, avec son frère aîné Augustin.
Les jours de grande fête, on le faisait apporter au lutrin de la paroisse, et l'on mettait à contribution le répertoire des airs, que Augustin Marcailhou avait appris dans les couvents d'Espagne. Toute la famille reçut des leçons de musique, du père ; mais surtout notre Gatien Marcailhou se distingua d'une manière spéciale et montra une grande ...
Chacun voulait posséder chez lui ou entendre le jeune compositeur d'une éducation si accomplie.
Il recevait en 1846, de Mme la duchesse de Montpensier, des témoignages flatteurs, adressés à son talent ; et de son côté l'impératrice Eugénie lui en fit transmettre d'aussi vifs en 1853. Elle accepte avec plaisir la dédicace que vous voulez bien lui offrir. En août 1853, l'impératrice agréa l'envoi d'un album de six valses nouvelles; elle lui fit ses remerciements par une jolie lettre et envoya une superbe ...
Il est vrai que Marcailhou, le 26 décembre 1845, avait dédié un album à la duchesse, de laquelle il reçut une épingle garnie de diamants avec la lettre suivante : ...
... canton, en avait fait son compagnon. Du reste, lorsque Marcailhou se trouvait à Ax, la ville pyrénéenne prenait un petit air du Conservatoire de musique de Paris. Baptiste Rivière, l'éminent élève de Dupré et son égal juxtaposait ses grandes ressources musicales près de celles de son parent, l'auteur ...
... Indiana et du Torrent; et alors, ces concerts de voix fraîches, exquises, bien disciplinées, répétant les chants des montagnes, faisaient presque oublier les plus grands centres musicaux de nos capitales.
Ils sont morts en même temps, en 1856. Marcailhou s'éteignit à Paris, rue Jacob, et sa dépouille mortelle repose au cimetière Montparnasse. Gatien avait toujours conservé ses sentiments religieux. Au pays natal, il aimait à donner des concerts au profit des pauvres. Il mourut en bon chrétien à l'âge de quarante-huit ans. Il fut assisté à son lit de mort par sa parente, soeur Rivière, supérieure de l'hospice Sainte-Eugénie.
Gatien Marcailhou devait être une étoile de moyenne grandeur, une étoile véritable cependant dans le ciel musical. Marcailhou eut le bon sens de fixer les évolutions de son talent dans une enceinte définie, ....
C'est pourquoi Marcailhou élégant, digne et poétique de sa personne, fut recherché toute sa vie, à Paris et dans la province. Ses relations étaient des plus belles ; il fut le commensal de Léon Foucault le savant physicien ...
...y aurait profité, et l'emploi de ses hautes facultés, et les scrupules de son talent, et la perfectibilité de sa manière et de ses dons poétiques, et les exigences du public. La mort en coupant trop tôt la trame de cette existence ...
Ce dénouement eut lieu pour Marcailhou avant la vieillesse, à l'époque de la maturité, alors que son talent allait, selon toute probabilité, ...
Mais quoi de plus naturel que de souhaiter au populaire Marcailhou qu'il eût donné tout son souffle, en prenant un ton plus haut ? ...
... Néanmoins, tel qu'il est, avec sa manière allemande, reconnaissons qu'il n'y avait point de vulgarité dans ce musicien ariégeois ...
... les tours de Foix, rêvant de Gaston Phœbus, lorsque tout à coup les sons d'un piano manié avec agilité, vinrent fixer notre attention. Justement une valse de Marcailhou frappait les airs, et les échos de la vallée répercutaient, par un temps exquis, cette cadence, sur les bords de ce fleuve de l'Ariège, où Marcailhou était né, avait vécu et avait chanté.
... entendre le torrent se précipiter avec impétuosité. Après ce mouvement d'entrain, suit un motif de la plus délicieuse fraîcheur, où l'Ame du compositeur se répand tout entière. Cette suite d'alternances et de précieux dialogues se renouvelle ...
Dans nos rues, toutes les orgues de Barbarie redisent des compositions de Marcailhou. Qui n'a entendu partout l'air des Mignonnettes, un des morceaux si réussis de notre compositeur ?
Voir l'Etoile de l'Ariège, n° du 20 janvier 1856 (imprimé chez Jean Loze-Madière entre 1847 et 1854), article par M. Jacques Ourgaud (°13/3/1796 Pamiers - 14/10/1868 Pamiers), docteur en médecine, conseiller municipal de Pamiers de 1826 à 1868, maire de Pamiers entre 1830 et 1861, conseiller général de l'Ariège entre 1848 et 1864.

Il faut préciser qu'Henri Louis Duclos était abbé et curé de la paroisse de Saint-Eugène de Paris, rue du faubourg Poissonnière, 52 de 1870 à 1897, ordonné en 1840, ce qui explique peut-être qu'il insiste lourdement sur les qualités de bon chrétien de Marcailhou.
M. l'abbé Henri DUCLOS (°29/12/1815 Saint-Girons - 8/4/1900 Paris), mort à Saint-Girons à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, était l'auteur d'une Histoire de Royaumont et d'Asnières-sur-Oise (1867, 2 volumes), d'un ouvrage sur Madame de Lavallière et Marie-Thérèse d'Autriche (1860) etc. Il fît ses études au grand séminaire de Pamiers et entra ensuite dans les ... L'abbé Henri Duclos, de l'Institut historique de France. Le 12 mai 1890 l'abbé Duclos célébra ses noces d'or dans une fête magnifique ... jouir dans son bien-aimé pays de Saint-Girons d'un repos noblement acquis.

"Journal littéraire" de Paul Léautaud - 1935 : "Mardi 12 Mars. Le Fléau chantait aujourd'hui, après déjeûner, l'Indiana de Marcailhou, en la déformant un peu, en la faisant plus langoureuse, d'une façon fort jolie, en y mettant une certaine âme, à croire qu'il y a quelque ......"
"5 janvier 1947 : Je me représente les femmes, aux bras de leurs danseurs, tournant, valsant, une griserie physique, presque sexuelle, les prenant, montant en elles, les faisant presque pâmer. Je revois le Fléau, chantant et dansant pour moi devant sa glace la valse d'Indiana avec une grâce de gestes, un accent dans sa voix qui me ravissaient. A ce point qu'il arrivait souvent, après le déjeûner, que je lui dise : Chantez-moi Indiana."
"Ce que j'ai noté plus haut, du Fléau chantant et dansant ... Marcailhou".

"D'un pays lointain : Miracles. Visages de femmes. Anecdotes" de Rémy de Gourmont - 1898 - 282 pages : "Après les compliments, les déclarations, - d'exquises phrases de romance, des murmures d'une douce musique, aussi douce en vérité qu'une mélodie de Marcailhou ! ... "

"Les Jours comme ils viennent" par Georges van Parys, 1969. Leçons de snobisme : "Trouver emmerdant Wagner et Schumann, après avoir dit le plaisir pris à entendre Indiana chez Larue et Si je t'aime chez Mayol."

Je prie ceux qui peuvent compléter les citations que j'ai faites de m'envoyer par mail les corrections nécessaires. Ma bibliothèque étant grande mais pas innombrable.

On notera une certaine trivialité chez van Parys (au demeurant excellent compositeur de musiques légères et populaires) et la chute du beau langage entre le début du XXème siècle et sa fin !

A ma connaissance il n'existe pas d'ouvrage sur Marcailhou, hormis la plaquette publiée à Foix en 1909 chez mon aïeule Marie Tersouly épouse de Jean Pomiès par son neveu le docteur Hippolyte Marcailhou d'Aymeric : "Biographie de Gatien-Pierre-Joseph-Ferdinand Marcailhou-d'Aymeric, célèbre pianiste et compositeur, par Hte Marcailhou d'Aymeric", 16 pages extraites de l'Annuaire de l'Ariège.
Qu'un érudit se charge de produire quelque chose aujourd'hui ce serait réparer le scandaleux délaissement dans lequel toute une partie de la culture française est en train de tomber aujourd'hui. Je n'attends pas grand chose des officiels et tout des initiatives individuelles. En 2007 heureusement pour le bicentenaire de la naissance le pianiste Alexandre Sorel et quelques passionnés de l'Ariège ont organisé des manifestations en son honneur mais ce fut tout.

L'abbé Paul Beurrier (°1608-1696).

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Qu'il soit pris de trois-quarts avec les yeux fichés sur nous lui donne une étonnante présence et on ne le croirait pas éloigné de nous de plus de trois siècles.

Les doigts velus de cet ecclésiastique dont parle Robert de Montesquiou produisent un effet cocasse et assez éloquent ! Et puis n'oublions pas qu'il fut le meilleur modèle de Charlus ...

Paul Claudel, Pléiade, Oeuvres en prose, page 40 : Un certain rythme élégant et mol fait à peu près toute la valeur des meilleures poésies de Lamartine, comparables aux valses de Marcailhou, et de beaucoup d'autres compositions de la même époque.

Le sculpteur James Pradier (°1790-1852) fondit une statuette en bronze exposée au Salon de 1837, cataloguée Statues de chair, n°36. Gatien-Pierre-Joseph-Ferdinand Marcaillou.

Dans son roman Un Bal à Yeddo qui se passe au Japon, Pierre Loti cite une valse de Gatien Marcailhou parmi les oeuvres favorites des japonais et adoptées parmi les pièces de musiques de salon européennes.
Japoneries d'automne de Pierre Loti - 1910 - 356 pages : "Vraiment elle est tout à fait habillée comme une jeune fille à marier de notre pays (un peu provinciale, il est vrai, de Carpentras ou de Landernau). Nous sommes devenus très camarades, cette brave petite demoiselle et moi. Comme la valse est longue, — une valse de Marcailhou — et qu'il fait chaud, nous imaginons d'ouvrir une porte-fenêtre et de sortir par là, afin de prendre l'air sur la terrasse ..."

Il y a une curieuse concomitance de temps des homosexuels quand ils se mettent à parler des jeunes filles, c'est à dire des filles nubiles qui se frottent aux hommes, une espèce de misogynie un peu douceâtre ... la méchanceté drôle de Loti faisait tout son charme et son exotisme peu complaisant ne tombait pas dans la neuneuserie d'un Le Clézio !

Résumons-nous pour nous bien faire comprendre, Jean-Marie Le Clézio, c'est l'écriture d'un neu-neu pour l'entendement d'un bobo, il est donc digne de son époque et bien entendu du prix Nobel, c'est notre Sully-Prudhomme de début du XXIème siècle !

Ce qui est frappant c'est que les sous-cultures trustent maintenant les places d'honneur à tous les rangs de la société occidentale, il n'y a pas de résilience à cet égard ! J'emploie à dessein des anglicismes pour illustrer mon propos ...
Ainsi j'ai pu lire il y a quelques jours sur le blog de Jean-Paul Brighelli qu'un certain Christophe Sibille, professeur de musique en IUFM et chargé de l'enseignement aux futurs instituteurs considérait que l'oeuvre de Miles Davis valait celle de Johann-Sebastian Bach ! Mais alors si je comprends qu'on maintienne à grands frais des conservatoires pour enseigner l'art du contrepoint et la fugue harmonique, héritage occidental quasi-millénaire, je doute qu'on puisse justifier d'entretenir les mêmes lieux pour enseigner les bouts-rimés et les improvisations délictueuses pour ne pas dire primitives des jazzmens ! Bobby Lapointe avec son cours de guitare sommaire avait fait suffisamment le tour de la question, me semble-t-il !

Je comprendrais très bien qu'un grand magasin style Le Printemps ou Les Galeries Lafayette exposa le homard de Jeff Koons dans le cadre d'un quinzaine de promotion des produits de la mer, mais le château de Versailles, cela ne s'impose pas vraiment, à moins de faire croire que la boîte de soupe Campbell reprise par Andy Warhol soit la même chose que La Joconde !
Chaque chose à sa place ...

Voilà je reviens des Assédic où l'on vient de m'embaucher pour surveiller les profs de l'éduc'nat, le premier qui ouvre son claque-bec pour dire une connerie aura droit à un grand coup de gourdin sur la tête ou dans les tibias selon mon inspiration, il va falloir qu'ils se tiennent bien, je commence quant à moi un entraînement intensif car je crains d'avoir des courbatures dès ma première journée de travail ... il paraît que c'était un poste qui n'était pas pourvu jusqu'à présent par manque de courageux pour aller se frotter à cette engeance enseignante qui prolifère à belle allure. C'est la nouvelle école républicaine que je lance, celle des bois morts. Du bon frêne souple mais solide, taillé dans le coeur du tronc ...

Valentin Alkan (°1813-1888) fut très célèbre en son temps mais ses qualités de virtuose absolu si elles éblouissent ne peuvent offusquer la raison au point d'oublier que ses idées - ses thèmes - furent creuses (Jérôme Vallet le rappelait récemment), rien de tel avec Marcailhou, c'est pourquoi il est bon de célébrer cet inspirateur de Chopin, du Chopin vibrant de mille feux qui faisait tourner les coeurs et les âmes avec ses valses.

Continuons donc le florilège :

Maurice Ravel : La Valse composée 3/4 de siècle après les valses de Marcailhou en souvenir du créateur de la valse romantique française.

Igor Stravinsky : Marcailhou qui fixa la valse romantique selon Paul Valéry, est pour nous le maître romantique de la valse, le grand ancêtre dans le monde de la valse.

Camille Saint-Saëns : Ses valses, aux belles inflexions de lignes mélodiques, sont d'une inspiration à fleur d'âme. D'inspiration creuse, d'autres plus tard écriront des valses, mais elles ne feront jamais oublier les thèmes d'Indiana (1840), chef d'oeuvre du genre.

Gabriel Fauré : Comme le dit Saint-Saëns, ce n'est pas le genre qui compte le plus, mais le talent. Dans le genre qu'il avait adopté, Marcailhou connut une célébrité véritable.

Gatien qui fut statufié par James Pradier avec qui Juliette Drouet avait eu une fille, Claire Pradier au tragique destin, séduisit la charmante Juliette avant qu'elle ne succombe à Hugo et n'accole son destin au sien.

André Gide : Sa musique est le reflet si parfait d'une époque qu'elle semble la voix de tous plutôt que l'expression de quelqu'un.

Pour terminer un texte de Gatien Marcailhou paru en 1860 dans le Guide musical belge où il parle de la gastronomie musicale et de La bosse musicale dont il se moque, à quoi il préfère l'équilibre et les qualités complémentaires de l'homme d'art car dit-il un musicien purement musicien est une monstruosité de la nature, c'est l'aptitude privée de tout ce qui peut la féconder par le voisinage. Il oppose l'élégance et l'esprit d'Auber à la volupté orientale de Rossini et à la couleur sombre de Meyerbeer et en déduit qu'il n'y a rien d'isolé dans les facultés de l'homme mais seulement une harmonieuse dépendance dans ceux qui sont nés sensibles et artistes.

Albert Roussel (1869-1937) : un marin musicien par Damien Top - 2000 - 170 pages -
... demeure vaste et cossue devenue aujourd'hui musée des Beaux-Arts, il fit l'apprentissage de la longanimité et trompait sa solitude avec des livres d'aventures. En égrenant au piano les valses de Gatien Marcailhou, les fantaisies et ...
Par contre, à l'École Navale, plus tard à bord, Roussel obtiendra qu'on embarque un piano, et il fera danser ses camarades au son des Valses de Marcailhou. Au petit-neveu de ce musicien, d'une plume alerte, il écrira une lettre qui ...

Pays et paysages par Émile Pouvillon - 1895 - 271 pages -
Concordance inattendue : un piano joue une valse de Marcailhou, Indiana ou le Torrent, et le piano lui-même est contemporain des valses et des piliers et des urnes en terre cuite. Les cordes ont le son grêle, un peu macabre et faux ...

Pour revenir sur le portrait de l'abbé Paul Beurrier : on jurerait qu'il va se taire. Ce qui pour un confesseur est tout naturel puisqu'il ensevelit en lui les plus profonds secrets.

Les "Grands notables du Premier Empire : notices de biographie sociale. Volume Ariège et Gers", CNRS, 1985, comporte d'intéressantes précisions sur la famille Marcailhou et ses alliés, cf aussi la notice Astrié du Castelet.
Jean-Pierre-Esprit de Fornier de Savignac (°4/11/1764 Savignac - 7/9/1837 château de Savignac), chevalier de la L.H, député et préfet de l'Ariège est le fils de noble François-Esprit de Fornier de Savignac (°5/5/1733 - 8/5/1807) époux le 24 juin 1764 de Marie-Anne ou Marie-Aimée Marcailhou, fille de Jean-Pierre Marcailhou, bourgeois d'Ax, consul et collecteur de taxes époux le 30/8/1733 de Mlle ... née à Cintegabelle (remariée en secondes noces avec Jean-Baptiste Tardieu). Pendant la Terreur son père est arrêté et fait partie de la charrette envoyée pour la guillotine à Paris par Vadier. Sauvé d'une mort certaine par la chute de Robespierre, celui-ci doit néanmoins rentrer en possession de ses biens confisqués.
Dictionnaire des familles françaises de Chaix d'Estang.
Le premier rameau a possédé la seigneurie de Savignac. Son chef Esprit François Fornier de Savignac, marié en 1764 à Marie-Anne Marcailhou, fut élu député de l'Ariège en 1818. Il eut deux fils, Jean Esprit de Fornier de Savignac, marié à Toulouse en 1805 à Mlle Guilbon de Lestang, et Jean-Pierre de Fornier de Savignac du Castellet, marié en 1808 à Clotilde-Françoise de Montaut-Miglos qui furent les auteurs des deux sous-rameaux, aucun de ces sous-rameaux n'est titré.

Il est à noter qu'en 1843 Augustin Marcailhou, ex-doctrinaire le père de Gatien publia un ouvrage traduit du latin (Les Fables de Phèdre) chez Loze-Madière à Pamiers, gendre de Jean Pomiès aîné.

Avant l'inventeur de la valse romantique française, un musicien de cette contrée se signala par ses écrits théoriques, Jean-Baptiste Mercadier de Bélesta (°18/4/1750 Bélesta, Ariège - 14/1/1816 Foix), ingénieur des Ponts et Chaussées, architecte à Montpellier puis dans le département de l'Ariège. En 1776, il publia à Paris chez Valade un "Nouveau système de musique théorique et pratique". D'Alembert secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences le félicita et l'encouragea. Le jeune musicien adressa ensuite à la Société royale des sciences de Montpellier plusieurs mémoires sur la théorie des sons, sur le monocorde et l'accord parfait. En 1794 il fut envoyé comme officier du Génie en Catalogne. Il traça la route du col de Puymorens entre la France et l'Espagne. En l'An IX (1800) il publia chez Pomiès aîné à Foix une "Ebauche d'une description abrégée du département de l'Ariège" par le citoyen Mercadier imprimée et publiée par ordre du citoyen Brun, préfet qui lui valut les félications du comte Chaptal.
Cf Biographie universelle des musiciens de François-Joseph Fétis.
Son père qui était secrétaire de Marie Tristan François de Cambon (°1716-1791), dernier évêque de Mirepoix (de 1768 à 1790 et mainteneur des Jeux floraux) le destinait à l'église. Ce qui est un autre lien avec les Pomiès car l'on sait qu'ils servirent Jean-François Boyer l'ancien évêque de Mirepoix et précepteur du Dauphin, fils de Louis XV.

Comme Noël est une fête de famille, je vais la passer avec mes aïeux après tout c'est une compagnie qui en vaut bien une autre ! Ils sont peu exigeants d'ailleurs ...

Jean-Baptiste Mercadier eut trois fils Philippe Louis Mercadier (°1805 ou 1812 Foix - après 1865 Paris), élève de St-Cyr, chevalier de la Légion d'Honneur, qui s'occupa lui aussi de théorie musicale et d'enseignement. Philippe Louis Mercadier, théoricien musical. Il publia "Essai d'instruction musicale à l'aide d'un jeu de gammes", 3è édition, In-8°, 1855 et "L'Harmonie vulgarisée, méthode nouvelle et raisonnée pour apprendre l'origine et l'emploi de tous les accords" par P.-L. Mercadier, Paris, Perrotin, 1861 et 1865.
MERCADIER (Jean-Louis) — Peintre, né à Foix en 1811. On a de lui deux tableaux : La mort de la Vierge et Jésus et la Samaritaine. Avec les tableaux déjà indiqués, rappelons la mort de la sainte Vierge, d'après Michel-Ange, ou Caravage, copiée par Jean-Louis Mercadier. Le Bénézit le qualifie de peintre de portraits.
Comme autre fils de Jean-Baptiste Mercadier, Ferdinand Mercadier (°1805 Foix - mort à Foix à 80 ans en 1885), adjoint au maire de Foix, secrétaire-greffier du Conseil de Préfecture en 1868/1870, nommé conservateur de la bibliothèque de Foix en 1858 puis du musée à sa création en 1882.
Dont comme fils Auguste Mercadier (°1830 - vivant en 1898), professeur de musique, officier d'Académie, après avoir débuté dans l'enseignement universitaire à Foix, il se rendit à Paris. Auguste Mercadier, professeur de solfège et d'harmonie, 70, rue de Rivoli à Paris en 1882, membre de la société archéologique de l'Ariège. Auteur de "Chant, cours moyen et supérieur" par M. Auguste Mercadier, Paris, Paul Dupont, 1885.
1898 : Notre excellent confrère du Monde Musical M. Auguste Mercadier, vient de faire paraître chez Ricordi, une mazurka pour piano et chant et de nombreuses autres oeuvres, Sonatine pour piano 1881.
Marie de Régnier (Gérard d'Houville), née Marie de Hérédia (°1875-1963) propos et souvenirs édités par Henriette de Chizeray-Cuny - 1969 - 143 pages : Alors, tu as des dispositions, je vais te donner un professeur. Monsieur Mercadier était un excellent maître, enseignant le piano, l'harmonie, et même le contrepoint ; malheureusement, il chantait aussi faux que mon père ...
Auguste Mercadier a été maire de Foix de 1861 à 1870.
Il avait un frère qu'il faut identifier à celui-ci : "Le Président met aux voix la candidature de M. Mercadier (Jean-Louis), Ingénieur des arts-et-manufactures, chef du service municipal à Dunkerque", qui devint membre en 1884 de la Société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Maximilien de Béthune de Sully, Pierre Mathurin de L'Ecluse des Loges.

Mon gros souci avec les gens de l'Ariège c'est que je n'y compte aucun correspondant, en effet les habitants ne font aucune recherche historique, au point que la mairie de Foix sur son site officiel n'est pas même capable de donner une liste correcte des maires depuis la Révolution ! J'ai rectifié sur la wikipédia en m'aidant de renseignements pris sur Google books.
Quant à se déplacer jusqu'à Foix sans voiture particulière c'est une aventure pour le moins périlleuse, aucun train rapide et direct ! On est aux bornes de la civilisation moderne ... c'est le pays des ours !

Aller-simple Paris-Foix, 80 euros prix plancher, 9 heures de transport, train jusqu'à Toulouse puis autocar jusqu'à Foix ! Ce n'est pas demain la veille que je me rendrais dans ce pays perdu.
L'avion est en fait pas plus cher et bien plus rapide.

Foix est probablement une des plus petites préfectures de France avec moins de dix mille habitants, elle n'est pas même le siège de l'évêché situé à Pamiers, la seule ville industrielle du département ! Pour la vie intellectuelle, il faut se rendre à Toulouse ou à Montpellier. L'Ariège, l'ancien comté de Foix, fait partie de cette écharpe de désertification qui coupe la France en deux.

Personnellement j'ai des doutes quant à l'intérêt de maintenir en l'état des départements aussi petits, exsangues économiquement et donc financièrement et sans influence sur le plan de la politique nationale. Je pense qu'il aurait fallu créer une grande région de l'Occitanie - plutôt que cet affreux nom tiroir de Midi-Pyrénées - dont une sous-région aurait été le comté de Foix qui historiquement est plus significatif que l'Ariège, jolie rivière au demeurant !
Je prêche dans le désert, je crois ...

L'Occitanie cela se réfère à la langue occitane, cela veut dire quelque chose, Midi-Pyrénées c'est ridicule ! Imaginez les allemands nommant la Bavière, Midi-Alpes !
Les technocrates font tout ce qu'ils peuvent suivis par les politiques béats d'admiration pour chasser les références historiquement valables et faire table rase de nos traditions. La conduite de la France ne s'en trouve pas améliorée, loin de là !

Dans le monde entier on sait qui étaient les troubadours, la cour d'amour et les jeux floraux de Toulouse ou le livre de la chasse de Gaston Phœbus, mais la région Midi-Pyrénées ... il vaudrait mieux encore l'appeler la région Airbus !

Un double portrait de Ferdinand de Béhagle (°1857-1899).

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Je l'ai trouvé grâce à Europeana, le musée Branly conserve une statuette à son effigie en costume local d'explorateur africain qu'ils ont renommée François de Béhagle.

Ferdinand de Béhague (c'est la bonne prononciation) appartenait à la loge maçonnique L'Etoile Polaire au moment de son dernier voyage d'exploration, il reçut de nombreux appuis pour monter l'expédition dans laquelle il trouva la mort. Gallica a reproduit son Voyage commercial et scientifique au bassin du Tchad.

On remarquera que Gaston Fébus, comte de Foix avait choisi d'écrire son livre de la chasse en français du nord et non en langue d'oc ! Ce qui ne l'a pas empêché de guerroyer pour conserver son indépendance.

Il se trouve que par les Galard de Brassac de Béarn, je descends des comtes de Foix, en effet en 1508 François de Galard, baron de Brassac épousa l'héritière du nom, Jeanne de Béarn, cf Dictionnaire de la noblesse ou cette édition Galard de Brassac de Béarn.

Je suis un anti-essayiste ... je trouve qu'il y a trop de gens qui font des essais dans notre société, je préfère les réussites.

De plus on peut jouer seul aux réussites, on n'a nul besoin de s'associer à une mauvaise compagnie. Mon indépendance d'esprit me tient lieu d'alpha et oméga et je suis mon propre faire-valoir, je n'ai pas besoin pour cela de médias envahissants et bien encombrants. Mes impedimenta tiennent dans un modeste sac à main, un en-tout-cas portatif.

Je crois que l'art comme la pensée est un artisanat, je laisse la politique aux adeptes du marketinge électoral, je voulais dire du maquignonnage pour parler en bon français.

Vous savez comment on nomme aussi les réussites ? Des patiences, c'est exactement ma vertu principale.

Thomas Jefferson (°1743-1826) qui voyagea beaucoup en France s'est intéressé à la langue d'oc. Il fit même publier quelque chose - un libelle ? - chez François Loze-Madière (°1761-1829), imprimeur à Pamiers entre 1794 et 1829.
On peut signaler que Jean-Florent Baour imprima en catimini en 1762 à Pamiers une édition du "Contrat social" de Jean-Jacques Rousseau sur laquelle Malesherbes, directeur de la Librairie fit enquêter.

Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis d'Amérique.

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Heureux temps où un homme - certes d'exception - pouvait se passionner et exceller en tant de choses !

Je vais dire un gros mot, mais chut ! vous ne le répéterez pas vous mes plus fidèles lecteurs : Albert Camus me fait chier, je crois même qu'il tient la corde avec le petit prof' de morale de province Jean-Paul Sartre ! J'imagine toujours le lecteur de Camus la tête soutenue par une main accablé par tout le poids de la condition humaine réfléchissant douloureusement au chagrin du petit homme ...

Les ennuyeux sont chroniques et légion dans la littérature officielle, je crois qu'ils me donneraient envie comme le Petit Prince de me faire piquer par un serpent pour échapper à leurs pesantes présences. Dieu, que la Terre est lourde certains jours, alors si en plus il faut supporter les beaux parleurs le petit doigt sur la couture du pantalon, c'est trop ...

Ah ! les écrivains méritants, quelle engeance ! Le petit Poulou Sartre qui tartine la morale, il en met partout, va-t-il voir le Tintoret à Venise, il en étale des couches entières, ce n'est plus un glacis préparé pour le pinceau d'un peintre raffiné, c'est du plâtre appliqué à la truelle sur une vieille courtisane. On dirait un gamin malpropre qui s'ingénie à tout saligoter ... il fait dans ses couches pour nous obliger à le nettoyer par derrière !

La calamité de la littérature bien pensante débitée à loisir pour faire bâiller les élèves pendant que le professeur se noie dans les délices de son verbiage étudié devrait être bannie dans un République bien ordonnée. Je rêve de la République du bon goût où il serait interdit de peser ... où tout ne serait que féérie et fantaisie, légèreté de plume et touche de plaisir. Les Lettres sont une mousse de chocolat pas un plum-pudding pour estomac anglais. Charité bien ordonnée commence par soi-même, n'insistons pas, nous sommes entre gens de bonne compagnie, laissons Le Clézio endormir ses auditoires cacochymes et suédois.

Les gens de qualité se comprennent à demi-mot. Les autres ont besoin des crieurs de journaux pour se réveiller.

Un petit coulis de morale, je veux bien, avec un fruit confit de fleur de péché au sommet pour agrémenter le dessert mais pas un océan de mousse moraline chantilly à dégoûter le pâtissier lui-même !
La morale peut-être une chose délicieuse mais il ne faut pas en abuser, il en suffit de peu pour épicer le péché.

Savoir relever le goût des choses ne consiste pas à les noyer dans un océan de bons sentiments.
Ecouter Yann Artus-Bertrand pendant une heure suffit à vous faire avoir des hauts-le-coeur pour toute une journée.

Je l'ai vu hier soir quelques minutes à la télévision et j'ai eu ensuite une subite envie de dépiauter un brave ours pyrénéen qui ne m'avait rien fait ! En fait je comprends trop bien les chasseurs d'ours qui se vengent des programmes télés du réveillon ... je suis sûr que Cannelle est une victime collatérale des passages sur le petit écran de Nicolas Hulot ou de ses alter égo Bougrain-Dubourg et Artus-Bertrand, ça énerve le téléspectateur moyen et de bonne foi qui serait prêt sinon à laisser tranquilles les bêtes à poils et à plumes !

J'ai appris que le chanteur Ricky Martin avait fait deux enfants tout seul cette année (c'est lui qui chante un dos tres - on est savant dans le show business), je lui donne entièrement raison, d'abord on n'est jamais si bien servi que par soi-même et ensuite quand on est riche et célèbre pourquoi partager son logement avec une soi-disant douce moitié qui devient vite une source d'acidité gastrique ?

Le couple parfait : Montesquiou et Yturri.

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Whistler, Arrangement en noir et or : le comte Robert de Montesquiou-Fesenzac, 1891-1892, Huile, New-York, Frick Collection.

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Je ne suis pas exactement sûr si la procréation artificielle avait existé à l'époque - les mères porteuses elles étant toujours prêtes à prêter leur ventre contre un peu d'or - si donc le couple fameux formé de Montesquiou et de son secrétaire particulier, comme on disait pudiquement alors, le cher et tendre Gabriel Yturri, ceux-ci auraient voulu faire souche !

Montesquiou était ce qu'on appelle communément une fin de race, ceci dit c'est une fin de race qui a marqué les esprits.
Il est même aujourd'hui le plus célèbre de sa glorieuse lignée. J'ai déjà regretté ici-même le délaissement des éditeurs pour son oeuvre dans laquelle il y a des pépites à retrouver.
Heureusement, le site Gallica a choisi de reproduire plusieurs de ses ouvrages célèbres.

Dans "Le Chancelier de Fleurs" ouvrage qu'il a consacré à son ami de vingt ans Gabriel Yturri, il laisse croire qu'il était issu d'une noble famille et il lui accorde avec munificence une particule indue mais ce sont des peccadilles du comte porté un peu trop à la rêverie.
Ferdinand Bac prétendait qu'il avait été vendeur dans un magasin de nouveautés lors de ses débuts à Paris avant de devenir le jeune protégé du baron de Doasan. Il avait vingt-et-un ans quand sa route croisa celle de l'amateur des hortensias bleus.

Chaque époque a les héros homosexuels qu'elle peut avoir, en 1900 c'était Oscar Wilde et Robert de Montesquiou, aujourd'hui c'est Elton John, Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel et Steevy ...

Jérôme Vallet jamais à court de petites attentions nous a fait cadeau d'une parodie de la Tribune des critiques de disques par Peter Ustinov qui mérite le détour (très Priscilla folle du désert).

On appelle cela aussi la banalisation. Dans mon enfance et ma jeunesse les icônes de l'homosexualité s'appelaient Roger Peyrefitte et Jean-Louis Bory voire Jacques Chazot. Nous avons perdu en relief et en culture ce que nous avons gagné en "common decency" !

Je vais quand même gourmander M.Boris Joyce qui suivant le déplorable exemple de Mme Anna Ruperti appelle pastiche ce que moi je nomme parodie ! Je vous laisse juge sinon j'envoie mes témoins à qui de droit, et ceci n'est pas un pastiche mais une parodie !
PS Tout plagiat de mon site et de mes propos sera poursuivi devant les tribunaux compétents, ceux du rire gaulois et de l'exposition aux fourches caudines et patibulaires de mes sarcasmes.

La télévision c'est fait pour faire rêver les pauvres mais ce sont les riches qui la fabriquent ... Internet est venu troubler ce pervers jeu de miroir en permettant à chaque common citizen - vulgum pecus en termes latins - d'être le propre acteur de sa vie. Contre-culture face à la sous-culture revendiquée du petit écran.

Le blog PerezHilton qui cumule tous les travers de la presse people et des médias les plus corrompus par la publicité est une admirable leçon de choses, c'est une aubaine pour un esprit libre.

Comme je disais à Yfig pour nous autres les huitres un peu de citron nous suffit pour nous faire pâmer ...

Pour ceux qui se demandaient ce que je fabriquais depuis hier, une petite explication : au bout de huit ans et demi de bons et loyaux services mon moniteur m'a lâché - je ne lui en tiens pas rigueur, j'ai calculé qu'à raison de seize heures d'usage par jour c'est l'équivalent de vingt-quatre années de fonctionnement d'un téléviseur. J'ai donc remplacé mon bon vieux tube cathodique par un écran plat plein de pixels ... je ne suis pas certain qu'il me fasse le même usage !

Ces Chroniques de la Marine française de 1789 à 1830 donnent des détails des campagnes de La Mutine commandée par le capitaine Pomiès (citoyen Pommier), indifféremment orthographiée corvette La Mutine ou corvette Le Mutin ! Page 134 : Six corvettes servant d'avisos aux officiers supérieurs complétaient ces forces navales (contre-amiral baron François Joseph Bouvet 1753/1832 commandant l'escadre de Brest d'origine roturière fils d'un capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes, fut cassé de son grade après le désastre d'Irlande en 1797 et devint vice-amiral en 1816). Page 199 pour l'épisode des Canaries.

En fait il y a une confusion entre Le Mutin vaisseau de ligne qui participa à la campagne d'Irlande et La Mutine corvette qui s'échoua aux Canaries avant d'être volée par les anglais aux marins français dont le commandant Pomiès restés à terre.

J'ai découvert un fait intéressant, Guillaume de Lamoignon (°1683-1772), Chancelier de France et père de Malesherbes était parent de Jean-François Boyer (°1675-1755), évêque de Mirepoix, précepteur du Dauphin et premier aumônier de la Dauphine, ce qui explique sa présence aux contrats de mariages de Jean-Baptiste Pomiès et de sa fille en 1751 à Versailles puisque précédemment Pomiès était au service de M. de Mirepoix.

Pourquoi l'évêque de Mirepoix n'est-il pas parmi les signataires du contrat de mariage ? Parce qu'il s'agit d'un acte civil et non d'un acte religieux et qu'il n'a pas à signer es-qualités, ceci dit peut-être était-il présent mais ce n'était pas l'usage (je n'ai trouvé qu'un seul contrat de mariage aux archives nationales avec un évêque comme témoin pour raisons familiales).

En février 1752, Malesherbes directeur de la Librairie et quoiqu'ami des encyclopédistes fit saisir les tomes déjà imprimés de l'oeuvre de Diderot et d'Alembert sur ordre du Roi sous l'instigation de François Boyer, anc. évêque de Mirepoix - l'âne de Mirepoix comme l'appelait Voltaire - cf Chronique de la régence et du règne de Louis XV ou Journal de Barbier.

Le comte d'Argenson, ministre de la Guerre présent au double contrat de mariage des Pomiès en 1751 était - comme son frère aîné le marquis - un intime de Voltaire. Le Journal du Marquis montre bien qu'il était du côté des encyclopédistes contre la bigoterie du Dauphin très lié à son précepteur. Ceci dit cette affectation de religion de l'héritier du trône ne l'empêcha point d'avoir un bâtard en-dehors des liens du mariage ...

J'espère échouer cette année comme les autres et comme il n'est de bons voeux qui ne se partagent, je vous souhaite donc à vous aussi tous les échecs du monde.

L'échec est un avant-goût de la fin c'est donc le commencement d'une méditation philosophique, le succès et son succédané le bonheur ne sont que des simulacres. Je me flatte de n'avoir pas épuisé tous le fiel de l'âme humaine.

Promotion du nouvel an.
Mes décorations ce sont mes crachats.

Histoire d'autrui.
Je ne suis ni populaire, ni impopulaire, je suis autre. Je ne cultive pas le genre qui consiste à faire semblant d'être tout aux autres.

Schopenhauer : Si la musique est la vapeur de l'art, l'architecture est de la musique gelée car asservie à la matière.
Les politesses convenues sont aussi l'antithèse absolue de la bonne société de l'intelligence de soi avec soi-même.

Pascal avait écrit une prière pour le bon usage des maladies, il faudrait concevoir que les manières sociales sont aussi une maladie dont il faut se garder et dont il faut rechercher les contre-poisons soigneusement avec toute l'application dont l'esprit peut être capable, appelons cela inspiration particulière. Le triomphe de la mauvaise volonté vaut bien qu'on y sacrifie quelque peu.
Je me méfie rien tant que des passions socialisantes.

Et en plus il faut s'enthousiasmer pour quelques hurluberlus qui crient leur joie à tue-tête avec des notes fausses ! Le bruit est toujours trop signifiant pour ce qu'il a à dire. Mon mauvais vouloir reste intact à sacrifier à des langages mal bâtis. Les archaïsmes renaissent toujours de leurs cendres.

Etre une étoile du silence infini ce serait un joli programme. Mais il n'est pas à notre portée, il faut se contenter d'un à-peu-près ... trahir constamment ses pensées profondes.

L'envers des choses vaut bien leur avers, je préfère trahir la vérité officielle trop peu parlante à mon goût, trop platement partagée.

Ne trouvez-vous pas qu'il doit être sacrément humiliant pour des historiens de se référer à une loi arbitraire pour savoir où se trouve la vérité quand les physiciens en véritables savants se contentent de montrer du doigt ce qui est ? Les mots ces fragiles cristaux qui tiennent lieu de raison quand la raison est impuissante à manier le monde ...

On me dira que la géométrie se contente elle aussi de son langage, certes, mais elle ne prétend pas montrer autre chose qu'un monde idéal, un monde à elle, une création ex-nihilo, pas se substituer à la force brute !

Gatien Marcailhou par Adelin Moulis (1970) : Il donna des leçons à la princesse Mathilde cousine germaine de l'Empereur et de l'Impératrice. Il eut des relations très amicales avec Liszt, Meyerbeer, Rossini, Donizetti, Auber, Chopin, Gounod, Saint-Saëns, Foucauld, Pradier, George Sand, Juliette Drouet, etc. Son principal titre de gloire est la création de la valse romantique française et il a été appelé par ses biographes le « Strauss français ».

"Boni de Castellane et le Palais rose" par Pierre Grenaud et Gatien Marcailhou, 1983 : Si, de ces bavardages, une discussion risquait de s'élever, la princesse Czartoriska "cette bonne vieille Marcelline", s'empressait vers le piano pour y jouer une valse de Chopin ou de Marcailhou.
Il naquit, en 1867, au temps des crinolines, ces campanules envolantés, dans le tournoiement rythmé et les harmonies mouvantes des valses du Second Empire.


Si vous vous intéressez à la petite chronique des arts vous savez que l'hôtel Lambert est actuellement la proie des malfaisants, ce n'est pas la première fois au cours des siècles, la princesse Czartoriska le sauva au milieu du XIXème en l'achetant en 1842 avec son époux le prince Adam Czartoryski (°1770-1861) pour le conserver en l'état comme le raconte la plume plaisante de qui d'ailleurs ? Théophile Gautier ou bien quelqu'autre rédacteur de l'Artiste de 1844 ?
Il n'est pas interdit de penser que Gatien Marcailhou ait gravi les degrés de cet hôtel fastueux à cette époque où l'on y croisait George Sand, Chopin, Delacroix, Adam Mickiewicz, Zygmunt Krasinski, Berlioz, Ary Scheffer, Ingres, Horace Vernet, Balzac, Lamartine etc.
Cf Histoire de l'hôtel Lambert.

On peut douter que ce foyer de la résistance polonaise garde ses lettres de noblesse dans les temps futurs aux mains de gens de culture pour le moins équivoque !

Marcailhou avait l'art des titres sympathiques : Gaston de Foix, quadrille ; Roland, quadrille pour le piano avec accompagnement de flûte, violon, cornet à pistons et basse (bel ensemble !) ; Bayard, quadrille idem ; Louise Miller, valse sur l'opéra de Giuseppe Verdi et polka-mazurka, autre pièce du même titre. La Fête à Grand'papa et La Fête à Grand'maman, deux pièces pour piano ; Si j'étais Roi, valse ; Les Petits lutins, deux valses faciles pour le piano. L'Espérance, Raphaëla, valses. Bouton de Rose. Amabilis, valse brillante pour le piano, Paris, chez Delisle. La Toulousaine, grande valse. L'Ariège (deux valses) ; la Catalane (polka) ; Le Torrent, Fleur du Midi. Les Mignonnettes. La danse des roses, Polka Redowa. La chasse royale. Rachel et Florida, deux nouvelles valses élégantes pour piano chez Joly, 3, rue de Seine. Dernier souvenir. — La Brune hirondelle. — L'Espagnol. — Marianna. Lisette et Ninette : deux valses pour piano. Catharina, grande valse valsante pour piano 1847.
... en 1846, une composition musicale, « Noémi la bayadère. Valse nouvelle » par G. Marcailhou, paraît dans l'Album littéraire de la Revue canadienne. Pas de rapport avec la célèbre bayadère de Léon Minkus quoique ...
Un écrit didactique : Traité spécial de l'octave au piano opus 75, à Paris chez Colombier.

Journal des artistes ...: Peinture, sculpture, architecture, gravure ... Page 45 :
Les valses de M. Marcailhou sont d'une facture tout à fait neuve. La mélodie en est fraîche, et, si nous pouvons nous exprimer ainsi, tournante. ...

Marcailhou a travaillé avec Arthur Saint-Léon (°1821-1870) de l'Opéra de Paris pour qui il a fait des arrangements de musiques (des réductions pour piano notamment, voir ici) .

Mon propre titre d'ouvrage tout à fait fictif : A l'incongru de l'année.

"Le jardin secret" roman de Marcel Prévost - 1897 - 303 pages : "Le piano, fermé depuis mon mariage, ne s'ouvre plus que pour enseigner à Yvonne les exercices de Lecarpentier, tout au plus les valses de Marcailhou ! "

Les adoubements de Saint-Simon ... je voudrais écrire un livre qui chanterait la folie du langage chez notre duc et pair adepte du tabouret !

José Cabanis, le toulousain précautionneux, a écrit de charmants ouvrages qui lui étaient consacrés.

Vous connaissez le mot de Balzac mourant, Je suis de ce parti d'opposition qu'on appelle la vie. On pourrait légèrement le transformer pour l'adapter à Saint-Simon, Je suis de ce parti de soumission qu'on appelle la Cour.

Le petit duc s'est libéré de toutes ses humiliations et abaissements successifs par le langage secret auquel il soumettait de manière si particulière comme un chiffre au sceau de son âme, la langue française.

Un écrivain c'est celui qui en réclame, mais il regratte d'abord avec application le langage qu'on lui a donné, forme de réel inabouti dont il ne désespère pas de faire quelque chose de plus beau, plus pur, plus expressif, plus propre à lui qu'aux autres.
Un pur homme de lettres est un poète de l'inactuel qui se défie de devoir partager ses extases verbales. Les sens atrophiés du public lui paraissent une mesquinerie qu'on lui a faite personnellement. On a injurié le beau langage en le livrant aux chiens galeux tel un os mal dégrossi.

Il n'y a rien de moins solaire que l'écriture, c'est une lune intérieure, une petite musique nocturne. Elle crache un jet d'eau solitaire sur les passants distraits et pressés de la vie.

La littérature n'est pas là pour réduire le malheur d'être au monde.

L'horreur absolue pour un solitaire : ceux qui veulent empêcher les hommes d'être malheureux et de se sentir souffrir.

Nous ne parlons pas le même langage, c'est ce que l'écrivain-né crache de toute la force de ses poumons à celui qui fait semblant de parler et qui n'exprime rien. Faites des gestes au moins se moque l'homme de lettres !

La littérature est un malentendu sublime. Vous n'y comprenez rien et c'est bien mieux comme cela car quand vous comprenez vous nous repoussez avec horreur.

Saint-Simon n'était pas de la boutique, il n'a pas écrit une ligne en songeant quel tirage cela va-t-il bien pouvoir faire ? Ce qui lui donnait une extrême liberté. A côté de cela les journalistes recroquevillés dans leurs attitudes mirlitonesques ressemblent à des Tartarins de Tarascon de la plume qui défient des lions en papier ...

En somme le duc et pair a réinventé une véritable aristocratie qui ne dépendait que de sa propre valeur pour se couronner, celle des écrivains qui n'ont pas à vivre de leur plume pour affirmer leur qualité essentielle. Il fut le dernier de sa race aux yeux de la généalogie mais le premier de son temps en renouant avec les origines qui firent la singularité des héros qui fondent les dynasties. Rare privilège qui s'obtient dans la maturation du silence ...

Les écrivains élargissent les murs de la prison que nous habitons tous.

Si le comté de Foix n'est guère renommé pour ses érudits et ses escoliers, il peut néanmoins s'honorer d'avoir donné naissance au philosophe, historien ou philologue réformateur Pierre Bayle, protestant comme beaucoup de ses compatriotes persécutés mais aussi à Pierre-Bertrand de Mérigon, prêtre et professeur de langues hébraïque et grecque en l'université de Paris au XVIIè siècle.
En 1623, Pierre Bertrand Mérigon, prêtre et professeur de grec en l'Université de Paris, ouvrait ses leçons, au collège du Plessis, par un discours solennel. Enfin, le 22 janvier 1634, Mérigon prononça en grec, au collège du Plessis, un dernier panégyrique sur le sujet des armes du Roy en Allemagne extrait de "Autour du dix-septième siècle : Les libertins, Maynard, Dassoucy, Desmarets, Ninon de Lenclos, Carmain, Boursault, Mérigon, Pavillon, Saint-Amant, Chaulieu. Manuscrits inédits de Tallemant des Réaux" par Pierre-Antonin Brun (°1858-1915), docteur es-lettres, publié en 1901 et réimprimé par Slatkine Reprints, 1970. Charles Gidel (°1827-1900) est le premier découvreur en 1884 de cet érudit de l'époque Louis XIII.
Professeur et orateur en langue grecque au Collège d'Harcourt est le titre que portait Mérigon, en 1628 il fit un discours dans ce collège - aujourd'hui lycée Saint-Louis - sur la défense de l'île de Ré contre les anglais par les troupes de Richelieu. Bertrand Mérigon, d'Ax-les-Thermes, prêtre, professeur de grec à Toulouse, puis professeur dans divers collèges de Paris, de 1618 à 1634 environ.
Il est amusant de penser que professer le grec vous classait d'office parmi les libertins à cette époque ! De même les Mémoires de Paul Beurrier le montrent cherchant à convaincre un médecin bel-esprit ou débauché comme on disait alors qui ayant fait de lointains voyages notamment aux Indes s'était initié au boudhisme et à l'hindouisme et discutait avec le chanoine des qualités supposées des diverses religions, se considérant lui-même comme philosophe athée ou déiste en plein XVIIème siècle ce qui était une horrible référence pour le moine. On peut supposer qu'il y eut à toutes les époques des agnostiques et des sceptiques contrairement à ce que certains veulent laisser croire mais que l'emprise d'une religion d'Etat ne leur laissait ni le loisir de s'exprimer, ni presque de respirer librement jusqu'à leur mort. On ne signale pas de cimetières où il y eut un coin pour les athées en France avant la Révolution ! Juste des excommuniés comme les comédiens qui ne pouvaient reposer en terre chrétienne.

Pour l'entretien entre Paul Beurrier et le libertin supposé Louis Bazin mort en janvier 1660 qui n'était de fait qu'un esprit fort, cf cet article d'Anthony McKenna.

Il y a une tradition irrédentiste dans le comté de Foix qui remonte fort loin, le souvenir de Montségur haut lieu de résistance des cathares et leur dernière place forte près de Foix tombée en 1244 sous les coups de la croisade des albigeois est toujours présent, de même le protestantisme a été très puissant dans le comté et Pamiers fut longtemps une des villes les plus importantes dont il avait fait un centre de son culte jusqu'à la reconquête par les armées royales commandées par le prince de Condé en 1629 et même les catholiques se mirent de la partie au point que l'évêque de Pamiers, François de Caulet, brillant janséniste mena une fronde face à Louis XIV dans l'affaire dite de la Régale, on peut donc dire que cet éloignement et cette défiance vis-à-vis du pouvoir central est une constante locale et qu'elle a pu inspirer Pierre Bayle face à l'arbitraire des dogmes et des vérités révélées.

Comme on le voit les déchirements religieux ont été nombreux dans l'histoire de France, on les oublie trop facilement !

Cette terre de contes et de légendes a attiré des personnalités curieuses comme l'archéologue allemand Otto Rahn (°1904-1939), homosexuel notoire parti à la recherche du Saint-Graal et qui servit de modèle pour le personnage équivalent et archétypique des aventures d'Indiana Jones !

On connaît aussi le mystère qui entoure Rennes-le-Château et son trésor fabuleux, François Pomiès imprimeur à Carcassonne devait éditer un livre de l'abbé Henri Boudet (°1837-1915) en 1886 "La Vraie Langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains", fantaisie mystique digne d'Hollywood.

Voici le petit poème que m'a envoyé Marc Schweizer pour célébrer le nouveau cycle solaire, ainsi grâce à lui je n'ai même plus à rechercher la coupe de Joseph d'Arimathie puisqu'il me transmet le Saint-Graal en mains propres ou presque !

Die Nacht ist ohne Ende
Der Himmel ohne Stern,
Die Strasse ohne Wende,
Und was wir lieben fern !

Je vais pouvoir me mettre au rang des Parfaits !
Dans un sens l'écriture est une hérésie cathare digne d'être persécutée par la grande Inquisition et les légions du pape.

David Madore a fait un article sur le super-volcan de Yellowstone qui menace l'humanité à terme (on peut voir sur Dailymotion l'émission en trois parties), on évoque dans le documentaire de la BBC (seconde partie sur Dailymotion) qu'il y aurait eu une quasi-extinction de l'espèce humaine réduite à quelques milliers d'individus il y a environ 70000 ans (fait plus ou moins attesté, plus ou moins contesté), dans ces conditions la question qu'on pourrait se poser serait : est-ce le moment précis d'apparition des trois races principales qu'on retrouve de nos jours, noire africaine, blanche caucasienne et jaune extrême-orientale ou bien est-ce que l'espèce humaine avait déjà été précédemment divisée en sous-espèces, la catastrophe volcanique n'ayant fait que précipiter l'évolution séparée ?
Car enfin l'apparition des trois races principales reste un mystère, il a bien fallu une séparation d'ordre physique qui se maintienne pendant très longtemps pour arriver à de telles distances génétiques (l'ADN mitochondrial permet de mesurer l'évolution car sa vitesse de mutation est une constante), la raréfaction des individus serait une bonne raison de voir ces tribus diverger sur des espaces de temps considérables et dans des habitats différenciés.

Nous sommes suspendus aux travaux des biologistes pour reconstituer notre préhistoire et pour comprendre le déroulement des ruptures qui fondent notre nature. Tout le reste est verbiage ...

Connaître notre préhistoire ne veut pas dire connaître notre avenir, c'est une grande confusion idéologique que de le prétendre et l'on sait que cette prétention a conduit des politiques absurdes.

Regarder vers le passé et regarder vers l'avenir ne sont pas des opérations équivalentes et puis il y a ce qu'on appelle l'invention du passé ou mythologie, opération très commune dans toutes les civilisations.

En mécanique newtonienne, l'interprétation classique consistait à dire que les deux directions, futur et passé étaient strictement identiques mais depuis cette interprétation a fait place à d'autres plus subtiles.

Ce serait une espèce de magie que deux moments du Monde soient exactement identiques. C'est d'ailleurs ce que l'on suppose quand on parle de l'origine du Monde.

Revenons à la métaphysique, c'est ce que l'on a envie de dire qu'on en entend des discours à prétention universaliste surtout quand ils viennent de savants par ailleurs convaincus qu'ils sont encore dans le domaine de la science alors qu'ils frôlent la foi pure et simple ... récemment James Hansen directeur à la Nasa envoyait à "Michelle et Barack" une supplique désespérée pour sauver le Monde du désastre climatologique ! J'avoue m'être écarquillé les yeux et les oreilles ...

Je pense que les astrophysiciens et autres cosmologistes qui parlent de l'instant zéro ou origine du Monde ne font plus de la science mais de l'intoxication intellectuelle. La singularité comme ils disent n'existe que dans leur imagination pour des raisons d'ordre mathématique qu'il serait trop long d'expliciter. Il s'agit vraiment d'un abus de confiance pour des gens et un public qui par définition ne demandent qu'à croire à des choses qui n'ont rien de scientifique.

La science et l'émotivité n'ont aucun rapport, bien entendu l'émotivité est un moteur de la recherche mais ce n'est en rien un certificat de véracité.
Vous connaissez cette histoire célèbre, Einstein ne croyait pas en la mécanique quantique et répétait que Dieu ne joue pas aux dés, un jour excédé Niels Bohr lui rétorqua, mais qui es-tu pour que Dieu t'ait fait ses confidences ?

Quand on pense que Socrate n'était pas même beau et qu'on l'a accusé de corrompre et détourner la jeunesse !

Retenez bien ce que je vais vous dire : je ne suis pas le centre du Monde !
A l'heure de l'hypermédiatisation où tous peuvent être instantanément partout par la magie des ondes, je dois être un des derniers à me rendre compte que les voies de l'imaginaire sont impénétrablement touffues et qu'il est toujours extrêmement difficile d'extraire un sens de cette multitude de postulations simultanées.

Il y a une magie physique du monde qui comme le disait Pascal a la propriété d'avoir son centre partout et sa circonférence nulle part. On la reconnaît dans le rayonnement du fond stellaire, ce fond diffus anisotropique c'est à dire équivalent dans toutes les directions qui est un résidu d'une explosion dite primordiale quand l'univers était très chaud et très concentré et qui prouve qu'il y a probablement une succession de phases d'expansion et de concentration.
L'idée derrière la prière c'est qu'elle est une communication directe de tout le monde avec son créateur, une trace un peu comme le rayonnement électromagnétique de corps noir du cosmos, l'idée est certes fort belle et après tout les mots et les pensées se traduisent aussi par des ondes, on peut donc dire qu'une oraison mentale ou verbale est un succédané de ce fond du cosmos, reliquat de nos origines.

L'hystérie commence quand on croit à la vertu efficace des prières pour sauver le Monde ! Je pense à toutes les croyances naïves comme celle de James Hansen sur le rôle de l'homme dans l'évolution du climat terrestre. Non, l'homme n'est pas même au centre de la Terre, en tout cas pas plus que n'importe quel autre organisme vivant ou que le système volcanique ! Le plancton formé d'organismes microscopiques a certainement un rôle plus puissant dans l'évolution de la vie que l'humanité et notamment sur l'évolution de la chaîne alimentaire ...
La science parce qu'elle est impersonnelle du moins dans les objectifs qu'elle se fixe nous a rendu plus modeste. Il faut l'espérer et elle nous apprend à différencier nos souhaits natifs de toute-puissance de la réalité complexe qui nous échappe. Il y a toujours des résurgences de l'orgueil caché de l'homme sous diverses formes ...

La politique de Sarkozy : la soupe primordiale dans laquelle tout était mélangé et où les forces et les structures n'avaient pas encore eu le temps d'apparaître !
Quand l'émotivité tient lieu de tout et que le tutoiement généralisé abolit toutes les distances afin que l'intelligence n'ait pas le temps de discriminer les phénomènes.

Avez-vous remarqué que depuis quelques années les impératifs catégoriques se sont multipliés ? A mesure que l'impression de désordre croissait car le monde nous était de plus en plus présent par tous les canaux qui sont mis à notre disposition, pour compenser si l'on peut dire on mettait des bornes et des limites de plus en plus étroites, de plus en plus précises à nos actes, à nos rêves, à nos ambitions de libération personnelle, d'émancipation des transcendances collectives ? La singularité de l'individu était combattue par la peur universelle. Penser par soi-même son bonheur propre devient une horrible référence sauf si ce bonheur est dûment sponsorisé et encadré par des médias compatissants aux malheurs héroïques des puissants qui nous gouvernent ...

Il faut que la vérité personnelle soit estampillée conforme aux attentes collectives ou elle ne sera pas jugée digne d'atteindre à la dignité de l'universel positivisme !

La pronomisation, un retour au moyen-âge quand les noms de famille n'existaient pas ? Une seule tribu communiant sous le même nom d'homme générique et non singulier ... tous enfants de l'église universelle des "droits de l'homme" !

L'intelligence est discriminante, elle divise pour mieux régner mais elle ne s'impose qu'aux esprits avertis. Tout le contraire de l'Imperium Romanum dont certains rêvent (parfois fort et haut, parfois tout bas) et qui voudraient gommer en chaque homme son particularisme et son irrédentisme.

J'aime bien la pseudonymisation telle qu'on la pratique sur le Net car elle s'oppose de toute la force de son réalisme à cette pronomisation idéaliste qui me fait dresser les cheveux que j'ai sur la tête !

Jean de Tinan rédigeait une "Chronique du règne de Félix Faure", Patrick Rambaud - ô l'habile homme ! - et qui connaît ses classiques publie une "Chronique du règne de Nicolas 1er". Malgré tous les applaudissements du monde et ceci dit personne n'égalera la légèreté de touche de Tinan qui pouvait pasticher Mérimée sans en avoir l'air alors que l'exercice de style de Rambaud tient tout entier dans le registre de la parodie.
Jean de Tinan avait certainement une des plumes les plus fines de la littérature de son époque, la disparition de son talent fut une perte pour ses amis parisiens - et il n'avait que des amitiés dans le milieu littéraire ce qui est pour le moins rare là où la jalousie règne en maîtresse absolue - et un manque immense pour la littérature française, plus léger que Proust, plus mondain que Gide, il aurait su réconcilier l'esprit français avec une verve de poète, rendant en prose un équivalent des teintes bistres de Jules Laforgue, esquissant des lavis de la société française de son époque et du charme parisien dont il était un des rayons les plus purs. Certaines écritures perdues sont des béances pour tout un esprit. Le doux-amer est le qualificatif qui lui sied le mieux. Il connaissait l'art oublié des demi-teintes ...

Il y a deux sortes de crétins, les crétins simples et les crétins universitaires, c'est à dire ceux qui sont compliqués de prétentions multipliées. Les premiers cultivent le naturel comme l'expression spontanée et les seconds l'artifice et les peaux d'ânes. J'en ai rencontré quelques-uns au cours de ma carrière ...

Entrelacer du vide avec du rien peut faire de vous un docteur en beaucoup de choses.

Georges alias Boris Joyce alias Jérôme Vallet alias qui vous voudrez nous raconte dans sa chronique dominicale comment on peut être producteur à France Musique (s) et n'avoir rien jamais absolument aucune idée à soutenir : Les chroniques de Georges, le musicien.

Il y a des gens qui écrivent un énième ouvrage sur Beethoven ou sur Victor Hugo pour avoir l'air intelligent et ils ne font qu'exposer la vacuité qui leur sert de raison originale et leur ambition de brasser du vent pour mieux ne pas exister par eux-mêmes.
Léautaud était peut-être un concierge comme le moquait Valéry mais c'était un concierge qui vivait pour lui-même et non pour les locataires de son époque.
Il vaut mieux ne pas outrepasser son génie mais le remplir tout entier avec les moyens du bord que chercher sa pitance chez les autres et déposer sa couvée comme le fait le coucou dans le nid douillet des étrangers, ce qui s'appelle pratiquer le journalisme éclairé.

Un bon éditeur ne devrait pas être jaloux de ses auteurs et pourtant cela existe sous une forme ou une autre mais il est vrai que l'envie est un des moteurs de l'humanité dans tous les sens que l'on voudra et l'on manie souvent les formes les plus subtiles du mépris plutôt que reconnaître un quelconque talent à l'un de ses contemporains. Heureux Jean de Tinan qui avait réussi la prouesse de ne susciter aucune passion mauvaise dans le milieu qui était le sien, celui des Lettres, clôturant cet exploit en mourant à vingt-quatre ans car il ne faut pas tenter le démon !

Les règles sont faites pour être violées par ceux qui ont du génie. Le génie est donc un conservateur du bon goût sans le vouloir qui montre aux autres le chemin à ne pas suivre car derrière lui l'herbe ne repousse plus. On ne peut pratiquer que le pastiche et la parodie de l'art qu'il maniait avec maestria jusqu'à la perfection.

Récemment on a appris qu'un docteur en physique avait postulé à une place de balayeur en Corée du Sud ce qui fit les choux gras des tabloïds. Il y a deux interprétations courantes de ce fait, toutes deux imbéciles, l'une de gauche, l'autre de droite. Celle de gauche accuse la société forcément capitaliste de malfaçon puisqu'un docteur es-sciences ne trouve pas de place à sa mesure, dans une société bien faite selon elle autant on formera de docteurs autant on leur trouvera des fonctions où ils vont pouvoir s'épanouir, je ne doute pas qu'on forme des docteurs es ceci es cela à Cuba ou en Corée du Nord mais on n'a encore jamais vu quelque créativité intellectuelle ou économique en sortir. L'autre interprétation pleine de gros bon sens que je qualifierai de vulgate de droite prétend que cela prouve que l'université fabrique trop de docteurs et qu'on ferait mieux de préparer les gens aux fonctions de balayeurs qui seront les leurs.
En fait ces deux interprétations supposent toutes deux qu'il existe une société parfaite dans laquelle chacun et chaque chose est à sa place et c'est là où réside leur stupidité. Pour que naissent, grandissent et meurent des choses nouvelles, pour qu'une civilisation s'épanouisse il faut nécessairement que certains êtres ne trouvent pas leur place naturelle dans la société et s'en créent une. L'invention a pour mère la nécessité et le hasard. Une société régie par des lois strictes serait une société immobile. Une société mandarinale comme la Chine classique était figée dans sa perfection politique alors que l'Occident déchiré entre de multiples pôles cherchait des voies nouvelles et trouvait les clefs d'un renouvellement.

Il n'y a ni art, ni science sans individualisme c'est à dire sans forme quelconque de transgression de l'ordre social.

On pourrait dire que quand les folies des hommes s'éloignent, c'est la vieillesse des peuples qui s'installe, mais c'est une vision quelque peu simplifiée des choses. Regnault prétendait que les peuples grandissent en moralité, il n'en précisait pas le coût exact seulement, la dissipation de quelques illusions probablement, une certaine innocence, une verdeur qui les quitte. Les pères mangeront des raisins et les dents des enfants seront agacées ...

Déodat de Séverac montre dans ses Ecrits sur la musique un talent de plume qu'on rencontre souvent dans la race des compositeurs-nés.
Après la page 64, une photographie de la maison familiale de Déodat de Séverac à Saint-Félix-Lauragais perdue dans le lierre ... proche du comté de Foix, le musicien était un amoureux de ces mélodies des montagnes chantées par des bergers antiques qui avaient gardé le contact avec leurs traditions et le sens de cette langue d'oc si chantante. Cal sempre cantar ...

Il ne faut pas décourager les bonnes volontés ... mais les mauvaises non plus !

Celui qui est de mauvaise volonté cherche peut-être l'impossible, ce qui n'est pas le bien de tous mais qui deviendra, qui sait, le bien commun ?

J'ai fait le désert en moi afin de chercher une source profonde que nul n'avait jamais entendu jamais couler pourtant la vie en rejaillissait, inconnue et ignorée. Cette vie intérieure était parée de mille fleurs, mystérieuses et nocturnement belles.

Quand on a un secret, on est merveilleux ... on est le génie enfermé dans la bouteille qui espère que quelqu'un saisi d'une inspiration soudaine vienne se frotter à vous, en attendant on nage entre deux eaux, balotté par les flots innombrables comme en une prison.

Il y a en moi un écrivain combattu - ou contrebalancé - par un philosophe, l'écrivain veut communiquer ses émotions, le philosophe cherche à avoir raison.

Le monde entier - ou presque - connaît le mousquetaire d'Artagnan comme un cadet de Gascogne, or ce beau nom de Gascogne n'existe plus sur la carte de France, ne doit-on pas verser un pleur ému devant cet oubli, cette ingratitude des aquitains ? Le duché d'Aquitaine - ou Guyenne - est certes un nom historique mais il était plus étendu que l'actuelle région du même nom et il ne saurait effacer la réalité colorée de cette Gascogne qui nous a donné tant de noms célèbres.

On remarquera qu'on parle de Gatien Marcailhou comme d'un musicien gascon, quoiqu'en fait la Gascogne historique n'englobait pas le comté de Foix dont est originaire la famille Marcailhou d'Aymeric.
De même quand Jean-François Pomiès donna sa démission au prince de Saxe en 1783, il déclare désirer se retirer en Gascogne pour parler de sa région natale, Mirepoix, Foix et Pamiers. Mais au XVIIIème siècle le comté de Foix ayant disparu rattaché à la couronne de France c'est le nom de Gascogne qui prévalait.

Il faut savoir se réjouir et faire la fête lors des grands évènements :

Al Nôbi.

Nôbi, pren gardo à un ausèl
Que se pauso sus toun capèl.
Es un ausèl pla rependut.
Al bèl tems que canto : coucut !

Aquel ausèl es insoulent ;
Ensulto las ounèstos gens.
Nôbi, pren gardo à un ausèl
Que se pauso sus toun capèl.

Le couchat de la Nôbio.

Tirats-li la courono
De nau brilhants
Jamès, per aquesto nôbio,
Nou tournaran.

Descausso-te, nôbio, per anà durmi.
Quito la roso, pren le souci.
Quito la roso del casal,
Pren le souci de toun oustal.

Cette belle langue gasconne est faite pour chanter les heureux moments.

Jeanne d'Albret (°1528-1572), la mère d'Henri de Navarre, le futur Henri IV, avait fortement contribué à implanter la Réforme dans le comté de Foix - les parpaillots dont ma grand-mère voyait en nous ses petits-enfants d'horribles rejetons ! - cette terre isolée a longtemps abrité des communautés disparates de réfractaires à l'ordre royal jusqu'à leur dispersion par la force injuste des dragons de Louis XIV. Ce qui fit la fortune de la Prusse, notamment de sa capitale Berlin et des Provinces-Unies de Hollande.

Pour ceux qui m'accuseraient de trop parler des siècles passés, on admettra avec moi qu'il n'y a rien de plus actuel que ces temps de guerres de religion.

La fureur d'avoir raison avec des mots est partout ... au nom d'on ne sait quoi d'immuable qui justifierait toutes les déchirures sublunaires.

L'islam est entrée dans les convulsions qui précèdent l'agonie finale, mais cette mort lente peut prendre des décennies, il n'est pas utile de prolonger le malade en lui donnant le corps sain de la France comme champ de régénération.

Les découvertes préhistoriques récentes à Atapuerca au nord de l'Espagne font remonter le peuplement humain dit Homo antecessor de l'Europe Occidentale à plus d'un million cent ou deux cent mille ans.
Tout ceci relativise énormément les petites querelles secondaires de l'humanité actuelle. Les manifestations culturelles et religieuses de l'humanité primitive entre les Vénus de Lespugne et de Willendorf, les traces de cultes laissées en peu partout, les représentations artistiques sur les parois des grottes ou dans la taille d'objets sans destination autre qu'esthétique laisse à penser une belle constance dans les préoccupations humaines.
L'homme comme objet terminal, est-ce vraisemblable ? On peut plutôt le voir comme un chaînon plus ou moins manquant, une hypothèse de l'esprit, un terminus ad quem.

L'intelligence suppose un maximum de recul pour pouvoir donner un sens aux choses. L'analyse ne rend jamais son dernier mot ...

On peut supposer que l'homme cherche toujours à faire de la musique avec les facultés libres de son esprit. Il ornemente, il laisse libre cours à la reine des facultés comme l'appelait Baudelaire, l'imagination. Tout ce qui est supérieur est gratuit.

Pour répondre à Jérôme Vallet et en hommage définitif au génie de Noureev : Le prélude à l'après-midi d'un faune de Nijinsky.

Ce qu'il est difficile c'est de suspendre le mouvement. Toucher de tout son corps l'inaccessible légèreté.

Et voici la version du film Les jours de Vaslav Nijinsky.

20 janvier 2009 par anticipation :
Nous ne sommes pas - tous - américains.

On commence par désapprendre sa langue et on finit par renier sa race et sa nation.

Ce garçon de l'Australian Ballet qui interprète l'après-midi d'un faune est fort beau et danse très bien mais il lui manque la magie et toute la retenue de Noureev. Il ne faut en aucun cas le danser comme un ballet réaliste, on est dans la pure mythologie ... dans la distance qui nous sépare du règne animal. Les dieux ne sont pas des hommes comme les autres et l'antiquité croyait au génie qui s'incarnait, à l'esprit divin qui soufflait sous toutes sortes de formes de la plus anti-naturelle à la plus somptuaire. Si le Minotaure avait dansé il aurait pu aussi bien s'allier avec le Faune qu'avec Pasiphaé. Nous sommes au pays des monstres qui enchantent leurs proies ...

Il manque souvent un arrière-plan dans les essais artistiques contemporains, Noureev, issu de la vieille école russe, connaissait les monstres et les démons tapis en nous.

J'ai l'impression qu'on se targue d'être capable de transformer Constitution Avenue à Washington en l'Hollywood Boulevard de Los Angeles.

Il faut se méfier des grands nombres ... c'est pourquoi je n'aime pas trop multiplier mes lecteurs.

Tout le monde connaît Dieu mais personne n'a le mode d'emploi.

Vous remarquerez que de plus en plus on vide la politique de tout son sérieux pour le remplacer par un vrai cinéma et qu'inversement on bourre le cinéma avec des références politiquement et culturellement correctes ! Cherchez l'erreur dans cette contamination réciproque ...

Moi qui philosophe en-dehors des chemins battus, en-dehors des cadres, je résiste pourtant à l'envie d'être un scandale vivant. je suis au contraire extrêmement conforme dans ma vie de tous les jours. J'invente de nouveaux habits pour la pensée ce n'est pas moi-même pour me déguiser en caméléon de l'esprit.

Je suis favorable à toutes les inégalités, surtout les plus criantes, car elles sont le moteur de l'histoire. Comme les grecs disaient que la guerre est la matrice de toutes choses et comme la guerre nous est dorénavant interdite il faut bien préserver notre petit capital de bonheur personnel, notre souci de nous différencier pour nous sentir exister.

Tout ce qui constitue une aristocratie est favorable au développement de l'esprit. Quand les Lettres renoncèrent à distinguer les élus des relégués, ceux qui entraient par la porte étroite du Paradis de ceux qui restaient dans les Limbes - la catégorie de ceux qui vont en Enfer est spéciale - alors elles tombèrent en décadence, leur aura et leur trône perdirent leur éclat.
Ce sont les bannis qui font leur couronne aux entrants dans le saint des saints, ce sont eux les ouvriers infatigables qui tressent les lauriers de ceux qui jamais ne filent, ni ne tissent mais se contentent d'être nés. La grâce exige la malédiction. Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue se serait avec vous retrouvée, ou perdue ...

L'Univers israélite qui paraissait sous le Second Empire donne un amusant aperçu de la visite aux lieux saints en 1865 avec une foule de musulmans déguenillés qui bâtons à la main pourchassent les roumis qui veulent visiter la mosquée d'Omar !
A ce moment-là vivait un seul juif français à Jérusalem, Moïse-Aaron Fribourg nous raconte David Delpuget (de Bordeaux, plénipotentiaire du prince de Monaco au Maroc) qui avec son fils était armé de revolvers pour pouvoir parcourir tranquillement la ville sainte.
On y trouve un article sur la famille Camondo de Constantinople, Abraham et Nissim de Camondo s'étant installés à Paris comme chacun sait pour y faire souche.

Ouf ! l'investiture d'Obama m'a soulagé, maintenant qu'il incarne le Bien, je vais pouvoir me consacrer à éprouver le Mal, j'étais fatigué de devoir seul porter le poids d'un monde de plus en plus nombreux et de bénir tout indifféremment dans l'égalité et la fraternité, tandis que détruire, casser, cracher sur tout c'est plus facile et surtout c'est plus jouissif : oui, je bois du petit lait ! La liberté a du bon et c'est un fruit qu'on goûte seul car les chaînes de la fraternité sont trop pesantes, trop serrées autour du corps. Après tout on n'a qu'une vie ...

Ces élections présidentielles américaines sont une bénédiction, l'homo œconomicus éminemment interchangeable a été remplacé par un homme situé à l'identité fortement affirmée ; qui aurait pu rêver il y a encore quelques mois à un tel renversement de situation et le remplacement du paradigme dominant par un autre tout aussi prégnant ?

En 1887, Louis Lafont de Sentenac qui dirigeait l'imprimerie Pomiès de Foix publia un Recueil de Noëls de l'Ariège en patois languedocien et gascon précédé d'une Préface et de Règles orthographiques. Noëls en langue romane. Vous le trouverez reproduit sur Gallica. Il précise bien que le département de l'Ariège a été constitué de trois morceaux, le plus important le comté de Foix, ensuite le Couserans qui dépendait anciennement de la Gascogne et le district de Mirepoix qui était du Languedoc. Le pays de Foix étant depuis toujours indépendant jusqu'à son rattachement à la couronne de France lors qu'Henri de Navarre devint roi de France sous le nom d'Henri IV. Ces trois régions sus-nommées avaient des dialectes différents dont les nuances étaient perceptibles pour les oreilles exercées.

L'article Couserans de wikipédia est très bien fait et nous donne la carte détaillée de cette région gasconne.

Voltaire n'était pas coulant comme Rousseau, il était sec et crépitant.

Lagrange qui était venu le voir dira : c'est une manière d'original qui mérite le voyage.

J'ai quelque peu arrangé la citation, les termes exacts de la lettre de Joseph Lagrange à d'Alembert sont : J'ai passé par Genève, comme je me l'étais proposé, et, à la faveur de votre recommandation, j'ai eu l'honneur de dîner chez Monsieur de Voltaire, qui m'a fait un très gracieux accueil. Il était ce jour-là en humeur de rire et ses plaisanteries tombaient toujours, comme de coutume, sur la religion, ce qui amusa beaucoup la compagnie. C'est, en vérité, un original qui mérite d'être vu.
Cf D'Alembert par Joseph Bertrand.

On me pardonnera de préférer ma version à l'originale mais Lagrange n'a pas la réputation d'être un styliste, du moins en français. Les belles infidèles qui trahissent le verbe sans trahir la pensée sont préfèrables aux plates citations.

Il paraît que l'Etat va offrir à chaque jeune de dix-huit ans un abonnement d'un an à un journal de son choix, quelle drôle d'idée ! Soit on lui aurait appris à lire correctement dans ses plus jeunes années et alors il ne ressentira pas la nécessité de parcourir chaque jour quelque chose qui ne lui enrichira pas l'esprit mais préférera des lectures solides aux matières sur lesquelles il pourra faire fond s'il a le souci de son avenir, car le temps est précieux, surtout à cet âge où tout est neuf et où il faut s'instruire pour être quand on s'est contenté de naître et grandir aux bons soins de ses parents. Soit il ne saura pas lire et alors c'est son éducation qu'il faut reprendre et songer à lui donner un stage de remise à niveau de ses compétences comme l'on dit. Le jeune d'aujourd'hui a besoin d'isolement pour exercer ses facultés de concentration et non pas de distractions supplémentaires pour que son esprit passe du coq à l'âne comme le préconisent les écoles de journalisme. Ne rien approfondir et ne jamais chercher à ennuyer voilà le propre d'un quotidien ! Rien d'austère alors que la jeunesse a besoin de nourritures roboratives, d'exercices longs et répétés et que d'ailleurs spontanément elle recherche par elle-même les jeux les plus ardus, les compétitions amicales où l'on aiguise ses sens, sa mémoire, ses réflexes et tout l'attirail qui vous arme pour la vie. Les jeunes gens savent mieux que beaucoup d'adultes rassis et installés dans leurs certitudes ce qui leur faut pour s'élever et s'éduquer au-dessus de leur condition primitive.

Il n'y a guère que dans l'esprit de politiques qui surfent sur l'éphémère et qui spéculent sur l'oubli des peuples que l'on peut trouver cette idée baroque et saugrenue, d'enjoindre à la jeunesse française d'aller chercher remède intellectuel dans la Presse ! Hormis les mots croisés, je ne vois pas ce qu'on peut y trouver de consistant.

Je suppose qu'une telle initiative vient de quelque émule des fumistes de Sciences Po' ou mieux encore de son directeur, Richard Descoings, qui croient que l'opinion publique est la seule chose à flatter en démocratie afin de s'attirer les bonnes grâces du pouvoir en place.

Il n'y a plus qu'à proposer aux étudiants en médecine de regarder le Docteur House pour s'initier aux grimaces qui seraient tout l'art médical !

Le seul point positif c'est que de se savoir lus par de jeunes esprits obligera peut-être les journaux à se réformer, mais ne rêvons pas trop ...

Un message écrit du professeur Jean-Paul Brighelli :

Daniel, je n'avais pas pensé à l'As des as — et je vous l'emprunterai un de ces jours. Mais l'exemple est significatif. Il a fallu le nazisme pour que les Juifs allemands soient caractérisés prioritairement comme Juifs. Simultanément, Pétain encourageait l'expression des "nationalismes régionaux" — dans sa haine d'une IIIème République qui avait repris le mythe républicain de l'unité nationale — et de l'unité mentale du citoyen. De cette caractérisation est sorti l'Holocauste. Et par une déformation significative, on en est arrivé, presque partout en Europe, à caractériser l'Autre par ce qu'il est secondairement, et non prioritairement — jusqu'à ce que certains se définissent prioritairement comme Juifs, Musulmans — ou Bretons, Corses, etc. Dissociation malheureuse, invention d'une structure schizoïde que la République avait révoquée. Le racisme actuel s'appuie là-dessus — je regarde en l'autre ce qui le différencie, au lieu de voir d'abord ce qui nous identifie. Ecrire ou ne pas écrire une Note sur le sujet… J'y pense, depuis quelques jours — depuis que Darcos a officiellement mis le combat contre le racisme et l'anti-sémitisme au premier rang de ses préoccupations — et il le pense. JPB Ecrit par : brighelli | 25 janvier 2009

Je ne sais ce que cet agrégé sorti de Normale vaut comme professeur de Lettres mais comme historien, il soutient des positions pour le moins douteuses.
Faire comme si les deux guerres mondiales n'avaient pas eu le thème du nationalisme comme support principal, c'est très fort ! C'est bien en l'occurrence l'exaltation de l'énergie nationale, la crainte de tout ce qui pouvait dissoudre l'unité des nations poussé jusqu'à son paroxysme qui a été l'étincelle qui a fait jaillir le feu en 1914 et 1939. Est-ce que je m'abuse ?
Aux XVIème et XVIIème siècles c'est l'énergie religieuse qui formait le coeur des passions européennes et le motif des déchirements en France, en Allemagne et à peu près partout en Europe. Le XVIIIème siècle est une époque intermédiaire, les querelles territoriales se mêlent aux revendications idéologiques, les passions religieuses s'éteignant peu à peu sauf en Irlande.
Dire qu'aujourd'hui ce qui menace la France et l'Europe ce sont les vocations culturelles locales est pour le moins hasardeux, hormis le reliquat de la question Basque, voire de la question Corse, en Europe occidentale, il n'y a plus de conflits culturels et linguistiques, même les Balkans sont en voie d'apaisement.
D'autre part pour qu'il y ait une grande culture il faut qu'il y ait un fond populaire, la "grande culture" est égalisatrice, nivellatrice, elle suppose donc d'unir des différences préexistantes, un terreau ou un fumier natal.
Sans musique populaire, il n'y a ni Schubert, ni Beethoven, il n'y a que de la musique abstraite et désincarnée vers laquelle verse la musique savante. La polyphonie de la Renaissance par exemple aboutit à des compositions d'une grande science mais de plus en plus obscures pour le commun des mortels, l'opéra de Monteverdi, les mélodies simples de ses motets tend au contraire à rendre plus accessible la musique composée avec art, science et application. L'émotion première y retrouve ses droits.
Il y aurait tant à dire sur ce sujet que les vagues propositions de Jean-Paul Brighelli seraient vite submergées sous le flot.

L'ataraxie n'est pas l'état le plus souhaitable pour une civilisation, il faut bien maintenir des divergences d'appréciation, une certaine stratification des cultures, un dénivellé des arts et des sciences, pour obtenir une politique vivante.

L'Occitanie pendant le régime de Vichy vous montrera à quel point les vues de M.Brighelli sont courtes et mal-sonnantes. On ne résiste à la force injuste des armes que par l'enracinement et je ne donne pas cher de la culture normalisée que promeut ce conseiller du ministre en temps de troubles.

Voir aussi L'affirmation régionale sous Vichy.

On voudrait presque nous faire croire que le nazisme a été inventé par des bergers corses, quand on sait bien qu'un des principaux inspirateurs du mouvement fasciste ainsi que de l'extrême-gauche contemporaine, le théoricien de la violence politique est l'ingénieur des Ponts et Chaussées Georges Sorel (°1847-1922), sorti de polytechnique et ami de Charles Péguy !

Les gens de la rue d'Ulm mélangent snobisme et inculture crasse, ils font mine de ne pas voir que Le Cid, ce joyau de l'art dramatique est sorti tout entier de la chronique espagnole, dont Corneille magnifie un fait divers en le portant à l'incandescence des passions universelles.

Comme je regarde "Le Patriote : le chemin de la liberté" film de Roland Emmerich qui relate la guerre d'Indépendance américaine, je puis parler de Jean-Baptiste-Emmanuel de Béhagle (°1735-1811), capitaine-commandant au régiment d'Agenais, commandant des grenadiers pendant la campagne d'Amérique, il combattit à Yorktown, la plus belle victoire des troupes françaises qui mit à genoux les anglais alors que les natifs américains étaient en fâcheuse posture. Son régiment faisait partie de la brigade du maréchal de camp Claude-Anne de Rouvroy marquis de Saint-Simon Montbleru embarquée sur l'escadre de l'amiral de Grasse qui débarqua devant la place de Williamsbourg tenue par les anglais. Il reçut la croix de Saint-Louis et fut nommé membre de l'ordre des Cincinnati, le seul ordre noble et héréditaire d'Amérique au grand scandale de certains farouches républicains. Il n'eut pas de postérité et était le frère aîné de mon aïeul Marie-Laurent de Béhagle.

Sans les armes envoyées par Beaumarchais au nom du roi Louis XVI, sans les engagés sous le drapeau américain comme La Fayette et le courant de sympathie qu'ils déclenchèrent en France et sans surtout les 11000 hommes du comte de Rochambeau, on n'aurait pas donné cher des chances des Insurgents face aux troupes régulières anglaises.

L'important c'est que chacun se sente bien dans sa tunique de Nessus.

Evaluations 2007 ou vingt ans après ! Non, j'y crois pas : le niveau baisse, il faut dire qu'il avait tellement augmenté ... remarquez que moi j'ai toujours été favorable à la diversité des notes.

Aujourd'hui grève de l'esprit ... fuite du corps.

Menu plaisir du jour : arriver à faire partir un colis par la poste pour Vienne en Autriche. Que ne puis-je me timbrer moi-même ?

Devise stendhalienne secrète : S.F.T.C.D.T, se foutre de tout comme du reste.
La jeunesse d'aujourd'hui moins lettrée aurait écrit : J.M.B.L.C, je m'en bats les couilles ! mais ceci est vulgaire et à éviter ...

En ce moment on se sent délicieusement province, un calme, une douceur, une harmonie délicate, des teintes pastels, tout pour faire un monde heureux et tranquille ! Finalement la crise a du bon, cette agitation superfétatoire qui creusait le réel avec du rien et faisait peine à voir quand l'essentiel est ailleurs ... Léautaud qui était un pur philosophe se plaignait fort des "branches incertaines" dans les poèmes de Vigny, on pourrait tout autant se lamenter sur les choses vagues et peu solides qui font l'essence du monde moderne. Il faut mettre tant et tant de distance de soi à soi qu'on pourrait y glisser un autre monde ... le monde ancien était fait d'une pluralité de rêves.

Le rêve de jouer avec le temps est au fond le sentiment du côté inabouti de chaque chose, qu'on devrait pouvoir tourner autour longuement, qu'on pourrait s'amuser à explorer la pluralité entière avant de tomber d'un côté ou d'un autre. Ne succombons pas tout de suite, laissons un peu de temps au temps, la mémoire est chargée de fruits mûrs.

La maison du berger aux branches incertaines, touche impressionniste avant l'heure, Daubigny n'aurait pas mieux peint dans la demi-lueur d'une brume vespérale un sous-bois vers Barbizon.

Arrêtez d'être positifs ! D'ailleurs vous n'en avez pas les moyens, vous ne pouvez que vous agiter pour avoir l'air de participer à une émission de téléréalité ...

Beaucoup d'inintelligence qui se prend pour de la malice ...

Mikhail Kuzmin (°1872-1936) : My Forebears.
... and you, damsels in bandeaux,
who play with such feeling the valses of Marcailhou,
embroidering pouches with beads
for suitors on distant campaigns,
partaking of the sacrament in household chapels,
telling fortune by cards ; ...
May, 1907.

Mes Ancêtres.
... et vous, les demoiselles en bandeaux,
qui jouent avec un tel sentiment les valses de Marcailhou,
brodant des étuis de perles
pour les prétendants dans des campagnes lointaines,
priant aux Sacrements dans les chapelles familiales,
et disant la fortune en donnant les cartes ;

L'exactitude est la mère de tous les vices poétiques.

Kuzmin est réputé avoir écrit le premier poème homosexuel russe explicite ... peut-être que le goût pour Marcailhou est un penchant de pédéraste ! Quoique la valse soit une danse hétérosexuelle bien affirmée mais l'affiche ne fait pas tout !

Cet essai de Simon Karlinsky sur les amours gays dans la littérature russe et quoique la présentation en soit entachée par des bandeaux publicitaires intempestifs montre bien qu'il y eut une période de libéralisation très forte avant la Révolution de 1917 suivie par une répression stalinienne très dure qui ne prit fin qu'avec Boris Elstine.

Hier un million de français - et parmi eux de nombreux professeurs - ont défilé pour déclarer leur attachement à La Princesse de Clèves.
Madame Ségolène Royal nous a déclaré : la Princesse de Clèves, c'est moi !
La nation française est vraiment comme toujours la plus littéraire au monde. Le président de la République n'a pas souhaité réagir publiquement à cette manifestation de mécontentement populaire. Le ministre Xavier Darcos étudie un renforcement de la diversité de l'enseignement des Belles-Lettres au sein des nouveaux programmes avec un retour en force des humanités.

Il est curieux que la notice wikipedia sur Nicolas Gogol ne mentionne pas son orientation exclusivement homosexuelle dont parle avec autorité Karlinsky.

Question pour un champion : pour quelle raison le Brésil qui est un pays très métissé a-t-il toujours eu à sa tête un président blanc et les Etats-Unis un pays où les communautés raciales sont fortement distinguées a-t-il élu un président métis ?

En France, nous avons un roi-nègre à l'Elysée sauf qu'il est blanc !

Les hommes politiques sont à l'image des peuples qui les méritent, ainsi Besancenot et Sarkozy sont des frères jumeaux car pour eux tout l'horizon humain est contenu dans l'avenir économique (on ne saurait dire lequel est le plus marxiste !) comme Le Pen et Mitterrand étaient les alter ego issus de l'époque de l'agonie du colonialisme et des convulsions de la seconde guerre mondiale. Les ressemblances générationnelles sont plus fortes que les divergences apparentes, le langage est le même, le prisme intellectuel équivalent quand bien même le positionnement diffère pour des raisons tout autant tactiques que de tempéraments propres.

La politique est le plus souvent la réduction jusqu'à l'absurde de la dimension intellectuelle de l'aventure humaine. On ôte toutes les dimensions que l'on peut, on fait la réduction des rêves jusqu'à les faire tenir dans de simples slogans - demain, on rase gratis ! les horizons radieux, le grand soir, la lutte finale des classes etc alors que si l'être humain est grégaire par nature il est tout autant soucieux de se différencier et de s'individuer. Il oppose toujours une force irrésistible à la réduction à la dimension politique ou économique et c'est chercher une martingale impossible que vouloir en tirer une force programmatique sans l'aléas fondamental de l'irréductible conscience.

Dieu ! que tout cela est prétentieux, tarabiscoté et mal dit ...

Ce qui frappe dans le monde contemporain c'est sa pesanteur, un homme d'esprit comme Stendhal en aurait été tout dépaysé et n'aurait pas pu supporter une société et un air aussi épaissis ...

On voit chaque individu tout à ses intérêts immédiats, poursuivant sa petite affaire, ne levant jamais le nez vers les grands espaces ... calculant et recomptant tout de la manière la plus boutiquière ! Quelle engeance est la nôtre ... on comprend pourquoi chacun réduit à son commerce n'ose plus un mot plus haut que l'autre, ils ont tous peur de se compromettre ! Fin littéraire de l'espèce.

Si les mandarins s'abîmaient dans un formalisme hyperbolique et un culte minuscule du passé, nos mandarins modernes - et tous mes contemporains sont quelque peu des mandarins de l'actualité - s'appliquent à coller étroitement avec tout ce qu'ils appellent les données du réel, c'est à dire ce qui a le moins de dimensions possibles, la platitude éternelle, le recroquevillement de l'être, la surface lisse des choses. Nous en sommes arrivés au stade de la nanopensée ...

Le capitalisme : un marxisme qui a réussi. Où chacun est défini par ses besoins et ses moyens et où plus aucun espace de liberté n'est laissé au souverain hasard. Heureusement l'histoire se venge quelquefois et provoque de terribles crises et des retours du refoulé ravageurs comme des incendies de forêts.

La fantaisie ailée de l'artiste remplacée par un journalisme échotier qui ressemble à un ruisseau d'eaux sales, tout dans notre société se termine en égout. Le people est tout le spirituel du peuple.

Le distingué Jean-Paul Brighelli, professeur agrégé de l'université s'est fendu d'un petit laius sur le racisme tout autant inutile que superfétatoire, on peut lui rétorquer le mot d'Oscar Wilde : Hérédité, le seul dieu dont nous connaissions le nom. Dans ce mot d'esprit et d'auteur est contenue toute la doctrine de la race et nos racines ineffaçables autant que la première tâche de sang, celle jaillie du ventre de la mère.

Jean-Paul Brighelli est un grand amateur de Corneille qu'il a d'ailleurs fait éditer dans une collection qu'il dirigeait chez Magnard anciennement. Sait-il qu'on trouve le mot race à toutes les sauces chez le grand dramaturge classique ? Dans Le Cid par exemple voici trois occurrences :

Don Fernand à Don Rodrigue :
Généreux héritier d'une illustre famille
Qui fut toujours la gloire et l'appui de Castille,
Race de tant d'aïeux en valeur signalés,
Que l'essai de la tienne a sitôt égalés,
Pour te récompenser ma force est trop petite ;
Et j'ai moins de pouvoir que tu n'as de mérite.
Le pays délivré d'un si rude ennemi,
Mon sceptre dans ma main par la tienne affermi,
Et les Maures défaits avant qu'en ces alarmes
J'eusse pu donner ordre à repousser leurs armes,
Ne sont point des exploits qui laissent à ton roi
Le moyen ni l'espoir de s'acquitter vers toi.
Mais deux rois tes captifs feront ta récompense :
Ils t'ont nommé tous deux leur Cid en ma présence.
Puisque Cid en leur langue est autant que seigneur
Je ne t'envierai pas ce beau titre d'honneur
Sois désormais le Cid ; qu'à ce grand nom tout cède ;
Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolède,
Et qu'il marque à tous ceux qui vivent sous mes lois
Et ce que tu me vaux, et ce que je te dois.

Don Diègue (il vient de recevoir un soufflet du Comte) :
Achève, et prends ma vie après un tel affront,
Le premier dont ma race ait vu rougir son front.

Don Diègue à Don Rodrigue :
Ne mêle point de soupirs à ma joie ;
Laisse-moi prendre haleine afin de te louer.
Ma valeur n'a point lieu de te désavouer ;
Tu l'as bien imitée, et ton illustre audace
Fait bien revivre en toi les héros de ma race ;
C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens ;
Ton premier coup d'épée égale tous les miens ;
Et d'une belle ardeur ta jeunesse animée
Par cette grande épreuve atteint ma renommée.
Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur,
Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur ;
Viens baiser cette joue, et reconnais la place
Où fut empreint l'affront que ton courage efface.

JP Brighelli songe-t-il à réécrire entièrement l'oeuvre complet de Corneille ainsi qu'une grande partie de la littérature française ? Quel courage et quelle témérité ...

Les normaliens littéraires ont tous le même problème : ils se mordent la queue en refusant de défendre une identité culturelle, il ne leur reste plus qu'à prôner une abstraction d'homme qui n'a jamais existé nulle part et à se réfugier dans des jeux formalistes qui n'intéressent que quelques oisifs, des amateurs de jeux verbaux et des abstracteurs de quintessence qui ne conduit à aucune demeure humaine, à aucun loisir de l'âme qui fasse oublier la solitude et la déréliction existentielle. A leurs yeux la littérature est une logique vide de substance, une épure de pensée, même pas le frisson sur de la mousse dont parlait Verlaine qui est trop sensible et trop matérielle à leurs yeux. Ils vident de toute réalité charnelle l'ensemble de la joute des Lettres et déshabitent le monde de l'amour du beau. Il ne reste bientôt entre leurs mains que du sable qui s'écoule vainement et ils s'étonnent de leur inutilité consacrée. Les Lettres sont trop cruelles à leurs yeux, elles nous renvoient comme un miroir à notre destinée, qu'à cela ne tienne, on les évacuera vers un inaccessible cercle mandarinal.

Les hommes habitent un lieu et un temps, que cela plaise ou non et les petits marquis qui pontifient aux bords des bergères auront beau faire la carte du tendre n'est pas leur domaine.

Vous connaissez beaucoup de bons écrivains normaliens ? Si Péguy, mais il rompit avec la Sorbonne.

La culture selon Normale Sup' c'est comme la finance selon Madoff : une pure escroquerie.

André Suarès qui était passé par Normale tout en ratant l'agrégation comme Péguy - seule chose qui le sauve malgré tout ! - aurait pu être un très bon écrivain s'il n'avait pas reçu une piqure d'orgueil qui affecte mêmement tous ces normaliens poussés en graine à qui on susurre depuis leur plus jeune âge qu'ils sont le sel de la Terre ! Car ces idiots n'ont jamais pu comprendre que la littérature est une défaite ...

Pourquoi le cardinal de Retz, Saint-Simon et Châteaubriand écrivent-ils leurs Mémoires ? Et pourquoi La Rochefoucauld publie-t-il ses Maximes ? Parce qu'ils ont raté leur carrière politique. Ils ne sont grand littérairement qu'autant qu'ils ont échoué temporellement et qu'ils s'en rendent compte. La littérature c'est un surcroit de lucidité. C'est bien pourquoi un homme comme Sarkozy qui est un raté sentimental a une telle haine de La Princesse de Clèves qui lui renvoie sa vilenie propre à la figure.

On ne devient écrivain que dans un sursaut et on ne touche à la grandeur qu'en tripatouillant avec les bas-fonds de son âme. Tous ces professeurs sont peut-être propres sur eux mais ils ne nous atteindront jamais véritablement.

La maison de Juge ou del Giudice portait d'azur, à l'olivier arraché d'argent, accosté d'un croissant et d'une étoile de même. Bonfille ou Boffile de Juge était un napolitain, il prétendait descendre de la noble famille del Giudice d'Amalfi, ce condottiere mort en 1502 fit sa fortune auprès de Louis XI comme son homme lige après la défaite de Troia le 18 août 1462 et l'expulsion des angevins du royaume de Naples, il fut un homme de guerre tout autant que le factotum du Roi de France dans beaucoup de négociations, auprès de Maximilien d'Autriche notamment. Chambellan du Roi et comte de Castres, il devint vice-roi du Roussillon et de Cerdagne en 1475 et le resta pendant dix-sept ans, il épousa en 1480 Marie d'Albret, propre soeur d'Alain d'Albret le Grand (°1440-1522), l'arrière-grand-père d'Henri de Navarre alias Henri IV. Bonfile de Juge est en grande partie responsable de la mort de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, pair de France, décapité à Paris le 4 août 1477. Cette Histoire de la Bastille raconte de manière dramatique et assez romantique l'arrestation nocturne de Jacques d'Armagnac en présence de Louis Malet de Graville, amiral de France, le plus proche conseiller de Louis XI, Boffile de Juge et Pierre de Bourbon.

L'ami Brighelli a la mémoire courte, il ne se souvient plus d'avoir fait éditer Le Cid chez Magnard en 1988 par le professeur Georges Forestier. Voici ce qu'on trouve en page 170 en commentaire du premier monologue que j'ai donné, celui de Don Fernand s'adressant à Don Rodrigue, il s'agit d'un texte de Jean Starobinski, L'Oeil vivant, pages 63/64.
Selon l'idéologie que Corneille partage avec les nobles, qui seront son meilleur public, tout commence par un grand nom : les grands actes en résultent infailliblement. L'ordre suivi par la psychologie se trouve exactement inversé. Il suffit d'être prince ou d'être né en haut lieu : le nom anticipe et détermine à l'avance tous les exploits, il en est le garant. La grandeur et la générosité, qui préexistent dans la race, sont un apanage reçu par droit de naissance.
En face d'une telle idéologie, de structure typiquement féodale, la psychologie cornélienne semble définir au contraire l'attitude des grands bourgeois qui se font un nom à force d'exploits et de services rendus au roi et à la France. Ces bourgeois, loin d'abord de refuser la notion aristocratique de la gloire, n'ont qu'une seule ambition : s'installer dans la gloire, se la faire octroyer en récompense de leurs mérites. L'on ne s'oppose pas de front à l'idéologie, dont on envie le prestige. Le bourgeois veut sa part de gloire. Il entend, lui aussi, perpétuer son nom, vivre par lui d'une existence qui dépasse la durée exiguë de la vie humaine, et prolonger au-delà de toute mesure les pouvoirs de la présence agissante.


Pour en revenir à l'affaire de la décapitation de Jacques d'Armagnac, il est pour le moins romancé de le présenter comme une victime innocente du despotisme royal ! En fait il se révolta et fit partie d'une ligue de grands féodaux dite du Bien Public sous laquelle Louis XI fut bien près de succomber et qui ne rassemblait pas spécialement des gentils bisounours en quête de douceurs. Ils jouèrent et ils perdirent, ensuite Jacques d'Armagnac réclama le pardon ou l'indulgence royales, suppliques qui étaient dans l'esprit du temps où l'on invoquait les saintes écritures à tout propos mais tout ceci faisait partie d'un jeu de pouvoirs dans lequel il ne saurait y avoir deux vainqueurs. L'histoire a retenu que Louis XI en abaissant la puissance des grands féodaux a consolidé le royaume et étendu autant que faire se peut ses frontières. Il fallait bien des vaincus dans cette affaire ...

Tout le monde a le droit de s'exprimer en petit nègre, le président de la République en premier lieu, c'est pourquoi je ne corrige jamais les écrits des autres ! On a la liberté d'être incorrect et puis d'ailleurs j'ai fort à faire avec mes propres écritures. Je suis donc un partisan résolu de la liberté pédagogique.

Ah mais ! c'est que nous ne sommes plus au temps des baleines, du corset et pourquoi pas du vertugadin ? Il manquerait plus que cela que le français soit une prison pour le citoyen libre et éclairé ...

Comme vous le savez, la Culture ce sont des fruits de serre, ça ne pousse pas en plein champ sous la bonne garde de Dieu.

Baudelaire avait un incoercible mépris de la politique, c'est bien pourquoi il n'aurait jamais pu faire partie d'aucune académie. Il se contente d'être le premier écrivain français, ce titre seul lui suffit.

Si Montaigne a écrit des Essais dans le style le plus libre qui soit c'est parce qu'il devait remplir le vide laissé par la mort de La Boétie après les devoirs qu'il lui rendit en éditant ses oeuvres. Michel Eyquem seigneur de Montaigne n'avait pas l'esprit politique dans le sens où il n'aimait guère se mêler des querelles publiques, il a préféré rapprocher Henri III et Henri de Navarre dans son souci de réconcilier les partis de la France qui se déchiraient. Au fond il se jugeait indigne d'un rôle de figuration puisqu'il lui semblait que son ami Etienne de la Boétie avait emporté dans la tombe tout l'esprit de la chose publique. Il préférait effacer la surface afin d'atteindre le fond de la langue et de son être. En quelque sorte lui aussi pratiquait la poésie comme plus tard Charles Baudelaire. La poésie : un art hautain auquel on ne parvient pas sans sacrifier quelque peu les apparences.

Ceux qui mélangent la politique et la littérature sont tout prêts de commettre les pires contresens.

Je n'ai pas de partisan, je crois que je puis m'en flatter, celui qui me lit reste libre. Il n'est même pas besoin de faire des ronds de jambe pour pouvoir me répondre.

Exégèse littérairement pure et philosophiquement propre de la politique occidentale la plus à la pointe de la modernité :
Obama est un constructiviste noir et blanc qui a érigé le syntagme barthien en symbole photogénique et le rhizome deleuzien en réseau internet. En clair (si possible) Obama déconstruit les couleurs du spectre pour la plus grande confusion des daltoniens et des mal-voyants autrement appelés journalistes dans les lieux communs du langage populaire.

Je comprends que les esprits aptères ne soient toujours pas revenus de leur sidération : l'éclaircissement d'un noir chimiquement pur par la translucidité dépassait toutes leurs conceptions et leur langage convenu depuis des lustres. Il est probable qu'Obama est un être d'un genre nouveau, fait de nanoparticules de carbone transparentes à la lumière la plus commune ... son réseau cristallin laisse passer toutes les gammes d'ondes, toutes les fréquences et chacun contemple comme un miracle la joie de voir son semblable à travers lui comme s'il n'avait aucune épaisseur ! La matière est dissoute, les épaisseurs de la vie politique deviennent fumées qu'un peu de mots subtilement évanescents et évaporés dissolvent, c'est la sublimation de la politique, la disparition des forces d'attraction régulières comme la pesanteur humaine et les habitus des races en une tierce voie ...

Enfin après avoir hanté la stratosphère la plus éthérée d'une humanité post-moderne et pour revenir sur Terre un moment tout ceci est construit sur un colossal endettement dont personne ne sait vraiment qui va vouloir payer la note in fine ? La dévaluation de tous les actifs qui circulent en Bourse ne suffisant pas, on ne sait comment l'espèce de maelstrom dans lequel les économies semblent irrésistiblement attirées va terminer sa course. Enfin une histoire digne de Jules Verne dira-t-on, c'est peut-être un capitaine Nemo ennemi du genre humain tout entier qui sera chargé de sauver ce qui peut l'être.

Stendhal faisait de l'esprit sur la politique, il ne pouvait être de son propre parti, il se moquait des gens sérieux et convaincus tout autant que de ceux qui prenaient la pose style Chateaubriand, il a suffisamment apprécié l'air grand seigneur du comte Molé, son vieux style français et léger sans prévention pour lui léguer son buste de Tibère, la seule chose de prix qu'il possédait et qui se trouve encore au château de Champlâtreux chez le duc de Noailles descendant des Molé.

Si jamais je meurs et qu'on vous dit que j'ai été aimé, haussez les épaules !

L'humanité une machine à dire des mensonges, la vérité se tait obstinément. Pas folle la guêpe elle aurait par trop peur d'être pris dans les rêts et les pièges gluants de la fausse pensée et de ses demi-victoires. L'exactitude, un gros mot, un épouvantail à moineaux, pour ceux qui ne profèrent que des demi-vérités ou des demi-mensonges légers comme des soupirs. L'habile gagne demain, le demi-habile triomphe aujourd'hui. Pascal : Le peuple honore les personnes de grande naissance, les demi-habiles les méprisent disant que la naissance n'est pas un avantage de la personne mais du hasard. Les habiles les honorent, non par la pensée du peuple mais par la pensée de derrière.

Je cours après l'argent qui court encore plus vite que moi ...

Voici ce que je reçois comme courrier par e-mail ce matin :

Invitation ANPE
Bonjour,
L'ANPE vous invite au recrutement mediateur scolaire
qui se déroulera
Pole Emploi Flandre (ex ANPE) ? 29, rue de L'Ourcq ? 75019 Paris (M°Ourcq).
if('_fichier_attache_0_'!=('_fichier_attache' + '_0_')) document.write('(Plan d\'accès joint)');
L'Education nationale recrute des médiateurs scolaires en contrat aidé - 20 ou 26h - pour les établissements scolaires.
Vous êtes en charge de traiter et repérer les absences des élèves, vous établissez des liens entre les parents et les établissements.
Vous travaillez en équipe,
Attention : Vous êtes éligible au contrat aidé (contrat d'accompagnement dans l'emploi (la fiche d'éligibilité est remise par votre conseiller) ou contrat d'avenir (minimas sociaux : RMI, ASS ou API, AAH) pour postuler.
Si vous correspondez au profil et que cette offre vous intéresse, merci de vous présenter AVEC VOTRE CV (Prévoir 1h30 d'information):
Pour une réunion d'information collective.
Le 18 février à 09h30,
Pole Emploi Flandre (ex ANPE) ? 29, rue de L'Ourcq ? 75019 Paris (M°Ourcq).
Si vous n'êtes pas disponible, mais que ce poste vous intéresse vous avez la possibilité de télécandidater pour l'offre 707692L sur le site pole-emploi.fr
Ceci est une information et en aucun cas exige une obligation de présence.
Ceci est une information et en aucun cas exige une obligation de présence.

En-dehors du fait que les fichiers attachés se sont perdus dans la nature, vous admirerez le style petit-nègre de cette missive ! De fait si je devais me retrouver dans un de ces établissements de l'Est parisien au milieu des nègres et des bicots qui forment la majorité de la population des établissements publics en question, ce serait mon français qui serait à remettre en question !

Il paraît qu'il y a un B2I (bédeuzi) d'initiation à l'informatique et à l'internet dans les collèges et lycées, je suppose que les agents de l'ANPE qui doivent avoir une licence quelconque sont passés par là : on en voit le brillant résultat !

Que voulez-vous qu'il résulte d'un entretien où je ferais rougir mon interlocuteur devant ses lacunes de toutes natures ?

Le masochisme c'est la vie même, la vie humaine du moins c'est à dire spirituelle. Sinon l'on tombe dans l'animalité ou l'ennui qui est une autre forme de l'esclavage des sens. Il existe une forme en nous qu'il faut délivrer par tous les moyens, tous les accidents de l'art, toutes les rencontres heureuses de la science sont mises à contibution pour nous faire échapper à cet état de nature qui devrait faire fuir toute âme bien née. Etre compliqué c'est être vivant par soi-même et pour soi-même. On ne se simplifie qu'aux dépens de son avenir.

George Steiner déclarait hautement son horreur du bluff, ce qui prouve qu'il n'est ni un savant, ni un artiste, tout juste un esprit religieux qui s'incline respectueusement devant les mystères qui le dépassent.
Que fait un savant ? Il bluffe avec la Nature, il essaye de la prendre en défaut, de contourner les obstacles qu'elle met entre la connaissance et lui, que fait un géomètre, il saute hardiment aux conclusions en passant par-dessus les étapes intermédiaires et il cherche le chemin le plus court ou le plus facile pour franchir les obstacles qui sont sur sa route. Les scientifiques dignes de ce nom sont des mordus du jeu. De même qu'un artiste cherche à bluffer son public et lui cacher les secrets de son art, effacer les traces de ses pas c'est le secret du grand art, le summum de la perfection envisageable.

Le bluff c'est la vie de l'esprit.
Les marxistes ne croient pas en cette invention perpétuelle, ils ne rêvent comme les théologiens du moyen-âge qu'en un ciel des fixes, un ordre social et économique dompté, médiocrement dessiné à la mesure des esprits courts et peu imaginatifs.

La société humaine vivante c'est la réorganisation perpétuelle de l'ordre social comme tout organisme qui se modifie en grandissant.

Jérôme Vallet a mis en ligne un entretien entre George Steiner et Laure Adler, vous remarquerez que quand André Weil accueille les nouveaux arrivants à Chicago ou Princeton en leur déclarant solennellement qu'en dehors de la théorie des nombres et de la géométrie algébrique tout le reste des activités humaines c'est caca, il bluffe ! Mais le jeune Steiner ne s'en aperçoit tout simplement pas même soixante ans après ! Bien entendu Weil serait incapable de soutenir une preuve de ce théorème hautement contestable ... il spécule sur la jeunesse et la crédulité de ses interlocuteurs, ce qui prouve d'ailleurs le caractère fantasque et joueur du frère de Simone Weil dont le goût pour les collections de langues anciennes était connu (Laurent Schwartz lui collectionnait les papillons). Beaucoup de matheux ont l'esprit paradoxal, Lewis Carroll est un exemple fameux de ce type de pensée.

Jérôme Vallet reprend quelques extraits de mon blog et dit que je ne comprends rien de rien à ce que dit Steiner, ce qui ne m'étonne guère ! Il ne connaît pas la définition technique du bluff, il s'agit d'une asymétrie d'information, c'est flagrant dans un jeu de cartes entre deux joueurs, cette théorie mathématique relève de la théorie des jeux inventée par Von Neumann.

Jérôme Vallet qui est musicien me répond mais Mozart ne bluffe pas car il est sincère (ou quelque chose de ce genre), mais non, il se trompe, Mozart spécule sur l'esprit de son public, je peux lui citer une lettre célèbre à son père où parlant de deux concertos pour piano K 413 et 414 ou 415 - je crois - où il dira qu'ils tiennent le milieu entre le trop facile et le trop difficile, ce qui prouve bien qu'il connaît son public et le niveau musical qu'il attend de lui, c'est à dire qu'il y a bien asymétrie d'information, Mozart est un musicien savant qui use de sa science pour mener les auditeurs là où il veut qu'ils parviennent, tout est fait consciemment, ce ne sont pas les auditeurs qui sont les maîtres, c'est lui ! Dans une autre époque quand Beethoven écrit ses derniers quatuors il bluffe l'avenir car il sait bien que le public contemporain n'est pas prêt à les écouter, il spécule sur les temps à venir à qui il donne du grain à moudre (de même quand il insère une grande fugue dans un de ses derniers quatuors pour faire la nique aux scoliastes, aux érudits nostalgiques de la grande époque du contrepoint à la manière de Bach et du Gradus ad Parnassum).

En fait il y a une confusion fatale entre le professeur sérieux, compétent, appliqué qui est chargé de donner le maximum de renseignements précis à ses élèves et le grand créatif qui n'a pas à rendre compte des détours de sa pensée, il laissera cela aux exégètes de l'avenir, le créateur peut se permettre de raconter des craques et de mener en bateau les petits curieux qui l'interrogent sur ses motivations et ses manières de faire. C'est même son droit le plus strict de défendre son pré carré, son jardin secret !

La démocratie consiste à faire croire à toute majorité qu'elle est spontanément intelligente.

Je suis HS depuis plusieurs jours, complètement dans le potage.

On devrait interdire à Lapinos l'usage des noms propres et les mots qui se terminent en -isme ! On se demande comment il ferait pour arriver à surnager avec ses grandes pattes qui l'entraînent vers le fond du lac des idées s'il n'a plus rien à dénoncer et puis il a beau avoir de grandes oreilles il est sourd comme un petit vieillard ...

Il est toujours assez fascinant de voir un homme seul fonder une secte à lui tout seul ... la secte des brèves de sacristie ?

Est-ce qu'on pense avec des noms propres comme on se balancerait des étiquettes à la figure tels des chiffonniers sur un marché ?
Evidemment la science moderne remplace les mots par les choses mêmes, les étiquettes par la mesure.

Si en mécanique ou en mathématiques vous faites un cours sur le Lagrangien, il ne s'agit pas de disserter à l'infini sur le mot lui-même qui n'est qu'une abréviation arbitrairement choisie, il s'agit bel et bien d'en tirer des calculs et des idées applicables.

J'ai reçu mes analyses de sang faites à Pasteur qui sont excellentes, je ne vais pas épiloguer sur le choix des unités de mesure. Je considère que c'est un travail qui a dû être bel et bien fait afin de les rendre significatives.

On m'excusera si tout ceci est atrocement évident, mais quand je lis ce que je lis je me demande souvent s'il y a beaucoup de gens qui sont pourtant passés par l'école publique qui font la différence entre une opinion vague et soluble dans l'air et une mesure répétable, confirmable ou improuvable ?

Discours du docteur Henri Gagnon grand-père de Stendhal à l'inauguration de l'Ecole centrale de Grenoble le 6 mars 1796 : Les sciences agrandissent la pensée et les lettres font le charme de la vie. La tyrannie vise la destruction des savants, des artistes et de tous les moyens d'instruction. C'est à des citoyens absorbés dans l'étude que nous devons une grande partie des brillants succès de nos armées. Le progrès rapide des sciences est dû à l'abandon des systèmes pour chercher la vérité par la voie de l'expérience. L'Ecole centrale formera la nouvelle génération aux vertus républicaines.

Ma réponse à Jérôme Vallet :
C'était bien la peine que je sorte la grande édition de Michael Raucheisen pour vous donner une courte liste des chanteurs qu'il a fait enregistrer dans Hugo Wolf. Si j'avais su que vous n'en aviez rien à foutre ...
Je ne sais pas si c'est Walter Legge qui a fait aimer Hugo Wolf à E. Schwarzkopf - comme je suis bête et discipliné vous allez m'obliger à sortir de mes réserves le livre de votre chanteuse favorite sur "La voix de mon maître Walter Legge", Belfond 1983, pour vérifier vos dires.
Je me souviens néanmoins que Wilhelm Furtwängler l'a accompagné au piano en 1953 à Salzbourg dans un récital entièrement consacré à Wolf qui est sur cd. Peut-être est-ce Walter Legge qui a appris l'art d'Hugo Wolf à Furtwängler ?
Tout ce que je peux d'ores et déjà affirmer c'est que votre chronologie est fausse, Walter Legge ne connaissait pas E. Schwarzkopf avant 1945 et elle chantait Wolf avant avec Michael Raucheisen.
Mais ne vous inquiétez pas, je ne vous dérangerai plus sur ce blog en vous faisant part de mes découvertes de lecture. Je vais garder in petto mes exactitudes de généalogiste et d'historien scrupuleux qui préfèrera toujours le fait à la légende.
iPidiblue archiviste surnuméraire.

Après lecture du livre en question, voici donc la réponse, c'est le musicologue Ernest Newman (°1868-1959) qui a fait connaître Hugo Wolf en Angleterre bien avant la naissance de Walter Legge (°1906-1979) !
E.Schwarzkopf précise que dès son premier récital de lieders à Berlin pendant la guerre, elle inclut quelques lieders d'Hugo Wolf qu'elle avait étudiés avec Michael Raucheisen, ce qui prouve bien qu'elle avait déjà une attirance certaine pour ce compositeur qui était loin d'être inconnu en Allemagne à cette époque, j'en veux pour preuve le très bel enregistrement du Corregidor daté de 1944 avec une distribution exceptionnelle Karl Erb, Gottlob Frick, Margarete Teschemacher, Marta Fuchs, Josef Herrmann, Kurt Böhme, Georg Hann, Helena Rott et Karl Wessely.
Bien entendu en France, je suppose qu'on devait compter sur les doigts d'une main les mélomanes qui s'intéressaient à ce compositeur avant-guerre.

J'ai bien l'intention de me dorloter avant de revenir lentement à la vie.

Histoire d'époux.
La pauvre princesse de Clèves, elle avait déjà un mari, elle a maintenant les chercheurs aux fesses !

Dépêche d'agence.
Dans le cadre de son plan de développement des DOM-TOM, le gouvernement a l'intention de délocaliser la Halde en Guadeloupe.
Dernière minute : On nous annonce la démission de M.Louis Schweitzer pour cause de susceptibilité épidermique. Le nom de son remplaçant n'est pas connu provisoirement.

Il est délicieux d'être malade puisque ce sont les seuls moments où j'ai le loisir de lire de vrais livres. Ceci me fait penser qu'il n'y a plus d'esprit en France, je veux dire de cette forme délicate de dérision des outrances de la mode, des diktats de l'heure, des ridicules du moment. Tout ce qui de ces salons parisiens depuis l'époque de Mme de Sablé, Mme de Rambouillet ou quelques autres dames nobles ou bourgeoises, futiles et lettrés, mondaines et demi-mondaines sans être pour autant sottes jusqu'à la première moitié du XXème formait une redoute contre les humeurs du temps. La lourdeur des gens d'affaire et du divertissement populaire a emporté sur son passage toute finesse littéraire et la conversation qui allait avec.

Il ne se passe pas de mois où la biologie ne soit bouleversée par de nouvelles connaissances, dans ces conditions il vaut mieux se référer à une prudence immémoriale, un bon sens que nos ancêtres pratiquaient et par exemple s'interdire jusqu'à preuve de sa parfaite innocuité le mélange des races humaines car on ne voit pas bien ce que la race blanche aurait à gagner à se mêler à la race noire. Ce principe de précaution choque aujourd'hui alors qu'il était tout naturel il y a encore quelques décennies, rien ne dit qu'on ne finira pas par démontrer qu'il était justifié !

Ce qui est sûr en tout état de cause c'est que de nos Antilles françaises depuis bientôt quatre siècles, il n'est jamais rien sorti de positif et que les mélanges visant à améliorer les races n'ont produit aucun effet positif dans tous nos essais empiriques.
Ma suggestion est donc de laisser tomber les idéologies qui ne sont vérifiées en aucun point et d'approcher lentement ces problèmes de mélanges raciaux par les voies les plus strictement scientifiques.

Ce que je trouve curieux c'est qu'on reproche aux gens d'esprit de faire de l'esprit, que vouliez-vous donc qu'ils fassent ? Qu'ils changent l'eau en vin ? Les auteurs de Madame de Lafayette quels qu'ils fussent avaient bien raison de se donner du loisir, de renchérir sur leur raffinement, de combler le temps perdu à la guerre par des jeux de lettres, de s'échanger des charades et des nugae difficiles !
Non, ce qui est vraiment étrange ce sont des scientifiques qui se complaisent à affoler les populations et font des prédictions dignes de cartomanciennes sur le climat futur quoiqu'ils seraient bien incapables de vous donner le temps et les moyennes de températures du prochain été ! Etre climatologue c'est à dire faire des simagrées avec des choses ignorées est pour le moins fâcheux, c'est retourner à l'époque des systèmes où les modèles informatiques tiennent lieu de raison et les sommes demandées et dépensées de justification.
L'art et les lettres sont le lieu de la fantaisie individuelle, qu'ils le restent mais que la science ne devienne pas pur verbiage c'est tout ce qu'on lui demande, on a déjà l'économie qui nous encombre avec ses fausses prédictions et ses raisonnements pathétiques dignes de nos marionnettes politiques, inutile d'y rajouter des disciplines immâtures. Qu'elles cultivent le secret et l'ombre et quand elles seront prêtes qu'elles nous annoncent des choses justes et certaines plutôt que se désavouer sans cesse.

On met de l'esprit là où il n'en faut pas, on l'ôte là où il est indispensable, c'est tout notre temps !

Il y a une espèce de décadence de l'esprit critique et de confusion de l'ordre des choses. On veut du sérieux là où l'on ne saurait en mettre et des systèmes à la place de la mesure et de la clarté.

Les vraies révolutions arrivent sur des pattes de colombe disait Nietzsche, c'est le cas de la science qui ne se paye pas de mine qui est comme une sape souterraine, attentive aux moindres ébranlements, aux signes du temps laissées par la Nature. Les exercices mentaux que pratiquent les hommes sont des préparations de leur attention, de leurs facultés les plus déliées à interpréter ce qui possède un grand ressort, un long développement.

La démocratie universelle qu'est-ce sinon l'autre nom de l'Empire ? Il n'existe qu'une seule démocratie, c'est la liberté intérieure devant le tribunal de la conscience.

Un vrai scientifique ne fait pas des prédictions, il fait de la recherche. Bien entendu il peut toujours prendre un pari sur ce qu'il va ou pas trouver histoire d'intéresser le jeu mais il ne confond pas la valeur du pari avec une spéculation économique !

Le très bon site Pensée unique exerce l'esprit critique dans une espèce de veille des dérives de l'information pour l'information qui a tendance de plus en plus à remplacer la formation, de même que les professeurs deviennent des communicants style "Entre les murs" plus que des formateurs et des passeurs de codes.

Le bon enseignement n'est pas spectaculaire, il n'est pas cinéphilique, il est lent, monotone, répétitif, ses effets ne se font sentir qu'à la longue, les transformations qu'il induit sont invisibles car abstraites.

La soi-disante "Information" qui règne dans les médias s'autoalimente jusqu'à saturer tous les réseaux avec une espèce de bruit de fond sur tous les modes, toutes les fréquences. C'est la rumeur technologique de la société contemporaine. Ce serait perdre son temps que d'en chercher la signification sociologique ...

Que diriez-vous d'un médecin qui passerait à la télé en affirmant : moi je soigne tous les cancers !
Vous le prendriez nécessairement pour un charlatan. Or nous assistons tous les jours à un ballet d'hommes politiques, d'économistes, de sociologues voire d'historiens qui nous expliquent qu'ils soignent tous les maux du temps !
Eventuellement vous accepteriez la prédiction d'un biologiste qui affirmerait qu'à terme on soignera toutes les cancers voire toutes les maladies humaines passées et à venir, quand bien même il ne serait pas capable de dire ce sur quoi il fonde une telle prophétie, on peut toujours faire crédit au temps, et du temps c'est ce dont nous manquons le moins !

Il n'y pas d'actualité de la climatologie. C'est cela dont il faut se pénétrer afin d'éviter de mélanger le temps long des évènements climatériques à l'échelle de la Terre et les épiphénomènes politiques. Il y a une discipline à constituer patiemment et solidemment et il ne faut pas que les savants se laissent détourner de leurs efforts par des esprits faux et avides de publicité comme le trop connu James Hansen qui semble-t-il fut à une autre époque quelqu'un d'acceptable travaillant pour la Nasa sous les ordres de chefs responsables avant de se pervertir pour d'obscures raisons.

Aux dernières nouvelles on s'orienterait vers un refroidissement climatique dû à la faible activité solaire dans les prochaines décennies, du coup je n'aimerais pas être dans la peau des adeptes du réchauffement anthropique !

L'activité solaire est relativement prévisible, elle se tient dans des cycles prédéfinis qui sont observés depuis longtemps par les astronomes donc on peut baser des prédictions là-dessus avec de bonnes chances de les voir confirmées, alors que la machine climatique terrestre est largement encore méconnue.

Evènement ! Edouard Balladur a fini d'accoucher de son rapport et a déclaré Je prendrai alors ma canne et mon chapeau pour le présenter au président. Il s'agit de la fameuse refonte des régions françaises, fusion de l'Aquitaine et du Poitou-Charente (que va dire la chère Mme Royal ?), détachement de l'Oise en Île-de-France et inversement découpage de la Seine-et-Marne en deux morceaux dont l'un pour la Champagne, recollement de la haute et basse Normandie etc. On souhaiterait quelques changements de nom comme l'affreux Midi-Pyrénées qui pourrait devenir une Gascogne de bon aloi. Enfin que de grains de sable encore avant que le char de l'Etat ne s'engage dans ces déserts administratifs où s'enlisent les meilleures volontés politiques ...

Je ne suis nullement un spécialiste d'Hugo Wolf et pour cause, sa musique me contrarie, elle me donne un sentiment de bizarrerie, quelque chose de tenace qui colle à l'oreille dont je ne saurais dire qu'il représente les prémices de la folie dans laquelle il a passé les dernières années de sa vie. Si je considère un de ses contemporains français qui était un original, Erik Satie et quoiqu'on puisse penser de sa musique on n'y voit aucune faille dans laquelle la déraison pourrait s'introduire, juste une manière d'être un peu décalée.
Pour reprendre l'historique d'Hugo Wolf l'on sait qu'il se fit d'abord connaître en farouche critique et notamment comme un détracteur insolent de Brahms qui représentait depuis la mort de Wagner les saintes écritures de la musique allemande dans tout le milieu viennois. Inutile de dire que ses lazzis ont valu à Hugo Wolf quelques cinglantes réparties ce qui n'empêcha pas Gustav Mahler de donner son Corregidor à l'opéra de Vienne et d'être réputé très tôt dans la jeune école, celle de Schönberg, Berg et Webern comme un maître du lied.
Je ne connais pas l'histoire de la réception de son oeuvre en France, mais vu l'idiosyncrasie entre la poésie allemande et sa musique d'accompagnement (comment dire autrement ?), je suppose qu'il mit longtemps à percer parmi les oreilles françaises.

J'ai trouvé que le célèbre ténor Léo Slezak (°1873-1946) avait enregistré trois de ses mélodies dès 1928 dans d'excellentes conditions, ceci pour dire encore une fois que la réputation de Wolf était faite dès cette époque dans le monde germanique.

On n'avait pas peur d'aimer ce que l'on aimait à cette époque et l'on défendait ses passions avec application, mais la musique classique est tombée de Charybde en Scylla de nos jours ...

Les libertés que l'on ne défend pas, tombent ...
Ceux qui se croient libérés pour toujours font souvent partie des esprits les plus conventionnels. Il faut à mon époque rentrer dans de petites cases et avoir une étiquette attachée au dos pour que l'on vous reconnaisse.
Songe-t-on à un abbé de Choisy ou à un chevalier d'Eon qui serait notre contemporain et remplissant des fonctions publiques dans la diplomatie ou à la guerre ?

Dans le domaine artistique la folie peut être un élément d'intérêt, de même que tout comportement asocial peut rajouter du sel à la perception d'une oeuvre. La normalisation qui est le but de l'enseignement va à l'encontre de ce qui représente la fleur de la sapience esthétique. Le déséquilibre spontané de Schumann et la poésie qui s'en dégage nous passionnent davantage que la musique de notaire de Mendelssohn pour reprendre l'expression acerbe de Claude Debussy. On confond volontiers la maîtrise d'un savoir artistique, la connaissance du métier proprement dite et les écarts personnalisés qui sont tout le suc d'une oeuvre marquée et identifiable pour le public.

Il est un peu gênant que le maître tout-puissant de notre époque s'appelle l'opinion publique qui est le tyran le plus imbécile qui se puisse concevoir ... car c'est sa platitude qui est le plus à redouter !

Racine sans la folie et le feu des passions qu'est-ce que ce serait ? Un Voltaire raisonnable et encore dépourvu d'humour quoique Les Plaideurs plaident pour un Racine qui avait un sens exercé de la satire sociale peut-être stimulé par les réflexions de son compère, le chicaneur et parisien Boileau, avocat sans cause mais non sans talent pour la dispute oratoire.
Le barreau qu'est-ce que c'est ? Sinon la folie des hommes réduites à l'ordre absurde et cocasse des lois. Belle galerie pour un amateur de types humains, ou demeurés ou obsédés et jusqu'aux boutistes de leur bon droit.

Deux sortes d'artistes, les raisonnables qui contrefont les folies de leur temps et renchérissent sur les délires les plus communs comme la politique et la religion, les extravagants, déclassés de l'ordre social et de la raison qui creusent un sillon que les autres n'osent suivre en manipulant les signes dans lesquels la société reconnaît ses actes marqués au sceau de la raison. Dans les deux cas où il faut bien subvertir quelque chose pour attirer l'attention, soit volontaire et involontaire, l'artiste explore les continents de l'esprit de son temps.

Esprit de sérieux es-tu là ?

Le Droit humain : une folie burlesque. Le Droit du coeur : une folie amère.
Corneille en bon normand se moquait dans La Galerie du Palais, dans Le Menteur et dans L'illusion comique des chicanes du coeur comme Racine dans Les Plaideurs des embûches de la chicane.

Je me dis souvent que le but de l'écrivain est de démolir la crédulité publique mais c'est un travail de Sisyphe, il suffit de considérer cette histoire du réchauffement anthropique qui est devenue une espèce de téléologie scientifique sans queue ni tête mais avec beaucoup d'avenants intéressés dans le développement de cette nouvelle foi.

Jacques Monod avait attaqué la téléonomie comme fausse science, faux développement des concepts les mieux établis, il ne pensait pas le pauvre que tout ceci resurgirait quelques décennies plus tard sous une forme à peine modernisée !

Les collusions entre science et politique sont désastreuses, l'une spécule sur la crédulité publique, l'autre sur l'incrédulité particulière. Leur conception du temps ne sont pas les mêmes, l'unité de la pensée n'y joue pas le même rôle.

Dans l'histoire récente et lointaine les confusions entre le destin tragi-comique des peuples et la figure du savoir n'ont pas manqué, le résultat ce sont des cadavres d'idées même pas exquis.

Bien entendu l'enseignement doit transmettre des codes, c'est son objectif, libre ensuite aux esprits créateurs de s'en affranchir et d'en créer de nouveaux !

Ceux qui disent que l'école doit casser les codes car ils sont le reflet de l'ordre ancien - l'ordre bourgeois - sont dans l'erreur, car il est impossible qu'aucune communication humaine n'existe sans encodage des conduites et des langages.

L'âme des bouges.
Il n'y a pas que les monologues du vagin, il y a aussi les dialogues du pénis.

Hervé Guibert était crépusculaire dès son plus jeune âge, l'obsession du corps solitaire comme limites intimes de sa vision, litanies de microremarques dignes d'un vieillard qui s'observe à la loupe dans sa déliquescence. Discrépance entre l'âge officiel de l'état civil et l'âge visible dans le regard maladif du poète qui se contemple sous le soleil noir de sa mélancolie. Le poète naît étranger à lui-même. Ceci dit Wagner attendra l'âge mûr voire déclinant pour décrire son Crépuscule des Dieux, l'anneau des âges qui étrangle la race. Le poète se cherche un frère dans le lointain, dans l'inabouti, l'inachevé, l'inaccompli. Il cherche des signes ...

Il est douteux que Stendhal aurait apprécié Wagner lui qui était parti à la chasse au bonheur, il reprochait déjà à Mozart sa mélancolie nordique confrontée au rayonnant soleil de Rossini ! Il fallait vraiment les esprits malades de Baudelaire et de Nietzsche pour comprendre les brumes et brouillards du Nibelung sautillant de Bayreuth.

Il paraît qu'il y a des victoires de la musique, ô musique où est ta victoire ?

Stendhal démontre qu'on peut être classé parmi les romantiques sans jamais avoir appartenu à aucune école, ni avoir même partagé des enthousiasmes pour des formes d'art considérées comme romantiques, ni en peinture, ni en musique, à moins de considérer Rossini comme un romantique plutôt que comme un continuateur de Cimarosa. Je ne sache pas que Stendhal ait consacré des pages à Géricault et à Turner, à Hoffmann, Goethe, Schiller et quelques autres, il n'a fait que croiser Byron, figure romantique par excellence dont l'épopée politique et la marginalisation sociale devaient lui plaire mais qu'il n'a pas imité. Le fin et délicat Delacroix fut un compagnon de soirées et de tablées mais il ne tomba pas en extase devant lui comme plus tard Baudelaire. Disons qu'en tout Stendhal fut un dilettante, l'engagement n'était pas son fort surtout pour ses contemporains !

Stendhal a voulu se présenter en bon petit diable qui n'affectait pas trop de profondeur pour ne pas faire peur aux grandes personnes.

Il y a toujours des gens pour faire de l'argent avec tout et n'importe quoi. Ce sont des philosophes en quelque manière.

Pourquoi le ciel est bleu est une question autrement plus essentielle !

On n'est pas obligé d'enseigner pas plus qu'on n'est obligé de recevoir un esneignement. Ce qui corrompt profondément l'enseignement obligatoire c'est la jonction de ces deux mots. Ce qui est obligatoire ne saurait faire appel à l'intelligence. Culture est signe d'inégalité et donc d'injustice. L'enseignant moderne pourchasse deux lièvres à la fois ...

Qu'est-ce qui reste quand on a renoncé à faire appel à l'intelligence ? Des simulacres, des cultes, des masses qu'on remue.

On finira par demander aux élèves qu'ils signent une profession de foi et un serment sur l'honneur qu'ils n'ont pas de mauvaises pensées comme au temps de la Restauration les fonctionnaires contresignaient une protestation de fidélité au Roi ! Les nouveaux curés porteurs de la bonne parole pourront alors apposer leur paraphe au certificat de fin d'études citoyennes de leurs ouailles ... à se demander si notre régime politique se sent à l'aise dans ses bottes d'instituteur républicain ?

Mai 68 a été rendu possible pour deux raisons, la bombe atomique de 1960 qui rendait improbable un conflit majeur dans lequel la France serait entraînée malgré elle et la fin de la guerre d'Algérie en 1962 qui signait l'ultime soubresaut de l'épopée coloniale. Un jeune homme des années soixante savait que l'Etat ne lui demanderait plus le sacrifice de sa vie et ce pour la première fois depuis la Révolution. L'abolition du service militaire obligatoire en 1996 n'a fait que consacrer cet état de fait.
Du coup l'Etat français qui n'avait plus rien ou presque à demander à ses concitoyens a perdu de son autorité, délégitimé peut-on dire par le fil du temps, l'enseignement a été le premier à en souffrir, il ne représentait plus le premier grade du service de l'Etat, juste une usine à diplômes. Moralement sa position en a été très affaiblie quand bien même ses missions et ses moyens étaient étendus à l'infini ...

Mort de la marquise de Vogüe née Geneviève de Thomasson (°1926-2009), elle descendait des Texier d'Augignac, en effet parmi les six enfants de Sicaire-Adrien de Texier (°1727-1816) et Françoise Périgord (°1723-1794), deux firent souches, une fille Dlle Jeanne-Marie de Texier (°1755-1791) qui épousa en 1775 Jean-Baptiste Thibaud de Thomasson (°1741-1813), receveur des domaines du Roi et Adrien-Bertrand de Texier (°1765-1852) dont nous descendons. Sous la Restauration, il y eut un procès entre les deux branches de la famille concernant le fameux "milliard des émigrés" et les biens saisis à la Révolution.
Le marquis Pierre de Vogüe (°1921) est l'arrière-petit-fils d'Henri Germain (°1824-1905), fondateur du Crédit Lyonnais. Son père Melchior de Vogüe (°1893-1965) a fini sa vie comme prêtre, il avait épousé la fille du baron Georges Brincard (°1871-1953), président du Lyonnais.
Dans la même descendance des Thomasson, on trouve le général de brigade Jacques Pâris de Bollardière (°1907-1986), farouche opposant à la guerre d'Algérie et dénonciateur de la torture, grand-officier de la L.H, compagnon de la Libération, croix de guerre 39-45, croix de guerre des T.O.E, Médaille de la Résistance, Distinguished Service Order and Ban, officier de l'ordre royal de la couronne belge, croix de guerre belge.

En consultant la revue "Héraldique et Généalogie" (N°187) je suis tombé sur un article concernant le célèbre inventeur Marc Seguin (°1786-1875), parmi la nombreuse descendance des Seguin d'Annonay plus précisément de son frère Camille Seguin (°1793-1852), on trouve Sabine Buidin-Charruyer qui a épousé Pierre Champagne de Labriolle, fils de Bernard de Labriolle et Geneviève Regnault.
H&G débute son article en rapportant une légende familiale selon laquelle les Seguin seraient une famille juive d'Alexandrie (en Egypte) arrivée à Annonay dans l'Ardèche au XVIème siècle mais sans apporter de preuves notables, ce qui fait penser aux Lévis-Mirepoix qui prétendaient descendre de la tribu des Lévi mentionnée dans la Bible, ce qui était censé leur apporter un certain prestige sous l'Ancien Régime, mais ce n'était que pure fantasmagorie comme le roi Pharamond !

Paulhan était un type très amusant - d'ailleurs moralement impeccable - ce qui est rare chez les littéraires, ce qui fait qu'en somme il était très peu littérateur. Jouhandeau, qui était son grand ami et son partenaire aux boules, avouait ne rien comprendre à ce qu'il écrivait, ce qui n'est pas étonnant car c'était un méta-grammairien et ne me demandez pas non plus ce qu'est un méta-grammairien !

Conclure c'est toujours se tromper un peu ... il faut une espèce de grand courage moral pour renoncer aux atouts de la brutalité d'une conclusion, aux attraits d'un raccourci final.

Il y a en ce moment sur les murs du métro de Paris un pdg blanc qui vend des poëles pour se chauffer au bon feu de bois, on l'a déguisé en rasta, il est vrai que ce n'est que comme cela maintenant que les pdg sont acceptables, voir à Obama (qui lui a été déguisé en cadre blanc). Les publicitaires qui appartiennent à la génération rolex ont depuis longtemps compris le bon usage des uv.
Le dernier pdg que j'avais vu chanter les vertus de ses produits c'était Guy Degrenne, dont l'enfance était marquée par le signe du cancre - Mme Royal dirait de la cancritude !
Il y a certes plus de grands pdg qui sont polytechniciens ou énarques mais cela n'est pas très vendeur ...

Ce qu'on peut admirer avec les médias c'est que tout y est nécessairement faux, c'est une gageure ! Tenir le bluff sur la distance pour le plus grand nombre et retenir l'attention des imbéciles est du grand art, au fond depuis les cathédrales et leur décor peint pour les foules illettrés, on n'avait pas vu mieux !

Postface : je précise pour les mânes de Guy Degrenne qu'il n'avait rien d'un cancre et était passé par l'ESSEC, il s'était seulement prêté à cette petite comédie publicitaire qui en dit long sur les moeurs publiques et la démagogie intrinsèque qu'il faut assumer pour plaire aux foules ...

Quand je vois un talk-show à la télé, j'ai envie de dire "que les gros salaires lèvent le doigt et sortent les premiers" pour reprendre le titre et le thème d'un film qui eut un gros succès de satire comme "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ce film culte pour ceux qui ont vu toutes les dernières décennies la machine publicitaire se mettre en branle et chambouler toute culture.

Dans ce nouveau moyen-âge dans lequel nous plongent les médias, il faut opiner du bonnet pour avoir l'air savant !
En fait la vraie culture, c'est à dire une certaine somme de respects pour le savoir, un certain nombre d'attitudes vis-à-vis de tous les héritages du passé, une retenue face aux jugements à l'emporte-pièce s'est réfugiée dans les familles de tradition éclairée qui deviennent comme des cloîtres pour clercs gardant précieusement les secrets de la connaissance face au déferlement de l'ignorance populaire et des croyances barbares.
La réserve traditionnelle des gens naturellement portés à la réflexion est submergée sur les tréteaux publics par le mauvais goût de ceux qui s'expriment haut et fort à tout propos. La mauvaise monnaie chasse toujours la bonne si on la laisse libre de circuler.

Moi je me réfugie dans un certain snobisme qui s'il ne me vaut aucun égard particulier des pouvoirs publics m'évite du moins d'entendre ma voix se mêler au vulgaire et de profaner mes idées. Le retrait dans certains cas est le seul droit qui nous reste. C'est la fameuse clause de conscience que fait jouer Galilée e pur si muove.

Je pourrais dire les choses de manière encore plus brutale : si le bas-peuple français a envie de se négrifier parce que c'est plus facile, libre à lui ! D'ailleurs les hautes autorités de l'Etat lui indiquent cette voie comme le souverain bien tout en suivant pour eux-mêmes une autre carrière, que je sache les fils Sarkozy n'épousent pas des jeunes filles qui n'ont comme seule dot que d'être héritières de la culture africaine !
Métissez-vous disent-ils après tout on a toujours besoin d'un prolétariat ...

Je crois tout à fait au cynisme des publicitaires qui nous gouvernent, tout leur est bon, la communication est un art tellement difficile qu'il faut bien en obtenir quelques bénéfices assurés !

Au fond les communicants politiques et les publicitaires sont les bénéficiers contemporains, ils touchent des prébendes de cures et d'abbayes dont ils ne remplissent pas les fonctions mais dont ils possèdent les titres. Marchands d'illusions comme les éminences et les monseigneurs d'Ancien Régime, ils spéculent sur la fidélité du peuple, sur ses croyances les plus absurdes, sur sa pauvreté intellectuelle et morale, ils se nourrissent de l'abrutissement des masses. Tout fait ventre pour eux, leur seule foi est dans l'argent qui rapporte des intérêts, a-t-on jamais vu un publicitaire refuser un contrat sous le prétexte que le produit était mauvais ? Et quant à ce qu'ils font dans l'isoloir, chacun sait depuis que Séguéla a vendu la mèche qu'on peut se dire membre d'une gauche historique et glisser un bulletin Sarkozy dans l'urne. Il est vrai que ce gourou est devenu un peu gâteux - véreux il l'était déjà bien avant - pour manger ainsi la galette en public ...

L'argent ne fait pas de discrimination et il se métisse très bien car il n'a ni odeur, ni origine avérée. L'argent ne nous fait jamais la morale ...

Ce qui est frappant c'est de voir sur les écrans de télévision la complicité qui règne entre les Séguéla et ses soi-disant contradicteurs, on fait des gorges chaudes du mot "historique" sur la Rolex qui serait la seule signature tangible du succès mais au fond les animateurs sont de l'avis du maître es-médias et l'on rit à demi-mot entre soi de ce bas-peuple qui nous regarde et ne possédera jamais les signes extérieurs de la richesse.
Vulgarité à tous les étages, Séguéla c'est le cardinal de Rohan qui veut offrir un collier de diamants à la Reine pour lui faire sa cour, en l'occurrence c'est de Carla Bruni dont il s'agit qu'il a présenté sur un plateau au Roi de France lors d'un dîner aux chandelles organisé chez lui, ce sont évidemment des moeurs dignes du dernier degré de la décadence politique. Et les talk-shows d'applaudir à la manière dont ce maquereau a présenté la nouvelle Pompadour au monarque ...

Jean Martin publie les extraits d'un texte de Richard Lindzen.
Je qualifierai l'attitude de quelques scientifiques devant certains problèmes de syndrome de "Bruce tout-puissant", une forme d'ubris, les savants ayant vu les incroyables succès de la science dans quelques domaines précis, croient que ces succès sont répétables à volonté, qu'il suffit pour cela de mobiliser de l'argent et la caisse de résonance de l'opinion publique pour obtenir tous les résultats que l'on souhaite, en oubliant que souvent les progrès de la science ont été le fait de francs-tireurs, d'expériences isolées, de remarques judicieuses mais inattendues, de découvertes que l'on n'avait nullement provisionnées si je puis dire !
Quand Max Planck découvre le rayonnement quantique du corps noir c'est un fait inoui qui demandera toute une science nouvelle pour être compris, de même quand Becquerel et les Curie observent la radioactivité par hasard peut-on dire, rien, ni personne n'aurait pu s'attendre à une telle chose. En clair le développement de la science dépend de la nécessité et du hasard tout en même temps.

Dans l'affaire de la science climatique, il y aura des observations et des mesures de plus en plus précises dans l'avenir, est-ce que la théorie suivra ou est-ce qu'il y aura un certain décalage entre le moment de la classification apparente des phénomènes et celui de la théorie générale qui permettra de déduire sur une table à dessin - ou plutôt sur une grille matricielle d'ordinateur - les évolutions futures du climat terrestre, nul ne le sait !
Nous ne connaissons pas la mesure exacte de la complexité du climat, donc il est impossible de savoir quand l'on pourra mathématiser les phénomènes que l'on observe.

L'exemple de la biologie est là pour montrer que quand l'objet considéré est très complexe les mathématiques sont impuissantes à donner une vue générale des choses et à former une théorie puissante. Comme les objets biologiques sont en interaction avec leur environnement et soumis à de nombreuses contraintes internes, ils échappent largement aux théories physico-chimiques qui nous émerveillent par leur simplicité et leurs succès renouvelés.
Il y a disait François Jacob une espèce de bricolage du vivant qui explique son évolution, dans le cas du climat nous ne savons pas bien quel est le degré de complexité de la machine climatique et même si l'on observe une certaine stabilité des variables sur le long terme, il est probable qu'il faudra longtemps avant d'en avoir mesuré toutes les implications et que même alors il y aura certaines limites à la précision des prévisions fruit d'une complexité intrinsèque de l'objet Terre-Cosmos.

Bien entendu ce que je présente est un point de vue philosophique qui se veut objectif mais l'on sait que Newton croyait avoir reçu en forme de grâce divine le soin de révéler au monde les secrets plans de la Création ! Au point que se trouvant devant des difficultés insurmontables à un certain moment de son travail, il tomba dans une profonde dépression. Quant à Einstein, son péché mignon était de faire parler Dieu et d'exprimer ses opinions sur la place du hasard dans le monde ...
Il est possible, après tout, que les gens les plus réalistes et qui mesurent les difficultés d'un problème, manquent d'imagination et ne franchissent pas les frontières par-dessus lesquelles d'autres sauteront allègrement parce qu'ils ont foi en leur étoile !
N'insultons pas la jeunesse qui croit tout possible et arrive parfois là où personne n'est jamais arrivé.

Il ne savait pas que cela fut impossible alors il le fit !

On n'écrit pas de littérature quand on n'a pas beaucoup de péchés à se faire pardonner. La substance des lettres c'est le sang des autres.

Et puis d'ailleurs le vrai grand méchant c'est Dieu ... enfin pour ceux qui croient en lui ! Car comme il se moque de nous en toutes occasions ... il écrit le monde avec le sang des hommes.

Olivier Le Cour Grandmaison (°1960) est un universitaire français qui passe son temps à dénoncer la politique postcoloniale de l'Etat français et autres impérialismes fantasmagoriques sur les minorités visibles. C'est ce que l'on appelle de l'enfumage. Il suffit de connaître les origines de cette famille aux XVIIIème et XIXème siècles pour le comprendre, il s'agit d'armateurs nantais qui pratiquaient le commerce de bois d'ébène - le fameux commerce triangulaire basé sur la traite des nègres - et qui a largement profité du système colonial français ... Olivier Le Cour Grandmaison dénonce d'autant plus fort tout ceci qu'il en est l'héritier direct sans d'ailleurs renoncer aux émoluments que lui verse l'Etat français tant décrié.

Le Sénégal français sous le Second Empire.
Ainsi, dès 1844, Adolphe Le Cour-Grandmaison, capitaine marchand, armateur et négociant nantais, proposait-il de partir du Gabon pour pénétrer au coeur du continent africain ...

La noblesse nantaise au XIXe siècle de Marcel Launay - 2001 - 189 pages.
C'est le cas de Charles Lecour-Grandmaison, né à Nantes le 12 février 1848, fils et petit-fils d'armateur. Son père, Jean-Baptiste Lecour de Grandmaison ... Par exemple, Charles Lecour Grandmaison, docteur en droit, fut successivement avocat, négociant, armateur, expert maritime, juge au tribunal de commerce, ... Charles LE COUR GRANDMAISON, ancien armateur, ancien député, sénateur conservateur de la Loire-Inférieure. Le 3 juin 1898, il fut nommé membre de la .. LE COUR-GRANDMAISON (Charles), né à Nantes, le 12 février 1848, fils d'un armateur et neveu d'un représentant de Pondichéry en 1848, avocat,
Adolphe LECOUR-GRANDMAISON né le 11 nivôse an IX (1er janvier 1801) à Nantes, négociant et armateur dans sa ville natale, est le fils de Jean-Baptiste Le Cour Grandmaison ...
LE COUR GRANDMAISON (Henri). Armateur (1849-1916). Succéda à son père comme armateur et fonda les Chantiers nantais. Maire de Campbon depuis 1879.

Quand on a beaucoup à se faire pardonner on crie très fort au milieu des loups ...

La question est toute bête, imaginez Toscanini après avoir dénoncé le régime fasciste de Mussolini ou Pablo Casals après avoir combattu la junte militaire du général Franco acceptant un poste officiel dans l'état italien ou espagnol !

Dans l'entre-deux guerres toute la presse française était achetée par Mussolini à quelques exceptions près et les intellectuels et artistes français se pressaient à Rome pour voir le conducator sur lequel ils ne tarissaient pas d'éloges.
J'imagine très bien nos communicants politiques d'aujourd'hui et tous nos résistants symboliques style Alain Badiou venant proposer leurs services qui au docteur Salazar, qui au duce Mussolini, qui au docteur Goebbels afin de participer à l'exaltante formation des masses et à l'élaboration d'une propagande savante ...

Je me flatte, quant à moi, de n'être au service d'aucun état, de n'être assujetti à nul pouvoir de quelque nature qu'il soit, secte spirituelle ou pouvoir temporel et plus je vieillis et plus je me contente volontiers de mon sort trouvant en me comparant quelque motif de satisfaction !

Je crois que le pire cauchemar possible ce serait que le téléscope spatial Képler trouve des planètes semblables à la nôtre peuplées des mêmes êtres humains !

C'est là où la théorie d'Everett et de ses mondes multiples trouverait une tellement parfaite confirmation qu'il ne resterait plus qu'à se suicider en sachant pertinemment que cela ne sert à rien puisqu'on existerait en exemplaires pluriels en de nombreux endroits !
C'est que je tiens à ma singularité, moi et pas du tout à une éternité folle ...

Lapinos qui ne connaît pas plus Newton que la pomme, ne sait pas que le grand Isaac a passé une longue partie de sa vie à faire de l'eschatologie (et de l'alchimie), ce qui prouve que les croyances les plus insanes peuvent cohabiter avec l'esprit de géométrie.

Tout le monde connaît l'histoire du géomètre Michel Chasles et de sa déconcertante naïveté quand aux prises avec un escroc doublé d'un faussaire, il lui acheta très cher des lettres de César à Cléopatre et autres billevesées de ce style. Le crédit qu'il accordait à cet homme était semblable à la foi du charbonnier ...

Dans une société libre, il ne saurait y avoir une seule échelle de valeurs et l'argent qui est certes un grand unificateur n'empêchera jamais qu'y circulent des monnaies de l'esprit qui n'ont cours que pour quelques-uns et pour nuls autres !
Ce qui pour l'un est d'un prix infini pour d'autres sera considéré comme nul et non avenu. Les gens style Brighelli qui croient qu'on peut appliquer une échelle de valeurs indifférenciées dans une école unique et nationale sont ou des naïfs ou des escrocs intellectuels.
Vouloir enseigner une forme de culture unique c'est soit préparer le totalitarisme, soit annuler toute forme de culture au profit du plus petit dénominateur commun : la consommation de Rolex peut-être !
On sait que Jean-Paul Brighelli qui est passé par Normale Sup' est un farouche opposant des cultures régionales, c'est une forme de reniement de ses origines qu'on lui a apprise à Saint-Cloud en même temps qu'une espèce de snobisme pour ceux qui ne sont pas montés à Paris ou qui ne se sont pas inscrits dans le même cursus qu'il considère comme la seule voie d'excellence. Mais la vérité vraie c'est qu'il est lui-même d'une inculture insigne et qu'il serait bien incapable de la reconnaître car l'école normale supérieure se garde d'enseigner un véritable esprit critique à ses émules.
Il partage la même forme de crétinisme que le polytechnicien lambda qui croit tout savoir et qui comme le disait mon grand-père ne sait rien à fond !

Je crois que ce qui est admirable c'est de concevoir et fabriquer plutôt que porter une Rolex ! La réussite elle est là ...
Quand à la culture, je préfère toute culture singulière à la culture de Jacques Séguéla. Le savoir-faire plus que le faire-savoir.

L'humanité s'aime à la folie, elle est bien seule dans son point de vue !

Xavier de Courville (°1894-1984) a soutenu en pleine guerre en 1943 - pour parer à la défaite dit-il lui-même - une thèse en plusieurs volumes consacrée à Louis ou Luigi Riccoboni (°1676-1753) dit Lélio, l'amoureux du théâtre italien qui créa de nombreuses pièces de Marivaux. Xavier de Courville qui fut homme de théâtre avant tout épousa la pianiste Jacqueline Casadesus, fille du musicien Henri Casadesus, il s'agit donc dans les deux cas de dynasties d'artistes, ceci est à noter, il y a des fraternités qui ne peuvent s'ignorer et des proximités de sensibilités qui dépassent la plate érudition.
La comédie italienne comme le théâtre de la foire est une pure illustration du génie français qui sut mêler harmonieusement les influences étrangères avec le rire gaulois, la poésie la plus fine du pavé parisien avec le sens musical de la satire sociale. Sans cette scène mélangée, Watteau ne nous aurait pas donné quelques-uns de ses plus fins chefs d'oeuvre.

De 1697 à 1716, la nuit était tombée sur le royaume, il n'y avait plus de plaisirs, tout était à la dévotion. Les tréteaux étaient interdits par ordre du roi et de Mme de Maintenon qu'une Fausse Prude avait alerté ! Fallait-il que sa réputation soit bien douteuse dans son propre esprit pour qu'une ébauche de pièce lui rappelle sa jeunesse joyeuse avec le bossu Scarron !

Quelques mots sur Xavier de Courville, il fut le professeur de français d'Enver Hodja, célèbre dictateur albanais, d'esprit royaliste ce qui n'est guère étonnant, chef de troupes et auteur abondant, arrière-petit-fils du théoricien militaire Jomini (°1779-1869) et son biographe entre autres titres de gloire ! Comme on le voit certains bénéficient d'une longue vie mais le méritent par les détours de leurs talents et la qualité d'énergumène par laquelle les grecs auraient qualifié leur personnalité surabondante.

Quelques liens en rapport avec Xavier de Courville :
Auguste Rondel (°1858-1934)
L'Albanie entre les deux guerres.
Cabinet d'aisances et de curiosités.
Luigi Riccoboni.

De 2007 à ..., la nuit était tombée sur la république, il n'y avait plus d'études, tout était aux médias.

Il n'y a pas de grandes cultures classiques, il n'y a que des à-côtés et des passionnés.

Les types qui parlent de la grande culture style George Steiner et Alain Finkielkraut sentent leur petit bourgeois et leur glaise natale.

Les questions de hiérarchie n'interviennent pas en matière d'art, ceux qui pensent en ces termes ont des mentalités de sergent-chef. On trouve beaucoup d'enseignants qui ont gardé cette imagerie digne d'une armée en campagne.

Dans les belles-lettres et dans les beaux-arts, on est un homme de goût ou l'on n'est rien du tout.

L'art ce n'est pas un instrument de promotion sociale. Qu'on se le dise !

Il y a au fond deux solutions, soit traiter tout le monde de foutre bougre ! comme le Père Duchesne, soit inonder ses contemporains d'orchidées somptueuses comme Marcel Proust avec le moindre homoncule de lettres afin de satisfaire la vanité de ses pseudo-semblables !
Ce que je dis est d'autant plus vrai que l'omniprésence des médias donne de plus en plus à chacun le sentiment d'être l'ombilic du monde ! Il y a une maladie galopante dite de la mégalomanie, nous avons tous envie d'être le contemporain capital et de dire des choses définitives, être les coupeurs de tête du Tout-Rome comme Caligula.

Plût aux dieux que le peuple romain n'eût qu'une tête ! fait dire Suétone à Caligula.

Le statut de troll universel n'est plus assez valorisant ! Je réclame qu'on vote la déclaration des droits de l'homme et du troll universel à la tribune des Nations Unies !

Nous avons tous une âme de collectionneur rentrée - surtout la gent masculine - certains amassent dans un cabinet secret les têtes coupées et réduites, pourquoi ne pas faire collection de trolls ?

L'hyper-moi tient beaucoup de place ... il est normal qu'il ait droit à son statut et à sa ligue de défense !

Plus vaniteux qu'un blogueur à part un martien découvrant la Terre, je ne vois vraiment pas !

Pour Jouhandeau, l'oeuvre la plus notable du XVIIème siècle, ce sont Les Caractères de La Bruyère, parce qu'ils déterminent l'esprit français.

Il suffit de lire le chapitre De la Cour pour comprendre l'utilité de cet auteur.

La Bruyère met de le noirceur partout, il ne laisse aucun recoin tranquille et nulle blancheur, il peinture soigneusement comme un homme de l'intérieur de la société car il n'est rien dans l'homme qui ne soit encore de l'homme.
C'est la leçon de Pascal, l'homme ne peut fuir sa destinée. Il n'y a nulle ouverture et seul l'art peut-être est une échappatoire pour la rêverie selon La Bruyère qui est un styliste avant tout ...

On me dira que Phèdre et Athalie sont deux admirables chefs d'oeuvres, certes ! Mais quelle est leur postérité ? Elles ont rendu stérile le champ de la tragédie en France pour deux siècles. Alors que l'oeuvre de La Bruyère toute imparfaite qu'elle soit, toute morcelée, toute parcellaire qu'elle nous apparaisse a rendu l'invention possible, a ouvert le champ des possibles pour l'imagination du romancier et de celui qui confessait sa situation sociale. La Bruyère peint l'animal français en société. Il ne l'isole pas comme un monstre de tragédie ou un bouffon de comédie. Ce sont des caractères non plus d'exception mais plausibles et rendus tangibles par les entours et les approches successives avec lesquels on les cerne, on les touche presque du doigt grâce à l'art du dessinateur.
Phèdre et Athalie sont des sombres blocs chus d'un désastre incompréhensible, des diamants noirs qui n'ont pas de répondant et nuls aboutissants. Des personnages d'un autre temps, d'une autre métaphysique. On les a sorti d'une grotte du temps, on les a extrait d'une hibernation absurde et ils nous parlent de dieux auxquels nous ne croyons plus comme des pythonisses qui vaticinent dans une langue inconnue.

L'horlogerie sociale qu'on trouve chez La Bruyère est porteuse de fruits riches et variés, d'une comédie moderne loin de la chaire et de son éloquence sacrée qui tombe sur le pauvre pécheur pétri de terreur. La parole divine se tait pour laisser passer la petite musique des hypocrisies et des lâchetés diffuses, des compromissions temporelles, des arrangements entre amis-ennemis qui forment toute la société.

La barbarie sacrée et ses terreurs nocturnes sont tenues à l'écart de ce jeu où personne ne perd jamais vraiment et où il y a toujours moyen de revenir à l'intérieur de la société sans être un paria, un relégué, un ostracisé. La Bruyère nous montre les débuts du jeu politique et de l'alternance des faveurs et défaveurs, c'est à dire la formation de l'opinion publique et non plus seulement des décrets divins qui tranchent les vies. Personne ne meurt chez La Bruyère et l'on revient toujours à la Cour nous dit-il car c'est là qu'est la vraie vie ...

L'écrivain - l'écrivant comme on dit horriblement aujourd'hui - n'est pas toujours conscient de ses choix parce que c'est un être mélangé comme nous tous. Ainsi La Bruyère et Fontenelle étaient ennemis, le premier tenait des Anciens et le second des Modernes dans la célèbre querelle qui agita l'Académie alors qu'en fait si Fontenelle a effectivement défendu la figure du sceptique dans une société encore largement christianisée, il l'a fait avec des pincettes, avec prudence en veillant à ne pas troubler l'ordre social considérant que l'intellectuel avait la primeur des révélations de la science avant le corps social tout entier, quand La Bruyère qui n'était pas moins moderne dans le fond que Fontenelle - sauf qu'il ne se souciait pas de science - trouvait ses références dans l'autorité révélée si l'on peut dire par les humanités sans voir qu'il fondait lui aussi un travail de sape en croyant seulement traduire en langage moderne les Caractères de Théophraste qu'il n'a pas pu s'empêcher de largement dépasser et sublimer à cause de l'esprit moderniste dont il était envahi ou imprégné, corrompu pourrait-on dire et il ne put s'interdire d'être lui-même le témoin de son époque.
Il n'y a rien de neuf depuis sept mille ans que l'on écrit et nous arrivons trop tard ... eh ! bien, non ! il y a du neuf, ne serait-ce que la forme du langage qui reflète le nouvel ordre social et la connaissance du monde.

Que je sache Baudelaire qui se disait croyant n'assistait pas aux offices religieux, par contre Stendhal qui était tout à fait incrédule avait plaisir à venir dans les églises car il admirait la pompe des cérémonies religieuses.
Les écrivains sont des individus paradoxaux de toutes les manières dans des sociétés qui sont toujours trop conventionnelles pour eux à moins qu'ils ne surenchérissent dans le conformisme le plus aigu par dépit ! On sait que l'auteur des Fleurs du Mal reprochait à ses compatriotes d'être tous voltairiens c'est à dire en somme des Homais et des Joseph Prud'homme de caricature. Stendhal lui qui se disait jacobin s'accomoda tout à fait du Concordat et l'on ne sache pas qu'il ait protesté de l'évolution du régime qu'il servit scrupuleusement.

Il est curieux de voir tant de philosophes faire un trait sur les promesses de la science ! Comme si elle n'avait jamais eu lieu ou comme si son aventure était terminée. Il y a un mot de Mallarmé, une réponse à une enquête purement journalistique, La Nature a lieu, on n'y rajoutera pas qui semblait clore le problème de notre relation à l'univers, de notre situation poétique peut-on dire, il est douteux pourtant que nous laisserons tranquille la Nature et particulièrement la nôtre. Notre intimité sera troublée tant qu'il y aura des hommes de savoir dont la conscience s'aiguisera d'autant plus à affronter nos mystères. Les poètes comme les philosophes devront se faire une raison : tout peut changer encore et renaître ! C'est plutôt la philosophie qui risque d'être annulée, même son ironie risque gros dans cette exploration de la science car enfin qu'est-il interdit d'imaginer ? Nous pensons à travers le langage à gros bouillons, en saisissant le passé dans nos rêts plus que la part la plus fine du monde, sans compter tous les artefacts que la main de l'homme prolongement de sa conscience peut concevoir. Le microscope et le téléscope ne sont pas exactement nos organes grandis et l'homme moderne n'est pas seulement un homme ancien monté sur des échasses. Il est vain de vouloir classifier l'ordre moral si nous n'avons pas fini de classifier l'ordre de l'invention. La Création n'est pas terminée. Si elle a jamais eu lieu en un instant, ce qui est un problème qui lui risque fort de n'être jamais résolu, une de ces fausses questions que nos sens grossiers et notre intelligence mal dégrossie se posait il y a quelques milliers d'années.
Si la philosophie est une photographie du passé, alors elle ne nous sert guère à maîtriser le temps humain. Si la philosophie est une prise de conscience en creux de la sottise ou de l'impéritie des esprits, elle a déjà ce don de nous éveiller et de requérir notre attention. Elle nous alerte et c'est déjà beaucoup quand bien même le savoir positif lui échappe.
Je ne crois guère aux sciences humaines car je ne crois pas plus à un homme limité dans ses facultés, il n'est étroitement surveillé que par le temps, c'est déjà trop pour certains.

Une politique, une vraie politique qui dépendrait d'une vision philosophique est donc quelque part ce à quoi nous devons renoncer. Il nous faut nous assurer de ce que nous possédons et utiliser les principes de variations de la conscience pour nous donner une morale. La politique est une statistique ...

On a longtemps pratiqué la politique comme un succédané de religion, il vaut mieux s'en abstenir à l'avenir.

Anti-poésie.
Je crois qu'il n'y a rien de pire que le rire forcé si ce n'est le bonheur obligatoire.

L'impossibilité de la politique est quelque chose qui me fascine.

L'Académie nationale de médecine se prononce contre le don d'utérus, contre les mères porteuses donc, on aimerait connaître le genre de sanctions qu'elle préconise ? La ligature des trompes peut-être ...

J'oubliais de dire que la bêtise est comme le diable, elle n'a pas qu'un seul nom ... on l'appelle parfois multitude, parfois académie !

Napoléon avait dit qu'à l'Académie des Sciences il avait mis les médecins à côté des savants afin qu'ils apprennent à penser, visiblement quand les médecins se cooptent entre eux et siègent ensemble sur les mêmes bancs, ils se retrouvent vite dans leur premier état de charlatans.

Je vais écrire un recueil de Poèmes idiots qui sera consacré aux illustres de mon époque. Je vais m'en dédier un perso, Au vieux con !

Le cimetière de Montmartre est très beau en hiver, les arbres tendent leurs bras morts vers le ciel, est-ce que cela aide les défunts est une autre question ... le désespoir est l'âme des choses inanimées.

Paris 1900 : les musiciens ambulants.

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Les matelassières.

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Sans vouloir faire pleurer Margot, voici une autre époque !

L'université française abrite des pensées criminelles comme celle de Raphaël Confiant, il est clair que s'il y avait un Etat digne de ce nom cet écrivain répandu dans les médias serait démis de ses fonctions au sein de l'Education nationale pour apologie de crime contre l'humanité. Cf l'article "Un tracteur qui brûle ou le boomerang de l'histoire", publié le lundi 9 mars 2009 par Raphaël Confiant in MontrayKreyol.

Je me suis exprimé clairement à plusieurs reprises, les pensées systématiques dont sont nées les grands systèmes totalitaires qui ont ensanglanté le XXème siècle sont issues directement ou indirectement de l'enseignement supérieur.

Il y en a qui s'interrogent sur "Le Salon du Livre", ils feraient mieux de se poser des questions sur les livres de salon !

On aurait aussi bien pu donner le Nobel à Claude Lévi-Strauss qu'à Jean-Marie Le Clézio, c'est la même forme d'hypocrisie, je n'accorde d'ailleurs guère qu'une valeur sociale à tous ces prix, on attache un grelot au fou du moment et on le promène par la ville ! Amusement de bourgeois qui se prennent pour des rois ...

Le Nobel c'est l'ordre de la sainte gidouille, sauf que le père Ubu ce sont les médias tout entier à leur proie attachés !

Il ne suffit pas de se présenter à l'Académie encore faut-il ne pas être élu ! Couper les ponts c'est tout un travail ...

Il faut se couper des autres hommes, peu y arrivent, peu s'en sortent indemnes, je veux dire ni aigris, ni abêtis par le malheur ! Car il n'y a pas que le bonheur qui idiotise ...

Le critique François Dufay (°1963-2009) est mort : cela ne fera jamais qu'un normalien de moins dans une longue litanie de médiocres qui encombrent les Lettres !

Tout le monde se demande comment cet admirable journaliste a pu mourir mais personne ne se demande comment je peux vivre ! Il est vrai que je ne fais pas partie du cercle des élus ...

Ludovic Maubreuil s'étonne que je me ramollisse - l'âge sans doute - j'espère ainsi le rassurer, il me reste encore quelques dents !

Envoyez-moi des chèques, je suis plus pauvre que Léon Bloy et je promets de ne pas boire votre argent à votre santé !

Moi je suis de ceux qui respectent l'ordre de la sédition dans les Lettres ! Si c'est la seule manière d'être encore vivant alors nous serons du dernier carré.

Comment peut-on avoir jamais eu vingt ans et de l'esprit et vouloir rentrer à Normale Sup' pour faire carrière dans les Belles-Lettres, cela dépasse mon imagination ! Ceci dit je viens de lire tous les hommages rendus à ce François Dufay de malheur et je dois dire qu'il ne les a pas volés, tous plus plats les uns que les autres, comme l'on sent tous les petits services qu'il a rendus aux uns et aux autres ! Relire les chapitres "De la Cour" de Jean de La Bruyère et "Des Grands".

Il s'intéressait aux collaborateurs de l'intelligentsia des années quarante, paraît-il, tiens ! tu parles, il y lisait son destin en filigrane ...

Cet homme qui a vécu quarante-six ans, qui a été major de la rue d'Ulm, à quoi a-t-il résisté ? Au mauvais goût ambiant, même pas : il a succombé à toutes les tentations afin d'être dans le main-stream de son époque, le courant porteur pour parler français, que se mêle-t-il alors de donner des leçons aux autres ? Cf La place du père.

Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse se demandait Verlaine ? Voilà un homme qui ne se sera jamais posé la question avant que la grande faucheuse ne vienne clore le débat.

Les véritables écrivains n'accusent pas les autres des crimes qu'ils n'ont pas osé commettre.

C'est triste de n'être pas à sa propre hauteur, n'est-ce pas Bloy qui disait la seule tristesse c'est de ne pas être un saint ? Dans ces conditions mieux vaut se taire, c'est toujours cela de gagné pour l'humanité future.

Ecrivain : un terrible métier où dès que l'on ouvre la bouche l'on se compromet. Je ne sais pas si cela rassure les imbéciles ...

Jean Martin donne son compte-rendu de la conférence qui s'est tenue du 8 au 10 mars dernier à New York notamment la communication du professeur Bill Gray, ça chauffe pour les tenants du réchauffement anthropique ! Vont-ils finir comme Madoff plaidant coupables pour éviter la ruine de leur petite fabrique à fausses informations ?

Et ne croyez pas que la fraude soit quelque chose d'inimaginable dans le domaine de la haute science, on vient d'apprendre que le docteur Scott Reuben a fraudé vingt-et-une études portants sur des anesthésiques entre 1996 et 2008 ! Or il s'agissait de quelqu'un dont la réputation était au plus haut dans la communauté scientifique.

Je ne demande jamais qu'on me croit sur parole quand j'affirme quelque chose, je peux bluffer, je peux me tromper, je peux être mal informé, je peux être devenu subitement fou et vous admettrez que dans ce cas-là je serais le dernier au courant etc.

En 1887, le président Jules Grévy dut démissionner parce que son gendre le député Wilson faisait le commerce de décorations. A partir de quelle somme en jeu pourra-t-on exiger la démission de l'actuel président de la République ?
Pour 50 000 euros, un groupe de chefs d'entreprise mexicains s'est payé le couple présidentiel tout un week-end, à votre avis combien les américains ont-ils versé pour obtenir la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Otan ?

Sauvetages et baptêmes : les religieuses de Notre-Dame de Sion face à la persécution des juifs en France, 1940-1944 par Madeleine Comte collaborateur Étienne Fouilloux publié par L'Harmattan, 2001
Il se trouve que la soeur de mon arrière-grande mère Madeleine Pomiès (°1877-1960), Jeanne Pomiès dite soeur Carmita (°1874-1961) a passé toute sa vie à Notre-Dame de Sion y occupant diverses fonctions jusqu'à devenir la mère-supérieure après la seconde guerre mondiale.

Chrétiens et Juifs sous Vichy donne de nombreuses précisions sur l'action des soeurs - et des pères - de Sion pendant la guerre.

Les Archives Israélites de France parlent dans leur livraison de 1845 avec abondance de détails de la création de l'oeuvre de Notre-Dame de Sion par le père Ratisbonne en 1842, or, il se trouve que mon aïeul Frédéric-Auguste Davesne (°1798-1872) a été le premier médecin de la congrégation créée par les deux frères Ratisbonne, d'abord à Paris à Notre-Dame des Champs (Vaugirard) puis jusqu'à sa mort à Grand-Bourg (Ris-Orangis, Evry).

Gisèle de Lestrange (°1927) épouse de Paul Celan fut pensionnaire à Grand-Bourg avant sa rencontre décisive avec le poète juif allemand en 1951.
J'imagine bien que ce nom singulier Lestrange a pu attirer le poète exilé ... le nom fait partie de la personne, n'est-il pas vrai ?

Ils veulent exister, même les pires veulent exister sous une forme ou une autre, c'est ce que Schopenhauer appelait la volonté universelle, il ne faut pas en tirer de conclusion immédiate mais plutôt une forme d'ironie supérieure.
La Nature a plus d'un tour dans son sac et la raison n'a jamais fini d'en extraire des voluptés contemplatrices ...

A quoi sert un virus ? Cette créature minuscule qui si elle était maîtresse de son destin voudrait bien être Dame des cieulx, regente terrienne, Emperiere des infernaulx paluz comme du monde ? Pourtant l'étude nous apprend qu'intégré au génome des cellules vivantes, son propre génome contribue à l'évolution de la vie.

Si l'important c'est de pouvoir choisir encore faut-il que l'intelligence soit éduquée. Condition nécessaire mais non suffisante dirions-nous ...

Je finirai par ne plus m'exprimer qu'en citations de citations.
Nous parlerons tous bientôt des langues incompréhensibles qui ne seront plus les langages que d'un seul.
Tout cela aura l'effet comique d'une pièce de Feydeau où les quiproquos enchaînent aux quiproquos sur des portes qui claquent jusqu'à ce que la nuit tragique recouvre le tout d'un silence infini sur des murmures éteints. L'hyperlangage c'est du langage qui fuit vers l'irréel et l'ailleurs improbable.

Il est difficile de s'instituer directeur de conscience dans une société éclatée. Auparavant cela tenait déjà de la magie, aujourd'hui cela ressemble encore davantage à une mystification. Un intellectuel apparaît toujours seul dans un environnement hostile. Les canons de l'art seuls le sauvent parfois.

Je ne crois pas à la tragédie de l'homme, suis-je un monstre ?

En somme pour les journaux chaque fois qu'on ne prend pas au sérieux l'humanité on est décrit comme le Minotaure qui se repaît de petits jeunes gens de tous les sexes, ce qui d'ailleurs entre parenthèses excitent les uns et les autres et fait vendre beaucoup de publicité aux médias.

Sauver l'humanité : occupation ridicule et bonne occasion pour procréer sans se soucier des conséquences ...

Ils furent parents parce qu'ils n'avaient vraiment pas vocation aux choses de l'esprit. Ce mince tremblement, cette pellicule de conscience qui les encombrait si fort, ils s'en débarrassèrent en confiant aux générations futures le soin de penser. Eux étaient dans l'action et la copulation ...

Ce qui est grandiose chez Victor Hugo c'est que tout y est faux ! Admirez l'artiste ...

Il voulait jeune être Chateaubriand ou rien, de ce point de vue il a réussi sa carrière, il a été le poseur le plus convaincant de son siècle, avant Barrès, Montherlant et Malraux au XXème siècle.

Hervé Morin : "La France sera la tête et les jambes de l'Otan". Ce garçon, qui n'a même pas fait son service militaire, est tout simplement ridicule.

J'ai cherché vainement la moindre trace du service militaire de M.Hervé Morin, quelqu'un affirme sur "Secret Défense" qu'il aurait effectué son service vers 1985 à l'Ecole Militaire. Qu'est-ce à dire ? Par définition, l'Ecole Militaire n'est pas une caserne pour appelés du contingent. Tout ceci est tellement vague que jusqu'à plus ample informé, je tiens qu'il a été dégagé des obligations militaires pour une raison ou une autre.

Moi j'ai été exempté à Blois en janvier 1983 où je me suis gelé les couilles pendant deux jours. J'aurais pu avoir un certificat médical et me contenter de l'envoyer mais bon puisqu'on me payait le voyage, j'ai voulu me rendre compte moi-même de ce à quoi ressemblait la chose ...

Hier après-midi j'étais dans un foyer pour travailleurs africains noirs, j'ai assisté à la prière musulmane dans la salle de séjour mais cela fait partie de mon snobisme de me retrouver dans des endroits improbables.

Thomas Piketty haute conscience du parti socialiste - et accessoirement figure de référence de David Madore - est accusé par sa compagne la députée socialiste Aurélie Filippetti de violences et mis en garde à vue ! Diable, où allons-nous, ultime dispute de courants au sein du PS ?

Le Paradis c'est quand un socialiste convertit un capitaliste mais ce n'est certainement pas quand deux socialistes sont obligés de jouer collectif tous les jours !

Au fond qu'y a-t-il de plus fastidieux que les bons sentiments ? Moi aussi si je devais clamer haut et fort tous les jours mon amour pour la terre entière, je finirais pas devenir violent ! Heureusement mon blog existe où je peux critiquer tout à loisir ce qui fait qu'ensuite dans la vie courante je suis d'une écoeurante gentillesse !

La grande diversitude.
Groupons-nous et demain ce sera la merde finale.

Le commissaire à la diversité est une affiche à lui tout seul, on n'aurait su trouver mieux, une véritable antithèse au rêve républicain ! Il suinte l'affairisme et le copinage jusqu'aux mieux-disant du dessous de table ... on pourrait appeler cela la promotion de la politique des enveloppes (la fameuse enveloppe culturelle sans doute).

Depuis Louis-Philippe, que Stendhal nommait le roi-coquin, nous n'avions jamais eu aucun dirigeant prêt à mettre autant la souveraineté de la France à l'encan. Le plus fripon des Kings disait-il dans ce mélange inimitable de français et d'anglais qui ne trompait personne ...

Les sciences sociales, les sciences molles disent certains. Non ! ce sont des sciences plus que molles, Pierre-Gilles de Gennes les aurait nommé parmi les disciplines mélangées avec beaucoup de mouillage.

Hier, Courbevoie, je passe devant les rues du commandant Lamy et de Ferdinand de Béhagle, deux héros de l'exploration de l'Afrique pour arriver rue de Chanzy devant l'école élémentaire Jean d'Ormesson (très bruyante), ce héros télévisuel, cela m'a fait tout drôle !

Dans le mépris des riches pour les pauvres je ne perçois aucune forme d'humour c'est à dire d'intelligence, je perçois plutôt de la peur.

Ô mon Temps dis-moi qui sont tes héros et je te dirai qui tu es, si ce sont Jacques Séguéla et Jean d'Ormesson alors cela explique bien des choses.

Il existe, sur wikipédia, un admirable article consacré au chef d'orchestre Fritz Busch (°1890-1951) membre de cette tribu illustre dans l'art musical allemand qui comprenait ses frères le violoniste Adolf Busch (°1891-1952) et le violoncelliste Hermann Busch cofondateur du quatuor du même nom, le gendre d'Adolf, le pianiste juif-allemand Rudolf Serkin (°1903-1991) et le gendre de Fritz, le baryton français Martial Singher (°1904-1990). Tous anti-nazis évidemment, comme on le voit il n'y a pas que la famille Mann trop souvent retenue comme seul exemple de militantisme allié au talent.
On peut songer aussi à la plus grande soprano allemande de l'époque Lotte Lehmann, pure aryenne qui s'exila en Amérique en compagnie du chef d'orchestre Bruno Walter d'origine juive-allemande et de la colorature Elisabeth Schumann, elle aussi de même origine.

Sciences sociales, que cherchent-ils ? A réduire le champ de l'invention humaine ?
Ils sont tous un peu comme Thomas Piketty ce garçon si bien élevé, si instruit qui voulait éduquer les autres et qui un jour a découvert l'inattendu, quelque chose d'incompréhensible au fond de lui. Un démon peut-être, une idée galopante qui s'emparait de son être pour le contraindre à commettre des actes non mesurés.

Ils veulent cerner la société parce qu'ils ont la crainte de se découvrir. Ce sont des anti-artistes car les artistes eux jouent à se faire peur. L'artiste est resté au fond de la caverne et il regarde les ombres passer et il s'y plait.
Le sociologue voudrait sortir de la caverne ... être objectif ! Peut-on être objectif quand il s'agit de son destin personnel ? La société n'est faite que de destins personnels enchevêtrés, on peut toujours en tirer une statistique et en faire du marketing qui sait ?

Prédire le présent voilà à quoi prétend la science sociale. Mon Dieu il me suffit d'ouvrir les yeux et de vivre pour prédire le présent.

Je ne connaissais pas Alain Beitone qui est un collègue de Jean-Paul Brighelli au lycée Thiers de Marseille, je suis donc allé lire son article L'inductivisme des sciences sociales. Si j'étais logicien ou informaticien je lui montrerais que ses discours sont plein de boucles vicieuses, de bugs en termes informatiques. Mais disons que moi, contrairement à lui, cela ne m'amuse pas de tourner en rond, je ne suis pas un derviche tourneur qui prend son pied à se croire le centre du monde.

Supposons une chasse au trésor où il s'agit de découvrir un diamant soigneusement caché, il y a x candidats au départ, notre objectif à nous qui nous proposons d'enseigner les autres c'est de trouver la meilleure stratégie pour parvenir à ce but et de la répandre. Lui, Alain Beitone, fait semblant de croire que chacun va gagner la course comme si les diamants allaient se multiplier grâce à la vertu du pédagogue ! Mais non, une fois le diamant en poche, les autres n'auront plus que les yeux pour pleurer ! La tactique de réussite que nous préconisons ne vise pas à faire gagner tout le monde mais un seul ... en clair nos chercheurs en sciences sociales sont fondamentalement des crétois !

S'il y a un ordre social c'est bien parce que sous certains rapports, on classe les individus dans une compétition plus ou moins loyale où l'on peut bluffer. Les chercheurs en sciences sociales sont d'ailleurs un bon exemple de bluff qui a réussi. S'il y a une chose qu'ils peuvent enseigner de source sûre c'est la manière d'arriver dans la société !

Une stratégie de réussite dans une société exclut nécessairement. Pour contourner le problème on a inventé le terme de "société ouverte" ce qui est au mieux un truisme au pire une imposture.

Alors à quoi servent les chercheurs en sciences sociales ? Exactement à la même chose que les tireuses de cartes et d'horoscopes, à donner de l'espoir !

J'ai vu récemment "Chiens perdus sans collier" fort bon film de Jean Delannoy sorti en 1955 d'après le roman de Gilbert Cesbron, le juge pour enfants joué par Jean Gabin est plein de bonnes intentions mais son intervention provoque la mort de Francis et Sylvette ainsi que de l'enfant qu'elle portait par noyade ! Il n'y a rien à lui reprocher, il ne faisait qu'appliquer la loi ...

Henri Guillemin (°1903-1992), normalien, agrégé et docteur es-lettres, un admirable crétin qui se fit une petite réputation en dénichant des archives enfouies depuis des lustres, découvrant, ô stupeur, que les écrivains n'étaient que des hommes et que derrière l'artiste on pouvait trouver du bon et du mauvais ! Sa plus grande découverte il la fit en ressuscitant un Vigny inconnu qui sous le Second Empire collabora au retour de l'ordre en dénonçant quelques complots imaginaires plus fruit de la fantasmagorie d'un écrivain esseulé dans sa campagne que d'une quelconque réalité tangible. On ne sache pas que Napoléon III ait fait décapiter personne pour ces motifs fallacieux et trompeurs.

Guillemin qui n'a jamais rien fait de glorieux de sa vie a de la rancoeur pour tous ceux qui ne partagent pas ses basses origines dont il est très fier ! L'esprit normalien porté à son plus haut point, il ne voit pas qu'il y a comme un paradoxe de reprocher à certains leurs hautes origines en se vantant tout autant des siennes ...

Il y a deux solutions me semble-t-il, soit l'on considère que la question des origines sociales est nulle et non avenue et alors il n'y a pas lieu d'en faire état pour soi ou pour les autres, soit l'on prétend qu'elles expliquent certains comportements et alors on doit également les mentionner sans faire valoir de préjugés à leur sujet.

Le fond de la méthode normalienne est tout simple, on reproche aux hommes de lettres leurs imaginations ... imaginer c'est mal ! On devrait se contenter d'archiver et de classer, à ma gauche le mal, à ma droite le bien.

Le jour où vous me trouverez un normalien section lettres qui ait deux sous de jugeotte présentez-le moi que je le photographie dans ma mémoire.

Vous savez à quoi servent les notes que les normaliens mettent en bas de tous les textes classiques comme des petites crottes d'enfant sale ? C'est pour contenir l'imagination au cas où elle dévierait de la page et s'envolerait ...

Dobolino qui est le vétérinaire attitré du blog de Jean-Paul Brighelli - on en a besoin avec tous ces petits animaux souffrants qu'on appelle des profs - s'inquiète que l'imagination de sa fille batte la campagne en parlant d'inventer un vaccin contre le VIH - suite de la journée contre le Sida - si notre véto drômoise me lisait plus souvent, elle saurait que ce vaccin existe déjà sous une forme très particulière, il est vrai, il s'agit d'une greffe de moelle osseuse réalisée à Berlin sur un patient américain atteint d'une leucémie et porteur du VIH, le donneur possédait un récepteur particulier - le CCR8 - qui lui donnait l'immunité absolue contre le VIH et donc le receveur a acquis la même immunité.

L'humanité, cent milliards de morts et alors ?

Quel est le contraire d'un poseur, un fou ?

Gérard de Nerval se promenait sur les Grands Boulevards avec un homard en laisse, parce qu'il était fou ou poseur ?

Moi je suis celui qui pose les bonnes questions, quant aux réponses laissez-moi l'éternité et je me fais fort de vous les apporter sur un plateau.

Il y a toujours une explication dessous un non-sens. Soyez énigmatique !

La Pythie répond toujours en phrases brumeuses parce qu'il ne faut pas effrayer les humains - humaines - avec la vérité ou parce que la fausse connaissance doit rester dans le brouillard artistique (art de la didactique) ? On m'a un jour accusé d'être fumeux c'est que je devais être trop clair.

Les professeurs intériorisent leurs malheurs c'est pourquoi ils sont socialistes sinon ils seraient devenus capitalistes.

Je reviens un moment sur l'aveugle Guillemin mais néanmoins professeur de vertu, en août 1985 il assiste au château de Cormatin à une soirée Lamartine assis entre François et Danielle Mitterrand ! C'était bien la peine de faire la leçon à Vigny si c'était pour se compromettre avec le personnage politique le plus douteux de l'après-guerre ! D'ailleurs il connaissait de longue date l'homme au chapeau feutre, depuis 1955 ou 1956 nous dit-il. Il n'a donc pas été surpris dans sa religion si je puis dire !
En gros la pensée politique de Guillemin est toute simple, c'est celle d'un sectaire, un catholique de gauche, tout ce qui se classe à gauche, c'est bien, tout ce qui est à droite c'est salaud. Napoléon 1er et 3ème c'est mal, la République c'est bien mais pas la République de Thiers, celle de Versailles qui écrase la Commune. Mitterrand le flatta beaucoup et le fit officier de la Légion d'Honneur ... ce ne pouvait donc être un mauvais garçon. Si Sarkozy m'envoie une sucette, je le traiterai de gentil bougre ...

Une autre vue de Cormatin qui a fière allure, les appartements intérieurs sont aussi fort beaux.

En plus Henri Guillemin est sourd, il trouve que Balzac n'a pas de style et que Stendhal est terne ! Il n'a jamais réussi à lire un livre de l'auteur de "La Comédie humaine" sauf Le Lys dans la vallée pour tenir une promesse ... Comme il n'a aucun sens de la musique des mots tout pour lui se réduit à l'idéologie et sa séquelle politique, triste sire !

Imaginez un type qui ferait de la critique artistique en se penchant sur la pensée religieuse de Michel-Ange, les appétits sexuels de Beethoven et les services diplomatiques de Rubens ! Voilà où l'esprit jivaro que l'on peut cultiver rue d'Ulm mènera cet homme qui a publié quarante ouvrages !

C'est une pauvre vertu celle qui n'est capable d'aucun crime par amour. Mieux vaut tourner la page alors ...

Ce crétin de Guillemin qui nous expliquerait les larmes aux yeux que Virgile était au service du dictateur Auguste ! Oui et Ovide était triste qu'on l'exile de Rome jusqu'en Orient pas d'accompagner le faste des triomphes des empereurs et leurs suites d'esclaves enchaînés ! Croyez-vous que l'art qui fait du beau se soucie vraiment de la souffrance humaine ? Il y a souffrances et souffrances, il y a les belles douleurs esthétisantes et les vilaines qui sont tout juste bonnes à faire du kitsch et des témoignages vécus. Phèdre qui se plaint n'est pas la matrone du village qui pleure son amant disparu, Phèdre a de beaux restes et sanglote avec élégance !

Mais comme il n'y a pas de médailles sans revers, on surprend ce haut professeur de vertu la main dans le sac et au nom de la pure idéologie réhabiliter la révolution culturelle de Mao surpris et dépassé par la violence des nervis qu'il envoie chasser les intellectuels. L'apologie de la pauvreté évangélique chez Guillemin lui fait un crime de tous ceux qui aiment le luxe mais pas de ceux qui commettent des crimes pour conserver à toutes forces le pouvoir.
Sans luxe, il n'y a ni art, ni civilisation et je me fais fort de montrer que Guillemin s'est compromis tout autant qu'un autre. N'est-ce pas en Suisse qu'il se réfugie pendant la seconde guerre mondiale, pays dont les liens avec les financiers du régime nazi ne sont plus à établir ? L'argent qu'il recevait de la Confédération pour enseigner n'était-il pas quelque part entaché du sang des agneaux innocents ?

Quatre-vingt livres pour exhaler sa rancoeur contre l'argent-roi et il croit peut-être n'être pas acheté !

Le vrai de vrai, le kitsch du kitsch qui dépasse toutes les fictions et les afflictions : Jade Goody !
Même Hollywood va avoir du mal à surenchérir dans le mélo et le politiquement correct de l'heure ! Voyez et jugez ... ce n'est plus noli me tangere d'illustre mémoire ! Nous avions les stigmatisés qui ont fait les beaux jours de la vraie religion et leurs plaies qu'on pouvait toucher mais enfin voici la télé en croix, le Truman Show consentant !

Il nous faut des morts intéressantes ... on a mis la barre très haut ce coup-ci et il va falloir beaucoup d'imagination pour dépasser ce sommet du reality-show.

L'oeil était dans la télé et regardait Caïn ...

Servitude et grandeur militaires est un beau livre même et surtout si Vigny ne fut pas un glorieux soldat !

Moi j'attends toujours que les livres sortent sur GoogleBooks avant de me prononcer ...
Il faut laisser cuver les bonnes pensées comme les mauvaises.

J'ai du mal à croire en la théorie de la catastrophe de Toba (- 75000 ans). Je ne vois pas bien pourquoi un cataclysme géologique majeur n'aurait laissé subsister qu'un seul groupe d'hommes à la surface de la Terre, soit il aurait anéanti toute l'humanité, soit il aurait permis la survivance de plusieurs groupes humains répartis sporadiquement à la surface du globe. Il n'y a en effet aucune raison qu'en cas d'hiver dû à une éruption volcanique il n'y aurait plus qu'une mince zone d'habitat humain possible (au coeur de l'Afrique d'après certains).
On peut peut-être espérer que la génétique nous en dira plus long dans quelques années.

La question majeure à résoudre c'est la vitesse d'évolution de l'espèce humaine. Est-ce qu'il est possible en seulement 75000 ans d'aboutir à la diversité humaine actuelle ? Cela représente moins de 4000 générations !

D'un autre côté, pourquoi pendant deux ou trois millions d'années les groupes humains qui sont à la surface de la Terre stagnent sans par exemple inventer l'écriture ? Et soudainement il y a environ 40000 ans ils se mettent à peindre les parois des grottes et à montrer une activité intellectuelle - esthétique, cultuelle, artisanale, sociale etc - débordante ?

On a vraiment l'impression qu'il y a eu un accélérateur soudain, ce qui de toutes les manières n'est pas explicable par la catastrophe Toba. Une mutation génétique ?

Ce qui est sûr c'est que la science est en train de remettre en cause notre représentation du passé et que donc elle va changer notre futur ne serait-ce qu'à cause de la modification de notre vision du monde, de notre espèce qu'elle nous donne peu à peu. En changeant l'histoire de nos origines nous changeons notre avenir.

Si vous coupez les hommes de leur imagination, vous les coupez de leurs racines.
Ce qui peut s'entendre de diverses manières.

La capacité à faire de l'humour n'a rien à voir ni avec une conviction religieuse, ni avec une conviction philosophique et tout avec un tempérament. Elle a aussi à voir, évidemment, avec l'état culturel de son environnement, le référentiel par rapport auquel on décale les idées et signes en vigueur. La distance de soi à soi n'est même pas à proprement parler en rapport direct avec les capacités intellectuelles même s'il en faut un minimum pour établir cette différenciation entre objectivité et subjectivité.

Il y a des gens qui sont capables d'avoir de l'humour jusqu'à leur dernier souflle comme Fontenelle :
- Comment cela va ?
- Cela ne va pas, cela s'en va !

Et d'autres qui n'en ont jamais manifesté le moins du monde.

Quand Danton dit au bourreau, Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut la peine ! c'est de l'humour macabre ou humour noir, on n'imagine pas Robespierre plaisantant ainsi au moment de son exécution ! Et tous deux étaient de fervents révolutionnaires ...

Vous connaissez le mot de Baudelaire : C'est la rareté des élus qui fait le Paradis. On peut donc dire qu'avec Benoît XVI l'Enfer va être encore plus rempli que d'habitude.

La réussite de la société contemporaine c'est d'avoir produit Jeanne Calment qui est morte à cent-vingt-deux ans, la réussite du XIXème siècle c'est de nous avoir donné Charles Baudelaire qui est mort à quarante-six ans, je préfère le poète syphilitique, intempérant et asocial au parfait vieillard insipide qu'on nous donne comme modèle.

On trouve le mot sémiotique (ou plutôt séméiotique) employé dans la thèse de médecine de Claude-Jean Cognasse-Desjardins (°1771-1831) soutenue en la Faculté de Montpellier en 1801 sous le titre de Essai sur les Songes. Le docteur Double de Paris parla quelques années plus tard lui aussi sur les songes considérés sous le rapport de la séméiotique.
Le texte de cette thèse est donné ici Essai sur les Songes.
Cf Mémoires de la Société académique d'agriculture de l'Aube.

Amusant, n'est-ce pas, qu'un docteur Double parle des songes ?

Contrairement à Elisabeth Lévy, moi le VIH je suis plutôt pour (la preuve je le porte).

Vous savez les goûts et les couleurs cela ne se discute pas et puis d'ailleurs tout est question de bon marketing (étude de marché en français). Par exemple je suis porteur du VHB or il n'y a pas l'équivalent du sidaction pour les hépatites, ce qui prouve que leur marketing est de moins bonne qualité ou que les virus de l'hépatite sont moins bien positionnés sur le créneau des maladies porteuses.

Il faut bien admettre qu'il y a des tas de maladies qui ne savent pas y faire - ce qui prouve que le bon Dieu se relâche par moment - au lieu de choisir des leaders d'opinion pour se lancer, elles s'attaquent à des gens qui n'ont aucune visibilité ! Comment voulez-vous qu'on puisse ensuite mobiliser les opinions publiques ?

Je suis d'ailleurs persuadé que quand Jacques Séguéla sera parti conseiller Dieu le père les choses seront bien mieux organisés, pour l'instant ça fait désordre, ce qui n'est guère étonnant déjà Dieu le fils avait un petit côté anar' ...

La tuberculose fait un million et demi de morts chaque année dans le monde mais elle ne s'attaque qu'à des malpropres ! Non, vraiment est-ce que des gens corrects ne pourraient pas se porter candidats pour être tête de gondole de la tuberculose ?

Pour être explicite - car je crains que mon humour ne soit pas compris si facilement que cela - le Pape et ses contradicteurs sont essentiellement sur la même longueur d'onde, ils surfent sur la vague porteuse, chacun flattant sa clientèle !
Moi je ne flatte personne renvoyant chacun à sa forme particulière d'égoïsme et d'hypocrisie !

Les discours miroirs des faux rebelles des médias ... qu'ils soient pour ou contre ne change rien à rien. Ils disent marchons ! marchons ! mais ne s'éloignent pas d'un pas sinon d'un mot de la société qu'ils vilipendent. Nous sommes tous des parasites saprophytes mais nous ne l'admettons pas tous également. Les virus c'est nous !

Certains s'étonnent qu'après avoir vu Isabelle Adjani interpréter le rôle principal dans "Le Jour de la Jupe", elle défende dans les médias des opinions qui ont l'air d'aller à l'encontre du thème du film, vous n'avez donc jamais lu Le paradoxe du comédien de Denis Diderot ? Pourquoi voudriez-vous qu'un comédien ait des convictions et plus particulièrement les convictions du personnage qu'il est censé incarner ? L'étrangeté de notre époque c'est de vouloir faire coller l'acteur à ses rôles ! Un peu comme si Marilyn Monroe après avoir couché avec le président Kennedy avait été invitée à la télévision américaine pour défendre sa politique !
Je me souviens d'avoir entendu Brad Pitt après je ne sais plus quel film répondre dans une de ces interviews formatées dont les acteurs d'Hollywood ont le secret qu'il entendait défendre ses idées ! Les idées de Brad Pitt et pourquoi pas celles d'un chihuaha ?

Les ruses de la société du spectacle sont nombreuses, pour survivre face au déferlement des nouvelles techniques elle a appris l'adaptation, il faut avoir l'air concerné maintenant par la misère du monde pour résister en tant que créature médiatique, comme si une jeune actrice de vingt ans pensait à autre chose qu'à sa carrière du matin au soir !

Ils sont marrants les copains de Brighelli, ils croient que "Le Jour de la Jupe" va les sauver ! Et pourquoi pas "Le retour des sous-doués" pendant qu'on y est ?

PS : Il s'agit de "La Journée de la Jupe" mais je préfère quand même mon titre, plus c'est court, plus c'est percutant !

Citez-moi un seul professeur qui se soit extrait de l'enseignement pour accéder au show-business qui y soit retourné par la suite ?

Attendre que François Bégaudeau retourne dans les collèges qu'il aime tant, c'est attendre que Bernard Kouchner ouvre un cabinet de médecine de ville.

Je ne veux pas vous faire languir, c'est par ici Le paradoxe sur le comédien et la chaleur de Diderot lèvera toutes les réticences ; et que cela n'empêche pas d'apprécier le jeu des acteurs, nous ne sommes pas des sauvages quand bien même Rousseau prétendait que c'est l'homme civilisé qui était le plus cruel.

Je dois dire que les syndicats d'enseignants sont stupides, s'il veulent voir leurs revendications entrer en résonance dans l'opinion publique ils n'ont qu'à embaucher des acteurs qui viendront pleurnicher sur les plateaux de télévision en leur nom, c'est leur métier et ils sont beaucoup plus convaincants qu'un petit professeur de banlieue d'un collège sensible, il suffit de contacter l'agent d'Adjani ou son attaché de presse et de demander les tarifs de la célèbre actrice, Brighelli lui préparera un petit laïus bien larmoyant et notre Isabelle nationale ira nous jouer une gentille comédie comme à l'époque où elle avait embrassé Bruno Masure sur la bouche pour démontrer qu'elle n'était pas séropositive ...

Les âmes sensibles s'abstiendront d'ouvrir ce lien : Décapitation à la mode talibane.
Ceci dit si les scènes fétiches de la Révolution française comme la prise de la Bastille n'ont pas été filmées, elles n'ont pas dû être beaucoup plus ragoûtantes, si l'on a promené au bout de piques la tête du gouverneur de Launay et de quelques autres gardiens de la forteresse quasi-déserte c'est bien qu'on les avait découpées plus ou moins proprement de leurs troncs !

Les massacreurs de septembre eux aussi promenèrent fièrement en trophée le chef de la princesse de Lamballe.

Epargnez-moi le beau langage ! Peut s'entendre dans deux sens différents.

Au milieu de toutes les sottises qu'Henri Guillemin dit (et pense), cet homme sans aucune trace d'humour relate les circonstances d'un dîner qui se passait à Paris vers 1926 ou 1927 pendant lequel l'écrivain Jean Prévost (°1901-1944) qui mourut dans le maquis du Vercors les armes à la main, pour faire de l'esprit ou pour se déclarer libre de toute allégeance, devant les sourires complices de l'hôtesse dit aux convives présents : Quelle énorme blague de sacrifier sa vie à l'honneur ! Mais jamais, voyons ! jamais, ça n'existe pas ! Guillemin lui rétorqua que pourtant les chrétiens sous Néron et Domitien et lui de répondre : Peut-être. Et encore ! Il faudrait voir... Pas un homme de bon sens n'irait à la mort pour une idée. Surtout pour des idées vagues... Littérature, mensonge, ces histoires-là ! D'abord vivre, à tout prix vivre. En tous cas, c'est bien mon avis.
Si l'on se replace dans le contexte de l'après 14/18 on peut s'expliquer qu'en Prévost l'écrivain se révoltait contre l'apologie du sacrifice héroïque, ceci dit la patrie n'est pas une idée seulement, c'est aussi quelque chose de tout à fait charnel comme tout corps social, toute église, on ne fait pas alors le sacrifice de sa vie seulement pour quelque chose comme une vague idée !
Je ne sais pas ce que Jean Prévost valait comme écrivain, ne l'ayant jamais lu, mais en tous cas il n'était pas inférieur aux soldats qui partirent au front en 14 sans forfanterie. Guillemin qui était de la même génération reconnaît honnêtement sa supériorité morale.

Le problème, voyez-vous, c'est que ce sont les crétins du style Guillemin qui sont les fourriers du totalitarisme, avec les meilleures intentions du monde ! Les uns veulent sauver la patrie, les autres le socialisme, ce sont des intellectuels qui ont cru trouver la clef des champs ... J'ai idée que la race humaine est bien capable d'en produire quelques exemplaires encore.

Je mets davantage ma confiance dans les gens qui se déclarent dégagés comme Jean Prévost dans l'entre-deux guerres que dans ceux qui se sentent concernés et que les médias saluent comme engagés !
Isabelle Adjani par Jean-François Bourgeot dans le Midi Libre : Rare star française à qui ses fans pardonnent absolument tout - à commencer par des choix hasardeux et des absences trop longues - c'est dans un film totalement improbable qu'Isabelle Adjani réapparaît. Et qu'elle soutient vaillamment de plateau télé en interviews diverses et variées. Preuve, sans doute, que le résultat, même s'il s'agit dans la forme d'un assez modeste téléfilm, est à la hauteur de l'engagement personnel qu'elle y a mis.
Franchement en supposant même qu'Adjani soit féministe au sens politique du terme - ce que rien ne prouve - pourquoi voudriez-vous qu'elle se sente concernée par le métier de professeur de collège en banlieue d'immigration plus que n'importe qui à moins de lui supposer un statut de conscience supérieure du seul fait de son étoile médiatique !
Ivan Rioufol dans sa chronique journalière fait le même abus et la même révérence devant ceux qu'on appelle des prescripteurs d'opinion. Pour exister dans les médias les stars ont besoin d'avoir une certaine apparence sociale qui couvre tous les rapports de la vie quotidienne, elles doivent s'assimiler l'existence et les préoccupations de leurs concitoyens les plus médiocres quand bien même elles vivent à Genève et envoient leur fils dans des collèges de luxe tout à fait privilégiés.

On dit souvent que deux démocraties ne se firent jamais la guerre, c'est devenu une sorte d'axiome, mais qu'en est-il en vérité ? Il y a un contre-exemple fameux, c'est celui des Etats-Unis au XIXème siècle où l'Union et la Confédération toutes deux également démocratiques s'opposèrent sur la politique à conduire au niveau fédéral, ce qui conduisit comme on le sait à la guerre de Sécession.
Quelle leçon en tirer sinon que la démocratie n'empêche pas les déchirures d'intérêt quand ils sont cruciaux ? On se souvient que la prospérité du Sud était toute entière liée au commerce et à la main d'oeuvre bon marché que représentait les légions d'esclaves au service des maîtres blancs, ainsi la ville de la Nouvelle-Orléans fut-elle jusqu'à la guerre la plus riche des Etats-Unis grâce à son port tourné vers l'exportation. Le Nord industriel pratiquait le protectionnisme face par exemple aux productions de la Grande-Bretagne assurant ainsi le développement de son industrie naissante. La politique ne fit que traduire en actes ce conflit économique.
Au moment où la France réintègre le commandement intégré de l'Otan, il est bon de rappeler que des désaccords profonds issus du passé et essentiels pour l'avenir peuvent naître entre pays dont les civilisations sont en apparence semblables.

Suivant un illustre exemple je me suis offert une banane pour fêter mon anniversaire aujourd'hui.

Quand l'on considère la laideur ou plutôt l'inanité architecturale du siège du CNRS à Paris, on se dit que les chercheurs n'ont vraiment aucun goût.
On remarquera qu'il y a pourtant parmi eux des historiens de l'art mais il semble que le goût soit à la fois la chose la moins répandue au monde et la moins valorisée dans les études. Apprécier le beau et le reconnaître est vraiment la dernière roue du carrosse. L'utilitarisme sous sa forme la plus sommaire - la plus malsaine peut-on dire - triomphe du soin esthétique des choses. La rapidité du succès est la chose la mieux mise en avant alors que le beau qui demande du temps est rejeté en arrière. A quoi ça sert ? C'est la question première en toutes choses et donc la négation de toute beauté. Quand il n'y a pas d'unité de mesure - et pas de référent du beau - il n'y a pas réalité tangible pour les esprits plats.

Si le beau est la circonlocution de l'espace alors il faut toujours aller au plus court ... oui, la beauté est un détour pour l'âme et pas le chemin le plus direct ! Le beau c'est du temps pris gratuitement.

La faiblesse de l'argumentaire de ceux qui veulent restaurer l'école d'antan c'est qu'ils ne considèrent jamais l'esthétique des choses et qu'ils se rangent comme les pires modernistes sous l'égide de l'utile et donc de la rapidité. Mais alors les abréviations du langage se justifient toutes et il n'y a pas lieu de pleurer sur les sacrifices que l'on fait pour s'exprimer le plus vite possible.

Un homme comme Brighelli ne voit que la réussite la plus immédiate en ligne de mire, une espèce de morale de la victoire. La poésie est plutôt l'éloge de la défaite du temps. Elle est une éternelle déception du monde plus qu'un sport de combat. Apprendre à échouer me semble aussi essentiel que la lutte pour la vie. Jean-Paul Brighelli est un sportif axé linéairement dans le repère du temps ... l'objet de l'art n'est pas d'économiser le temps c'est au contraire de le dissiper !

On n'imagine pas Baudelaire faisant du sport, plus que Proust ou Racine ! Jean Prévost, oui de même que Guy de Maupassant mais on admettra que c'est d'une autre école.

Il y a encore quelque chose que je me dois de souligner c'est la faiblesse de la pensée philosophique qui prétend concilier l'inconciliable au lieu de souligner les contradictions de certains objectifs. Un ingénieur sait très bien qu'une partie de son travail consiste à trouver un compromis entre le faisable et le facile dans ce que l'on définira comme le souhaitable. Rien de tel chez la majorité des philosophes qui se montrent plus artistes qu'ingénieurs.

L'esthétique personnelle c'est la cousine Bette, la parente pauvre de nos sociétés, celle qui n'a pas réussi dans les disciplines académiques sauf quand la publicité la récupère pour faire du marketing !

C'est vrai que je conçois que tout le monde me traite en raté chronique puisque j'entends bien cultiver mes échecs jusque dans le culte d'une esthétique surannée de la langue. L'intelligence comme défi à la com' ...

Peut-il y avoir une morale de la réussite ? Il me semble que c'est la quadrature du cercle de défendre comme une fée laïque ce genre de choses.

Résistance de l'intellectuel en milieu hostile, théorie et pratique.
Titre de mon prochain livre d'esthétique ? Ou bien roman d'apprentissage (bildungsroman) ?

Gromov a eu le prix Abel, sa carrière a été longtemps contrariée par la nécessité qu'il eut d'émigrer hors de l'URSS mais il put rattraper le temps perdu.

Gromov dit qu'il détestait l'école : dix ans de perdus ! Tiens, voilà qui ne va pas encore plaire aux gardiens du temple ...

Il y a quelque chose qui ne me semble plus très loin de l'URSS de cette époque dans la France de nos jours : la nécessité d'affirmer des idées absurdes et révoltantes.

Je me moque facilement de Brighelli et consorts mais enfin quand vous lisez la prose suspecte du journaliste Luc Cédelle qui appelle ou quasi sur son blog le SGEN à porter plainte contre lui pour injure et diffamation, on se dit que l'esprit français a bien des soucis à se faire. Quel venin et quel malaise il en ressort ! Comme ces gens-là à force de patauger dans le politiquement correct finissent à côté de leurs pompes !

Le témoignage de Gromov est intéressant en ce qu'il montre que quand on est dans un bain idéologique obligatoire pendant des décennies même les meilleurs esprits finissent par craquer et développent des névroses diverses et variées.
Moi évidemment je suis un réfractaire-né mais tout le monde n'a pas les mêmes ressorts pour se refuser à la vox populi !

Il paraît que Mayotte va devenir département français dimanche, ouaf ! ouaf ! nous sommes tous des mahorais ...

C'est quand même curieux que nos possessions d'outre-mer ne nous aient jamais donné un Gromov, ce doit être la faute des professeurs du cru, il faudra que j'en cause avec l'éminent et distingué Brighelli pour qu'il m'éclaire sur un tel mystère ! Il y a des choses qui dépassent notre entendement, feignons de les ignorer en attendant qu'on éclaire notre religion ...

J'ai un gros défaut depuis tout petit : je pose trop de questions !

Il y a un mot fameux du cardinal de Richelieu, plus profond qu'il n'en a l'air, que j'aime à répéter : Avec deux lignes de l'écriture d'un homme, on peut faire le procès du plus innocent.

S'il s'agit de faire le procès des hommes en général, c'est à dire du genre humain, on y arrivera par quelque biais qu'on s'y prenne. Maintenant la tâche de l'écrivain est bel et bien de poser des questions et d'inquiéter la conscience car si on la laisse en repos elle s'assoupit dans d'inutiles querelles.

Accroître la connaissance c'est augmenter les facultés de juger.

C'est très bien de soigner les lépreux, c'est encore mieux d'étudier la lèpre.

Loi morale.
Comme si la morale était une chose intemporelle et ne dépendait pas d'un certain état de la société et notamment des connaissances et des techniques !
Ce n'est pas tout à fait la même chose de mettre au monde un enfant contrefait dont on sait que sa durée de vie sera très faible et de lui faire vivre un long martyr au nom du caractère sacré de la vie ! La responsabilité croit à mesure que notre connaissance du futur s'approfondit, c'est le fardeau moral que l'homme de la civilisation avancée doit porter.

Ceux qui prétendent que la morale est une et universelle et se réfèrent pour cela à je ne sais quel canon écrit dans je ne sais quelles tables de la loi, supposent premièrement que l'homme est toujours le même à travers toutes les époques et deuxièmement que son intelligence est limitée sinon finie. La leur peut-être, celle de l'homme en général ce n'est pas prouvé. En fait ils se défaussent de leurs responsabilités sur un code divin. Réfléchir cela fait mal ...

Il y a là deux visions du monde qui s'affrontent, celle d'un monde humain en croissance perpétuelle, qui tend vers une certaine infinitude, et l'autre celle des prophètes de l'apocalypse qui croient que nous allons vers un big crunch du fait de nos péchés !

Il n'y a pas de chose plus répandue au monde que la haine de l'intelligence philosophique. Cette intelligence qui ne sert à rien mais met chacun en face de ses responsabilités ...

Hommes politiques dans une démocratie : parfaits reflets du peuple qui les élut, pas une faille dans ce tain si pur, si uniforme, si ennuyeux ! Plus je vieillis et plus je les trouve insipides, c'est une grande force de n'avoir rien à dire, on n'a pas peur de contredire amis et ennemis, ni de se compromettre avec des idées un peu iodées ou persillées, on est invulnérable aux regards indiscrets, on passe partout à travers les lucarnes télévisuelles comme à travers de vagues miroirs. Plus la démocratie se perfectionnera et plus elle se passera de personnalités.
De Gaulle avec son caractère ombrageux était déjà une exception dans son temps, un démocrate peu démocratique de tempérament, un militaire si peu militaire qu'il traitait en confrères les écrivains et les appelait "maîtres", un mélancolique profond qui traitait l'espoir comme on traite une maîtresse en le chevauchant, fouettant son âme au plus profond de lui-même ...
De fait seuls les dictateurs sont vraiment passionnants aussi lunatiques soient-ils, les autres sont des ombres folâtres qu'on oublie aussitôt qu'on a voté pour eux.

Il passa ... c'est le plus bel éloge funèbre qu'on puisse faire d'un démocrate qui fit de la politique !

Les professeurs se plaignent de ce qu'ils ont eux-mêmes engendré, chez Jean-Paul Brighelli on pleure beaucoup ce qui est peut-être le premier degré de la prise de conscience.
Comme je fais - un peu - de commerce, j'ai l'occasion de voir à peu près les produits qui sortent finis de l'école - enfin on devrait dire à peine ébauchés - hier j'ai eu un dialogue avec une jeune fille du côté de Marseille au prénom tout à fait français, elle n'a donc même pas l'excuse de l'étranger qui ne saisit pas toutes les subtilités de la langue. Pour resituer le dialogue elle négocie le prix d'un double cd Mozart, je lui accorde cette réduction demandée, puis elle me pose une question (vous remarquerez les majuscules qui sont déjà une impolitesse en langage du net, c'est l'équivalent de la forme impérative ou de quelqu'un qui vous crie dessus) :
Question de la cliente : bonjour juste une question le cd c'est bien celui de la photo mention sur le site ? CAR IL CONTIENT UNIQUEMENT 1 CD OR VOUS INDIQUEZ DEUX CD ? tenez moi informez
Moi : Il y a deux cd donc vous avez fait une très bonne affaire ! Le deuxième cd contient un concerto une symphonie et une oeuvre avec voix (Bernarda Fink) toujours les mêmes interprètes.
Q : bonjour 2 cd ou pluieurs je m'en fiche je veux ce cd et rien d'autre avec cet enregistrement est ce la meme poche de couverture oui ou non ?????????? merci
R : Ok je vais donc enlever le second cd de la pochette.
Q : etrange vous ne repondez pas a la question est ce la meme pochette que celui vous avez poser sur le site OUI ou NON simple question,
R : Réfléchissez un moment si c'est possible, j'ai dit qu'il y avait un cd bonus en plus du cd en question. J'enlève le cd bonus puisqu'il ne vous intéresse pas, il reste donc le cd en question, concertos Nos 22 K 482 et 27 K 595 de Mozart par Christian Zacharias et l'orchestre de chambre de Lausanne.
Q : ok pas de probleme laisser le cd bonus mais dans le cd vendu en public dans cet enregistrement de lausanne un seul cd est vendu donc le doute de savoir ci reelement est le bon cd du faite en plus que vous ne repondez pas a la question LA POCHETTE
R : Oui il s'agit bien de la bonne pochette mais il faudra l'agrafer car les agrafes sont parties et il n'y a que le texte en français.
Q : OK DONC c est le meme que la pochette le cd GOLD DG c'est cela donc ok pour juste agraffer pas de soucis
R : .

Inutile de dire que voilà une jeune fille avec qui je n'ai nulle envie d'avoir des relations prolongées.

Je n'aurais pas la patience de songer à redresser la situation dans ce genre de cas sans prendre de sanctions si j'étais professeur, car il n'y a pas seulement des lacunes dans les connaissances, c'est toute l'attitude sociale qui est intolérable.
On a l'impression de se retrouver avec des millions de petits Sarkozy en puissance en France ... des gens dont l'impudence est la seconde nature pour ne pas dire une nature cultivée à dessein, c'est à dire proprement une culture.

Je suppose que si Sarkozy a été élu en 2007 c'est que quelque part, il est le reflet d'une nouvelle génération, où l'outrecuidance se mêle à la bêtise satisfaite d'elle-même. Sarkozy n'a certes pas inventé l'une et l'autre mais disons qu'il a une manière de les mettre en valeur qui lui est propre et qui est la signature de son époque.

Le christianisme : il faut disposer de son corps comme de son propre ennemi.
Enfin, heureusement tous les chrétiens ne poussent pas le sado-masochisme jusqu'à éprouver dans leur chair toutes les joies de la consomption et de l'extermination des mauvaises pensées (elles sont trop nombreuses).

Faut-il le répéter ? Certaines privations donnent des ivresses totales, ainsi priver d'oxygène le cerveau pendant un moment - mais pas trop longtemps - vous fait facilement parvenir à un état second proche d'une manière de nirvana artificiel. On se demande donc dans quelle mesure le principe de plaisir qui est disséminé dans notre cerveau (sous forme d'endorphines notamment) ne ruse pas de multiples façons afin de parvenir à ses fins dans de nombreuses religions sous les apparences de la mortification.

Corollaire : Tu disposeras de ton corps comme ton propre ennemi afin de maximiser le plaisir de ton cerveau.

Les pénitences qui étaient l'arme absolue du chrétien contre ses propres péchés ont été allègrement reprises par la société laïque à travers les jeûnes de drogues diverses et les sports variés censés nous maintenir en bonne santé et à disposition pour toutes les activités sociales qui permettent à l'Etat de profiter (nous gagnons notre paradis à la force de nos impôts, c'est la dîme laïque).

Peut-on échapper au principe de plaisir ? C'est la question toute simple que posait Freud. Sans en avoir l'air ce fut une arme de destruction massive du christianisme.

Nous sommes dans une société du recyclage permanent, il ne faut donc s'effrayer d'aucun produit de substitution, d'aucun ersatz donné comme meilleur que le produit d'origine.

Voici ce qu'écrit une vétérinaire de la Drôme sur le blog de Jean-Paul Brighelli :

Je ne pense pas que vous ayez énoncé des bêtises. Ce sont les motifs invoqués. Je ne suis pas certaine non plus que ce soit la seule entrave à la fabrication d'un vaccin contre le SIDA. L'entrave majeure c'est qu'il n'est pas rentable parce que, dans les pays développés, ceux qui peuvent le payer et qui en ont besoin ne sont pas légions. Il est moralement très délicat de rendre la vaccination des enfants obligatoire puisque c'est les autoriser implicitement à adopter des conduites à risque et que ce serait très mal perçu, notamment par les catholiques mais certainement pas qu'eux. Pour moi, j'ai déjà dit que c'est normal ! L'Eglise catholique n'a pas à rayer la luxure de la liste des péchés capitaux et un catholique ne multiplie pas les partenaires et les expériences, ce qui n'interdit d'ailleurs nullement l'Eros et la sublimation métaphysique d'un bel orgasme partagé, dans le cadre d'un amour réciproque profond des partenaires, amour qui tend perpétuellement à se rapprocher de l'amour que Dieu porte aux hommes et que le catholique tente, bien faiblement,de porter à Dieu.
Donc, le vaccin SIDA n'est pas rentable du tout et je vous parie que tous les grands labos, main dans la main avec l'OMS et l'OMC, ont réfléchi sérieusement au problème de rentabilité d'un tel vaccin par rapport au coût d'élaboration.
On peut espérer peut-être du côté des laboratoires pharmaceutiques indiens ou chinois ?
Anne-Marie, une petite sous-unité virale antigénique pourrait être commune à tous les mutants, non ? Et si l'individu est préalablement vacciné, le virus n'aura pas le temps de se répliquer dans son organisme ? Puis pleins d'autres réflexions en vrac auxquelles ni vous ni moi ne pouvons répondre. En plus, ce n'est pas le lieu. J'aurais pourtant bien plaisir à vous expliquer, à vous qui êtes de la partie, les péripéties du vaccin contre la leishmaniose. Je vous donne mon mail : vet.coup@wanadoo.fr Enfin, pour finir en beauté, le catholique occidental moyen (pas Robin, bien sûr! ) est un consommateur qui veut le beurre, l'argent du beurre et se farcir la crémière sans risque immédiat ni au jour du Jugement Dernier tout en restant douillettement au sein d'une communauté dont il a l'habitude.
C'est un consommateur de catholicisme mais ce n'est jamais qu'un consommateur.
Dobolino le 29/3/9.

Une crétine de première force et un assassin en puissance, heureusement elle ne s'attaque qu'aux bêtes !

Pourquoi n'y-a-il pas de vaccin contre le VIH jusqu'à présent ? Parce que le VIH se cache de notre système immunitaire qui n'arrive pas à le reconnaître, soit qu'il mute, soit qu'il se dissimule dans des réservoirs profonds.
En fait il existe une solution c'est de donner à notre système immunitaire une protéine spéciale la CCR5 par le moyen d'une greffe osseuse.
Le Devoir, journal québecois relate les tentatives récentes pour faire de la haute-couture patient par patient pour stimuler l'immunité de chaque personne infectée, vaccin thérapeutique et non pas préventif.

Article en anglais sur la CCR5.

Cette page donne deux excellents articles sur le sujet récepteur d'une greffe de moelle osseuse porteuse d'une variante du CCR5.

Si jamais vous lisez sur un blog style Bonnet d'âne la prose d'un coco qui se propose de soigner le VIH ou le palu ou quoi que ce soit d'autre d'aussi complexe vous pouvez parier à coup sûr qu'il s'agit d'un charlatan !

Je mets en garde le grand public qui n'a pas de formation scientifique contre tous les gens se prévalant d'un cursus universitaire, style vétérinaire, médecine et pharmacie de ville et qui jouent au docteur Mabuse, croyez-moi ces gens-là qui vous parlent avec leurs demi-connaissances acquises dans le désordre ne sont pas dignes de foi. Dans le pire des cas ce sont des dangers publics qu'il ne faut suivre en aucune façon.

Un bon médecin de ville c'est celui qui s'il soupçonne une pathologie grave chez vous par exemple après des examens sanguins vous adressera à un spécialiste hospitalier ou de clinique mais ne cherchera pas à s'occuper de votre cas au risque de vous faire perdre un temps précieux.

J'ai deux vertus : je suis bête et discipliné. Tout le reste ce sont mes défauts ...

Je me suis bien amusé avec un philosophe-historien du platonisme Romuald de Bonnet d'âne, voici ce qu'il écrivit à fin de mon édification : 3) la géométrie chez Platon désigne bien la réflexion sur les figures - et non les procédures logiques. Platon décrit clairement dans les livre VI-VII de la République la manière dont la géométrie et les mathématiques s'appuient sur des images ou dessins pour viser l'intelligible.
Je lui ai conseillé d'aller prendre quelques cours basiques de géométrie auprès de Misha Gromov, notre dernier prix Abel !
Visiblement il n'a jamais entendu parler de la méthode d'exhaustion, autrement dit du raisonnement inductif ou hypothético-inductif, pas plus que des autres procédures logiques en oeuvre dans la géométrie grecque comme le raisonnement déductif, autrement dit le syllogisme.
Je lui ai rappelé la phrase définitive de Platon : les Nombres sont antérieurs aux Idées. Pour répondre à tout son charabia : Donc, je maintiens : la dialectique est la science plus haute chez Platon ; elle est d'ailleurs certainement dépassée dans l'intuition directe de la forme ou de l'idée, intuition toujours repoussée ou reportée lorsque l'âme se déprendra du corps.

J'étais parti d'une bêtise dite par Nathalie Bulle ici La pensée pédagogique : Le modèle éducatif platonicien assignait à cet égard comme but suprême à l'éducation le maniement de la dialectique, clé de la connaissances des Idées. Bien entendu certains vinrent à son secours ...
Elle n'avait jamais lu la phrase qui se trouvait au fronton de l'Académie : que nul n'entre ici s'il n'est géomètre !

J'avais commis un impair, un lapsus calami, en écrivant didactique en lieu et place de dialectique mais n'est-ce pas au fond presque une forme de génie ? Car enfin la dialectique cherche à convaincre, à persuader afin d'enseigner des choses vraies et la didactique c'est bien l'ensemble des procédures utilisées pour enseigner, donc l'une entraîne l'autre nécessairement, entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, les êtres de raison ne doivent pas être multipliés au-delà du nécessaire.

Il ne faut pas diviser la philosophie d'une manière artificielle, c'est ce que j'ai essayé d'expliquer vainement sur le blog Bonnet d'âne, au risque de la faire passer pour un jeu de pédants.
Pour les grecs c'est une manière de vivre et de regarder le monde qui n'est pas exclusive. Il ne s'agit pas de jouer sur les mots même si le langage doit être soigneusement examiné et rectifié si besoin est. Il s'agit bel et bien d'intégrer dans la philosophie toutes les disciplines qui associent le beau et le bien à la vie de l'homme. Musique, géométrie, architecture, médecine etc tout ce qui doit concourir à l'harmonie de l'être dans le monde.

La philosophie n'est pas une discipline formelle comme l'entendent les philosophes professionnels des universités contemporaines, elle ne trouve pas sa fin en soi. Il se trouve que l'homme est le siège d'une singularité qui le rend apte à philosopher c'est à dire à porter un regard réflexif sur ses actes comme sur ses pensées.

La philosophie n'a pas de langage propre, elle utilise tous les langages courants.

L'école a été longtemps une institution au service de la puissance et du prestige d'une nation fournissant ses soldats et ses officiers, ses savants et tous ceux qui étaient chargés d'entretenir son opulence. L'aboutissement suprême de l'école était donc bien le service de l'Etat. Aujourd'hui où les élites se sont mondialisées et déterritorialisées, il faut repenser entièrement la politique de l'institution scolaire. Remettre la philosophie au centre du savoir est la seule manière de rendre à l'école ses lettres de noblesse à moins de la confondre avec une vulgaire prestatrice de services tout juste bonne à être privatisée à outrance.

Nous avons le choix entre soit la mystique et le retour en force de la religion, soit le savoir et la philosophie telle que les grecs l'entendaient.

Nous autres occidentaux nous avons redessiné la carte du monde dans les siècles qui ont passé, il nous faut maintenant redessiner la carte de l'esprit.

Au fond qu'est-ce qu'il y a de plus kitsch que l'argent ? Alors que l'intelligence reste toujours neuve et provocante.

Je ne flatte l'égo de personne pas même le mien, encore une fois on a du mal à me le pardonner. Il y a une certaine forme de devoir à pratiquer l'ascétisme intellectuel, une critique sans faille qui va au fond des choses, il s'agit comme diraient les anglo-saxons de faire de l'abstract non-sense afin de tirer les apories au clair. Tant qu'on n'a pas souligné les contradictions, est-on vraiment allé au bout de sa pensée ? Le charme c'est de laisser les choses en suspens, de faire planer un doute dans un brouillard artistique comme l'aiment les sensibles, la rigueur obstinée du philosophe c'est de tracer des lignes, de poser des bornes pour se démarquer du facile sans s'appauvrir pour autant. L'harmonie philosophique comprend aussi bien les écarts à la norme qui expriment la sensibilité, que le dialogue du plein et du vide qui sépare le faux du vrai.

Il me serait facile de faire le contraire et d'être entouré, salué, honoré au lieu de cela j'encours comme Socrate à la fin de sa vie le risque d'être considéré comme un démoralisateur par exigence morale poussée trop loin. On me reproche d'avoir mis mes filets trop haut et d'empêcher chacun de se sentir parvenir au stade de la réussite.

Malgré le formidable soutien de Pierre Assouline le premier blogueur de France, émanation du dessus du panier littéraire, qui n'a jamais ménagé ses efforts pour abaisser dans l'opinion publique Wikipedia et ses contributeurs bénévoles, l'encyclopédie concurrente de Microsoft, Encarta va fermer ses portes virtuelles !

Il y a des hommes comme cela qui savent tout sur tout et qui inventent si nécessaire. Leur force c'est leur inconséquence et l'illogisme secret de leurs lecteurs et auditeurs innombrables. Mais ne pas avoir un lectorat choisi c'est n'avoir aucun soin de sa propre culture et témoigner d'une grande faiblesse.

La bête médiatique ... le véritable léviathan qui avale tout et ne rejette que de la merde !

Comme je le disais sur Cinématique l'admirable blog de Ludovic Maubreuil, celui qu'Hollywood nous jalouse, il faut clouer les mots sinon les paroles s'envolent.

L'argent abolit tous les signes, c'est le Dieu universel des imbéciles.

Ils portent des Rolex non pas parce qu'elles sont signes d'excellence mais parce qu'ils croient qu'elles abolissent le temps.

Anatole France n'est ni bon, ni mauvais, il est moyen ce qui est le pire titre d'un écrivain pour accéder à la postérité. Il ne dit ni énormités, ni choses sublimes, il s'arrête à des moyens termes dont la drôlerie est inexistante. Ni bête, ni intelligent, juste de bon sens et donc le moins artiste des hommes ! Un libraire abouti qui aurait pu être un enseignant de la chose littéraire. Le pédagogisme ennemi de la fantaisie ... mais nous ne sommes pas tous des enfants !

Il écrit par exemple : On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. C'est idiot ! Il aurait écrit : On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des individus, c'eut été sublime !

C'est l'imagination qui nous fait vivre, c'est l'imagination qui nous fait mourir, un sceptique comme lui ne mourra jamais pour rien. Il sera juste confit en dévotions littéraires ...

En fait Anatole France me fait furieusement penser à Jean-Marie Le Clézio, le genre d'écrivain digne d'être célébré par leur époque afin de consacrer des imbécillités publiques.

L'autre jour je lisais l'hommage de Jean-Paul Brighelli à son ami Roger Felts le qualifiant d'humaniste, cela m'a terrifié ! Une dalle si lourde comme une tombe de première classe. Je ne suis pas un humaniste, le premier qui me nomme après ma mort ainsi je sors de ma tombe pour le flinguer. Je me fiche de l'humanité comme de ma première chemise ...

Moi je suis mort plusieurs fois dans ma vie c'est pourquoi je suis bien vivant.

L'intelligence vient-elle en marchant ou vient-elle en souriant ?

Le pédagogisme ennemi de la fatalité - héréditaire ? - oui, c'est très bien, mais malheureusement il est aussi plus souvent l'adversaire acharné de la fantaisie ailée ... que de lourdeurs sous ce mot fameux ! Et que d'hommes fameux se sont ennuyés en classe ...

S'agit-il de faire des perroquets savants ou de futurs petits soldats de la République ? Tout le monde n'y trouvera pas son compte.

Joseph de Maistre dit des énormités, que la société repose sur le bourreau car il est l'archange de Dieu sur cette terre par exemple mais ces énormités font réfléchir malgré tout et donc il reste lisible et littérairement intéressant. Rien de tel chez les auteurs consacrés par la moyenne du public de leur temps, les auteurs moraux.
On croit souvent que c'est la sagesse proverbiale de La Fontaine qui en fait tout le suc dans ses Fables, non, en fait c'est la jouissance de ce voluptueux égocentrique, sa distraction misanthropique qui nous enchante ... d'ailleurs on ne comprendrait pas qu'il ait écrit ses Contes bassement érotiques s'il était un bonhomme de tout repos qui égrène des moralités dignes d'un jardinier !

La vertu politique est vice littéraire par excellence.
Marcel Proust se fait alpaguer au bordel par la mondaine en 1918 parce qu'il est rentier du vice, l'hôtel Mazarine qui lui sert de refuge pour ses fantasmes érotiques est comme la coque où il secrète ses perles. L'animal artiste triomphe sur le raisonnable causeur qui pérore dans les salons et fait des chattemites à Anatole France.

Les demi-intelligents sont comme les demi-vierges, un peu frelatés !
Note pour les érudits : Les Demi-Vierges est le roman 1900 le plus célèbre de Marcel Prévost, auteur qui faisait frémir les bourgeoises dans leurs salons à fanfreluches et à crédences.

Je suis le dernier causeur au sens où l'époque de Diderot l'entendait, du coup je fais salon à moi tout seul. En effet quels écouteurs distingués, quelles charmantes auditrices ne seraient pas effrayés par la liberté de mes propos et quels contradicteurs pourrais-je même espérer assez subtil pour me contrecarrer sans sortir l'arsenal des gros mots et des injures en tous genres ? L'art de la conversation je le ressuscite à moi tout seul dans ce blog-ci en un temps où il n'y a plus que le gros sel de l'idéologie et les rires en boîte de la masse. Triste fin pour cet art si français ... le ton, l'esprit, la légèreté, l'agréable profondeur tout s'est évanoui dans les reflets dorés d'une nasse publique.

Nous sommes en un temps de mules appariées ...

Quand je pense qu'il existe un prix de l'éthique et que je ne l'ai pas encore eu, en quelle année puis-je compter dessus ? Ceci dit tous les espoirs me sont permis car Amad Ly l'a reçu des mains de Simone Veil en 2008 et depuis tout le monde s'intéresse à lui de très, très près.

Quand même mon éthique littéraire mérite bel et bien une récompense ! Vous imaginez, aucune concession à aucun public de quelque nature qu'il se trouve. Je rejette tout le monde dans les ténèbres extérieurs tel King Kong dans sa jungle.

A mon avis la véritable intelligence vient avec les sourires échangés entre le nourrisson et ses parents et n'attend pas qu'il se mette à marcher.

Si j'avais un peu d'argent je créerais un prix King-Kong des Lettres sur le modèle des IgNobel.

Pierre de Bourdeilles (°1540-1614), abbé de Brantôme, auteur illustre des "Dames Galantes" parle longuement dans son testament du 30 décembre 1609 de Guillaume Malet de Chastillon, mon aïeul, voici en quels termes : "...et d'autant que le sieur de la Barde de Sainct-Crespin, dict Guillaume Mallety à cause de sa foire de Saunier, m'a faict plaider et tant chicanner l'espace de douze ans, tant pour son hommage à moy deub, que pour autres devoirs deubs à ma terre de Sainct-Crespin et chasteau de Richemond, dont le procès est encore pendant en la cour de Bourdeaux, qui m'a cousté fort bien mille escus, tant pour ses délaiz, remises, subterfuges, cavillations et chicanneries et faveurs dudict Bourdeaux, je veux et entendz que mes susdicts héritiers et héritières en poursuivent ledict procez à toute outrance, s'il n'est avant ma mort assoupy, soit par accord ou par arrest, et le mènent jusques à la dernière fin ; m'asseurant tant en mon droit qu'ilz en tireront fort bien la raison, jusques-là qu'ilz en pourront retirer la maison de La Barde ; car il peut me devoir fort bien plus de douze mille livres, n'estant raisonnable de laisser en repos ce petit galland, extraict de belle famille, son grand-père ayant esté notaire, dont s'en trouve force contrats encor en Périgord signés MALLETY. Et ceux et celles de mesdictz héritiers et héritières, qui ne poursuivront vivement ledict procez, je les déshérite, et en donne leurs parts aux autres qui s'en ressentiront mieux et le persécuteront à toute outrance, et en prendront mieux l'affirmative. Je sais bien que M.de Bourdeille et le seigneur d'Ambleville (Jussac d'Ambleville, son neveu) l'on soutenu austrefois ; mais je m'en remetz à eux sur leur honneur et conscience ; car ledict La Barde estoit autrefois fort proche dudict sieur d'Ambleville, à cause d'une sienne grande-tante maryée avecque ledict Mallety, notaire, comme je luy ay ouy dire. Mon nepveu le baron l'a aussy soustenu et aymé dez le voyage de Provance : mais je laisse le tout sur mon âme, et des autres aussy".
Brantôme qui était très chicanier de tempérament était d'une parfaite mauvaise foi, refusant son vrai nom à Guillaume, confondant volontairement l'antique maison des Malet de la Jorie (issue dit-on des Malet de Graville) avec la famille de notaires Malet de Périgueux, anoblie par Napoléon 1er sous le nom de Baron Malet de La Sorge. Il faut croire qu'il perdit son procès avant 1614 et qu'il mourût de colère en son château de Saint-Crépin de Richemont ...

Quelques mots sur les Malet de la Jorie avant le XVIIème siècle :
Après l'incendie de la ville d'Excideuil vers 1360 par les anglais et le traité de Brétigny qui livre aux anglais la moitié de la France, éclatent de graves désordres dus à la folie de Charles VI. Hugues de Bruzac nommé capitaine d'Excideuil pour la vicomté de Limoges en 1394 est reconnu coupable de trahison, arrêté et enfermé dans une prison de la ville. Hugues de Malet son lieutenant a introduit dans la ville les Anglais venus de Moruscle (Château de la paroisse de Génis) et fait délivrer par eux Hugues de Bruzac. Quoique sous la sauvegarde du roi, Pierre de Prémillac, blessé par un de ses ennemis a demandé aide et protection à Hugues Malet. Mais au lieu de le défendre le lieutenant s'est embusqué et l'a tué. Ce dernier est encore accusé d'avoir voulu introduire à Excideuil au temps où Eymery des Chabanes (de Sorges) en était capitaine les anglais qui occupaient Saint-Jean-de-Côte. Il s'empara par violence de grosses sommes d'argent et de plusieurs domaines aux environs.
Le 20 mars 1496, Guy de Malet, fils de Hugues était nommé gouverneur du Château d'Excideuil. En 1510, Jeanne de Bretagne séjourne dans cette ville.
En septembre 1568, Grégoire de Malet de la Jorie est nommé gouverneur pour le roi de Navarre, le futur Henri IV.
En 1575, la ville est prise par les protestants qui démolissent en partie l'église et font subir d'odieuses brimades aux habitants. Leur séjour s'accompagne de tous les excès habituels à la soldatesque. La forteresse est reprise par Hautefort. Les paysans en colère se vengent, "ils leur firent plus de mal que l'armée royale" a dit Coligny, chef huguenot. "Partout où les calvinistes passent vous n'auriez vu que paysans par terre" dira Brantôme.

Comme on le voit les trahisons et les retournements de situation sont constants à toutes les époques ! Il faut choisir son camp à bon escient et comme disait Talleyrand la trahison n'est jamais qu'une question de date !
Un lointain descendant de ces Malet de La Jorie fut Hubert de Malet (°1916-1988), homme de théâtre et de cinéma qui joua avec talent et dirigea pendant plusieurs décennies le théâtre de Paris puis le théâtre Marigny conjointement avec Elvire Popesco.
Edwige Feuillère dans les "Les feux de la mémoire" : "... et un grand et beau jeune homme blond qui traversait le film en ravageant les coeurs, stature d'athlète et sourire de bébé. Il est devenu directeur de théâtre et porte toujours le nom de Hubert de Malet".

La position militaire de Grégoire Malet, gouverneur d'Excideuil, ne lui permettait pas de rester étranger aux guerres civiles qui divisèrent le midi de la France. Lorsque le prince béarnais prit les armes pour défendre contre les ligueurs ses droits éventuels à la couronne, il écrivit au seigneur de la Jorie plusieurs lettres où se peignent la confiance et l'estime que lui avait inspirées les services et la bravoure de ce gentilhomme.
Il s'agit évidemment d'Henri de Navarre, le futur Henri IV (l'orthographe est celle des secrétaires).

"Monsieur de la Jorye. Ayant donné charge à M.le Vicomte de Turenne de haster la venue de mes servyteurs de par dellà, je vous ay voulu pryer partyculyerement de vous trouver dans le tems le plus bryef au lyeu qu'il vous aura mandé. Mon dyt cousin vous remmetra deux lettres de moi pour les sieurs de Saint-Chaman et de Lardymalye (de la maison de Foucaud). Je vous connois tel que j'ay en vous parfayte confyance pour trayter avec eus, et me les amener au plustost et les leurs. J'ai si juste cause que je dois être assysté de tous les gens d'honneur. Faites extreme dyligence ; ce n'est pas l'eure de mesnager. Soyez asseuré toujours de la bonne volonté de
                               Votre mylleur amy
                                                Henry".

  "Monsieur de la Jorye. Yncontynant la présente reçue, monstés à cheval et m'aportez tout l'argent que vous aurez pu avoyr dans mes domaynes. Je fays telle estyme de votre fydélité et yntelligence, que je n'ay règle à vous bayller. Vous en ferez pour le myeus ; le besoin presse, l'ennemy est résolu à nous donner bataylle avant le catre du prochayn moys : ce mot, plus que tout, me donne asseurance de vous voyr au bref près de
                                        Votre affectionné amy.
                                                   Henry.
Vous trouverez à Pons les sieurs de Casteja et de ... avec vingt synq chevaus qui vous feront bonne escorte. Faites veryfyer les sommes par escrypt."

"Monsieur de la Jorye. J'ay receu une lettre de vous de votre premyère journée. J'espère qu'avec l'ayde de Dieu vous aurez heureusement accomply le voyage. Je vous prye de vous employer vyvement à ce pourquoy vous estes allé. Les aferes sont fort embrouyllées, mes j'espère que vous serés arryvé sy à propos que vous reussyrés à quelque chose de bon. J'ay recommandé à Gyversac de vous fere antandre certayes choses, que je n'ay le loysyr d'escryre à présent. Vous croyrés ce qu'il vous en dira. Le sieur de la ... quy part demayn, vous portera plus amplement de mes nouvelles. Adieu, comptés que de près ou de loyng, je ne ... votre zèle.
                             Votre byen afectionné amy,
                                                     Henry."

  Henri IV, après son avènement au trône, n'oublia pas le dévouement de ses anciens serviteurs. Il écrivit du camp d'Etampes au seigneur de la Jorie pour le féliciter de ses exploits dans la guerre que les royalistes soutenaient contre les ligueurs de l'armée de Joyeuse :

"Monsieur de la Jorie. Le sieur de Lalande, qui m'est venu apporter les nouvelles de la défaicte du duc de Joyeuse, m'a dict le bel effect que vous fistes en cette occasion contre mes ennemys. Aussi ne veux-je faillir de vous advyser de grand contentement que j'en ay. C'est ung bon et loyal service que je n'oublieray, non plus que les autres que j'ay reçus de vous. Continuez toujours de bien fayre ; Vous servez ung bon maystre qui ne désyre rien tant que d'avoir les moyens ausy bien que la volonté de recongnoistre par effects la dévotion de ses bons serviteurs. Sur quoy je prieray Dieu, Monsieur de la Jorie, vous avoir en sa sainte garde. Escrypte au camp d'Estampes, le XXè jour de novembre 1591.
                                                Henry."

L'objet de certains esprits forts, dit à tort intellectuels, est la dédifférenciation, c'est à dire en somme à une sorte de renonciation de l'intelligence qui sert à discriminer et à classer. Bien entendu toute discrimination et tout classement est sans cesse à réviser et sujet à toutes les critiques que l'on voudra, mais c'est cela la vie de l'intelligence !
Le dédifférentialisme est une démission de l'esprit.

Le pauvre Pierre Cormary qui est en semi-retraite dans son musée se plaint comme Philippe Muray de la déchristianisation, voici ce que je lui réponds :
Oui en somme Philippe Muray accuse Freud de nous avoir débarrassé de certains complexes d'essence religieuse, mais il a bien tort car chassez le complexe il revient au naturel ! Aujourd'hui les femmes se sont obligées à plein de gymnastiques diverses et variées, de chirurgies compliquées, coûteuses et dangereuses pour lutter contre leurs nouveaux complexes, elles n'ont plus peur de l'Enfer comme ma grand-mère, elles ont peur de leur miroir et c'est un juge encore plus cruel ! Et je ne parle pas des hommes qui se doivent d'être performants dans tous les domaines, sexuels ou professionnels ! Les impératifs catégoriques n'ont jamais été aussi nombreux et aussi pressants ... quelle libération !

Ma mère et ma grand-mère passaient tous les jours un moment à l'église, les femmes d'aujourd'hui se farcissent la lecture des journaux people afin de ressembler le plus possible aux top-models et aux prescriptrices du bon goût et des bonnes manières contemporaines, ce n'est pas pire mais pas mieux non plus que la prière aux saints et à la trinité toute-puissante ! Ô seigneurs des médias délivrez-nous de nos angoisses et que votre volonté soit faite sur terre comme au ciel télévisuel ...

Il est peut-être même encore plus difficile voire impossible de servir plusieurs maîtres à la fois ! Auparavant les femmes ne craignaient que le pater familias quand il rentrait le soir après son travail quotidien, aujourd'hui il leur faut satisfaire et leur patron, et leurs enfants et leurs amants ! Et ce sont des maîtres inflexibles qui manient le fouet des mots allègrement ...

De toutes les façons, ils - les êtres humains - finissent toujours par aimer leurs chaînes, alors ...

Sur les atermoiements de Sarkozy envers la Turquie :
Nicolas Sarkozy est un avocat comme François Mitterrand, habitué à soutenir le pour et le contre, la question de la sincérité de l'avocat ne se pose pas.

Dans l'article wikipedia consacré à Saint-Cyran, j'avais rajouté une citation de Paul Guth, un abruti me l'a effacée pour cause de domaine sous copyright ! Je la remets sur mon blog pour l'instruction et le plaisir de tous :

Paul Guth - Histoire de la Littérature française - voici ce qu'il écrit :
"En 1633 l'évêque Zamet introduisit chez les religieuses de Port Royal le loup dans la bergerie : Duvergier de Hauranne abbé de Saint Cyran.
Le Basque Saint-Cyran, fils d'un boucher de Bayonne, vole au sublime, ou cahote dans les ronces. Une espèce de charlatan qui, pour envoyer à son ami Jansénius des jambons de Bayonne, écrit en langage chiffré et se fait prendre par la police pour un conspirateur. Un héros de roman d'espionnage d'aujourd'hui, un James Bond en soutane, égaré dans la théologie. Il fascine les religieuses mais aussi Bérulle, Condren, Lancelot, Arnauld d'Andilly. Il se lie avec un prêtre flamand Cornélis Janssens, le futur Jansénius. Les deux compères veulent réformer l'Eglise. Dans leurs lettres ils appellent, en langage chiffré, le projet PILMOT, comme les services secrets baptisaient le projet de débarquement de la dernière guerre OVERLORD. Saint-Cyran déteste les Jésuites. Pour lui la religion c'est, avant tout, l'amour de Dieu, plus que des formules de dévotion. Il met dans sa poche la bizarre dynastie des Arnauld, le clan Kennedy d'alors dans l'ordre de la religion."

Paul Guth est mort il y a douze ans et son histoire de la littérature est parue il y a près de cinquante ans, voilà où nous conduisent les abus sur les droits des héritiers !

Son article sur Saint-Simon, le duc et pair et pas le comte et philosophe, est remarquable, admirablement troussé, mais trop long pour que je le reproduise ici !

Paul Guth est de parti pris et souvent de mauvaise foi, mais son histoire faite par un professeur de français qui a longtemps exercé en lycée est incomparablement supérieure par exemple à celle baclée, sans style et sans idée, oeuvre de commande sans doute, de Jean d'Ormesson, pourtant normalien et agrégé qui paraît-il représenta pendant longtemps la culture française à l'Unesco et en bien d'autres lieux !

La gloire et le triomphe de d'Ormesson c'est de n'avoir rien à dire, ce qui le rend invincible depuis quarante ans sur les plateaux de télévision et indispensable dans tous les talk-show qui ronronnent béatement !

Savez-vous pourquoi la littérature est irrésistible malgré toutes les coquecigrues des décrocheurs de mines d'or du Pérou ? Parce qu'elle rend libres les fous et souverains les pauvres, ce que ne fera jamais aucune utopie marchande.

D'Ormesson, c'est le lapin angora des lettres, tout doux, tout doux et bon à faire une descente de lit ou un col pour mémé chic. Il est né désuet ...

Paul Guth était beaucoup plus chafouin, sous des dehors de matou assoupi il avait ses coups de griffe, c'est pourquoi il réussit particulièrement bien le portrait de Saint-Simon en délirant et en maniaque dont le style est toute la vérité et toute la folie.

Aujourd'hui on n'ose plus employer le terme Philosophie c'est devenu une espèce de gros mot, on use et abuse alors des dénominations de boîtes à idées ou si l'on est américanophile de Think Tank ... ô tempora, ô mores !
Philosophie est considéré comme trop prétentieux, du coup on est partisan du snobisme le moins éclairé mais le plus abouti !

Le pouvoir en place sent de plus en plus la situation lui échapper, on l'a encore vu dans l'effroyable maladresse avec laquelle il a voulu empêcher la sortie d'une vidéo montrant une agression dans un bus et l'espèce de menace qu'il essaye de faire peser sur les policiers qui communiqueraient des informations à la presse.
Vouloir empêcher la diffusion de l'information est un délit grave et devant n'importe quelle juridiction nationale et européenne, le gouvernement et les institutions comme la RATP seraient condamnées sans recours possible. Quant à l'exercice de l'intimidation envers des fonctionnaires par des hommes politiques d'une part elle est un déni de démocratie et d'autre part elle est aussi d'une grande inefficacité dans ce genre de cas.

L'actrice Esther de Bongars (°1816-1861) qui fut éphémèrement aimée de Gérard de Nerval avait pris comme devise Bon sang ne saurait mentir.
Elle descendait des Etable de la Brière et était donc petite-nièce de Reine Etable de la Brière (°1723-1788), épouse de l'horloger Lepaute, savante fameuse du XVIIIème siècle.
On l'assimile parfois à La Pandora immortalisée par Gérard.

J'irai bien sur les traces de Gérard Labrunie dans ce vieux pays de Valois, à Mortefontaine et dans le désert de sable d'Ermenonville, y noyer quelques anciens pleurs.

Le docteur Etienne Labrunie (°1776-1859) était un homme dur, on ne survit pas à la Retraite de Russie sans quelques facultés physiques et quelques ressorts psychologiques particuliers, il fut fort déçu que son fils unique et élevé sans mère, ne suive pas la voie familiale, enfin Gérard lui resta attaché malgré tout.
Il me plait d'imaginer que mon aïeul le chirugien-major Charles Regnault (°1765-1832) ait pu croiser le docteur Labrunie et même sympathiser avec lui, car ils ont été affectés aux mêmes lieux et mêmes hôpitaux en Allemagne et en Autriche entre 1808 et 1810.

Pétition de l'Institut pour la Justice que vous pouvez signer.
En ce qui me concerne n'ayant jamais eu rien à demander à l'actuel président de la République, je n'ai pas l'intention de mettre fin à cette attitude, j'apporte par contre ma totale approbation à cette pétition de soutien à ce policier qui n'a fait que son devoir. Je remarque d'ailleurs que la diffusion de ce genre d'images peut aider à l'arrestation d'un délinquant encore en fuite, cette pratique existe dans beaucoup de pays démocratiques et il n'y a pas de raison dirimante qui empêcherait la France d'utiliser des enregistrements vidéos dans la poursuite et la recherche du crime et du criminel.

Il croyait aux mots, c'est ce qui ressort de la lecture de l'oeuvre d'un homme comme François duc de la Rochefoucauld en ses Maximes qui aux détours d'un jeu de l'esprit laissent entrevoir un abîme, une conscience qui se prépare à l'on ne sait quels tourments. Car enfin s'il n'est pas de Dieu pourquoi ne pas se faire un jeu de toute moralité ? Pourquoi s'en laisser conter par les hasards de l'histoire des hommes ? Il croît et décroît dans le vif des mots, tel fut ce célèbre duc qui emporte avec lui le secret d'une langue.

Poursuivre La Fronde jusque dans le coeur du verbe, résister aux assauts du temps et à l'impérieuse nécessité de l'époque.

C'est une concession virtuelle que de donner un sens fixe à une oeuvre qui ne s'en laisse pas conter comme celle de La Rochefoucauld.

Le XVIIème était le siècle préféré de Jouhandeau à cause de ses ambiguïtés peut-être ! Car enfin il est gros de la modernité et pourtant il s'y refuse encore. La lutte en son sein est violente et déclenche l'orage électrique de la poésie la plus française, la plus abstraite.

Les écrivains du XVIIème siècle sont des auteurs qui se raidissent d'où le jansénisme et tout ce mouvement religieux pour ne pas dire ce retrait qui est la tentation constante des plus grands. On publie sous anonymat, on se cache au monde, on a honte de sa plume ...

C'est un auteur qui nous intéresse, La Rochefoucauld, puisque l'on sait qu'il a mis la main à La Princesse de Clèves, qu'il a sacrifié à la sensibilité, qu'il a gagé son honneur sur son coeur, du moins à un moment donné, qu'il a tiré de l'inactualité des passions un dogme, une église verbale.

Dieu le grand absent en son église vivante ne vaut pas qu'on s'y intéresse si l'on n'y met la même fureur et la même innocence que dans le premier vrai amour.

Il faut bien un substitut à ce Dieu absent surtout quand les os se refroidissent et qu'on eut le sang chaud et qu'on s'en souvient dans le secret du cabinet où s'entassent les livres alors la plume se délasse dans un jeu de société, une marelle de Maximes ...

Il y a un sourire chez La Rochefoucauld qui est comme dissimulé, les sots ne voient qu'une attitude chagrine qui se refuse à la vie solaire dans la condamnation de l'amour-propre et l'exaltation des vertus négatives.
Sainte-Beuve qui rapetisse tout a cru y voir à travers sa lorgnette inversée la défaite d'un homme qui aurait voulu être Napoléon ou rien. Mais comme notre Duc ne pouvait être un empereur romain en plein XVIIème siècle (comme Bonaparte l'a peut-être mal souhaité en se faisant sacrer à Notre-Dame), il fallait bien qu'il s'inscrive en son temps autrement dans un exercice de cruauté et de lucidité qui valait bien un miroir de Saint-Gobain pour la Galerie des Glaces en ce palais outrepassé de splendeur du Roi-Soleil. Dans un sens La Rochefoucauld nous montre un soleil noir monter à l'horizon, la conscience de l'homme moderne et ce n'est pas rien !

La conscience coupable, forcément coupable, de l'homme contemporain (je précise pour ceux à qui il faut mettre les points sur les i).

Le spectacle ridicule au XIXème siècle du consul Bonaparte devenant l'empereur des français Napoléon 1er (même punition pour le neveu, le prince-président), de la reine Victoria d'Angleterre couronnée impératrice des Indes ou du pauvre roi de Prusse Guillaume 1er devenant à son corps défendant et sous la main de fer de Bismarck, empereur d'Allemagne ! Trois couronnements absurdes - quand le présent imite le passé jusqu'au pastiche - et terminés par trois désastres ...

Jean-Paul Brighelli parle de la corruption des textes dans le célèbre manuel des années cinquante, le Lagarde&Michard mais il n'y a pas que cela ! Ainsi ces deux auteurs disent au sujet de La Rochefoucauld et de ses désillusions qu'un de ses fils est tué en 1672 au passage du Rhin ce qui est vrai mais très incomplet, en réalité deux de ses fils furent tués lors de cet épisode fameux des guerres de Louis XIV et un troisième blessé, pourquoi cette imprécision ? Parce que le fils qu'il pleura ce fut son enfant naturel le comte de Saint-Paul (°1649-1672) qu'il avait eu avec la duchesse de Longueville et non pas le fils légitime le chevalier de Marcillac, Jean-Baptiste de La Rochefoucauld (°1649-1672) !
En clair messieurs les inspecteurs généraux Lagarde et Michard sauvegardent avec soin la morale publique mais pas la vérité historique !

Les affections n'obéissent pas aux règles de la bienséance ! Le duc de Longueville avait cru que Charles-Paris de Longueville, comte de Saint-Paul ainsi nommé parce que né dans l'hôtel de ville de Paris pendant la Fronde dans la nuit du 28 au 29 janvier 1649 et baptisé par le Cardinal de Retz en l'église St-Jean-en-Grève était le sien alors qu'il était issu d'un adultère fameux !

Il faut imaginer ce qu'était le libertinage à l'époque de la Fronde, tout le monde sait qu'en temps de guerre tous couchent avec tous et que la liberté la plus extrême règne. Voici ce qu'écrit Pierre Lenet au prince de Condé le 16 juin 1649 : Tous les généraux et les frondeurs soupent souvent ensemble ... Hier leur débauche se fit à Saint-Cloud, et jeudi chez Coulon, où ils dansèrent toute la nuit, et tous nus, portes closes.
La voici cette fameuse époque Louis XIII avant que le règne compassé du Roi-Soleil et de la Maintenon ne vienne éteindre tous les lumignons, la vraie littérature française qu'on appelle celle du Grand Siècle est toute entière issue de cette féérie et de cette agitation burlesque et libertine sous les pétards des coups de mousquet.

Anne-Geneviève de Bourbon (°1619-1679), soeur des princes de Condé et de Conti avait épousé le duc de Longueville en 1642, son aîné de vingt-quatre ans et qui avait par ailleurs une maîtresse attitrée. Anne-Geneviève qui fut le grand amour de La Rochefoucauld était une libertine née, on disait que ses deux frères avaient eu des relations incestueuses avec elle, Voiture écrit Dès sa première enfance, elle vola sa blancheur à la neige et aux perles l'éclat et la netteté en clair et sans salmigondis elle était très belle. En Normandie dont son époux était gouverneur et où elle s'enuyait elle avait dit un jour à son entourage Que voulez-vous, je n'aime pas les plaisirs innocents !

Il faut déniaiser tous ces jeunes gens qui sont passés par l'éducation nationale mais d'une autre façon que dans les années cinquante, ce n'est plus de sexe dont il est question, ni de bonnes moeurs, de ce point de vue le plus gros du travail est fait.

Toute structure sociale développe une moralité conforme aux intérêts dominants.
Il est du devoir d'un écrivain qui se veut libre de détruire cette morale en spéculant sur l'intelligence du lecteur.
Moi qui écrit pour un petit nombre, je n'espère être compris que par un plus petit nombre encore.

Il y a quelque chose qui rend immédiatement sympathique La Rochefoucauld c'est qu'il a refusé de faire partie de l'Académie alors qu'on l'y invitait un an avant sa mort en 1679.
Dans ma bibliothèque je trouve dix mille livres et la meilleure compagnie du monde, les plus beaux esprits de France et de Navarre, qu'ai-je à faire de m'embarrasser de mes contemporains ?

De fait si le XVIIème siècle a été le siècle le plus glorieux pour l'Académie française naissante, la plupart des grands esprits l'ont snobé d'une manière ou d'une autre, Descartes, Molière, Pascal, Saint-Evremond, Pierre Bayle, le cardinal de Retz etc.

Il faut quand même un conformisme social exceptionnel pour faire partie de l'Académie.
Je classe La Rochefoucauld parmi les modernes et même La Bruyère quoiqu'il en ait (j'ai démontré par exemple qu'il n'y a rien de plus moderne que de présenter la paysannerie comme une race souffrante et malheureuse, jamais aucun écrivain de l'Antiquité n'aurait ainsi parlé des travaux pastoraux).
Par contre Bossuet et Racine sont des archaïsants attachés à la parole biblique.

Le cas Pascal est plus complexe à trancher, c'est un adversaire de Descartes - pierre de touche de la modernité - mais en même temps, il emploie ses méthodes. Il se dit attaché à la morale évangélique et ses contritions successives semblent le fait d'un chrétien de bonne souche pourtant il continue ses entreprises modernes et ne se résout jamais à quitter le monde. Tout l'intérêt de sa personnalité est dans ce conflit permanent en lui entre modernité et attachement sentimental aux formes du passé.

Il n'y a pas d'écrivain décisif aujourd'hui, je veux dire d'écrivain qui prenne parti dans une querelle de civilisation où son appui déciderait sur un plan intellectuel d'un courant littéraire. Les écrivains n'ont plus de maître pour s'opposer et penser par défaut. Donc dépourvus de cette assise philosophique ils ballottent comme des bouchons au fil des flots ...

Descartes a joué un rôle de colonne vertébrale pour tout l'Occident pendant quatre siècles même pour ceux qui l'ignoraient.

Que nous dit Descartes ? Qu'il nous faut nous déprendre des livres, que c'est le grand livre de la Nature qu'il nous faut maintenant étudier et que nous en possédons les clefs si nous nous donnons la peine d'acquérir une méthode et de nous fixer ce programme d'études.

Etudier l'homme à travers sa culture, pourquoi pas, mais pas seulement ! Savoir l'au-delà ... le point où il n'est plus que nature.

Les Volvire de Ruffec (prononcer Volluire) sont une vieille famille de l'angoumois dont le premier nommé Pierre de Volluire vivait vers 1159 ; Eléonore ou Aliénor de Ruffec, héritière universelle de l'antique maison de Ruffec épousa en 1363 Hervé II de Volvire, écuyer, seigneur de Chassenon (le nom vient de la Villa de Rufus au pays de Brioux, la maison de Ruffec était issue de Vulgrin, mort en 886, proche parent de Charles-le-Chauve) et c'est de ce moment que date la prospérité de cette lignée.
Comme on le sait la grand-mère de Saint-Simon était de cette maison, Eléonore de Volvire de Ruffec (née en 1604, morte le 23 novembre 1690 à 86 ans) épousa le 17 novembre 1631 François de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf et d'Hauterive (né à Londres le 1er mars 1586, mort le 27 mars 1670), colonel des troupes françaises en Hollande auquel elle porta la terre de Ruffec, sa fille Charlotte de l'Aubespine épousa à Paris le 12 octobre 1672 Claude de Rouvroy, 1er duc de St-Simon, veuf d'un premier mariage, ancien compagnon et favori de Louis XIII à l'ascension fulgurante quoiqu'il fut noiraud et n'eut rien d'attirant, mais qui avait su charmer le roi mélancolique à la chasse.
St-Simon qui était entêté de noblesse d'autant que les d'Aubespine étaient des anoblis de fraîche date car ils étaient en fait des parlementaires de robe ne parle pas de ses aïeux Volvire de Ruffec pourtant de bonne souche mais les faits que je vais rapporter ci-après expliquent peut-être son silence prudent.
L'unique frère d'Eléonore la grand-mère de notre duc et pair s'appelait Henri de Volvire marquis de Ruffec, il mourut jeune et à moitié fou en 1618.
Voici ce qu'en dit Tallemant des Réaux dans ses "Historiettes" : "... le neveu de ce comte, fils du Marquis de Ruffec, n'estoit pas mal avec le feu Roy ; et quand le mareschal d'Ancre fut tué, le Roy lui dit : Tu n'en oserois faire autant à ton oncle l'abbé de la Couronne qui couche avec ta mère. Ce jeune homme despité de ce que le Roy lui avoit dit part avec des coupe-jarrets et comme l'Abbé lisoit une lettre qu'ils luy avoient présentée les coquins luy jettent une serviette au cou. L'Abbé était un homme fort et vigoureux : il leur faisoit de la peine et l'execution estoit un peu longue. Le Marquis impatient entre dans la chambre et crie : Joue du poignard ! (Ceci se passait le 31 juillet 1617). Au bout d'un an ce garçon mourut comme fou. Comme le Roy l'aimoit, on n'osa poursuivre". Méré dans "Divers propos du chevalier de Méré" confirme ce fait en parlant du baron de Surimeau, Constant d'Aubigné qui avait tué sa femme par jalousie, il rajoute que ceux qui avaient un faux honneur, certaines gens crespis étaient capables de choses de cette sorte.
On reconnaît bien-là l’esprit cruel de Louis XIII, homosexuel et impuissant (plus que probablement).
Jean de Volvire, abbé de la Couronne & du Mas-d'Azil. Il fut installé le 19 septembre 1584 étant encore étudiant et ayant pour Procureur Jean Garassus, chanoine-chantre de la Cathédrale d'Angoulême. Il devient protonotaire apostolique en 1592. Le 21 janvier 1599 dans un acte devant Fèvre à Angoulême on rappelle qu'il fut nommé par le roi comme abbé et seigneur de l'abbaye de la Couronne en commende, à la suite de Mathieu de la Fayette le 16 novembre 1595. Il fut assassiné dans son château de Bois-Seguin près Civray par son neveu Henri de Volvire le 31 juillet 1617 et est inhumé à Ruffec.
Un autre oncle du jeune et criminel Henri marquis de Ruffec, laissa une trace dans les annales :
Il s'agit de Jacques de Volvire, baron de St-Brice et de Sens-en-Bretagne mariée vers 1609 à Jeanne d'Erbrée (morte le 28 octobre 1663), fille et héritière de Jean, sgr de la Chaise et de Gillette dame de La Fontaine dont postérité.
Tallemant des Réaux raconte dans ses « Historiettes » ceci : "...Le Pailleur scavoit la musique, chantoit, dansoit, faisoit des vers pour rire ; il chanta 88 chansons pour un soir de carnaval il fit la débauche à Paris assez longtemps. Las de cette vie il va en Bretagne avec le comte de St-Brice, cousin-germain du Duc de Retz. Ce comte avait fait connaissance avec luy à Paris, et avoit tant fait qu'il l'avoir résolu à le suivre. Il y estoit tout puissant mais comme il vit que cet homme faisoit trop de dépenses, il luy dit qu'il falloit se régler. "Je ne sçaurois" lui respondit le Comte. "Permettez-moi donc de me retirer" luy dit Le Pailleur, car ayant le soing de vos affaire (il était commis de l'épargne) on dira que c'est Le Pailleur qui vous a ruiné. Il y fut pourtant encore deux ans, à remettre de trois mois en trois mois. Il alla avec le Comte voir le mareschal de Temines alors gouverneur de la Province. La mareschale le prit en amitié ; il estoit gay, il faisoit des ballets, et mettoit tout le monde en train...". Le Pailleur resta avec les Thémines. Tallemant raconte encore ceci : "Le Comte de Saint-Brisse estoit le second fils du marquis de ruffec, d'Angoulmois, et de la belle Du Lude ; il estoit cadet. Ruffec fut pour l'aisné et luy eut des terres en Bretagne. C'etoit un homme de plaisir et grand danseur de ballet. Il mourut de la goutte après avoir esté sept ans dans son lict, sans qu'on le pust jamais remuer ; tout pourrissait sous luy ; on dit qu'il y vint des champignons".
Saint-Amant dans son poème de La Vigne dit :
                "Ha ! Brave baron de Sainct-Brice,
                 Pour honorer un tel caprice
                 Qui m'esveille la verve ainsi,
                 Que n'es-tu maintenant icy !
                 Nous boirions dedans ta calotte,
                 Et par quelque chanson falotte
                 Nous celebrerions la vertu
                 Qu'on tire de ce bois tortu."

Comme on peut le croire Saint-Simon, parangon de vertu ne devait guère se vanter d'avoir eu une telle parenté !
Par les Volvire de Ruffec, il descendait des Rochechouart-Mortemart dont il fait grand cas et dont il cite avec éloge l'esprit de famille qui présidait à leurs alliances et l'esprit de répartie, confer ce livre Esprits fins et esprits géométriques dans les portraits de Saint-Simon de Van Elden.

La branche cadette des Volvire de Ruffec beaucoup moins riche et en cour que la branche marquisale compte peu de personnages intéressant l'histoire, voici quand même une double aventure qui la situe dans l'époque de Richelieu et de Mazarin :
Jean de Volvire (°1620-après 1683), sgr d'Aunac fut mêlé à des affaires judiciaires, voici comment : "A un quart de lieue du château d'Aunac deux jeunes gentilshommes avaient déjà cherché à se battre mais certaines personnes de qualité avaient pris leurs paroles, les avaient fait réconcilier et embrasser, et sans ledit empêchement ils se fussent battus en duel. Pourtant en ce début d'année 1642, Jean de Volluyre, 21 ans, sgr d'Aunac, et Pierre Regnault, 24 ans, sgr de l'Age de Chirac, décidèrent de se battre à nouveau et cette fois rien ne put les en empêcher. Le seigneur d'Aunac prit pour second François Jay, 25 ans écuyer, demeurant au lieu noble du Chastelard, paroisse de St-Front, le sgr de l'Age prit pour second Jean de Rocquard, écuyer demeurant au bourg de St-Maurice des Lions. Le combat commença et très vite les sgrs d'Aunac et de l'Age se blessèrent, le premier reçut deux coups d'épée un dans le corps et l'autre dans le bras, le deuxième fut blessé à la main. Dès lors ils cessèrent le combat et coururent séparer leurs deux seconds qui se battaient avec ardeur. Le seigneur d'Aunac dut garder le lit et se faire panser et médicamenter par plusieurs personnes quant au seigneur de l'Age sa blessure ne l'empêcha pas de se jacter en divers lieux qu'il avait blessé le seigneur d'Aunac de deux coups d'épée. Le Procureur du roi ayant eu connaissance des faits obtint qu'un huissier soit envoyé au domicile des duellistes pour leur demander de venir s'expliquer à Angoulême, devant le lieutenant-criminel. Cet huissier fut mal reçu surtout à l'Age de Chirac où les domestiques du seigneur lui dirent qu'ils lui couperaient les oreilles s'il laissait aucun exploit. Les coupables comparurent cependant quelques jours plus tard, à les croire jamais ils ne s'étaient battus disant aussi qu'ils seraient bien marris d'avoir contrevenu aux édits royaux. C'était pour eux la meilleure façon de répondre". Quelques années plus tard à Aunac le 1er décembre 1654 Jean de Volluyre, chevalier, sgr d'Aunac fut appelé en duel de la part de Jean Delage, écuyer, sieur de Beauchaisne demeurant au bourg de Lichères. Cette fois le seigneur d'Aunac ne fit pas comme il avait fait douze ans auparavant, il refusa de se battre et saisit la justice des menaces dont il avait été l'objet. Cet appel en duel mit en émoi toute la région. Deux jeunes hommes du bourg de Mouton, le sieur du Pont et le sieur de Puisset étant à Lichères au logis du sieur de Rochellot apprirent que cet appel allait être fait le lendemain, ils décidèrent donc par curiosité ou pour un autre motif de coucher à Lichères chez leur ami. Ils étaient déjà trois, un quatrième le sieur Delisle du bourg vint se joindre à eux. Tout près de là à Lichères le sieur de Beauchaisne avait reçu en son logis le sieur de Maltard celui qui devait appeler le sieur d'Aunac. Le 1er décembre au matin ces deux là montèrent à cheval, immédiatement les quatre en firent autant et les suivirent à la piste de leurs chevaux jusqu'à deux cent pas du bourg d'Aunac où ils perdirent leur trace, ils les retrouvèrent dans la basse-cour du château d'Aunac où ils virent passer le sieur de Maltard qui entra dans la salle du château et parla à l'oreille du dudit seigneur d'Aunac puis ils entendirent celui-ci s'étonner auprès du sieur Maltard comme quoi il avait entrepris cette affaire de l'appeler en duel pour une personne qui était son vassal. A quoi le sieur de Maltard répondit que le sieur de Beauchaisne était gentilhomme et son parent, que le sieur d'Aunac ne devait pas refuser cela mais ce dernier persista déclarant qu'il n'aurait garde d'aller contre les édits et déclarations du roi. Le sieur Maltard se rendit chez le curé de la paroisse de la Couture où l'attendait le sieur de Beauchaisne, il se vanta alors partout qu'il venait de faire appeler le seigneur d'Aunac mais qu'il n'avait pas voulu se battre. Le curé de Lichères ne fut pas surpris, un peu avant le sieur de Beauchaisne lui avait dit que le seigneur d'Aunac lui avait envoyé demander ses rentes mais qu'il avait répondu qu'il ne croyait pas lui en devoir, et que sinon ce serait à la pointe de l'épée croyant avoir le bras aussi bon que lui. Le jugement de cette affaire fut rapide, la sentence rendue le 10 mars 1665 : "Tout considéré nous avons déclaré ledit Delage sieur de Beauchaisne suffisamment atteint et convaincu d'appel en duel pour réparation duquel l'avons banni de la présente province d'Angoumois pendant le temps et l'espace de quatre ans, à lui enjoint de garder son ban sous peine de la hart. Et en outre l'avons condamné en la somme de 500 livres pour réparation envers Messire Jean de Voluyre seigneur d'Aunac, en 500 livres d'amende applicable à l'hôpital Notre-Dame des Anges d'Angoulême et aux dépens". Jean Delage et ses amis furent encore bannis de l'Angoumois à cause d'une autre affaire en 1663.

La dernière du nom : Louise-Clémence de Volvire, née à Poitiers le 20 août 1810 mariée par contrat passé à Poitiers le 8 août 1833 au Marquis Eugène Frottier de la Messelière. Elle mourut à Poitiers le 9 novembre 1872, ultime fleur de cette illustre maison.
De la branche aînée les personnages les plus célèbres furent :
François de Volvire, chevalier, né vers 1451, mort en 1541, baron de Ruffec et du Fresnay, seigneur de le Roche-Servière, de Montcuq en Quercy (1471), sénéchal de Quercy, conseiller, chambellan des Rois Louis XII, François 1er, prisonnier devant Pavie en 1511, marié le 5 octobre 1470 à Jeanne de Valois dite de Guyenne, fille naturelle & légitimée de Charles de France, duc de Guyenne, frère de Louis XI & de Nicole de Chambes-Montsoreau (veuve de Pierre d'Amboise, vicomte de Thouars), le prince lui accorda en dot deux mille livres de rentes & vingt mille écus d'or. Il se remaria trois fois par la suite et comme on le voit épouser les bâtardes de la maison royale permettait une certaine ascension sociale.
Son petit-fils fut assassiné à Paris en son hôtel : Philippe de Volvire, baron puis marquis de Ruffec, sgr de St-Brice, vicomte du Bois-la-Roche, de St-Cyr, d'Assie, la Grange, de Sens, de Queneville, Grenonville etc, né en 1524 et mort à Paris le 6 janvier 1586 (1585), fut créé chevalier des ordres du roi, chevalier du Saint-Esprit à la Vè promotion en l'église des Grands Augustins de Paris le 31 décembre 1582, capitaine d'une compagnie de 50 hommes d'armes des ordonnances. En 1548, lors de la révolte de la gabelle, il écrit, lui ou son père, au duc d'Aumale avec la recommandation de sa tante Louise de Bourbon, abbesse de Fontevrault pour innocenter ses métayers. Philippe se distingua à la défense de Poitiers contre les protestants en 1569. Il fut aussi lieutenant-général des pays de Saintonge et Angoumois, gouvernement d'Angoulême & gouvernement de La Rochelle par brevet donné par Charles IX à St-Germain-en-Laye le 14 juillet 1570 au lieu du Marquis de Mézières, décédé, il fut reçu à Angoulême le 19 juin 1573, fut de son conseil privé & par lettres données à Soissons le 12 novembre 1567, il avait été nommé ambassadeur vers les princes d'Allemagne pour traiter du mariage de François de France, duc d'Alençon, frère du roi avec la seconde fille d'Auguste, duc de Saxe et pour renouveler l'alliance entre la France, le Landgrave de Hesse & le duc de Wurtemberg, au retour de cette ambassade Charles IX lui donna la place de lieutenant-général au gouvernement de Bretagne, vacante par la mort du seigneur de Bouillé, il en reçut le brevet à Chantilly le 15 janvier 1571. Après la mort de Charles IX, Henri III le gratifia le 23 juillet 1583 de la charge de gouverneur de Guyenne par lettres données à Moncereaux & enregistrées au Parlement de Bordeaux le 18 janvier 1584, la même année il obtint l'érection de la baronnie de Ruffec en marquisat & fut fait chevalier de l'ordre du St-Esprit que ce monarque avait institué et d'après les mémoires domestiques, les habitants d'Angoulême se trouvèrent si heureux sous son gouvernement qu'après sa mort, arrivée le 6 janvier 1586, ayant été inhumé dans sa terre de Ruffec, ils le firent exhumer et enterrer avec grande pompe dans la cathédrale d'Angoulême. Il était sur le point d'être nommé maréchal de France lorsqu'il mourut et il avait parcouru tous les divers grades de la carrière militaire. On conserve de nombreuses lettres de Catherine de Médicis et des principaux personnages de l'état adressées à Ruffec, l'une de Henri III dit que le bruit court que M.du Lude "et cet autre sodomite Ruffec et quelques autres sots veulent s'impatroniser de Poitiers. Je ne le crois pas, mais à toutes aventures il faut renvoyer Besseguin le gouverneur et y envoyer un homme exprès", c'est par antiphrase, je pense, et plaisanterie d'inverti qu'Henri III parle ainsi à son fidèle Villeroy.
Il est l'arrière-arrière-grand-père du duc de Saint-Simon et le point culminant de sa maison.
Son fils Philippe de Volvire, chevalier, seigneur et marquis de Ruffec (terre qui fut érigée en marquisat en sa faveur par lettres patentes du mois de janvier 1588 et qui furent enregistrées au parlement le 16 mai 1651), capitaine de 50 hommes d'armes des ordonnances du roi. Il mourut le 19 août 1604 des blessures qu'il reçut en un combat particulier dans lequel il tua Louis de Montberon, sgr de Fontaines-Chalandry.
Une branche passa en Bretagne au XVIIème siècle, Henri de Volvire, eut pour parrain et marraine Henri III et la duchesse de Savoie, passa sa jeunesse à la cour, ayant pris le parti des armes, il fit toutes les guerres de son temps jusqu'à l'âge de 63 ans, conseiller du roi en ses conseils d'état et privé, chevalier de l'ordre de St-Michel, il eut en partage la vicomté de Bois-la-Roche, érigée en sa faveur par Henri IV en Comté par lettres du mois de février 1607, enregistrées à Rennes le 23 juin 1609, il fut capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances & maréchal des camps & armées, présida aux Etats de Bretagne tenus à Ploërmel par le duc de Vendôme en 1616, commanda la noblesse quand Soubise et les anglais attaquèrent le Port-Louis et succèda en 1627 au commandement du maréchal de Thémines en Bretagne, il mourut dans ses terres, mécontent de n'avoir pas reçu l'ordre du St-Esprit parce qu'il avait été enveloppé dans la disgrâce du garde des sceaux Marillac.
Sa petite-fille Anne-Toussainte de Volvire, née à Néant le 1er février (baptisée le 2 novembre) 1653, morte en odeur de sainteté à la chapelle du château du Bois-de-la-Roche le 20 février 1694, inhumée en l'église de Néant. Sauvée d'une manière presque miraculeuse d'un accident de chasse, elle renonça au monde pour consacrer sa vie au service de Dieu. Elle exerça son activité charitable en divers endroits mais ne semble pas avoir prononcé de voeux. Elle est connue sous le nom de sainte de Néant, sa vie toute de bonnes oeuvres a été racontée de manière fort touchante dans un abrégé résumé par l'abbé Tresveaux, par l'abbé Caron, par Emile de Condé, on lit au pied de son portrait conservée dans la sacristie "Anne-Toussaint ou la sainte de Néant son tombeau est renommé pour un grand nombre de miracles", on a composé des cantiques sur elle, et une fontaine porte son nom qui est visitée par un grand nombre de pélerins.
Joseph de Volvire IIè, comte du Bois-de-la-Roche, vicomte de la Gabetière, dit le marquis de Volvire, né à Néant le 10 mai 1681 et mort au château du Bois-de-la-Roche en juin 1731, inhumé aux carmes de Ploërmel, brigadier des armées, 1er capitaine sous-lieutenant des gendarmes de la garde du roi & lieutenant pour sa majesté de la Haute Bretagne (le 1er août 1727 Deshayes annonce au Père Simplicien des Augustins de la Place des Victoires à Paris continuateur du "Père Anselme" sa nomination aux mêmes fonctions de commandant général de toutes les troupes et habitant des villes de Vannes, Dol, St-Malo et du comté Nantais, et le prit de le noter dans la nouvelle édition qu'il prépare), il se distingua à plusieurs sièges et actions, il commanda toute la maison du roi au camp de Carency, dangereusement blessé à la tête à la bataille de Malplaquet le 11/9/1709, il ne voulut pas quitter le champ de bataille quoique toute la maison du roi insistât fortement pour qu'il le fît, et couvert de sang depuis la tête jusqu'aux sabots de son cheval, il participa encore à plusieurs charges qui excitèrent tout à la fois l'admiration et l'inquiétude des témoins de son intrépidité. Il fut fait maréchal des camps le premier février 1719.
Son fils Ingélelme-Joseph de Volvire, marquis de Volvire, comte du Bois-de-la-Roche, né à Néant le 4 septembre 1718, brigadier des armées du roi, commandant-capitaine du régiment de Ruffec le 25 mars 1734, le 11 avril 1734 par ordre du roi, il quitte la compagnie dont il est pourvu pour prendre la compagnie de Beauvilliers, puis maître de camps d'un régiment de cavalerie de Monseigneur le Dauphin, colonel d'un régiment de dragons, mort en 1747 sans alliance. Dernier de la branche bretonne devenue aînée depuis la fusion de celle de Ruffec avec la maison de l'Aubespine puis de Saint-Simon.

On remarquera que les morts violentes furent nombreuses dans cette noble famille et que c'était le lot commun à beaucoup de membres de l'aristocratie, soit qu'ils tombent dans les guerres extérieures, dans les guerres civiles ou plus prosaïquement lors de duels que l'esprit belliqueux de la noblesse rendaient courants jusqu'à ce que Richelieu tente de mettre bon ordre à tout cela (ceci dit en domestiquant la noblesse, en lui faisant perdre le goût du sang on préparait son affaiblissement et par contrecoup celui de la royauté dont elle ne fut plus le rempart qu'elle resta longtemps malgré tout alors même qu'elle élevait des prétentions injustifiées en temps de paix).

Il y eut un moment exquis hier soir à la télévision sur M6 dans Enquête exclusive quand Bernard de la Villardière qui faisait une enquête poussée et rigolote sur la vie de la police du XVIème arrondissement (entre putes du bois de Boulogne, gang de cambrioleurs venus de l'Est, supporters excités du parc des Princes et maquerellage homosexuel de vieux messieurs escroqués par des nègres en perruque) s'entendit dire en fin d'émission par le commissaire de police en charge du secteur : Il y a beaucoup de journalistes qui habitent l'arrondissement !

Le pauvre Villardière ce n'est pas ce qu'il demandait et en plus l'autre lourdaud a insisté ! On ne va quand même pas se bouffer le nez entre journalistes, non mais des fois !

Adam et Eve tels que Dieu les vit naître et tels que Masaccio les peignit avant que des barbouilleurs ne viennent censurer les organes dits de la reproduction - mais ils peuvent servir aussi à bien d'autres choses !

Ce qui me fait penser à une jolie histoire qui se passe pendant La Fronde des Grands envers le pouvoir royal de Mazarin et d'Anne d'Autriche.
La Rochefoucauld pour un tabouret de faveur avait suscité l'ire de la duchesse de Montbazon grande pécheresse devant l'éternel qui se mit à répéter dans tout Paris qu'elle allait couper le sexe au duc et pair et l'envoyer dans une bassine d'argent à la duchesse de Longueville, sa maîtresse.
Le cardinal de Retz s'entremit pour calmer les esprits et parla au prince de Condé qui lui répondit :
- Vous êtes bon parent ; il est juste de vous satisfaire. Je vous promets que je ne choquerai point le tabouret de la maison de Rohan ; mais je vous demande une condition sans laquelle il n'y a rien de fait : c'est que vous disiez, dès aujourd'hui à Mme de Montbazon que le seul article que je désire pour notre accomodement est que lorsqu'elle coupera je ne sais quoi à M. de la Rochefoucauld, elle ne l'envoie pas dans un bassin d'argent à ma soeur, comme elle l'a dit à vingt personnes depuis deux jours.
Paul de Gondi, cardinal de Retz s'empressa d'aller apporter la recommandation à la duchesse courroucée et notre mémorialiste resta entièrement lui-même.

Qu'est-ce qu'une élite aujourd'hui ? Il me semble que si l'on peut répondre à cette question, on aura défini en grande partie la nature sinon la substance d'un enseignement qui soit motivé et qui donc motive les élèves.

Il paraît que les enfants se cherchent des modèles, soit dans leur famille, soit dans leur proche entourage, soit dans les écoles auprès de leurs maîtres, soit encore dans le spectacle de la société qui les environne. Si ces modèles sont conflictuels, lequel choisiront-ils par prédilection ? Plus une société est riche et plus ses modes de fonctionnement sont divers et plus les modèles qu'elle propose sont variés, il y a donc concurrence et émulation. La lutte de la passion et de la raison s'organisera d'autant mieux que des critères de présélection seront donnés dans un enseignement suffisamment rigoureux et ouvert pour ne pas nier l'individualité des choix.

Voulez-vous que je continue à vous parler de l'histoire de France à ma façon qui n'est pas celle des historiens officiels ? Ou que je romance ma vie à la manière toute chaste des vertueux et des coupables ? Ou que je devise sur le cours du temps ? Ou que je tire la quintessence des choses malgré elles ? Demandez et je vous répondrais ... ou pas !

Je veux bien parler de Maurice Druon - fils d'un notaire du Nord - mais je n'ai rien à en dire d'intelligent et je ne sais pourquoi puisqu'il est convenu que cet homme chargé d'honneurs et d'ans plus qu'un pauvre baudet n'en put jamais supporter était la quintessence de l'esprit français, hexagonalement moisi, peut-être même ? Alors était-ce littérature de notaire pour reprendre le mot célèbre de Debussy à propos d'un musicien célèbre ? Ou l'hérédité malicieuse au lieu d'être naturelle serait-elle lyssenkiste et s'il n'était pas le fils de son père putatif, le saute-ruisseau, le robin du Nord, était-il autre chose qu'un vieux cabot qui faisait carrière à l'Académie française comme son père naturel à la Comédie française ? Nous ne le saurons jamais et cela inquiétera les générations futures pour longtemps si j'en crois la rumeur.

Il faut résister à tout sauf à Maurice Druon.

Ce qui est admirable dans ces vies publiques, quand l'homme qui les a incarnées tire sa révérence et en l'occurrence pour cet homme qui portait si bien le chapeau cette expression populaire est justifiée - je le croisais il y a un dizaine d'années quai Conti appuyé sur un confrère et portant beau écharpe rouge et chapeau de feutre noir - c'est qu'on a tout d'un coup le sentiment du ridicule d'une vie toute entière et comme dirait Bossuet il n'y a plus que ce je ne sais quoi qui n'a plus aucun nom dans aucune langue humaine, ce qui reste quand la vanité devient impuissante et qu'il n'y a plus que l'absurde ...

Druon avait l'amitié de Papon et Poutine si avec ça il ne monte pas droit au ciel !

Il existe des écrivains-alibis qui finissent sous les fleurs, trop pleurés par les politiques pour ne pas voir qu'ils étaient un cache-misère des petits et des grands crimes publics.
On remarquera que de véritablement grands écrivains français qui ne se sont jamais embarrassés d'opinion politique n'ont pas disparu sous les hommages mais plutôt dans la solitude et la pénombre.

Il y a d'un côté les purs, de l'autre les impurs, il en est ainsi de toute société humaine. Ceux qui mettent trop haut leur discipline pour la profaner et ceux qui ramassent tous les drapeaux et s'en couvrent comme un bouclier ou une armure ...

Se mettre au seul service des lettres suffit à occuper une vie entière et justifie la peine que l'esprit se donne.

Ma grand'tante Christiane Laudet née Regnault, son fils François-Noël Laudet et son épouse Marie-Béatrice Gaudin de Saint-Rémy m'annoncent le mariage de leur fils et petit-fils M.Stanislas Laudet, avocat au barreau de Paris prochainement avec Mlle Maëlle de Trogoff du Boisguézennec, fille du vicomte et de la vicomtesse Nicolas de Trogoff du Boisguézennec, petite-fille d'une part de la vicomtesse de Trogoff du Boisguézennec et de M et Mme Guy Guilhaumaud d'Arfeuille, la messe sera célébrée par Dom Laurent de Trogoff du Boisguézennec, o.s.b, oncle de la mariée.
Je tiens donc à féliciter les fiancés et leur apporter ici mes voeux de bonheur.

Yfig (d'Ablon) qui me fait une pub d'enfer sur son blog parlait de moi encore aujourd'hui (il nous a trouvé un cousinage par la cuisse gauche), je lui disais que je le verrais bien travailler dans mon écurie de nègres afin de prendre la succession de Maurice Druon et écrire "Les grandes familles métissées" ainsi que "Les rois bénis de la thune" pour être dans l'air du temps.
La Villa Montmorency dans le XVIème arrondissement de Paris est un repaire de riches (une espèce de ghetto si vous voulez mais le mot est galvaudé), ce qui est amusant c'est que beaucoup de grands patrons des médias y résident et que ce sont les mêmes médias qui enjoignent continuellement leurs auditeurs naïfs à se métisser pour la plus grande gloire du prolétariat mondial !

Il y a plus de journalistes qui habitent dans cet arrondissement que dans la Seine-Saint-Denis ! Leurs objurgations morales sont à usage externe ...

L'hystérie a changé de camp : elle est maintenant du côté des possédants, des glorieux, de ceux qui se partagent le pouvoir ou ce qui en tient lieu, qui ne sont que des miettes de l'esprit et qui ne sachant plus où ils en sont font banqueroute à chaque minute pour mieux tous nous précipiter avec eux ! La carambole financière en est un avant-goût.

L'obsession sécuritaire, la manie du sur-contrôle des hommes est un symptôme révélateur de la maladie du temps qui a saisi les esprits actifs. Ils n'ont plus de recul sur eux-mêmes comme sur les choses car ils sont dépourvus de philosophie profonde et n'ont que des visées à courte vue.

Les subprimes, ce truc qui fait penser au baron de Munchhausen se tirant par les cheveux pour se hisser au-dessus du marais !

Mon cousin qui a été reçu à son Capa (diplôme d'habilitation à exercer le métier d'avocat) en 2008 sera heureux de savoir que la Halde proposerait d'ouvrir sa profession aux étrangers !
On remarquera que les membres de la Halde sont tous ou presque des gens dont la carrière est liée à la possession d'une carte d'identité française et notamment le premier d'entre eux, Louis Schweitzer !
Quant à moi je n'ai jamais eu à faire usage de ma carte d'identité pour travailler.

Je pense que la Halde n'a d'autorité qu'autant qu'on lui en donne et que rien ne m'empêchera d'être français à ma guise malgré ses objurgations répétées.
Ceci dit j'admets qu'être français ainsi que je l'entends est un long travail et que beaucoup de ceux qui se targuent d'une origine française mériteraient de mon point de vue tout juste le droit d'être apatrides.

On ne naît pas français, on le devient, j'ai juste hérité de mes ancêtres mes gènes et appris auprès d'eux ou dans leur mémoire le sentiment d'une certaine dignité d'être membre de la nation française.
Qui disait : un homme reste libre tant qu'il a décidé de l'être ? Le sens de la liberté personnelle est le bien le plus pur que la France donne à ses enfants pour peu qu'on s'approprie ce sentiment.

Je crois qu'il ne faut pas confondre influence superficielle qui peut-être très étendue mais momentanée et éminemment réversible et influence durable qui attaque profondément les structures, les petites causes constantes peuvent produire de grands effets comme chacun sait.
J'y pensais en lisant un texte de David Monniaux intitulé "De la critique et de l'accès aux médias" où il se plaint d'une attaque de Pierre Assouline dans un livre consacré par ses étudiants à descendre en flèche wikipédia. Soyons sérieux un instant, qui peut croire que la critique d'Assouline met en cause le développement d'Internet et plus encore la pensée scientifique, artistique, voire même plus spécialement littéraire de notre époque ? Son influence est si insensible à tous les points de vue qu'il n'y a pas lieu de se formaliser de ses appréciations douteuses. Tout ceci reste comme diraient les américains au niveau de l'entertainment c'est à dire du divertissement.

Il est très difficile d'influencer durablement le cours de la pensée, même une énorme machine comme le GIEC peine à développer son argumentaire et à entraîner les scientifiques dans ses errements.

L'essence de la pensée c'est la liberté, or soit qu'on use de l'imagination, soit qu'on se fixe des règles précises comme la méthode cartésienne, il faudrait une force surhumaine pour enchaîner durablement les écarts à la norme du cerveau.
On peut faire confiance à notre intellect pour démêler le vrai du faux en toutes circonstances pour peu que l'on ne soit pas trop pressé de conclure et de tirer un argumentaire à destination du plus large public.

Si vous voulez avoir un rôle intellectuel, poser des questions, faites comme David Hilbert dans sa célèbre conférence de Paris en 1900 qui considéra 23 problèmes cruciaux à résoudre pour assurer le progrès des mathématiques et des sciences physiques.

La jolie devise de la famille Dansais de La Villatte, officiers du présidial de Poitiers, gravée sur les créneaux de leur hôtel particulier :

TOVT PAR RAISON - 1581 - RAISON PARTOVT.

On voit ici au XVIème siècle, l'influence du renouveau des lettres grecques et latines et la résurgence de la raison au milieu des folies des guerres civiles et religieuses.

Bien entendu il s'agit d'une famille de légistes et de trésoriers du roi, de cette bourgeoisie montante qui supplantera peu à peu la noblesse militaire. On n'imagine pas des féodaux se choisissant une telle enseigne !
Ainsi je lis dans la généalogie des Hastelet du Périgord dont je descends que parmi les dix enfants d'Eymeric Hastelet, riche et noble maître de forges à Javerlhac, que donc un de ses fils Thibaut Hastelet, né le 28 août 1730, mourut de la blessure qu'il reçut au choc, avant l'affaire de Plaisance en Italie le 16 juin 1746, bataille perdue par le maréchal de Maillebois et les troupes franco-espagnoles. A peine seize ans et déjà il tombe au métier des armes, chose courante à l'époque. François de la Rochefoucauld commença sa carrière militaire auprès de son père dès quatorze ans et l'on sait que dans la Marine royale les mousses étaient encore plus jeunes.
Son père donc Aymeric Hastelet (°1686-1740) fut engagé à 14 ans en 1700, il servit 20 ans puis se retira avec un grade de capitaine d'infanterie (en 1720). Il apparaît comme le type même du gentilhomme campagnard mais aussi gentilhomme forgeron, il affirme jouir de revenus pour vivre noblement ; il entretient four banal, mâchicoulis, girouette et fossés, possède banc et tombeaux dans l'église de Javerlhac. Ceci ne l'empêche pas selon les écrits d'un voyageur en 1728 "de battre son blé dans la grange et de laisser ses fils conduire la charrue et mesdemoiselles ses filles préparer des augées pour les vaches...". On peut cependant mettre en doute ce témoignage car en 1728 l'aîné de ses fils n'avait que 7 ans !
La fonderie comme la verrerie ne dérogeait pas et il y avait donc des gentilshommes forgerons ou verriers depuis un édit de François 1er.
M de Verneuilh dans une notice consacrée aux forges du Périgord et du Limousin raconte avoir vu au XIXè siècle un noble vieillard, né au XVIIIè siècle qui conduisait lui-même à sa forge, non loin d'Excideuil, une mule chargée de minerais, mais il avait l'épée au côté pour constater qu'il n'avait rien perdu de sa qualité.
On trouve dans le Banquet des Muses ou les divers satires du sieur Auvray :
"Quelques fois elle faisoit mine de s'entendre à la medecine, de manier le hastelet"
Le hastelet est une pointe en métal pour écraser les drogues mais c'est aussi un marteau utilisé en fonderie, ceci explique un nom qui devait être à l'origine un surnom.

Puisqu'il a plu à Yfig de trouver excellente cette table où je l'avais convié à s'asseoir, voici donc Le Banquet des Muses du sieur Jean Auvray.

Cette bibliographie donne quelques précision sur sa vie, Jean Auvray (°1590-1633), poète normand.

La Métamorphose dans la poésie baroque nous offre une étude d'une oeuvre du sieur Auvray par Enea Balmas.

De la liberté de la femme en Orient et en Occident.
Le 14 novembre 1699 depuis Salé, Abdalla Ben Aycha, ambassadeur extraordinaire de Moulay Ismaël (°1645-1727), roi du Maroc adressa une lettre à Pontchartrain, secrétaire d'Etat à la Marine et de la Maison du roi au nom de son maître - disait-il - pour demander au roi de France, Louis XIV, la main de la princesse de Conti, Marie-Anne de Bourbon dite Mlle de Blois (°1666-1739), veuve du prince de Conti (°1661-1685) et fille illégitime de Mlle de La Vallière et du roi très-chrétien.
Bien entendu le ministre ne prit même pas le soin de répondre à une missive tellement incongrue qu'elle suscita les pires railleries à la cour de Versailles où l'on imaginait bien la jeune veuve rien moins qu'éplorée et très désirable s'enfermant dans le harem du sultan à Meknès pour y recevoir quelques corrections bien senties sous la férule des ennuques !

Dans l'église des Carmes des Ploërmel (dans la chapelle Notre-Dame ou du Bois-de-la-Roche) se trouvaient les tombes de Philippe de Montauban et d'Anne du Chastellier, son épouse ainsi que celle de plusieurs ducs de Bretagne, l'église a été démolie par la Ligue lors des guerres de religion puis à la Révolution mais les sarcophages ont été conservés, en voici la description : Bulletin mensuel de la société polymathique du Morbihan (année 1906).

Les Volvire de Ruffec descendaient de ce couple et donc moi aussi par conséquent (ainsi que des ducs bretons). Il est toujours émouvant de voir les siècles couler sans effacer les traces de quelques-uns de ses aïeux.
En pages 319 et 320, la description de la cérémonie funèbre en l'honneur du frère aîné du brave baron de Saint-Brice, Jacques de Volvire (mort en 1637) que le poète Saint-Amant aimait tant, cet Henri de Volvire fut descendu aux tombeaux de ses ancêtres avec faste et grand accompagnement de peuple.

On reste toujours étonné du faste des cérémonies d'église de cette époque dont Bossuet donne une idée verbale ou Madame de Sévigné allant au sermon et relatant les grands évènements mondains de son époque comme le mariage en 1679 du petit-fils de La Rochefoucauld avec la petite-fille du ministre Le Tellier et aînée du ministre Louvois, J'ai été à la noce de Mlle de Louvois. Que vous dirais-je ? Magnificence, illustrations, toute la France.

L'Eglise c'était l'Hollywood de l'époque ...

La marquise de Sévigné allait à la messe comme on va à une séance de cinéma, un autre spectacle qu'elle relate dans un tout autre genre, une jacquerie de paysans en Bretagne, la révolte des Bonnets Rouges pendant l'été 1675 où 30 000 hommes menés par un notaire incendient plus de soixante manoirs, suivie d'une répression royale, On n'en finit plus de pendre des pauvres Bas-Bretons ... les chênes semblaient rapporter des Bretons au lieu de glands.

Il semble que cette révolte populaire dite du papier timbré fut la dernière jusqu'au collapsus de 1789.

Le terme sincérité est un mot de trop chez Hugo, il est remplacé par antithèse.

Pour Joseph de Maistre on ne peut pas fabriquer un peuple sur le papier, il rajoute même qu'il a vu des hommes mais qu'il n'a pas vu l'homme.
Et donc le régime politique doit être en symbiose avec l'état culturel et économique du pays, il ne peut pas être refait à sa guise. Ce qu'il nomme l'élection divine c'est tout simplement l'adéquation entre le moment d'une nation et son mode de gouvernement accepté et légitimé par le voeu du peuple, la vox populi de l'Antiquité.

Etre d'accord avec soi-même, quelle drôle d'idée, pour un écrivain, le pire des tombeaux !

Moi mes arrières-pensées me font réfléchir ... mais il est vrai que j'ai du temps de reste.

Je vais écrire une Anthologie de la littérature vacante d'aujourd'hui car elle est manquante effectivement et il faut bien que nos petits-neveux s'instruisent de tous nos défauts.

Soyons clair, Mauriac attaquait tous les écrivains homosexuels de talent, Gide, Proust, Jouhandeau, Cocteau, Montherlant, Peyrefitte ... il a fini par se prendre une mandale dans la gueule !

Il disait avec componction et gourmandise qu'il manquait la grâce aux personnages de Proust, qu'ils étaient tous en enfer - enfer qu'il était heureux d'avoir évité en épousant Jeanne Mauriac, grand bien lui fasse, mais s'il s'était dégoûté des plaisirs homosexuels pourquoi cherchait-il tant à en dégoûter les autres ? Cet enfer était pavé de fleurs bien délectables alors ...

Le courage physique et le courage social sont deux choses bien différentes, on trouve bien plus répandu le premier que le second, l'alliance des deux est pour le moins rare.

Moi qui n'ait pas d'être social, je ne me méprends jamais, j'affirme haut et clair ma nature successive. Je me fous de mes apparences ...

J'ai lu le livre de Stéphane Zagdanski, "Pauvre de Gaulle !", savez-vous ce qui gratte ce garçon ? C'est que personne n'écrira jamais un livre intitulé "Pauvre Zagdanski !" car tout le monde se fout du quart comme du tiers de cet auteur.
Il existe une bibliothèque entière d'écrits contre De Gaulle car volens nolens tous les français lui doivent quelque chose ne serait-ce que de l'ingratitude ; pour écrire sur quelqu'un encore faut-il lui vouloir du bien ou du mal, c'est à dire qu'il ait eu quelque apparence de réalité dans sa vie, que ses actes et sa pensée aient marqué son temps et quand on est artiste qu'on ait fait quelques rêves intemporels qui contresignent notre passage terrestre.
Il n'est pas donné à tous d'être un fossile vivant et le témoignage d'une espèce géante et disparue.

Je vais lancer un Mouvement pour l'indétermination, ce sera un parti d'intellectuels ...

Le bisaïeul de Stanislas Laudet, François Laudet était le régisseur des domaines (4500 hectares) du duc et physicien renommé Maurice de Broglie (°1875-1960). La ville de Broglie a été occupée par les Allemands du 16 juin 1940 au 24 août 1944, et le château aussi, il fut au moment du débarquement le lieu de réunion où Himmler et Rommel décidèrent des mesures à prendre contre les forces alliées.
Jean de La Varende, dont le joli château était voisin de celui de Broglie - qui n'a rien d'élégant, longue bâtisse dont la facade grise fait 240 mètres de long mais qui possède une très riche bibliothèque et notamment beaucoup de souvenirs de madame de Staël et de Necker - a écrit un livre sur la famille ducale, voici ce qu'il écrit pages 310/313 : »M.Laudet, le régisseur, s’efforçait pour sauver la grande demeure qui lui avait été confiée et qu’il aimait. Mais son indignation lui nuisait et sans sa fille qui parlait imperturbablement la langue rude et finissait par accorder les deux partis, la défense aurait pu mal tourner. Marie-Thérèse Laudet a beaucoup aidé à préserver Broglie.... Cela faillit d’ailleurs mal finir et pour des stupidités. Avec le prochain départ, les Allemands s’exaspéraient. Le duc et le régisseur furent, la veille de la libération et dans la nuit, arrêtés à main armée et sous l’invective... M.Laudet trouva son duc assis philosophiquement dans le camion qui l’emmenait à Haute-Equerre, petit château voisin où se tenait un état-major. Un officier moins idiot s’entremit et trouva la chose ridicule, et on rendit le duc de Broglie à ses in-folio et au portrait de Mme de Staël ». 
Son fils cadet Jacques Laudet prit la succession de son père notamment auprès du prince-ministre Jean de Broglie, tragiquement assassiné en 1976 dont sont issus les actuels héritiers du titre et du domaine.

Quelques images du château de Broglie :

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Le décor intérieur fut entièrement refait sous la Restauration, car la demeure avait été dévastée à la Révolution, grâce à la dot d'Albertine de Staël, fille et héritière de Mme de Staël (née semble-t-il des fruits de sa passion pour Benjamin Constant). Le très beau portrait qu'Ingres fit de la duchesse Albert de Broglie née Pauline de Galard de Brassac de Béarn se trouve aujourd'hui à New-York dans la collection du Metropolitan Museum sur la 5ème avenue.

Voici ce que Victor de Pange fils du comte Jean de Pange et de Pauline de Broglie, soeur des ducs Maurice et Louis, écrit en note dans le Journal de son père pour l'année 1939, en page 424 : M.Laudet, d'une vieille famille du Morvan, administrait l'important domaine de Broglie et exploitait en particulier la vaste forêt d'un millier d'hectares qui s'étendait de l'autre côté de la vallée de la Charentonne, de part et d'autre de l'Allée Royale. Il habitait le pavillon Mérimée, à une extrémité du château, au-dessus de la voute d'entrée des voitures, ainsi nommé d'après le père de Prosper Mérimée, lui-même également régisseur du domaine de Broglie au XIXème siècle. Jean de La Varende aimait à se rendre au pavillon pour faire visite à M.Laudet et converser avec lui.

Jean de Pange note avec étonnement et amusement qu'Edouard Herriot appelle son beau-frère le duc Maurice de Broglie, Maître et que la République s'amuse à inventer des titres plutôt que de lui donner du monsieur le duc tout simplement ... or à cette époque si Louis de Broglie enseignait depuis longtemps en Sorbonne ce ne fut le cas qu'en 1942 pour son frère qui entre au Collège de France pour y prendre la succession de Langevin, auparavant il poursuivait ses recherches dans son laboratoire privé à Paris (donnant sur la rue Lord-Byron et sur le 29, rue de Chateaubriand). Heureux temps où un homme avait assez de fortune pour s'offrir un cabinet d'études particulier !

De Pange dépeint Maurice de Broglie comme un homme gai et même enjoué, ce qui prouve que la passion de la connaissance, que la recherche scientifique est un puissant dérivatif aux misères de la vie.

De certaines choses dites par certaines gens on a envie de dire : cela tombe sous le serin !

Quelques mots sur mon grand-oncle que j'ai bien connu, homme affable et ne manquant pas d'humour, fils donc de François Laudet (°1888-circa 1960), expert-forestier et régisseur des domaines du duc Maurice de Broglie époux de sa cousine Marthe-Amélie Laudet (°1887-1969, fille elle-même de Jean Laudet, régisseur au château du Martray à Sémelay et soeur du docteur en médecine Joseph Laudet °1878-1959) qui eurent trois fils et une fille dont l'aîné était :
Maurice Joseph Laudet, né le 8/4/1909 dans la Nièvre à Sémelay, mort à Mesquer en Loire-Atlantique le 6/7/1995, engagé dans la Marine en 1926, il passe sa thèse de médecine en 1932 à Bordeaux consacrée à la Maladie de Hodgkin, Médecin de 1ère classe le 16/1/1937. Nommé à Casablanca en avril 1945. Médecin Principal le 31/3/45, médecin chef de 2è classe le 1/1/53. Médecin chef de 1ère classe en 1957, il est au centre de réforme. Dans la Réserve en 1960. En 1969 le professeur Maurice Laudet enseigne à la Faculté de Médecine et de Pharmacie, 16 boulevard Laennec, à Rennes.
Il était Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre 39-45 et Hospitalier de Notre-Dame des armées.

Il est à noter que l'écrivain Fernand Laudet (°1860-1933) à qui Péguy a fait un sort n'est pas parent à ma connaissance des Laudet du Morvan mais descendait de Gérard Laudet (°8/9/1764 Mirande - 1829 Bordeaux), reçu maître-apothicaire de Bordeaux en 1789, pharmacien à Bordeaux. Ceci dit peut-être qu'en remontant plus en avant on trouverait quelques ascendances du Morvan ... après tout Roger Peyrefitte dans la liste des juifs français du moyen-âge avait trouvé un Laudet du nom de son baptême chrétien, ce qui faisait croire à ma grande tante que tous les Laudet de la terre sont issus de cette modeste racine, chose pour le moins invraisemblable. Il est probable que ce Laudet très latin fut un nom de baptême donné à beaucoup d'enfants au moyen-âge dans plusieurs régions de France différentes. Avant le XIIIème siècle, il n'y avait pas de nom de famille juste des cognomen. Je suppose que le nom de mes aïeux Pomiès dérive directement de la ville de Pamiers, quoique certains y voient seulement une forme occitane de l'arbre, le Pommier. On trouve en tous cas au XIVème sous l'Inquisition de l'évêque Jacques Fournier de Pamiers et Mirepoix (puis Cardinal et Pape Benoît XII) vers 1320 un Frère Gaillard de Pomiès à Pamiers. Cf France d'oïl contre France d'oc par Etienne Cassignol ... mais il ouvrit à Jacques Fournier une carrière d'inquisiteur en association étroite avec frère Gaillard de Pomiès lui-même délégué par Jean de Beaune, responsable de l'Inquisition de Carcassonne. Pomiès et Beaune étaient tous deux dominicains.
Il est à noter que parmi les premiers persécuteurs de juifs on trouvait d'anciens juifs convertis, c'est sous l'instigation d'un de ceux-là Nicolas Donin devenu frère dominicain que le Pape Grégoire IX enjoignit à Saint-Louis de faire brûler tous les Talmuds du royaume en 1242 !

Un exemple de formation du nom au moyen-âge : Foucauld de la Roche (qui habite le lieu noble de la Roche) a donné La Rochefoucauld.

L'onomastique est une science pour le moins inexacte - et décevante - qui a fait écrire beaucoup de bêtises, il vaut donc mieux ne pas trop croire ce qu'on trouve dans les manuels et faire des recherches par soi-même pour connaître l'origine d'un nom propre - sans garantie de résultat assuré.

J'ai fait par exemple l'hypothèse que mon nom vient du village de Riaucourt au nord de Chaumont, on trouve des formes intermédiaires comme Driocourt (De Riocourt) qui par déformations successives peuvent amener à Driout dont le berceau pour autant que les actes nous le disent se trouve à Cirey-les-Mareilles.
Riaucourt vient de "Rigoldus + c ortem" c'est-à-dire le lieu de la rivière ou bien un nom germanique comme Réodolt + c ortem, soit le domaine de Réodolt (un barbare germanique qui se serait emparé d'une villa romaine comme il en existait de nombreuses dans la région).

D'après mon grand-oncle René quand on disait dans un village de la Haute-Marne : "V'là le Driout", cela voulait dire : voilà le rémouleur, coutelier, ferblantier etc. Il y avait de nombreux Driout, couteliers dans la région. On a à la BNF un livre de Pierre Brivot, chiffonnier mâconnais : "Le chant patriotique du drillou, du ferraillou et du chiffonnier", In 18, 30p, poésie française, paru en 1874 chez Romand frères, Mâcon.

Les Trois vallées, berceau de mes ancêtres grands-paternels, Cirey-les-Mareilles, Briaucourt et Reynel où naissent la plupart de mes aïeux au XIXème et dans les siècles antécédents sauf ceux qui venaient de Lorraine (les deux tuileries-scieries signalées à Reynel sont celles de mes ancêtres).

Quand on observe la famille de Broglie, qu'observe-t-on ? On voit d'abord des militaires, puis des politiques puis enfin des hommes de science. Les degrés de la conscience qui progresse. Il n'y manque même pas un ultime stade de décadence avec ce prince qui tout en politiquant fait des affaires douteuses s'encanaillant jusqu'au point de se faire truicider.

Le père de Ninon de Lenclos était un joueur de luth et un aventurier qui s'exila pour avoir assassiné en 1632 Louis du Maine, baron de Chabans, militaire et homme de lettres.
Il est fabuleux de penser qu'un joueur de violon ou de luth était considéré comme un efféminé tout juste bon à être poète en ce temps-là ! Tallemant des Réaux donne un exemple de raillerie courante à cette époque sur les musiciens.
L'Histoire généalogique et héraldique des pairs de France rattache Louis du Maine à la famille des Chabans du Périgord malgré les dénégations de certains.
Malherbe encense Du Maine dans un sonnet où il vante son art d'écrire.

Les transactions littéraire et l'échelle des valeurs qui se modifie au fil du temps permettent des jeux de miroir entre les hommes et l'histoire. Le vrai et le beau qui permutent laissent le champ libre à l'imagination. L'invention des hommes n'a pas de terme ...

On a inventé l'homme ... drôle de drame et curieuse esthétique !

Je rectifie l'erreur de Victor de Pange, c'est le grand-père de Prosper Mérimée et qui portait le même prénom qui fut l'intendant des domaines de Broglie et habitait le château avant la Révolution. Cf Cosmovisions qui eux rajoutent une génération en en faisant le bisaïeul !
Augustin Fresnel, le célèbre physicien de la lumière et inspirateur de Louis de Broglie était le petit-fils de ce Prosper Mérimée.
Il est curieux de voir qu'on omet toujours de signaler les goûts particuliers du prix Nobel, il est vrai qu'il était pudique et réservé et qu'il n'exhibait pas sa vie privée mais enfin il est bon de savoir qu'il aimait les garçons juste après la physique.

Un mot étrange de Frédéric Joliot-Curie, Je suis communiste parce que cela me dispense de réfléchir. Si l'on comprend comme cela la politique, je saisis mieux que l'on puisse abdiquer sa liberté d'esprit même si l'on est censé avoir une intelligence rare ...

On peut préférer l'attitude de Louis de Broglie qui quoiqu'entouré dans son travail de physiciens communisants ne professait pas d'opinions politiques ne croyant pas que cela apportait quoi que ce soit à la science. Il disait même au sujet de son aïeul Victor de Broglie membre de la Constituante et qui fut guillotiné répondant à sa soeur le comtesse de Pange enthousiasmé par le sang de ce héros : Il ne fallait pas qu'il y aille.

Il est amusant de penser que la plupart des grands militaires sous Louis XIV furent homosexuels, Condé, Turenne, Villars, Vendôme sans parler de Monsieur, frère du Roi !

Voici ce qu'on dit de Gaspard de Coligny-Châtillon dit d'Andelot (1620-1649) :

D'Andelot n'écrit plus de poulets
Mais il fout ses valets
Et jure que jamais le con
De sa jolie maîtresse
Ne lui sembla si beau
Comme les fesses
De ces jolis garçons.

Il fut l'amant de Condé et de Ninon de Lenclos. Vite fait bien fait peut-on dire d'un tel destin qui sacrifia aux deux Vénus ...

Une lettre du 3 août 1646 à Condé : Il n'y a point de feu si ardent dans lequel je ne me brûle pour l'amour de vous, ni de mer si profonde ni si salée dans laquelle je ne me noie avec beaucoup plus de joie que n'en aura le chevalier de Gramont s'il fout Marion (Delorme) à son voyage.
Il n'avait pas peur de trouver les mots pour les dire ses amours tumultueuses d'homme de guerre ...

Ce pauvre "Montaigne à cheval" - quelle idée aussi de se mettre sous les auspices de Jean Lacouture, nullité de confection - n'a pas trouvé d'écrivain de génie sous la Révolution française hors les auteurs de discours politiques, il a juste omis Nicolas Restif de la Bretonne auteur des "Nuits de Paris" et de "Monsieur Nicolas" et le divin Marquis de Sade, excusez du peu ! Il est vrai qu'il est professeur d'histoire-géographie pour attardés mentaux ceci expliquant cela ...

La littérature autour de Ninon de Lenclos est immense, c'est une figure emblématique du libertinage philosophique, tous les beaux esprits du temps et même des temps d'après se sont fait fort de la connaître intimement, c'est à dire le plus souvent spirituellement.
Le marquis de Sévigné tomba dans ses rets et beaucoup d'autres encore.
On trouvera sur Google Books de nombreuses références.

Les langues de Babel.
La seule langue commune à toute l'humanité c'est l'ignorance !

Dans la danse on peut touf faire sauf s'introduire, c'est un flirt en plus restrictif, en plus sévère. Les corps y ont la parole et les lèvres laissent parler les membres ...

Je suis très bon philosophe et très mauvais danseur, la perfection n'est pas de ce monde ...

Que faites-vous des jeux de l'amour et du plaisir ? C'est la question qu'on voudrait poser à tous ceux qui nous parlent d'intégrer des cultures qui n'ont même pas les mots pour les dire et qui sont des étouffoirs de la pensée tout autant que des sens.
Il n'y a pas de grande culture sauf le hasard des sentiments.

La tristesse de l'âme est souventes fois un appauvrissement du corps.

Le corps est un esprit comme les autres il faut seulement lui laisser de la place et accompagner avec souplesse ses premiers pas.

Un quart des séropositifs souffrent de troubles cognitifs d'après des résultats concordants qui montrent que le déficit intellectuel est réel chez un certain nombre de porteurs du virus, dans le doute de connaître avec certitude le rôle exact des antiviraux, je crois avoir fait le bon choix avec une posologie moitié moindre que celle qui est recommandée habituellement, puisque je ne prends mes médicaments qu'un soir sur deux. Je n'ai pas observé de difficultés réelles d'apprentissage ou de mémoire plus que de coutume depuis que je prends mon traitement c'est à dire depuis janvier 2006 ou avril 2006 selon que je retienne ou non l'interruption de février-mars. Ceci dit je fais attention à entretenir mon cerveau ...

Un bon signe de ramollissement cérébral ce sera quand je commencerai à trouver tout le monde sympathique, plus besoin de faire de tests cognitifs alors ...

Reportage hier soir sur M6 dans "Enquête exclusive" avec Bernard de la Villardière sur l'île de la Grenade où la Chine nationaliste et la Chine continentale se font face dans une lutte féroce d'influence. Les chinois communistes y ont construit un stade et un complexe balnéaire avec leurs propres ouvriers et maintenant qu'ils y ont pris pied ils chipent tout le travail aux locaux car ils sont plus productifs ; il était amusant de voir ces grands noirs baraqués dont l'indolence est légendaire parler des ouvriers chinois frêles et menus qui bossent sept jours sur sept ... le mental est le maître des corps, non seulement les jaunes sont supérieurs intellectuellement aux noirs mais encore leur activité est plus dense. Les bien-pensants tourneront ces questions-là dans tous les sens qu'ils voudront cela ne changera rien à la nature des choses.

Pas de contre-exemple, pas de pays nègre qui ait réussi dans le monde moderne ... more brain comme disait Bernard Shaw !

Après avoir fait le tour des Caraïbes où les problèmes sont toujours les mêmes, trafics en tous genres, corruption politique, délinquance meurtrière et petites enclaves ultra-surveillées pour les super-riches comme à la Jamaïque (Sean Connery, Ronald Reagan et Tiger Woods y ont des propriétés), il y avait ensuite un autre numéro de ce magazine, plus récent, consacré ce coup-ci à la Côte d'Ivoire et Abidjan en particulier, là j'ai décroché, j'étais fatigué de toutes ces négreries ... je n'ai personnellement aucun goût pour ce monde qu'on nous prépare.

Le plus amusant c'est que ce sont les super-riches type Louis Schweitzer qui donnent des leçons de morale aux autres, eux ne sont pas racistes, ils vivent juste à part ... ils se sont organisés pour profiter du système et avoir un panorama imprenable sur les ennuis des petites gens !

Question très naïve : pourquoi à la tête de la Halde ne met-on un érémiste ?
Il me semble pourtant qu'un français réduit aux minimas sociaux est plus à même d'avoir conscience des discriminations qu'un autre qui ne sut même pas ce qu'est un jour de chômage dans sa déjà longue vie ... mais quoi, me dira-t-on, vous voulez donc la révolution ?

Louis de Broglie prenait le métro depuis sa maison de Neuilly pour se rendre à son travail à l'Institut Henri Poincaré dans le 5ème, il m'apparaît hautement improbable que Louis Schweitzer ait pris le métro ne serait-ce qu'une seule fois depuis trente ans ! Que voulez-vous, c'est un grand homme, il ne saurait se mélanger avec le tout-venant ...

Le nom Tersouly est un nom rare, il est tellement rare qu'à ma connaissance il s'est éteint avec mon aïeul Jean Tersouly (°1817-1892) et ses trois filles mortes respectivement en 1938, 1939 et 1941, en tous cas on n'en trouve aucune mention dans l'annuaire téléphonique de 2009. Ses parents Pierre Tersouly et Jeanne Prades étaient agriculteurs à Foix mais il semble que l'origine de la famille se trouve à Tarascon-sur-Ariège où en 1630 il est fait mention d'un Pierre Tersouly, marchand dans cette ville de montagne à 16 kms au sud de Foix.
Une branche de cette famille du pays de Foix s'installa à Marseille où elle fondit une société puisqu'on trouve le sieur François Tersouly en association avec le sieur Antoine Nuget, tant et si bien qu'à la mort du premier il y eut un procès en 1850 entre les hoirs Tersouly et Nuget devant le tribunal de commerce de Marseille pour liquider l'affaire. Il est plus que probable que ce François Tersouly était un oncle ou un frère de Jean Tersouly lui-même entrepreneur en travaux publics. "Une association en participation existait à Marseille entre le sieur François Tersouly et le sieur Antoine Nuget, l'un et l'autre entrepreneurs, pour diverses fournitures et exécution de divers travaux publics". A cette époque Jules Mirès avait entrepris de grands travaux à Marseille et l'on sait que Jean Tersouly était en affaires avec Mirès.

Le nom de Prades fait penser au village du même nom à l'est de Tarascon-sur-Ariège et au nord d'Ax-les-Thermes juste à côté de Montaillou, le village occitan immortalisé par Leroy-Ladurie.
En conclusion mes aïeux ariégeois sont de purs enfants de cette belle terre dans le quadrilatère compris entre Pamiers, Mirepoix, Tarascon et Ax avec Foix comme centre névralgique (une branche s'est installée à Carcassonne au XIXème siècle et une autre à Toulouse). Bien entendu si des généalogistes de la région veulent me donner un coup de main ce sera avec empressement que j'accepterai leur aide.

Il va falloir que j'écrive une défense de la Sainte-Halde maintenant qu'elle est attaquée de toutes parts, mais comment avions-nous pu vivre jusqu'à présent sans les bons offices de cette sainte compagnie ? Le mieux encore serait que je sois nommé Grand Inquisiteur de cette officine toute dévouée au bien public afin de pourchasser ses persécuteurs.
Car enfin comme l'écrivait Philippe de Commynes à propos de Louis XI et de ses démêlés avec la ligue du bien public, c'est par trois traités que le roi fit la paix et qu'ainsi « le bien public fut converti en bien particulier » ce qui est somme toute assez raisonnable.

Il est convenable qu'on obéisse perinde ac cadaver à ses dits et rescrits quand on est un bon français. Y-a-t-il un mauvais français qui me lise ? Est-il un assez vil citoyen sur ce blog qui résisterait à des objurgations aussi douces et aussi fraternelles ? J'entends bien qu'on se soumette au docteur angélique, j'ai nommé le président de la Sainte-Halde ...

A Fontenay-aux-Roses je suis passé devant la propriété de Thérèse Cabarrus plus connue sous le nom de Madame Tallien, l'égérie de Thermidor et aussi nommée marquise de Fontenay par son premier mariage. Les Cabarrus étaient des basques installés comme banquiers à Madrid et anoblis, ils étaient alliés aux Cologan dont j'ai longuement parlé précédemment, irlandais et catholiques - cela va sans dire - persécutés et ayant fui aux Canaries où ils avaient développé un commerce international de vins et spiritueux, eux aussi banquiers à Paris et Londres et anoblis par le roi d'Espagne (et indirectement liés aux Regnault).

Cette femme d'élite finira par se dégoûter de la bassesse de Tallien qui comme beaucoup de révolutionnaires alliait la crasse de ses origines au venin de ses noires humeurs.

Il est curieux de donner en modèle aux petits français la grande Révolution qui est l'époque de l'histoire de France où la corruption et la vilenie se sont étalées avec le moins de vergogne et ceux qui n'étaient pas corrompus comme Robespierre étaient mégalomanes et sanguinaires ! Que peut-on sauver de la Révolution à part les idées ?

Je précise que la propriété de Thérèse Cabarrus est aujourd'hui un pensionnat de jeunes filles enfin plus précisément l'ex-École normale supérieure de l'enseignement primaire pour les jeunes filles ! On les appelait les Fontenaisiennes mais depuis 1981 tout ceci est devenu mixte et Maxime Le Forestier le déplore haut et fort ...

En France on appelait la belle Mme Tallien, Thérèse et non pas Teresa comme un vain snobisme voudrait le faire croire aujourd'hui (je suppose que quand elle suivit le prince de Chimay aux Pays-Bas on continua à la nommer par son prénom francisé car la langue française était encore celle du bon goût et avait force de loi).

Pas moyen de m'exciter sur la Révolution française, c'est un sport que je n'ai jamais pu pratiquer, je ne bande pas avec les révolutionnaires ...

Michelet se montait le bourrichon avec ces histoires et ce langage sale, tout me déplaît dans ce style oratoire, ces effets de manche de mauvais avocats, je crois à l'effet lent des causes minuscules, j'adhère à la composition que l'intelligence parvient à extraire de la nature des choses, tout ce que j'aime est à l'opposé de cette morale brutale, primitive qui nous fait replonger dans je ne sais quelle antiquité livresque. Les révolutionnaires se croyaient à Rome ou à Sparte alors que pendant ce temps l'Angleterre préparait la révolution industrielle d'où le retard de la France à monter dans ce train ...

Le régulateur à boules que Watt mit au point pour sa machine à vapeur est de 1788 un an avant la prise de la Bastille, on se souvient que Fulton montra sur la Seine à Bonaparte en 1803 un bâteau à vapeur qui ne l'intéressa pas !

Etudier l'invisible aux yeux est autrement plus difficile qu'épiloguer sur la nature politique des hommes ! Les médiocres préfèrent répéter ce qui est déjà vu et su par tous, le commun du peuple. Ils croient que la grandeur c'est d'être salué par le plus grand nombre. La popularité n'est jamais qu'un succédané de la bêtise ...

Les ersatz de la politique ... ce serait un bon titre pour un best-seller ! Mais je ne tiens pas à en fabriquer un, les hommes du commun veulent qu'on les conforte dans leurs croyances ridicules à coups d'énormités. Un paradoxe n'est pas une énormité ridicule ...

Raymond Morge (°1937 Clermont-Ferrand) a publié en 2007 un témoignage sur la vie de sa famille aux usines Michelin - Pneumatic-City comme disaient certains échotiers des années trente - Michelin par Raymond Louis Morge.

Il paraît que des "urbanistes" se sont penchés sur le Grand-Paris, ce que veulent ces architectes de l'impossible - pour ne pas dire de l'imposture - c'est une Cité interdite peuplée d'ennuques ...

Le Monde fait un article très élogieux sur la classe de mathématiques de Sam Calavitta à Los Angeles, ce qui frappe au premier abord et que ne signale pas du tout le reporter du Monde (Mustapha Kessous Anaheim) c'est l'omniprésence des asiatiques dans sa classe, l'absence des noirs et la très faible présence des hispaniques.
Je vais finir par croire que j'ai de meilleurs yeux qu'un journaliste du Monde ... et pourtant !

Victor Cousin et Jules Barthélemy Saint-Hilaire ont consacré un livre très documenté à Marie de Hautefort (°1616-1691) favorite de Louis XIII qui quoiqu'il n'eût que des amours de tête et que son platonisme n'allait pas jusqu'à consommer ses passions, ne lassait pas de se montrer très jaloux de cette belle blonde, cette Madame de Hautefort fut l'ornement de la Cour et se résigna par la suite à épouser Charles de Schomberg, maréchal de France et comme je compte parmi mes aïeules son arrière-grand-tante Jeanne de Hautefort ( qui vivait encore en 1625) épouse le 25/10/1564 d'Adrien Chapt de Rastignac par les Malet de Chastillon, je tenais à voir de quel bois cette altière créature fut faite.

Pour être précis je descends d'Henry Malet de Chastillon, écuyer, seigneur de La Barde qui épousa le 26 août 1628 Jeanne Chapt de Rastignac, fille de Perrot ou Peyrot Chapt de Rastignac, écuyer, seigneur de Laxion, de Courniac, de Nanteuil, d'Eyserat, de Tourssac, de St-Jory-la-Bjoux (Lasbloux) & du Pouget, chevalier de l'Ordre du Roi, époux le 27/8/1599 de Marguerite Chapt de Rastignac de Laxion (sa cousine germaine), troisième fils d'Adrien Chapt de Rastignac époux le 25/10/1564 de Jeanne de Hautefort (fille de Jean de Hautefort époux par contrat les 12 et 19 décembre 1519 de Catherine de Chabannes-Curton).
Marguerite Chapt de Rastignac était fille unique d'Antoine Chapt de Rastignac de Laxion, Tursac, Saint-Jorry et de sa seconde épouse Marguerite de Calvimont.
Peyrot Chapt de Rastignac, écuyer, seigneur de Lassion et de Saint-Jory et autres obtint des lettres de rémission au mois de mars 1599 conjointement avec Henry d'Aultefort, écuyer, fils bâtard de Edme Hautefort, sgr de Thénon pour avoir tué en 1598 Jean de Monfrabeuf, seigneur de Tilloux avec lequel ils avaient eu querelle, ces lettres furent registrées en la prévôté de l'Hôtel le 3 de janvier 1601, après information faite à la requête de Jeanne de Hautefort, dame de Rastignac.
On comprend que Richelieu ait souhaité mettre le holà à tous ces meurtres ou duels - appelons cela comme l'on veut - qui décimaient la noblesse !

Edme d'Hautefort, seigneur de Thénon, frère de Jeanne de Hautefort épouse d'Adrien Chapt de Rastignac, eut une longue carrière sous les armes et s'en alla combattre Soliman Le Magnifique en 1565/1566 avec le duc de Guise, Henri le Balafré (qui ne l'était pas encore), auprès du roi de Hongrie et empereur du Saint-Empire Maximilien d'Autriche, il ne laissa pas de postérité hors ce bâtard qu'il désigne dans son testament (voir page 235 du livre de Cousin). Il mourut lors du siège de Pontoise en juillet 1589, ville qu'il défendait pour le duc de Mayenne.

Il est possible que Balzac ait consulté la généalogie des barons de Hautefort car on y trouve non seulement parmi les noms cités les Chapt de Rastignac du Périgord mais aussi le comte de Mailly-Rubempré, marquis de Nesle !
Lucien de Rubempré est censé être né à Angoulême en 1798, quant à Eugène de Rastignac je suppose que Balzac en fait un noble originaire du Périgord, fils du baron et de la baronne de Rastignac qui sont installés en Charente.
Cf Mailly.

Il y a trois versions de la même histoire, dans la première Louis XIII appelle Marie de Hautefort, la créature quand il est en colère contre elle, dans la seconde c'est Marie de Hautefort qui nomme ainsi le Roi dans ses moments d'impatience, dans la troisième la seule attestée par un document c'est Chavigny quand il écrit à Richelieu ! Choisissez la bonne et faites-en la morale que vous voudrez ...

Si j'étais Borgès je dirais que la plus belle version est fatalement la plus historique car la plus marquante ou bien j'en ferais un conte fantastique où les trois versions seraient une seule et même histoire vue par trois personnages différents ... Borgès ne croyait pas en l'histoire officielle pourtant il restait fasciné par ses variations. Il dévidait avec un sérieux imperturbable les différents futurs à travers nos visions du passé ... Histoire de l'éternité, fragments d'un univers contrarié.

Borgès le vieux et Borgès le jeune ... imaginons qu'un auteur serait condamné à continuer l'oeuvre d'un autre éternellement contre sa volonté pour accomplir un augure ! Et qu'à chaque fois qu'il prendrait la plume en vue d'un projet littéraire bien différent il se rendrait compte avec horreur en reposant la plume qu'il n'a fait que noter ce que l'autre aurait écrit ! Dépossédé ainsi de sa propre écriture par une espèce de maléfice du temps ...

J'avais déjà parlé du père d'Henry Malet de Châtillon, Guillaume au sujet de ses démêlés avec Brantôme, voir un peu plus haut sur cette même page.

Il paraît qu'il y a une réfome des universités en cours en France, je n'en sais rien, par contre ou en revanche je crois qu'il serait bon de créer un master d'honnêteté intellectuelle ... je suis tout prêt à en assumer les douloureux commencements !
Il a été frappant de voir se développer au fur et à mesure que l'université grandissait d'une manière exponentielle en Occident dans le dernier demi-siècle, les disciplines les plus incongrues mais aussi les plus ambitieuses ! Moins elles avaient d'assises solides plus elles revendiquaient politiquement une importance cruciale ... de la sociologie à la science du climat et à l'écologie, on ne compte plus les sciences qui ont eu la prétention de tenir le premier rôle et de gouverner le monde ou peu s'en faut.
Ces derniers jours l'on vit sur tous les écrans des virologues (plutôt que des virologistes) et autres épidémiologistes se ridiculiser à qui mieux mieux en épiloguant à l'infini sur un virus mutant de la grippe dont ils ignoraient tout ou presque et prédire je ne sais quelle catastrophe qui avait aussi peu de chances d'arriver que la Lune ne tombe sur la Terre ...
Il est peut-être temps que les scientifiques se resaississent même s'il est vrai que les meilleurs d'entre eux sont rarement les plus bruyants et réchignent à participer au désordre entropique de la connaissance tel que les médias en raffolent. L'empressement à courir aux conclusions les plus incertaines est un signe d'affolement de la boussole de l'esprit : que de fausses sciences nous contemplent !

Le régime de la concurrence entre les sciences, à qui attirera le plus d'étudiants et donc de crédits, ne porte pas toujours les fruits que l'on attend. On y mélange un peu trop l'ivraie avec le bon grain ...

Il y a une espèce de parallélisme à faire entre la crise des valeurs financières et la crise de la connaissance, on a créé des sciences qui comme les subprimes ne reposent que sur des espérances fictives, l'idée de la modélisation à l'infini du monde comme si nécessairement le monde pouvait être réductible à des modèles abstraits !
Ces promesses ne sont que des prophéties auto-réalisatrices ! Elles se révèlent vides de tout sens au total quand on les examine sereinement, il suffit qu'on détourne son regard un instant et elle s'effondrent d'elles-mêmes comme le château de Klingsor ...

Ce n'était pas la première fois que Peyrot se battait ...
Peyrot Chapt de Rastignac (mort le 26/7/1621), troisième fils d'Adrien et de Jeanne d'Hautefort, fut Seigneur du Pouget. Un duel l'opposa le 1er janvier 1597 à Jean de Ferrières de Sauveboeuf.
Jean de Ferrières-Sauvebeuf sortit de prison en février suivant ; Une des premières choses qu'il fit fut de chercher querelle à Peyrot Chapt de Rastignac, l'ami de sa victime (Jean de Lostanges, sgr de Saint-Alvère qui avait eu des vues sur demoiselle Claude des Cars qui était un fort beau parti), des échanges de cartels aboutirent encore à un duel fixé au 1er janvier 1597. Peyrot Chapt choisit son cousin germain Raymond Chapt comme second (fils d'Antoine et de Jeanne de Calvimont), Ferrières choisit Guy de Bonneguise, sieur de Peyraux pour le sien.
La rencontre eut lieu sur le pré de Verinhac, au bord du Cern, en la paroisse de Bersac, et se termina par la mort de Raymond Chapt, tué d'un coup de dague par Guy de Bonneguise de Badefol, écuyer, seigneur de Mauroux en Quercy, seigneur de Peyraux (il fut tué d'un coup d'épée reçu au bas ventre, le 1er janvier 1597, par le témoin de ce dernier, Guy de Bonneguise sieur de Peyraux, qui pourtant s'efforçait de le calmer). L'affaire fit du bruit, un procès s'en suivit; les détails de la ..
Jean Ferrières, seigneur de Sauvebeuf, gouverneur du château de Ha et de Bordeaux épousa, le 21 janvier 1561, Marie de Noailles, fille d'Antoine de Noailles et de Jeanne de Gontaut. Le Jean de Ferrières de Sauvebeuf qui figure dans cet acte comme un des principaux accusés, étoit sans doute le fils de Marie de Noailles.
Le capitaine Ferrières dit Sauvebeuf lieutenant - de M. de Givry - qui fut tué - au camp de Valenciennes en 1571 - là-devant en une escarmouche qui fut belle dit Brantôme et Marie de Noailles se remaria le 21/2/1572 à Joseph de Lart et de Goulart, seigneur de Birac.
Jean de Ferrières, chevalier de l'ordre du roi, mestre de camp d'un régiment de pied français en 1617, fait en 1612 gentilhomme de la chambre du roi, ne vivait plus en 1625 lorsqu'on ouvrit le testament de son épouse (Claude des Cars), en présence de ses nombreux enfants réunis au château de Sauvebeuf ou Sauveboeuf tout nouvellement reconstruit (paroisse de Bas en Sarladais, en Périgord).
Une précision : Jean de Ferrières épousa par contrat du 3/10/1595 Claude des Cars, fille de feu François et de feue Claude de Beaufremont, ce qui veut dire qu'il y eut un délai de plusieurs années entre le premier duel et le second et que c'est romancer la réalité que les rapprocher exagérément ou alors la dispute n'a pu avoir lieu au sujet de la main de Claude des Cars.
Son fils fut le célèbre Charles Antoine de Ferrières de Sauveboeuf. Le fils de Charles Antoine de Ferrières, marquis de Sauveboeuf se battit en duel à Paris avec un sieur de Seronville et le tua. Les édits sur le duel étaient sévères ; Ferrières, qui réussit à s'échapper, fut condamné à mort et son château rasé. Mais il fut gracié plus tard sur les instances de sa parente Madame de Hautefort et le roi Louis XIII sur lequel elle avait la plus grande influence donna l'ordre de reconstruire Sauveboeuf (il y a certainement une confusion ici avec l'histoire du père de Charles-Antoine car quant au château il fut rasé sur l'ordre de Richelieu en 1634 comme Charles Antoine avait pris le parti de Gaston d'Orléans). Cf ici Ferrières de Sauveboeuf.
La petite-fille et héritière de Charles-Antoine, Anne-Thérèse de Ferrières épousa Charles, marquis de Vassan et leur fille unique Marie-Geneviève de Vassan fut mariée en 1743 à Victor de Riquetti, marquis de Mirabeau, l'ami des hommes et le père du célèbre tribun.

Le pauvre château de Laxion demeure des Chapt des Rastignac a été complètement laissé à l'abandon dans les dernières décennies et les images qu'on a de lui sur le Net montre le triste état de dégradation dans lequel il se trouve alors qu'il ne manquait pas de style avec ses toits en poivrières.

Combien de gens aujourd'hui en France savent appareiller les pierres comme les constructeurs de ce château ? Ils ne ménageaient ni leur temps, ni leur peine ces bâtisseurs, il est vrai que les seigneurs de l'Ancien régime avait droit de corvée sur les manants, par exemple pour l'entretien des routes, mais ceci n'explique pas l'amour de la belle ouvrage qui était le signe de l'excellence française !
Rien que le vocabulaire des ouvriers carriers est une merveille, un délice de précision à se mettre en bouche. J'en avais donné un exemple avec la restauration du château de La Perrine-de-Cry à Avoise sous la vigilance de Victor Scherrer qui l'a faite faire dans les règles de l'art comme l'on dit.

Je donne dix sociologues et dix psychologues de plus pour un seul bon ouvrier qui sait tailler les pierres et les appareiller comme il le faut avec le ciseau et l'équerre ... chacun sa politique, chacun ses choix ! Je crois que s'activer pour créer quelque chose de beau est la meilleure thérapeutique possible à toutes les petites misères de l'existence. Mais ceci n'est pas enseigné dans les IUFM ...

Au temps de Ninon de Lenclos et de Saint-Evremond, la tragique histoire de Claude Le Petit et celle de Jacques Chausson, ce sont les premiers temps du règne personnel de Louis XIV dit le Roi-Soleil et cela commence fort mal ! Saint-Evremond le libertin et le bel esprit, l'ami sensible de Ninon, le frondeur et le poète, type même de l'écrivain libre s'exilera en Angleterre en 1661 et finira à Westminster dans le carré des poètes.

On se demande comment Françoise d'Aubigné, petite-fille d'Agrippa, poète rebelle s'il en fut, et femme de Scarron l'irrégulier et même semble-t-il qui partagea la couche et les plaisirs de Ninon de Lenclos a pu devenir cette espèce de mère supérieure de la maison de Saint-Cyr où la règle suffisait à la raison !

La France au moment de la Fronde a raté une révolution qui aurait pu la mener loin ...

Ce que je regrette c'est que la Révolution française de 1789 arrive avec cent-cinquante ans de retard ! Et qu'elle est dominée par l'idéologie plutôt que par la culture des faits. En 1650, la bourgeoisie en pleine ascension aurait pu asseoir un pouvoir parlementaire face à une monarchie de droit divin tempérée par les contre-pouvoirs tout en s'épargnant un Cromwell comme l'Angleterre le connut.

Voici ce que dit Pierre Cormary à mon sujet dans le cours d'une discussion sur son article consacré à "François Mauriac et l'homosexualité" : En fait, tu déconnes tout le temps, tu ne prends rien au sérieux, mais alors, dès qu'on parle d'homosexualité, mazette, te voilà sérieux comme un pape !
A dire le vrai je ne sais pas trop s'il me reproche plus quand je suis sérieux ou quand je ne le suis pas ? Ma sortie du placard que j'ai faite très jeune alors même que je pratiquais pas le sexe avant donc mes vingt ans ? Rendons-lui grâce d'affirmer quelque chose à mon sujet même si je n'arrive pas à déterminer si c'est du lard ou du cochon ...
Ce qui est sûr en tout état de cause c'est que l'on ne se précipite pas à ma porte, ni non plus l'on ne souhaite ma venue dans les réunions privées ou publiques, est-ce par faute de sérieux ou ou contraire par trop de tragique ? Nul ne le sait et surtout pas moi ...
Si les hétérosexuels craignent mes goûts affichés, les homosexuels les craignent semblent-ils encore plus, donc je ne sais sur quel pied danser ... attendons donc que la lumière soit faite à la fin des temps.

Je ne réclame rien et je ne ferai aucune démarche de quelque sorte qu'elle soit pour réclamer quoi que ce fusse, maintenant il est clair aussi que personne ne me fera taire à défaut d'être l'hôte que l'on attend. Est-ce ce que l'on redoute ?

Je n'ai pas d'être social c'est pourquoi je ne reçois pas d'invitation, je suis un clochard du Net ...

"La Croix" a dit que ma candidature à l'Académie française était une blague, pourquoi pas, je suis peut-être un farceur qui s'ignore ? En mai 1997, je me suis présenté aux élections législatives et seul candidat en France j'ai supporté le Pacs autrement appelé à l'époque le contrat d'union civique ou contrat d'union sociale, était-ce pour rire ? Qui sait ... je fais des plaisanteries largement au-dessus de mes moyens alors.

Je ne suis le directeur de conscience de personne, qu'on me laisse à loisir du moins être le mien.

Si j'étais joueur et que je dissimulais ce vice - ou si voulez cette occupation dangereuse pour mes finances - dirait-on de moi que j'ai bien préservé ma liberté ? En quoi cacher ses passions vous fait gagner une place au paradis sinon au paradis de la société des gens bien comme il faut ? La bienséance qui réside dans le mensonge est une bien pauvre chose ... accomodez-vous plutôt de ce que je suis et montrez un peu d'intelligence cela ne vous sera pas de trop si vous voulez faire figure dans le monde.

Reprenons nos moutons et sautons dessus à califourchon ...
Deux amis de Ninon de Lenclos, tous deux portés sur l'amour des garçons, Saint-Pavin et l'abbé Boisrobert.

Vous ne le saviez certainement pas mais c'est à Saint-Emilion - capitale mondiale des bons vins - que se trouve le zéro des coordonnées suisses ! On me dira que ni le Léman ni le Rhône ne se jettent précisément dans la Dordogne ou l'Isle, certes, mais je suppose que des suisses bons vivants ont estimé qu'il valait mieux désigner un pays où l'on buvait bien plutôt que n'importe quel autre comme point de référence de leur géographie sentimentale !

Le Nouveau dictionnaire historique parle avec éloge des Chat ou Chapt de Rastignac notamment de Raymond que De Thou qualifie "homme d'un courage infatigable", Virum indefessae virtutis.
Maison de Rastignac.
Au sujet de Raymond de Rastignac, né en 1545 au château de Rastignac ou à Sarlat selon les sources, tué le vendredi 26/1/1596 en Picardie à La Fère d'un coup de fauconneau en revenant de faire quelques commissions auprès d'Henri IV et d'y traiter quelques affaires.
Le Grand Conseil du roi décida « les Grands-Jours de Périgueux » qui se tiendraient pendant quatre mois, ces assises judiciaires extraordinaires auraient lieu d'août à octobre 1572, à la suite des guerres de religion, les gens du conseil du roi dirent à MM. des Grands Jours, en date du 8 septembre, que MM. de Rastignac avaient réuni des troupes et cherchaient à surprendre la ville de Périgueux. Le 13/8/1572 Raymond Chapt de Rastignac et deux de ses frères furent condamnés à mort et exécutés en effigie.
Voir la lettre au roi par les commissaires des Grands Jours de Périgueux en date du 23/8/1572.
En 1572, le château de Rastignac (commune de La Bachellerie en Dordogne) avait été incendié (alors qu'il devait être démoli et rasé mais comme cela aurait pris trop de temps on se contenta d'y mettre le feu) suite à la condamnation de ses propriétaires, Raymond Chapt de Rastignac et ses deux frères Antoine et Adrien (marié à Jeanne de Hautefort), par les «Grands Jours de Périgueux».
Il ne faut pas confondre ce Raymond avec celui qui mourut lors d'un duel le 1/1/1597 comme second de son cousin germain Peyrot (neveu du Raymond mort en 1596) ! Quant à Peyrot Chapt de Rastignac il est dit qu'il rendit de généreux services à Henri IV et Louis XIII nommément aux sièges de La Fère en 1596 et d'Amiens en 1597 (c'est lui qui conduisit Louis XIII à Bordeaux pour consommer ses noces avec Anne d'Autriche le 21/11/1615), il se ruina entièrement au service, quant à son oncle Antoine le frère de Raymond et d'Adrien, il fut tué d'un coup d'arquebuse dont il fut blessé en portant les armes au service du roi contre la Ligue catholique en 1579 en emmenant la noblesse du Périgord - mais non pas comme certains le prétendent contre les protestants (c'est son fils Raimond qui fut tué en duel en 1597 sur le pré).
Ce qui épatant c'est de voir que dans les guerres civiles on se retrouve dans un camp ou dans un autre selon les moments, porté par la faveur du vainqueur ou au contraire accablé de tous les maux !

Pour mieux se repérer dans les générations on peut consulter le Nobiliaire universel de France.
Jean Chapt de Rastignac (°circa 1565), fils aîné d'Adrien et de Jeanne de Hautefort, fut l'un des principaux chefs de la Ligue catholique en Limousin avant de revenir dans les rangs royaux, où en sa faveur le roi fit ériger la baronnie de Rastignac en marquisat en 1617, son frère nommé Jean lui aussi mourut au siège de Paris entre 1589 et 1593 (selon lettres de 1595).
Louis autre frère d'Adrien, homme d'armes des ordonnances du roi fut tué au siège de Mussidan (Périgord) en 1569.
Les guerres religieuses n'ont guère épargné le sang de cette famille ... c'est ce que l'on appelle l'impôt du sang !

L'actuel château de Rastignac édifié entre 1812 et 1817 a servi de modèle pour la Maison Blanche à Washington selon les dernières recherches des historiens car Jefferson aurait vu les plans qui ont servi à la construction avant de rentrer aux Etats-Unis.
Cette demeure palladienne a été sauvée de la ruine il y a quelques années par un hollandais qui en était tombé amoureux, on ne saurait en dire autant pour Laxion autre demeure des Chapt de Rastignac (prononcer Chat).
Cf aussi White House et plagiat.
Tout ceci n'est guère surprenant, on sait que l'urbaniste qui établit le cadastre de Washington est l'architecte L'Enfant d'origine française. Les américains sont de grands emprunteurs sans le savoir ...

L'amour de la beauté ne fait pas partie des apprentissages officiels de l'éducation nationale, dont on ne redira jamais assez tout le mal qu'elle fait à la culture.

Haïku français.
Il faut choquer les flûtes ... pour leur faire rendre un son doux et harmonieux !

Voici ce qu’écrivait (avec toute l'emphase poétique possible), dans The Prelude (Liv. IX, v. 288-321), le poète anglais W.Wordsworth sur le capitaine Armand-Michel Bacharetie de Beaupuy (°1755-1796) dont il était devenu l’ami :
« Parmi ces officiers, il s’en trouvait un d’une trempe tout autre. C’était un patriote, et pour cette raison il était tenu à l’écart par le reste et repoussé avec un mépris oriental, comme un être d’une caste différente. Jamais il n’y eut sur la terre un être de plus de douceur et de plus de bonté. Il était doux, quoique enthousiaste. Les offenses ne faisaient que rehausser sa bonne grâce, et c’était alors que sa nature exhalait le mieux son parfum, comme ces fleurs du gazon alpestre qui répandent leurs arômes quand on les foule aux pieds. À travers les événements de cette grande Révolution, il s’aventurait dans une foi parfaite, comme à travers un livre, un vieux roman de chevalerie ou un conte de fée ou un rêve d’actions accomplies derrière les nuages de l’été. Sa naissance le mettait au rang des plus nobles, mais il s’était attaché au service des pauvres du genre humain, comme par un lien invisible, comme par des serments prêtés à un ordre religieux. Il aimait l’homme en tant qu’homme, et il avait pour les petits et pour les obscurs, pour tous les humbles dans leurs plus humbles offices, une courtoisie qui n’avait en rien l’air de la condescendance. Elle ressemblait plutôt à de l’amour ou à de la galanterie, aux hommages qu’en ses heures oisives de soldat il avait naguère rendus à la femme. Il était quelque peu vain ou semblait l’être cependant, non, ce n’était pas de la vanité, mais une vive tendresse, une sorte de joie rayonnante répandue autour de lui, tandis qu’il se consacrait aux œuvres d’amour et de liberté ou qu’il se retraçait complaisamment les progrès d’une cause qui était la sienne. D’ailleurs, cela même était doux et paisible et n’ôtait rien à cet homme de ce qui charmait en lui. »
Il devint général de division et mourut au Val d'Enfer à Emmendingen dans le Bade-Wurtemberg.
Lui et ses quatre frères tous nés à Mussidan dont trois moururent pour la Révolution étaient descendants de Montaigne par le truchement de sa fille unique (du côté maternel par les Villars du Périgord) et aussi cousins des Salleton.
Nicolas Charles Bacharetie de Beaupuy (°1751-1802), son aîné, fut militaire et sénateur, Pierre Armand dit la Richardie (°1752-1793), commandant le 5ème Bataillon de la Dordogne, tué à Fontenay-le-Comte le 25/05/1793, Louis Gabriel dit Lafilolie (°14.09.1753), mort à Strasbourg en 1793 "des fatigues de la guerre", Jean appelé aussi Guy (°21/11/1756), chanoine à Arles puis curé de Mussidan sous la Révolution.

J'écrivais "avec toute l'emphase poétique possible", j'aurais du faire mieux ou pis comme l'auteur et dire "avec toute l'emphase poétique nécessaire", car enfin ce général Michel Beaupuy qui s'écrie à Château-Gonthier, quand il eut le corps traversé par une balle, "Qu'on me laisse ici, et qu'on présente ma chemise sanglante à mes grenadiers !" n'est-il pas au vrai un tantinet ridicule ?
Je sais bien que les républicains étaient censés avoir laissé leur religion au vestiaire mais est-ce que tout cette ferveur ne sent pas un peu son curé défroqué ?
C'est ce que j'appelle les méfaits de l'idéologie, quand pendant les guerres de religion les Chapt hachaient menu leurs adversaires ou se faisaient tuer à coups d'arquebusades ou de fauconneau - je ne sais ce que c'est - ils y mettaient plus de simplicité et ils n'accompagnaient pas tout cela de grands gestes et de paroles augustes ... je préfère et de loin les paroles si justes de Brantôme "il fut tué là-devant en une escarmouche qui fut belle" plutôt que ce faux romain, ce Sparte en moulures décoratives et qui sent son plâtre frais !

On n'imagine pas Montaigne employant ce genre d'expression hypertrophiée, lui qui maire de Bordeaux lors de la peste qui frappa la ville se réfugia prudemment sur ses terres ; il s'intéressait à la République romaine mais pas au point d'en vouloir être un nouveau Brutus ou un second Cincinnatus !

Je conçois l'héroïsme d'une manière douce et modérée mais pas accompagné de déclarations grandiloquentes ...

Le pas d'armes de la bergère sous la plume de Nicolas Charles Victor marquis d'Oudinot (°1791-1863), fils du duc de Reggio, commandant l'école de Saumur, raconte le premier carrousel d'après la Révolution qui fut donné à l'école royale de cavalerie de Saumur devant la duchesse de Berry le vendredi 20 juin 1828, parmi les quadrilles qui paradèrent se trouvait le capitaine Julien Joseph de Salleton (°1795-1837) monté sur cheval bai. Chevalier de la Légion d'Honneur depuis le 22 juillet 1814, il était le frère cadet de Marie-Marthe de Salleton (°1782-1858), mon aïeule.

Pourquoi la légion d'honneur au si jeune âge de 18 ans ? Le 13 avril 1814, au combat de Reims, il est blessé par arme à feu au pied droit. Le 8 mai 1814, il demande la croix de la Légion d'honneur pour action d'éclat et l'obtient le 21 juillet 1814. Il avait fait la campagne de France, la dernière de Napoléon en 1813/1814 (avant l'exil sur l'île d'Elbe).

Le général Oudinot note avec bienveillance que Madame ayant été informée qu'on s'occupait avec zèle et succès à l'Ecole de la reproduction des chevaux a témoigné le désir de voir le haras. Cet établissement qu'elle a visité en détail a vivement excité son intérêt ... , je ne crois pas qu'il mettait tant de malice dans cette remarque incidente ! On ne saurait être plus galant et plus modeste car quand on a comme moi visité le haras du Pin on sait que les étalons se remettent lentement de leurs émotions légitimes ...

On sait que la duchesse de Berry, jeune veuve, avait le sang chaud et après son équipée vendéenne en 1832 accoucha dans sa prison des oeuvres de son second mariage morganatique.

Le cousin de Julien de Salleton, Pierre Julien Valentin de Salleton (°1782-1809), fut reçu à polytechnique second de sa promotion en 1800, entra dans l'arme du génie en 1802 à l'école d'artillerie et du génie de Metz, fut affecté à la Grande Armée à sa sortie de l'école, lieutenant lors des campagnes de 1806/1807 à l'Etat-major général sous les ordres du général Kirgener.
Il trouva la mort des suites de ses blessures le 20 avril 1809 dans la campagne d'Espagne à Avich près de Valls en Catalogne, étant capitaine du génie commandant les sapeurs dans la maison occupée par le général de brigade du génie François-Joseph Kirgener, baron du Planta (qui fut tué en 1813 par le même boulet qui tua par ricochet le général Duroc).

J'ai travaillé un peu sur la généalogie Béhagle cette après-midi, dans la branche Béhagle-Marigny, j'ai trouvé deux descendants intéressant l'histoire militaire de la France : Gabriel Gaullier de Saint-Cyr (°3/8/1798 Sorigny, Indre-et-Loire - 10/7/1831 Algérie), écuyer, reçut en 1816 le prix de physique au grand concours des lycées de Paris, sergent-major de Polytechnique, 10ème à l'entrée en 1816 et sorti 8ème en 1818. Corps du Génie 2ème sur 12 élèves. Lieutenant du génie en 1813, capitaine en 1825, campagne d'Alger en 1830 comme premier aide de camp du baron général du génie Valazé et dirigea les travaux pendant le siège du château de l'Empereur. 1831 chevalier de la Légion d'Honneur. Chef de bataillon du génie à 33 ans au moment où il fut assassiné à la Maison Carrée le 10 juillet 1831 (Éléonor Bertrand Anne Christophe Zoa Dufriche - ce nom ! -, baron de Valazé, né le 12 février 1780, aux Genettes et mort à Nice le 26 mars 1838, est un général de division du génie français).
Adrien de Gaullier de Grandière (°12/12/1821 Saumur - 1855 Sébastopol, Crimée, Ukraine), second à Saint-Cyr 1841/1843, sous-lieutenant au 9ème bataillon des tirailleurs de Vincennes à Oran le 1/4/1843, Capitaine adjudant-major aux chasseurs de la Garde Adrien Gaullier de La Grandière mort en 1855 tué au siège de Sébastopol pendant la Guerre de Crimée où les franco-anglais affrontèrent les russes.

J'ai pu éclaircir un petit mystère, les Béhagle se sont alliés en 1804 avec les Desmier de Chenon à Angoulême, j'avais pu croire jusqu'à présent aux hasards d'une rencontre post-révolutionnaire mais je me suis aperçu d'un lien plus direct, les Béhagle étaient alliés aux Marigny or on trouve parmi les témoins d'une naissance Marigny en 1741 à Paris, comme parrain Jean-Louis Randon de Malboissière (°1706 Anduze - 7/10/1763 Paris), il eut une fille dont les lettres charmantes ont été publiées Laurette de Malboissière (°1746-1766) et un fils assez célèbre Charles Joseph Randon (°1751-1832), sgr de Malboissière, marquis de Pully, qui fut chef d'escadrons aux dragons d'Angoulême, général de division en 1793, destitué peu de temps après, il rentra dans l'armée le 18 Brumaire, servit sous l'Empire et la Restauration époux en premières noces de Marie-Anne-Joséphine Desmier d'Archiac (°1751 - Paris 15/7/1832), fille de Louis-Étienne Desmier comte d'Archiac (°9/12/1715 Saintes - mort après 1792), maréchal de camp, grand-croix de Saint-Louis, lui-même marié en secondes noces le 27/10/1766 avec Françoise Marie Jeanne Picquefeu de Longpré (°1727-1789) veuve de Jean Louis Randon de Malboissière.
Dont comme fille de Charles Joseph, Jeanne Pauline Louise Randon de Pully (°12/1/1776 château de Pully, Lailly-en-Val, Loiret - 21/5/1859 Paris) mariée deux fois à Londres le 14/10/1793 avec Louis Greffulhe (°1741-1810) puis à Paris le 10/10/1821 avec Pierre Raymond Hector d'Aubusson de La Feuillade, Comte d'Empire, Pair de France, Ambassadeur, Chambellan de Joséphine, dont du premier mariage Cordélia Greffulhe (°1796-1843) mariée le 22/6/1813 avec Esprit Victor Boniface de Castellane, maréchal de France dont comme arrière-petit-fils le célèbre Boni de Castellane que Proust fréquenta.

Pour le plaisir les lettres de Laurette de Malboissière qui sont une vraie source d'eau fraîche en un siècle souvent corrompu !

L'aïeul des Malboissière était un fournisseur de laines au XVIIème siècle, je suppose que les Béhagle qui dirigeaient plusieurs manufactures de tapisseries le connurent de cette façon.

Joseph de Chancel de La Grange (°1677 Château d'Antoniat près de Périgueux - 1758 idem), auteur des "Philippiques" (pamphlet contre le Régent) n'a pas de rapport avec le marquis François-Joseph Le Lieure de La Grange (né en 1726, mort à Paris en 1808 à 82 ans) époux de Mlle Adèle de Méliand (morte en 1829 à Paris) amie de Laurette qui donna au public ce recueil de lettres gourmandes. Cf Les Souvenirs de la Marquise de Créquy sur Google Books.

Un livre très drôle du comte de Soyecourt émule du duc de Saint-Simon - quoiqu'il prétende que ses Mémoires sont une rhapsodie de contrefacteur - qui rabaisse les prétentions et élève des barrières entre la vraie et grande noblesse et les autres en plein XIXème siècle : Notions claires et précises sur l'ancienne noblesse de France ou réfutation des prétendus mémoires de la marquise de Créquy par François Soyecourt
Il y a des perles qui dorment dans les archives, des forcenés dont l'oeuvre de toute une vie est de déposer des réclamations à la face du passé comme du futur parce qu'ils ne sont pas bien dans leur temps ! Je m'amuse bien avec eux et je me reconnais ...

Chaque ouvrage qui paraît en suscite un autre qui le contredit, le réprouve et au final le condamne ! Ainsi les écrivains ont inventé le mouvement perpétuel et tant qu'il restera moyen d'écrire pourront mutuellement s'exciter à quelque controverse ...

L'Echo de la France (Vicomte d'Yzarn Freissinet) se montre assez complaisant avec la malheureuse Geneviève Françoise Randon de Malboissière alias Laurette (°21/12/1746 Paris - 22/8/1766 Paris) ! Et pourtant le XIXème siècle puritain qui élevait les filles des bonnes familles comme des saintes et les livrait comme des pouliches était passé par là ...

La Revue des Deux Mondes fidèle à sa réputation (en 1867 sous la plume de Saint-René Taillandier), gronde et donne des leçons de morale ennuyeuse !
Mais Jules Janin en fait le portrait avec grâce et douceur avec juste - in cauda venenum - la petite pointe de morale finale signature du temps.

Les papiers du Cardinal Caprara (°1733-1810), nonce apostolique et légat du Pape Pie VII à Paris entre 1801 et 1810 permettent de se faire une idée plus précise du sort de Sébastien François Xavier Pomiès (°1764), fils aîné de Jean-François Pomiès pendant la Révolution.
On se souvient qu'en 1789, il était à Paris auprès de Claude Fauchet, le tombeur de la Bastille. Celui-ci devint évêque constitutionnel de Bayeux en mai 1791 et Pomiès viendra le rejoindre plus tard.
La protestation de la commune fut aussitôt couronnée de succès. En effet, le 18 avril 1791, Sébastien-François-Xavier Pommier fut solennellement installé, comme curé de Dugny et du Bourget, en présence d'un grand nombre de témoins (Dugny et Le Bourget se touchent).
A Dugny en 1791 ce ne sont alors que Te Deum, bénédictions de drapeaux, fêtes où l'on ne distingue plus les manifestations de la foi de celles du patriotisme, prolongement en quelque sorte des fêtes de la Rosière où l'ordre des cérémonies et des processions paraît réglé autant par l'initiative de la municipalité que par les normes du temps.
... le « petit Pommier » comme on l'appelait, qui après avoir été quelque temps curé de Dugny, près de Saint-Denis, devint vicaire épiscopal de Caen. Sébastien François Xavier Pommiès autre vicaire épiscopal de Fauchet installé curé provisoire de St Jean de Caen le 12 octobre 1793 à la place de Jean Anne Jacques Gohier de Jumilly (°20/12/1724 St Sauveur de Caen) prêtre jureur qui fut compromis dans le fédéralisme. Pomiès, le vicaire épiscopal qui le remplaça, fut interdit à son tour.
Sébastien-François-Xavier Pomier, prêtre du diocèse de Paris, n'a contracté qu'un mariage simulé. Ancien vicaire principal à Bayeux, il s'est rétracté entre les mains des grands vicaires de l'évêque réfractaire Juigné et il s'est séparé de sa femme Marie avec qui il s'était marié le 3 avril 1794 (14 Germinal An 2 au moment du procès de Danton) quand il était incarcéré pour obtenir sa liberté. Sa soi-disant femme est morte le 15 mars 1795 sans enfants vivants. Il s'est rétracté ensuite auprès des vicaires généraux de l'évêque réfractaire Juigné qui l'ont relevé de ses censures et depuis deux ans déjà c'est à dire depuis 1800 il exerce les fonctions de desservant dans une église de Paris.
Note : Antoine Éléonor Léon Leclerc de Juigné, né le 2 novembre 1728 à Paris où il est mort le 19 mars 1811, est un prélat français. Il fut grand-vicaire de Carcassonne, agent général du clergé en 1760, évêque de Châlons en 1764, archevêque de Paris en 1781, et député du clergé pour la ville et faubourg de Paris pour les Etats généraux de 1789. Il fut ensuite membre de l'assemblée constituante de 1789.
On le retrouvera ensuite ayant donc survécu à la Terreur grâce à sa douce ruse nommé curé dans la paroisse de Bures-sur-Yvette dans l'actuelle Essonne : 4 vendémiaire an V (25/9/1796), même serment, en même circonstance, par Sébastien-Francois-Xavier Pomiès.
A-t-il ou non consommé son mariage ? Nous ne le saurons jamais mais enfin un homme de trente ans dans la force de l'âge troublé par les évènements politiques avait bien le droit à quelques faiblesses ...

To the Gold Coast for Gold de Richard F. Burton publié en 1883, dans sa réédition de 2007 avec des notes précieuses permet d'éclaircir l'identité de l'autre fils de Jean-François Pomiès qui était capitaine de frégate en 1797, Zavier Pommier est bel et bien Louis Xavier Pomiès (°6/5/1765 Versailles) comme je le pensais.
En fait il y eut deux mission de la corvette La Mutine à Ténériffe, la première en mars 1796, la seconde qui conduisit à sa capture le dimanche 28 mai 1797 par les hommes de la marine anglaise, ce qui explique mes confusions précédentes.
D'après les archives de la Marine, on a :
Première mission sous les ordre du contre-amiral Sercey (cf Journal de la corvette la Mutine, commandant Pomiès, de la division des Indes orientales sous les ordres du contre-amiral Sercey), Corvette La Mutine traversée de Rochefort au Ferrol puis à Ténériffe et retour à Lorient commandant Pomiès lieutenant de Vaisseau puis capitaine de frégate. 18 Ventôse - 20 Fructidor An IV (8 mars 1796 - 6 septembre 1796) . Départ le 4 mars 1796 de Rochefort. Ses avaries réparées il fit route pour sa destination mais une forte voie d'eau le força à relacher à Santa Cruz de Ténériffe. Ne pouvant réussir à y aveugler cette voie d'eau il retourna en France. La Mutine mouilla à Lorient le 28 juillet.
Seconde mission, Corvette La Mutine (captain Zavier Pommier) mission secrète à Batavia capturée en rade de Santa Cruz de Ténériffe le 9 Prairial An V (dimanche 28/5/1797) par les frégates anglaises Lively (captain Benjamin Hallowell) et Minerva (La Minerve captain George Cockburn Lieutenant Hardy). Pomiès, capitaine de frégate. 1er flor. an V-ll niv. an VI (20 avril 1797 - 22 décembre 1797).
D'où la décision suivante quand on apprit en France la capture de La Mutine : Ordre ministériel de traduire le capitaine de frégate Pomiès, commandant la Mutine, devant le Conseil martial, à l'occasion de son retour en France. ...
Ce haut-fait de la capture de La Mutine valut à Thomas Masterman Hardy (°1769-1839) une promotion au rang de commandant, voir ce livre : Naval officers qui fit par la suite une très belle carrière, fut anobli (baronet) et premier lord de l'Amirauté.
100 matelots français de La Mutine se trouvaient donc bloqués à Santa Cruz en juillet 1797 au moment de l'attaque par Nelson du port et qui fut victorieusement repoussée grâce à leur action (en trois tentatives, les 20 de jour puis de nuit puis le 24 qui lui fut fatale car il y perdit un bras et fut fait prisonnier).
Cf Le Carnet de bord 1889-1890 d'Albert Roussel ainsi que nombreux autres livres qui content le seul échec de la glorieuse carrière du marin le plus désobéissant d'Angleterre. Il s'agit bien entendu du célèbre musicien Albert Roussel (°1869-1937).

J'ai précisé que le 28 mai 1797 tombait un dimanche car cette date eut une importance cruciale puisque le commissaire de la République Jean-Baptiste Drouet (°1763-1823), l'envoyé spécial que Pomiès était chargé de convoyer jusqu'à Batavia décida de faire l'ascension du Pic de Ténériffe en se faisant accompagner par le commandant et ses hommes laissant La Mutine et les quelques marins qui y restaient se faire arraisonner par des anglais audacieux.

Du coup il est tout à fait possible que Pomiès ait participé à la désastreuse expédition d'Irlande en décembre 1796 puisqu'à ce moment-là il était de retour en France entre ses deux voyages aux Canaries ! Mais je ne saurais l'affirmer, chat échaudé craint l'eau froide.

Un livre intéressant à deux titres "Augustin de Barruel : un jésuite face aux jacobins francs-maçons, 1741-1820" par Michel Riquet S.J, d'une part il a été de juillet 1774 à mai 1777 le précepteur des enfants du prince François-Xavier de Saxe, d'abord au château de Chaumot puis à celui de Pont-sur-Seine et il semble bien que ce soit Jean-François Pomiès qui en ait obtenu le renvoi une fois qu'il fut installé trésorier du Prince.
D'autre part il a été le premier à publier un ouvrage dans lequel il dénonçait la Révolution comme l'ouvrage des francs-maçons (il avait été accueilli en exil à Londre par Edmund Burke).

Le 10 août 1788, Claude Fauchet prononce un mémorable sermon auquel assistait plus que probablement son vicaire Sébastien François Xavier Pomiès et en présence de la Comtesse d'Artois et de Mgr de Puységur, archevêque de Bourges, pour La fête de la Rosière de Suresnes, ceci prouve qu'au sein même de l'Eglise des voix se faisaient entendre pour changer l'ordre des choses et qu'il n'est pas besoin comme Barruel d'invoquer je ne sais quelle conspiration de Rose-Croix ou d'Illuminati pour expliquer la révolution qui se préparait.

D'après une note de l'ambassadeur de Bavière, Fauchet faisait partie des Illuminés fondés par Weishaupt, voir le livre sur Barruel. Ceci dit les gens de la Compagnie de Jésus ont eu tendance à se voir des concurrents dans tous les ordres de la société ... ils étaient experts si je puis dire ! On connaît leur longue lutte contre les jansénistes.

Vous savez que Charles Baudelaire dut se défendre d'accusations d'immoralité publique après la parution en 1857 des Fleurs du Mal, il se choisit comme avocat maître Gustave Chaix d'Est Ange (°1800-1877), qui produisit une très belle et très vaine plaidoirie et c'est son fils qui en assura la lecture effective.
Pourquoi prit-il ce ténor du barreau parisien ?
Baudelaire avait le sentiment de son rang, il savait que son père avait été un homme de condition, ceci est très sensible dans ses lettres à sa mère, Madame la générale Aupick née Caroline Archenbaut Defayis (°1793-1871). En effet Joseph François Baudelaire (°1759-1827) était un prêtre diplômé de la faculté de Paris depuis 1783, qui fut le précepteur des enfants du duc Antoine-César de Choiseul-Praslin (°1756-1808) et qui renoncera à son état le 19 novembre 1793 en pleine tourmente révolutionnaire pour se marier par deux fois.
On se souvient que Claude Fauchet (°1744-1793) après avoir étudié chez les Jésuites de Moulins et grâce à la protection du cardinal de Besançon, fut lui aussi précepteur d'un fils du comte puis marquis Claude Antoine Cléradius de Choiseul-La Baume (°5/10/1733 Nancy - 4/5/1794 Guillotiné à Paris), chambellan du roi Stanislas à Nancy, maréchal des camps et armées du roi (lointain cousin des deux ducs de Choiseul et de Praslin) époux le 1/9/1755 de Diane Gabrielle de La Baume-Montrevel et qu'il entra avec son élève au collège d'Harcourt jusqu'à que cette éducation terminée il soit admis dans la communauté des prêtres de Saint-Roch de Paris. Son élève le fils cadet Claude-Antoine-Gabriel de Choiseul-Stainville (°1760-1838) fut duc de Choiseul-Stainville (1787), choisi comme héritier universel par son oncle, le Ministre de Louis XV. Il participa à l'organisation de la fuite de Louis XVI à Varennes.
Qui était donc Gustave Louis Chaix d'Est Ange ? Comme Charles Baudelaire - ne faisons pas trop durer le suspense - il était le fils d'un prêtre défroqué ! Un petit prêtre gascon d'origine et provençal par sa naissance nommé Richard François Chaix-d'Est-Ange ou Destange qui était né à Apt (Gard) en 1758. L'abbé Destange officiait comme aumônier à la Salpêtrière en 1790 et il était associé avec Claude Fauchet dans ses entreprises politiques puis fut éloigné à la suite de l'affaire dite des billets de confession, il devint prêtre en 1791 à Saint-Médard.
Une révolution à l'oeuvre dans le faubourg Saint-Marcel d'Haim Burstin nous donne des précisions éloquentes sur le zèle révolutionnaire des deux compères. "Les tyrans sont mûrs" était la devise que Fauchet s'était choisi, tirée d'un de ses propres sermons.
L'abbé Chaix était arrivé dans le Calvados avec Fauchet qu'il accompagnait en qualité de grand vicaire. Il fut nommé Président de la Société des Amis de la Constitution de Bayeux. Il était curé de Saint-Etienne de Caen au moment de l'insurrection du Calvados. Incarcéré dans les premiers jours d'août 1793, il ne sortit de prison qu'en 1794. Chaix d'Est Ange prêtre interdit renonça à ses fonctions ecclésiastiques en 1794 et épousa en 1799 une demoiselle Marie Françoise Victoire Lorge soeur, dit-on, du général baron de l'Empire Jean Thomas Guillaume Lorge (°1767-1826) dont la famille était caennaise (il mourut avocat à Paris le 28/3/1820).
L'abbé Richard Chaix d'Est-Ange, l'un des premiers sans doute à s'y aventurer, dès juillet 1789, ouvrait son sermon par cette triomphante proclamation ... ("De l'influence de la religion sur le patriotisme", Paris, 1789).
Fauchet le récompensa de son zèle en l'emmenant à Bayeux comme vicaire épiscopal.
Chaix d'Est-Ange (Richard). "Discours prononcé sur l'autel de la patrie, au champ de la fédération de Bayeux, en présence des officiers municipaux".
Il devint ensuite accusateur public puis procureur général à Reims.
Donc nous voyons côte à côte que ce soit à Caen ou à Bayeux, Fauchet et ses deux acolytes, ses grands vicaires Pomiès et Chaix-d'Est-Ange marcher de conserve dans la voie révolutionnaire.
Charlotte Corday qui vivait à Caen détestait Fauchet et elle dira à son procès "Je ne connais Fauchet que de vue ; je le regarde comme un homme sans moeurs et sans principes et je le méprise".
Toujours est-il que Charles Baudelaire a pu se sentir des affinités électives en se choisissant un tel avocat ...

Ce livre Baudelaire par André Guyaux donne le texte intégral de la plaidoirie de Gustave Chaix d'Est-Ange fils (1832-1887), mais on peut supposer que le père a mis la main au texte final car son fils n'avait que vingt-cinq alors et c'est d'ailleurs au père que Baudelaire s'était adressé en premier lieu (voir page 928).

On peut remarquer que quand Baudelaire se décide à se présenter à l'Académie française en 1862, il choisit le fauteuil de Lacordaire, autre prêtre célèbre par son modernisme ... et c'est le prince Albert de Broglie qui fut élu !
Tous les témoins les plus crédibles de la vie douloureuse de Baudelaire ont noté l'onction ecclésiastique de sa voix et de ses gestes ... il avait de qui tenir probablement !

On ne comprend évidemment rien à Baudelaire si on ne sait pas qu'il est le fils d'un prêtre, sa poésie n'est pas seulement une confession publique c'est aussi une prière dans le soir. Au lieu de clamer dans le vent comme les romantiques ses petits péchés vaniteux et glorieux, il se recueille et emploie toutes ses forces à battre sa coulpe, à rentrer en lui jusqu'à la consomption finale. L'Art tel qu'il le conçoit est une religion de rechange, un froc pour un pélerin de l'absolu. Il n'avait rien à voir avec son siècle et son siècle le lui a bien rappelé.
En un sens il savait qu'il était né d'une trahison, celle que son père fit de son état en renonçant à Dieu et il s'est employé à retrouver en lui par ses seules forces cette église que son géniteur avait renié.

Villon, Chamfort et Baudelaire, trois fils inconnus de prêtres renégats, aux esprits torturés parce que leur père a fauté et qui produisent les oeuvres les plus modernes, les plus tranchantes de leur temps, irréconciliables avec l'appel du siècle.

Il n'y a à peu près aucun rapport entre Baudelaire et Shakespeare et pourtant Delacroix adorait le dramaturge anglais et fit tout un ensemble de lithographies consacrées à son oeuvre. Mais l'absence de toute présence divine chez l'anglais que notre poète parisien taxait de mauvais auteur dans sa jeunesse et dont il n'avouait n'avoir lu que deux pièces devait lui peser, l'irreligion native de l'élisabéthain anglican devait répugner au fils de prêtre catholique. Alors qu'il était dans son élément avec Edgar Allan Poe et sa quête d'un idéal tel qu'on le découvre dans Eureka ...
Il n'y a évidemment aucune espèce d'idéal chez le grand Will, juste un désordre cosmique ou comique comme l'on veut.

Quand Baudelaire courtise Madame Sabatier c'est comme un abbé de cour et quand elle s'abandonne à lui il rompt avec la Présidente à sa vive stupéfaction car il a l'impression d'avoir trahi sa vocation spirituelle en partageant les délices de la chair, les paradoxes de Baudelaire sont tout expliqués quand on songe qu'au fond il accomplit la carrière religieuse manquée par son père. Le frisson de la chair ne vaudra jamais le frisson de l'éternel ...

Puisque je parlais du ministre de Louis XV, Etienne-François duc de Choiseul (°1719-1785), voici un achat qu'il fit aux alentours de 1760 quand il était secrétaire d'Etat à la famille Hastelet du Périgord dont je parlais il y a quelque temps :
Acquisition des seigneuries et terres de Pintray, de Cray et des Bruères par le duc de Choiseul sur Emery Astelet, chevalier, seigneur de la Jomelière. Saint-Julien de Cray arrondissement de Charolles (Saône et Loire), château de Chamrond ? Métairie des Bruères près de la forêt d'Amboise.
Textament du Maréchal Maurice de Saxe (°28/10/1696-30/11/1750), ouvert le 3 décembre 1750 par maître Fortier à Paris : "Plus douze mille livres à M. d'Astelet qui s'est retiré à Blois" (gratification pour ses services militaires, je suppose).
Cependant un acte, conservé aux Archives d'Indre-et-Loire, nous apprend que messire Astelet (°24/3/1723), chevalier, devint seigneur de la Jomelière (Jumelière fief tourangeau commune de Langeais ou de Fossanvilliers Les Jumeaux vers 1750 près de Pocé) par son mariage avec Louise Ursule Anne Bouet de La Noue héritière de cette terre, située paroisse de Langeais (c'est une erreur Jomelière est un fief en Périgord où se trouvait la forge familiale). Les Bouet de La Noue sont une vieille famille de l'Anjou. Il a d'ailleurs été parrain des cloches de l'église de Langeais (pour son fief de Jumelières) et son nom est gravé dessus : NOMEN SATURNINUS MIHI FECERE PETRUS EM - ASTELET EQUES IN IOMELIERE TOPARCHA ET D. ANGELICA DAUPHIN UXOR IOANNIS DECOP SCUTARII.
Toparcha signifie seigneur. La marraine doit être issue des Dauphin de la Faurie en Limousin et en Périgord.
Son frère Salomon Hastelet, né le 26 janvier 1721, éc, seigneur de Claix après avoir servi comme mousquetaire gris se fit ecclésiastique, ordonné prêtre à Tours en 1765 et affecté au diocèse de Limoges. Il fut membre de la première mission au Congo (Koongo) de la Congrégation pour la propagation de la foi, il partit avec le père Pierre Belgarde (°1730), prêtre du diocèse de Nantes qui dès 1742 à douze ans s'était rendu sur un navire de trafiquants d'esclaves à Lwangu où il séjourna pendant deux mois, il fit ensuite des études de droit en Sorbonne, il fut nommé préfet de mission apostolique le 17/6/1765 et ils embarquèrent depuis Nantes en juin 1766, ils arrivèrent à Loango le 10 septembre 1766 et s'établirent avec le père Sébastien André Sibire (de l'archidiocèse de Paris) au village de Kibota où le père Astelet de Clais mourut d'épuisement et après une longue maladie en mars 1767. En juin 1767 les deux prêtres se fixèrent à Loubou (Lubu). Les deux survivants revinrent en France en mars 1768.
On a le mémorandum de leur expédition "Relation du voyage de MM Belgarde et Astelet de Clais, premiers missionnaires envoyés par notre Saint-Père le pape Clément XIII, dans le royaume de Loango, en Guinée, en l'an 1766 de l'heureuse rencontre de M Sibire leur confrère et de leur établissement au village du Kibota. Manuscrit conservé aux archives des missions étrangères à Paris".
Cf Le royaume Kongo et la mission catholique, 1750-1838 de Kabolo Iko Kabwita.
Le dernier membre mâle de cette famille fut Emmanuel Théodore d'Astelet (°circa 1813), capitaine au 36ème de ligne depuis le 30/6/1843, commandant la compagnie de grenadiers, qui participa à l'expédition de Rome en 1849, grièvement blessé sous les murs de Rome le 30 avril d'une balle au bras gauche il avait été rapatrié sur la Corse. A peine remis le bras encore en écharpe, il se fit expédier à Civita-Vecchia et se fait tuer devant les murs de Rome lors d'un assaut devant la Casa Barberini dans la nuit du 21 au 22 juin 1849 commandé par le général Oudinot après son échec du 30 avril contre les troupes de Garibaldi (dont je parlais précédemment quand il commandait l'école de cavalerie de Saumur en 1828) avec le capitaine d'état-major du génie de Jouslard commandant la brigade de sapeurs lui aussi mortellement touché. Le capitaine François Hubert de Jouslard (°1816-1849), X 1836, avait été décoré en Afrique presque à la sortie de l'école de Metz le 30/10/1842 de la croix de la Légion d'Honneur. En 1842 lors d'une attaque De Jouslard lieutenant du 3e génie, accourut de Beni-Mered avec une trentaine de fantassins et de sapeurs pour se porter contre des assaillants arabes qui se dispersèrent (les Jouslard d'Ayron du Poitou dont je descends par ailleurs). Jouslard fut enterré en l'église Saint-Louis des Français.
Il existe à Rome une inscription commémorative posée par les Officiers, Sous-Officiers et Soldats du 36ème Régiment d'infanterie en honneur des Capitaines D'Astelet, Capitaine Adjudant-Major Trouillebert, Salvage capitaine etc. La voici : "A LEURS CAMARADES MORTS DEVANT ROME 1849 D'ASTELET CAPITAINE TROUILLEBERT CAPITAINE SALVAGE CAPITAINE".
Emmanuel d'Hastelet était sorti de l'école de Saint-Cyr, il obtint la croix de la Légion d'Honneur pour les services qu'il rendit en Algérie, se battant sous les murs de Bougie et sur les bords de la Minah vers 1847.
On peut consulter ce livre Rome : souvenirs religieux, historiques, artistiques de l'expédition française en 1849 et 1850 par Madame le comtesse Eugénie Mistral Dutheil de la Rochère.
Cf aussi sur Hubert de Jouslard : Mémoires de la société de statistique des Deux-Sèvres.

Les Bouet de La Noue descendent-ils du célèbre Bras-de-Fer, François de La Noue (°1531-1591), gentilhomme huguenot, auteur des "Discours politiques et militaires", parus en 1587 ? A priori non.
Jacques de Cordouan épousa Anne-Marie La Noue dont René Cordouan de La Noue (°1628-1703), marquis de Langeais (Langey) époux en 1653 de Marie de Saint-Simon Courtomer (°1639-1670). Voltaire à la suite de Tallemant des Réaux parle longuement du procès en impuissance entre les deux époux en 1657/1659, elle se remaria avec Jacques Nompar Caumont duc de La Force dont elle eut trois enfants et lui avec Diane de Montault de Bénac (°1627-1717) demi-soeur du Maréchal de Navailles, dont il eut sept enfants.

Le langage des sorbonnagres : de la prose au bord de la crise de nerf.

Nous sommes encore loin de comprendre le monde du vivant, ce que nous avons développé depuis quatre siècles c'est la justification du monde mécanique, celui des forces élémentaires et sa reconstruction à travers des machines simples, sa réinvention selon des règles strictes qui tiennent de la logique et de la géométrie.
Depuis une cinquantaine d'années nous avons abordé un monde beaucoup plus complexe, à la logique en apparence floue mais dont la mobilité et la souplesse d'adaptation fait toute la force. Rien n'est plus faible en apparence qu'un être vivant - si ce n'est un être conscient - par rapport aux formidables explosions atomiques des soleils mais il y a là un concentré d'intelligence mécanique qui est sans pareille dans toutes les galaxies. Les animaux et plus encore l'homme ont acquis des sphères d'exclusivité, ils philosophent naturellement avec leur environnement. Leur rapports avec leurs semblables sont riches et complexes. Quant à l'homme on sait qu'il met de l'ironie dans toutes ses activités, il les regarde en miroir et s'en détache encore plus que tout être vivant.

Au final on peut dire que l'homme cherche à s'échapper à son corps, il chercher à se spiritualiser. Telle est l'évolution naturelle des choses, de moins en moins de matière, de plus en plus d'esprit et le plus délié. Course à l'abstraction après la course à la matérialité la plus concrète.

Passer des religions qui sont des postures à une métaphysique de la microphysique ... vaste programme !

La suite des métaphores.
La route des dragons, ce sont ceux qui gardent notre corps tant que notre âme. Si le Saint-Graal est la conduite de notre esprit alors faisons de notre corps un allié pour franchir tous les précipices sans fond qui obscurcissent notre route au milieu des langues de feu ...

La poésie elle est là où je suis ... c'est un poisson-pilote qui me conduit partout où j'ai l'intention de ne pas aller.

Si les Desmier de Chenon furent relativement épargnés par la Révolution, ce ne fut pas le cas des Desmier d'Archiac et de Saint-Simon, les plus célèbres victimes qui furent guillotinés le même jour sont Madame de Sainte-Amaranthe née Jeanne-Louise-Françoise Desmier d'Archiac de St-Simon, née le 16 mai 1751 à Saintes, ses deux enfants Charlotte Rose Emilie Sainte-Amarante (°18/7/1773) et Louis Sainte-Amaranthe dit Lili (°26/7/1777) et son gendre Charles Marie Antoine de Sartines (°17/10/1760 Paris baptisé à St-Roch le 28 - mort guillotiné le 17/6/1794 ou 29 Prairial An II Barrière du Trône, inhumé à Picpus), fils du fameux lieutenant-général de la police et ministre de la Marine.
La jeune Emilie dira en montant à l'échafaud : "Ne croyez pas me punir ! Je meurs avec ma mère et mon mari, je n'ai jamais rien fait ni dit contre mon pays ; mais j'aime mieux mourir, que de vivre au milieu de tigres tels que vous."
Les textes innombrables qui parlent de la conspiration du baron de Batz et des 54 chemises rouges exécutées ce jour-là pour "parricide" envers la Nation sont suffisamment éloquents pour que je n'y rajoute rien, on peut consulter les Mémoires de Sanson notamment le passage concernant une petite servante de cuisine Marie Nicole Bouchard, domestique de Maria Grandmaison, actrice des Italiens et maîtresse de Sartines, "celle-ci avait 18 ans et n'en paraissait pas 14, elle était si frèle, si mince, si délicate qu'un tigre en eût eu pitié" dit le bourreau.
Leurs cousins n'eurent guère plus de chance, Henri-Joseph comte de Bourdeilles (°1745 - 7 Thermidor An II ou 25/7/1794 Paris), et son gendre François Thibaud de La Garde de Saint-Angel (°26/10/1762 - 6 Thermidor An II ou 24/7/1794 Paris).

Cette page - en anglais s'il vous plaît - offre quelques portraits de ces malheureux Emilie de Sainte-Amaranthe.

Laure Junot duchesse d'Abrantès (1784-1838) raconte d'une manière tout à fait romancée les aventures de cette famille déchue, elle prétend que pour survivre pendant la Révolution mère et fille ouvrirent une pension quand c'était une maison de jeu, moi je veux bien mais alors c'était une pension pour gros joueurs au 50 du Palais-Egalité autrement dit le Palais-Royal de Philippe d'Orléans.
Les erreurs sont multiples deci delà, les uns font de cette maison Desmier d'Archiac de Saint-Simon des descendants du duc Rouvroy de Saint-Simon, les autres d'une famille de Franche-Comté ! Quant au beau cavalier Davasse de Saint-Amarand, il était surtout cavaleur et il n'aurait pas été accepté par le père qui était lieutenant général des armées du roi si sa fille n'avait pas été compromise aux yeux de la bonne société par des relations amoureuses très précoces !

François 1er est le dernier souverain français à s'être marié avec une princesse de France ! Ce qui fait qu'on se demande quelle part du sang de Louis XVI pouvait bien être d'origine française (sans compter que Louis XIV et son frère n'étaient certainement pas les enfants de Louis XIII ...) ?

La politique de la maison royale consistait à ne jamais donner les filles de France à des nobles français pour éviter les prétentions concurrentes et à ne jamais marier les héritiers du trône avec des demoiselles de l'aristocratie française, ce qui était fort habile car l'on sait que c'est d'une alliance malencontreuse avec la maison d'Angleterre qu'est sortie la guerre de Cent ans.

Il faut remonter très loin au moyen-âge pour trouver des filles de France données en épousailles avec des nobles François, Mathieu de Montmorency qui épousa la veuve de Louis VI le Gros, ou bien des maisons souveraines comme les comtes de Foix, les ducs de Bretagne, la maison d'Armagnac, les ducs de Lorraine (qui faisait partie du Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1766).

Mon grand-père avait des ascendances lorraines du côté de sa mère et je ne songe jamais qu'en fait ses aïeux lorrains étaient allemands de fait ou plutôt va-t-on dire sujets des Hasbourg autrichiens ! Ceci dit il parlait allemand ...
Quant à mon aïeul le champenois Charles Regnault, il épousa en 1794 Jeanne-Marie Leblanc de Villers-la-Montagne en plein coeur du bassin de Longwy (ville française depuis 1678) faisant partie du barrois à une certaine époque. On y parlait essentiellement le lorrain qui est une langue romane et non pas germanique comme l'alsacien et le francique. Ce qui explique que Jeanne d'Arc s'exprimait en français avec je suppose un accent et des idiomatismes très prononcés.

Quand on lit les actes du procès on se dit qu'elle avait un français très pur toutes choses du temps étant prises en compte. Elle allait facilement à Neufchâteau comme elle le dit, donc en un lieu très proche de la frontière française. Elle n'était pas une lorraine du nord mais plutôt une vosgienne.

J'ai cité pour Francis Penin qui employait l'imparfait du subjonctif devant ses élèves, un exemple du beau langage de Jeanne de Lorraine :

L'INTERROGATEUR : Quel enseignement vous donnait la voix pour le salut de votre âme ?
JEANNE: Elle m'enseignait à me bien conduire et à fréquenter les églises. Elle m'a dit qu'il était nécessaire que je vinsse en France.

Ainsi la française la plus illustre au monde était aussi de celles qui soignaient le mieux leur expression orale.

Si la loi du plus fort était toujours la meilleure alors pourquoi l'évêque Cauchon discutait-il avec Jeanne d'Arc ? Il fallait bien qu'il y eut là quelque chose de l'ordre du droit plus solide que les fers que l'on avait mis à la pucelle de Lorraine !
C'est que je répondais à Jean-Paul Brighelli qui s'extasiait sur la justesse de la morale de l'Agneau et du Loup, célèbre fable que l'on apprend à tous les enfants de France. Comme il serait simple que le plus fort ait toujours raison mais l'humanité est un peu plus compliquée que cela et la force brutale est plus empêchée qu'on ne le croit, les entraves à son épanouissement complet sont contenues en elle-même et le dominé est souvent le maître du jeu comme "Les Experts" le rappelaient hier soir.

Pourquoi la Lorraine ? Parce qu'elle fut le pivot du développement de la France depuis le démembrement de l'empire de Charlemagne, le lime de la nation qui se cherchait et qui se posait la question cruciale de la formation d'un Etat central et indépendant et qui engageait la paix et la guerre quand bien même si depuis cinquante ans la réconciliation franco-allemande a rayé d'un trait cette histoire, elle n'en laisse pas moins comme témoin une Jeanne d'Arc triomphante de la ruse de Cauchon. Il est d'ailleurs étonnant qu'une frêle jeune fille déjoua les subtilités et tous les pièges d'un homme armé jusqu'aux dents de la rhétorique prestigieuse de l'Eglise mais sa simplicité lui faisait aller droit au but et la précision de son langage montrait bien qu'elle n'était pas sans force en son coeur pur.

Une explosion atomique est certes très puissante mais elle ne produit rien sinon une dissipation d'énergie, la force du vivant c'est sa souplesse plus que sa brutalité. Le vivant concentre puis disperse ses gènes, l'inanimé croît d'une manière indifférente. L'ADN est un cristal mais un cristal - en phase aqueuse - qui contient de l'information non totalement redondante. La matière brute a une structure répétitive et un caractère entropique, les êtres vivants sont néguentropiques et leur structure est inimitable.

On ne m'entend plus depuis hier car j'étais parti du côté des Cazaud et des Bologne à faire des recherches sur leur carrière et leur descendance, en effet moi qui suis le premier raciste de France - je tiens à ce titre, le seul qui m'honore vraiment - et hélas ! peut-être aussi le dernier, je descends de Marthe de Bologne qui est à la fois la mère de Jean Alexandre de Cazaud de Roumillac alias le marquis Charles de Casaux (°1727 Angoulême - 1796 Londres) et la tante du côté paternel de Joseph de Bologne alias le chevalier de Saint-Georges (°1745 Guadeloupe - 1799 Paris), enfant naturel de son frère, célèbre musicien et escrimeur métis, elle est aussi la soeur de Pierre de Bologne (°1706 La Martinique - 1792 Dardenac, Gironde), premier poète en date des Antilles bien avant Alexis Léger dit Saint-John Perse donc, et qui eut une certaine réputation en son temps.
Philippe de Roux, oncle de Dominique de Roux a publié en 1951 un fascicule très complet sur le marquis de Casaux, économiste célèbre en son temps, et riche planteur aux Antilles (Saint-Domingue et Grenade). En effet la fille du marquis épousa en 1782 un membre de la famille de Roux d'Avignon, mariage qui se termina très vite et fort mal !
En ce qui concerne le chevalier de Saint-Georges, les livres sont trop nombreux pour que je les cite, il a le vent en poupe et il est de mode de parler de lui, il a même eu droit à sa rue à Paris sous les auspices de Bertrand Delanoë, ex-rue du général de Richepanse (°1770-1802) qui avait maté la révolte des esclaves nègres aux Antilles sous Napoléon 1er.

Je vais donc parler plutôt un peu du marquis de Casaux qui est un personnage fort intéressant, émule des économistes de son temps, ami du duc de La Rochefoucauld-Liancourt, d'Arthur Young, du marquis de Mirabeau "L'ami des hommes" etc, quelqu'un de très introduit dans les milieux de la finance qui se piquaient de penser et d'appliquer à petite échelle leurs projets de réforme pré-révolutionnaire.
Ces familles créoles sont tout à fait passionnantes à étudier, par une déformation que je ne m'explique pas ou que je ne m'explique que trop bien on parle de créoles aujourd'hui pour des gens métissés des îles or il n'en était rien à l'époque, Joséphine Tascher de La Pagerie la belle créole épouse du général de Beauharnais puis de Bonaparte, n'avait aucune espèce de métissage, elle soignait fort sa peau qu'elle avait tout à fait blanche, je crois même qu'elle prenait des bains de lait d'ânesse.

Au contact de leurs esclaves nègres les créoles acquéraient des moeurs pour le moins irrégulières, une certaine langueur qui était tout un charme et un exotisme dans la France des Lumières mais aussi l'objet d'un scandale évident.
Le chaud climat des Tropiques, l'argent facilement gagné dans de riches plantations, tout cela faisait miroiter une autre vie et a contribué, sans doute, à accélérer la dissolution de l'Ancien Régime. La rencontre de moeurs aussi étrangères aux nôtres a beaucoup fait pour mettre en doute les institutions et la religion de nos pères notamment. Comment pouvait-on être nègre ?
Casaux prétendait dans ses opuscules qui eurent un grand succès qu'on pouvait se passer d'esclaves pour cultiver les terres ... il préconisait aussi l'impôt sur la consommation plutôt que les impots directs, indolore autant que peut l'être notre moderne TVA !

Quand je disais que j'étais le premier et le dernier raciste de France, peut-être me trompè-je et qu'en fait la relève est déjà là, bel et bien assurée dans ces forces jeunes et vigoureuses importées directement d'Afrique ? Je ne suis peut-être que l'expression aristocratique d'un racisme décadent qu'un nouveau surgeon, qu'une nouvelle greffe va se charger de revigorer !

Je suis un dé-diplomate, quelqu'un qui aime bien mettre les esprits à l'envers, bousculer les idées reçues, je devrais écrire un grand traité en cinq tomes sur la Dé-diplomatie comme moteur de l'Histoire ... la dé-diplomatie est l'art de froisser les feuilles comme les susceptibilités ! Mais comme chacun sait c'est en trouant les âmes que l'on fait des éclaircies dans le destin des hommes.
Les feuilles froissées sont un grand thème en géométrie ... je ne crois guère aux traités de paix c'est un peu comme les constitutions, Joseph de Maistre disait que les seules bonnes constitutions étaient celles qui s'imposaient d'elles-mêmes par l'usage raisonné du temps sans être pour autant jetées sur du papier. Les constitutions écrites sont toutes artificielles, et je crois qu'il a raison, il suffit de considérer les efforts infructueux pour accoucher d'un tel monstre à l'échelle de l'Europe !
Si l'Europe marche comme institution elle ne le devra qu'à elle-même et pas aux cogitations des têtes creuses qui n'ont jamais vu un seul européen dans toutes leurs vies et pour de vrai, si j'ai vu des français, des italiens, des allemands, je n'ai encore jamais vu un européen ...

Si je devais écrire un texte pour l'Europe, je ferais quelque chose de très sobre, de très pur par exemple un préambule de ce style : "L'Europe est une communauté d'institutions, elle est démocratique par essence, elle choisit ses membres librement, elle élit parmi eux un président tous les six mois etc."
Il faudrait que cela reste suffisamment libre, dans l'air et un peu vague, pour ne pas entraver la bonne marche de l'action.
Je redoute par-dessus tout le formalisme qui retarde les choses. En politique se complaire à l'étalage de formes vides me semble un mauvais signe quoique je sois un homme de traditions, je n'aime pas qu'on superpose les idées aux hommes. Laissons-les aller librement ... tel qu'on avait écrit les choses cette constitution était un carcan inutile. Il suffit de résoudre les problèmes les uns après les autres, de manière organique.
Il faut évoquer l'Europe plus que la décrire. La constitution est un portique qui ouvre sur autre chose, un morceau de ciel, pas un temple obscur où se perpétuent des mystères.

Georges de Bologne de Saint-Georges (°1710-1774) était donc le père du fameux chevalier de Saint-Georges "Le Don Juan noir" qui à sa mort aurait pu être présenté comme le Voltaire des arts d'agréments, l'abbé Grégoire parlera plus tard de "Voltaire de l'équitation, de l'escrime, de la musique instrumentale".
La propriété à la Guadeloupe de Georges de Bologne de Saint-Georges laissée à sa fille Elizabeth Bénédictine de Bologne (°1740-1826) et constituée d'une sucrerie nommée Saint Robert et d'une plantation de café nommée Montdor situées à la Guadeloupe est estimée en 1787 à 1297843 livres des Isles et 14 sous et 2 deniers et détient 223 esclaves (114 hommes et 109 femmes) et 13 marrons. Le total des terres à St-Robert est estimé à 230 carrés dont 74 plantés (équivalent 95 hectares). Valeur des esclaves en 1776 : 326380 livres dont celui des hommes en fuite ou absents. Bologne avait aussi une propriété aux Abymes.
Habitations sucrières de la montagne Saint-Louis à Mr Levelu de Clairfontaine aux droits de feu Mr de Bologne Saint Georges. L'habitation Clairfontaine a appartenu à Georges de Bologne Saint-Georges, important propriétaire, dont le nom est perpétué par un rhum célèbre. Leur cousin Pierre-Clément de Bologne, écuyer étant en 1776 le fondé de pouvoir des deux dames Bologne, mère et fille et du sieur de Clairefontaine. Le rhum Bologne de Guadeloupe est toujours produit.
On l'appelera la marquise de Clairfontaine car elle avait épousé devant l'évêque de Saint-Etienne d'Agen le 13 mars 1776 Etienne Le Velu de Clairefontaine (mort le 1/8/1806 Le Baillif, Guadeloupe), chevalier, seigneur de Boussères et de Saint Amand (château de Saint-Armand, paroisse de Pelagat près Aiguillon, Lot-et-Garonne), capitaine de cavalerie au régiment du roi et fils de messire Louis Levelu de Clairfontaine, écuyer et de dame Françoise Ducourneau demeurant à Aiguillon (Lot et Garonne), petit-fils de haut et puissant seigneur Jean-Louis-Armand Le Velu de Clairfontaine (°1680-1/1/1776 Agen), ancien major d'infanterie et d'Angèle de Malvin de Montazet. Louis de Clairfontaine (°1680-1766) avait servi dans le régiment du colonel Clairfontaine, son frère, portant ce nom.
Gazette de France :
Année 1707 : le sieur de Clairfontaine avec deux bataillons français exécute une des attaques d'Exéa et est emporté le 19 novembre 1706.
3/11/1708 : Le sieur Clairfontaine colonel d'un régiment de son nom fait si bonne contenance avec son régiment qui escortait les bagages de l'armée du duc d'Orléans qu'il arrêta plus de 1500 ennemis qui voulaient l'attaquer.
6/4/1709 : Il brûle le pont de Stuart sur la Noguera et le château de Calvera il contribue à la perte de Roda.
3/1/1711 : Il est commandé pour l'attaque du château Mallen avec son régiment et il force les assiégés à capituler le 14/12/1710.

Octave de Ségur, né en 1779, fut retrouvé le 15 août 1818 noyé dans la Seine où il s'était jeté désespéré des infidélités de sa femme Félicité (il avait épousé très jeune avant ses 18 ans sa cousine Marie-Félicité d'Aguesseau 1778/1847), il devait devenir posthumément le beau-père de la comtesse de Ségur.
On trouve dans sa descendance que deux de ses petits-fils épousèrent des demoiselles Chambaud de Jonchères issues de la soeur de Georges de Bologne de Saint-Georges, Anne-Christine de Bologne (°1702-1753).
Cf ce livre Mgr de Ségur par Marthe de Hédouville.

Rectification : en fait aux XVIIème et XVIIIème siècles le mot créole désignait toute personne née dans les îles des Antilles ou alors dans la Nouvelle-France sans distinction de coloris. Il semble que ce soit le XIXème qui ait plus soigneusement distingué créoles blancs des mulâtres et des noirs.

Nietzsche l'auteur bien connu de la Symphonie inactuelle.

Soit on emprisonne les gens, on en fait des esclaves plus ou moins consentants et on leur donne ainsi un prix très élevé - j'y pensais hier soir en regardant sur M6 le reportage sur nos soldats en Afghanistan où chaque femme qui vient consulter les médecins est accompagnée d'un homme qui veille sur elle scrupuleusement même pendant les examens - soit alors comme dans notre société la plus moderne chaque individu est laissé dans la plus extrême liberté c'est à dire le plus souvent la plus extrême indifférence.

Il faut lire le passage savoureux sur Mlle Quinault dans les Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803.
Cf Les Quinault, il s'agit de Quinault l'aînée 1695-1791

"Mon oncle de Tessé disait toujours qu'il y avait trois grandes variétés dans les espèces de gens, c'est à savoir les blancs, les nègres et les princes." Mais que fait donc la Halde qui laisse publier de telles horreurs ?

Nous avons combattu pour le plaisir de mal-penser ...

Un début d'explication à la sénescence accélérée des porteurs du VIH :

Un mécanisme possible a été identifié. Il impliquerait une protéine, la lamine A/C, présente dans le noyau des cellules où elle contribue au maintien de la membrane nucléaire. Des mutations du gène de cette protéine sont en cause dans différentes maladies, dont certaines lipodystrophies (anomalies de la répartition des graisses) et la progéria, une forme de vieillissement accéléré.
"L'équipe marseillaise de Nicolas Lévy a montré qu'un traitement avec deux médicaments, une statine et une molécule anti-ostéoporose, empêche l'accumulation du précurseur de la lamine A/C et enraye le processus de vieillissement de la progéria", explique la professeure Capeau. Or, les inhibiteurs de protéase utilisés contre le VIH bloquent, eux aussi, la transformation en lamine de son précurseur, la prélamine A, à un degré moindre de ce qui se passe dans la progéria. D'où l'hypothèse de contrecarrer cet effet secondaire des médicaments anti-VIH en faisant appel au traitement envisagé contre la progéria.

Le problème évidemment c'est qu'on est le dernier averti quand on commence à perdre les pédales ...

J'ai fait examiner mon trou du cul par un spécialiste qui après avoir regardé avec componction les lieux m'a dit : Je vous fais une petite coloscopie en bonus ? Mais comme je ne suis pas encore complètement diminué j'ai dit que j'aviserai ...

L'abbé Vassoult porta pendant cinquante ans le beau titre de Grammairien des Pages du Roi, le soin de cette éducation laisse rêveur ...
Jean Baptiste Vassoult (°1666/1667 Bagnolet - 6/1/1745 ou 24/1/1745 mort chez le curé de Viroflay dans le parc de Versailles à 78 ans), chargé d'enseigner la grammaire et les lettres aux pages du roi emploi qu'il exerça pendant 50 ans, puis aumônier de Madame La Dauphine, confesseur et prédicateur de la maison du Roy, auteur de plusieurs ouvrages de piété, "Apologétique de Tertulien ou Défense des premiers chrétiens contre les gentils, avec des notes pour l'éclaircissement des faits et des matières" en 1714, "Psaumes en forme de prières chrétiennes", 1733 sous le patronage de Marie Leczinska.
Je crois avoir établi qu'il était le cousin germain d'Henry Vassoult (°1668-1735), 23ème principal du collège de Boissy (Boissy-le-Sec) successeur en 1717 du père Guillaume Hodey mort le 4/2/1717.
Henry Vassoult, prêtre est l'auteur avec Guillaume Hodey en 1724 de : "Abrégé chronologique de la fondation et histoire du Collège de Boissy, avec la généalogie de la famille de ses fondateurs", collège fondé rue du Cimetière St-André des Arts le 20/8/1358 et auparavant par Godefroy de Boissy en 1289 puis réuni au collège Louis le Grand en 1763. Godefroy Chartier noble bourgeois d'Orléans qui se retira avec Euphémie Le Maire sa femme à Boissy le Sec en 1265 à cause des guerres, Godefroy Chartier alias Godefroy de Boissy 2ème du nom fonde le collège d'après son testament en 1346. Maître Michel Chartier en était le principal au XVIème siècle second fondateur et restaurateur du collège. La lignée de Chalo Saint-Mard près d'Etampes est considérée comme fondatrice du collège. Eudes le Maire dit Chalo St Mars avait eu 5 filles dont Typhaine de Chalo épouse d'Alain Chartier dont Geoffroi et Eustache Chartier, sgr de Boissy-le-Sec toutes lignées nobles par faveur royale en l'an 1085 sous Philippe 1er roi de France car Eudes le Maire avait été au Saint Sépulcre en lieu et place du roi, et les lignées utérines devaient rester nobles mais deux siècles plus tard le roi prit un édit pour annuler cette mesure dispendieuse. Eudes châtelain d'Estampes était le chambellan du roi, cf La famille Chartier.
Ces Vassoult de Romainville dont je parle descendaient des Brière eux-mêmes alliés en 1762 aux Pomiès. On trouve dans les descendants les Brière de Mondétour et de Valigny, les Buchères, les Petiton de St-Mard et une alliance inattendue avec l'auteur Victor Vignon Restif de La Bretonne propre petit-fils de Nicolas Rétif de La Bretonne.
Dans les collatéraux les Durand Demonville dont Antoine Sébastien Durant (°1712-1787), célèbre orfèvre rocaille du XVIIIème siècle, comme petit-fils le baron Gros (°1771-1835), le peintre des batailles de l'Empire qui se jeta dans la Seine démoralisé par de mauvaises critiques (dit-on). Sa mère Pierrette Madeleine Cécile Durant et son père Jean Antoine Gros étaient des pastellistes et miniaturistes de talent.

La continuité de l'enseignement en France laisse songeur et la réputation d'excellence d'établissements comme Louis Le Grand ou Saint-Louis n'est pas sans raison, il est lui-même l'héritier du collège d'Harcourt fondé en 1280 !

Ce qui m'amuse c'est que mon grand-père maternel s'appelait Chartier (de Sablé-sur-Sarthe) ... qui sait, peut-être était-il issu de cette maison illustre des Chartier dont Alain Chartier, le poète !

Quand la poésie vient d'un lapsus calami : Lambrosse et consors, fermiers des caresses et voitures de la Cour.
Comme on aimerait être transporté dans de telles voitures ...

A contrario il ne faut pas mettre entre toutes les mains cet ouvrage : Les enfants de Sodome à l'Assemblée nationale suite d'écrits révolutionnaires sur le sexe à Paris pendant la période la plus troublée de l'histoire de France.

Comme la tribu des Mariette célèbres graveurs et estampeurs des XVIIème et XVIIIème siècles à Paris, les de Poilly originaires d'Abbeville fleurirent à la même époque et dans le même domaine contribuant à faire de la capitale de la France le chef du commerce européen des gravures et des estampes en ce temps. L'un d'entre leurs membres Jean Louis de Poilly (°1714 - après 1780) fut le centre d'un très long procès familial relaté en 1777 dans les "Causes célèbres, curieuses et intéressantes de tous les temps", son père Nicolas de Poilly, marchand de soie parisien était l'époux de Geneviève Durant qui appartenait à la famille des Durant Demonville parents des Brière alliés aux Pomiès. En 1777 sous la soumission de Jean-François Pomiès le prince François Xavier de Saxe nomma Louis de Poilly (°1716-1783), architecte du Roy et inspecteur de la Place Louis XV comme architecte et intendant de ses bâtiments c'est à dire essentiellement de son château de Pont-sur-Seine et de son hôtel de Vergès rue du Faubourg Saint-Honoré (acheté en 1784 auparavant il louait un hôtel rue Charlot au Marais puis rue Neuve des Mathurins).

J'ai rectifié la date donnée par José Lhote pour la mort de Louis de Poilly, 1763 en 1783, erreur de lecture sans doute. En 1763 les travaux de la place Louis XV commençaient à peine ... le 3 décembre 1764 à l'Académie royale d'architecture on lisait un rapport de Louis de Poilly ("... le mérite d'avoir le premier découvert l'intérêt exceptionnel de cet édifice, dont, le 3 décembre 1764, il présenta à l'Académie royale d'architecture les plans et les coupes établis d'après les mesures prises par M. de Poilly inspecteur des bâtiments du roi et de la place Louis XV").
Il est possible aussi qu'il y ait eu deux Louis de Poilly qui ont été confondues dans ces conditions la date de la mort de l'architecte reste inconnue on sait juste qu'elle est postérieure à 1777.

Histoire des plus célèbres amateurs comprend une vie de Pierre Jean Mariette (°1694-1774). La base Joconde reproduit quelques gravures des Mariette et des Poilly (notamment le Palais Cardinal).

Jeanne Prades mère de Jean Tersouly (°1817-1892) était originaire de Serres-sur-Arget plus précisément du hameau de Balmajou, Serres nom originel de ce petit village à 9kms à l'ouest de Foix est le pays natal de Joseph Lakanal (°1762-1845).

Jean Tersouly, d'origine modeste puisque ses parents étaient agriculteurs à Foix, devenu ingénieur et entrepreneur en travaux publics a beaucoup travaillé pour les compagnies de chemins de fer qui ont établi le réseau ferré de France sous la Monarchie de Juillet, le Second Empire et la IIIème République, la Compagnie Paris-Orléans et la compagnie du Grand Central notamment mais aussi le tunnel du Saint Gothard en Suisse. C'est Franquet de Franqueville (1809-1876) qui pendant vingt ans a eu la haute main sur le réseau en étoile à partir de Paris resté inchangé jusqu'à la construction des nouvelles lignes TGV (si l'on excepte les lignes à voie étroite ou voie métrique Decauville qui n'ont jamais connu un franc succès).
Il a aussi bâti des jetées et des môles pour des ports, Cherbourg, Port-la-Nouvelle, Valence en Espagne et Majorque aux Baléares principalement.
Il s'investira dans la vie municipale de Foix dont il fut premier maire-adjoint prenant la suite de Jean Chrysostome Pomiès en octobre 1861, dont le fils épousa sa seconde fille et où il remplira de nombreuses missions d'intérêt public, ami de Théophile Delcassé et hôte chaleureux de Gabriel Fauré ainsi que de nombreuses autres personnalités de la vie publique française.
Octave Mirbeau (°1848-1917) dirigea brièvement en 1878/1879 "L'Ariégeois" après avoir été chef de cabinet du préfet et sous-préfet de l'Ariège lui-même, journal fondé et édité par les Pomiès depuis 1846, à cette époque Mirbeau se vendait au plus offrant et en l'occurrence au baron de Saint-Paul (°20/11/1820-26/11/1878), maître de forges et député de Saint-Girons représentant la réaction dans le département, on peut donc dire que le personnage de Monsieur Lechat dans "Les affaires sont les affaires" est un peu copié sur ce qu'il a vu et entendu et même coupé sur son propre patron ... Mirbeau épousera en catimini à Londres en 1887 une célèbre horizontale malgré ses quatre millions de dot (40 millions d'euros), Alice Regnault (°1849-1931) de son vrai nom Augustine Alexandrine Toulet, actrice parisienne - mais surtout parisienne - qui avait fait fortune en vendant ses charmes aux mieux disant financièrement. Giovanni Boldini (°1842-1931), peintre italien installé en France a notamment réalisé en 1880 un portrait d'Alice Regnault, future Mme Mirbeau. Un portrait de Boldini montre Alice Regnault, soyeuse à souhait et le regard dur. M. Boldini, son compatriote (?), a fait le portrait équestre de Mlle Alice Regnault, qui est d'une exécution des plus délicates (voir sur Google Images les différentes reproductions). Le peintre Gustave Courtois réalisera un portrait d'elle en 1882 devant lequel Maupassant s'extasiera dans un article du 4/2/1884 publié dans "Le Gaulois".
On connaît d'elle deux romans, Mademoiselle Pomme et La Famille Carmettes. Léon Bloy : On sait assez généralement que les articles du Gaulois signés Mitaine de Soie sont écrits par Mme Alice Regnault et payés cinquante francs à la caisse.

Les Mémoires du sieur de Pontis (°1583-1670) recueillis et mis en ordre par Pierre Thomas du Fossé (°1634-1698) sont un précieux témoignage sur le siècle militaire de Louis XIII. Il était maréchal des batailles, grade supprimé assez tôt, intermédiaire entre colonel et maréchal des camps et armées du roi (général de brigade dans l'Ancien Régime), parent de François de Bonne (°1543-1626), duc de Lesdiguières, maréchal de France et le dernier connétable de France.

Un savant et un érudit autant qu'un honnête homme des XVIIème et XVIIIème siècles : Pierre-Jean Burette (°1665 Paris - 1747 Paris), docteur en médecine et professeur à la Faculté, musicien très doué comme son père et sa grand-mère il fut apprécié par Louis XIV, il étudia les langues anciennes et modernes, le latin, le grec, l'hébreu, l'arabe, le syriaque, l'espagnol, l'italien, l'allemand, l'anglais, le tome premier du catalogue de sa bibliothèque est éloquent, au milieu de 4063 numéros (10191 numéros sur deux tomes) on y trouve l'Edda islandaise en édition bilingue avec une transcription latine, Averroès, beaucoup de livres de musiques etc. Il publia lui-même un grand nombre de textes sur la musique et la danse ancienne et autres gymnastiques de l'Antiquité dont il s'était fait une sorte de spécialité.

Il faudrait dire l'importance de la musique dans le développement non seulement du sens esthétique en Occident mais aussi de la théorie architecturale et mathématique, on se limite trop souvent aux seuls arts de la peinture et du dessin pour affirmer les liens entre les Beaux-Arts et la Science mais la musique a joué son rôle qui n'est pas mince ...

Il y aura donc une Alliance royale aux élections européennes 2009 et puisque c'est absurde je voterai pour elle ... je reste malgré tout un peu choqué qu'ils n'aient pas songé à faire appel à mes talents pour compléter leur brillante fournée de candidats ! Enfin nul n'est parfait ...

L'inventaire de la Dauphine Marie-Joséphe de Saxe est précieux à plus d'un titre malheureusement la googelisation est une vraie catastrophe, tant les paragraphes et les notes sont mêlés en un charivari pas possible ! D'autre part l'auteur de cette publication en 1883, Germain Bapst fait une énorme erreur en confondant deux familles de joailliers : les Leblanc père et fils de la place Dauphine et du quai des Orfèvres (paroisses St Barthélémy et St Germain l'Auxerrois) qui sont de très grands orfèvres alliés aux Jacquemin, aux Brière, aux Durant Demonville et aux Pomiès et la famille des Leblanc joailliers place Baudoyer, paroisse St-Gervais qui n'ont rien à voir avec ceux-ci à ma connaissance et qui n'ont pas eu la même réputation. Le fils et petit-fils des premiers est devenu avocat et conseiller au Châtelet de Paris et en 1775/1786 fut compromis dans une affaire de faux en écriture selon Bachaumont.
En fait Bachaumont spécule ... il s'agissait de Pierre Nolasque Le Blanc de Verneuil, chevalier, avocat, conseiller puis président à la Cour des Aydes et Finances de Montauban, installé président le 23/6/1778, conseiller du roi au Châtelet de Paris jusqu'en 1784, procureur général aux requêtes de son Palais. Il est fait mention du même Le Blanc de Verneuil, procureur général aux ci-devant requêtes de l'hôtel, et de Élisabeth-Rose Jullien, son épouse.
Nos 18 et 22 rue de la Chaussé d'Antin : Venait ensuite Pierre-Nolasque Leblanc de Verneuil (fief dans l'Orne, je suppose), qui avait fait bâtir en 1782 au milieu d'un terrain concédé par les Mathurins pour 99 années emphytéose appelée à expirer en 1881; le lendemain même du décès de ce détenteur primitif autrement dit le 20 floréal an III (9/5/1795) ses droits territoriaux et son immeuble étaient acquis par le citoyen Lakanal prêtre professeur vicaire général constitutionnel avant d'être conventionnel plus tard censeur au lycée Bonaparte.
En mars 1789 Leblanc de Verneuil fait partie de l'ordre de la noblesse d'Isle de France.
Son beau-père Antoine-Jean-Baptiste-Alexandre Jullien (°8/4/1715-7/7/1794), âgé de 80 ans, ex intendant de la généralité d'Alençon, né et domicilié à Paris, département de la Seine, condamné à mort, le 19 messidor an 2, par le tribunal révolutionnaire séant à Paris, comme complice d'une conspiration dans la prison du Luxembourg où il était détenu et vivant de son revenu demeurant à Paris rue des Francs Bourgeois fut guillotiné.

C'est d'autant plus regrettable que Germain Bapst est le descendant de Georges Michel Bapst (°1718-1770), successeur de Georges Strass, son beau-père, l'inventeur du faux brillant, il aurait donc dû connaître les bijoutiers de ce temps, les Lempereur, les Tripart etc tous liés d'une manière ou d'une autre aux Leblanc joailliers de la Dauphine.
Quant au petit Google il va falloir qu'il songe sérieusement à se remettre au travail avant que sa typographie ne sombre dans un joyeux sabir de signes cabalistiques ...

Il reste une question : d'où venait l'argent avec lequel Lakanal sans aucune fortune familiale, prêtre et simple professeur jusqu'à la Révolution acheta l'immeuble de Leblanc de Verneuil ? Inutile d'épiloguer longtemps, Lakanal faisait partie de la meute des corrompus comme Lazare Carnot, Danton, Mirabeau et beaucoup d'autres hommes célèbres de cette époque où l'on voulait soi-disant régénérer les moeurs !

Il est probable que le parrain de Pierre Nolasque Le Blanc de Verneuil fut le chevalier Pierre Nolasque de Couvay (°1686-1751), banquier à Paris et consul du royaume de Portugal, l'abbé Nadal donne le récit d'une fête donnée le 18 avril 1729 dans l'Hôtel de Vic, rue Saint-Martin (paroisse St-Nicolas des Champs) en l'honneur du mariage en janvier 1729 des infants de Portugal et d'Espagne, Marianne-Victoire de Bourbon (°1718-1781), fille de Philippe V avec Joseph 1er de Portugal (°1714-1777).

Ce double prénom de Pierre Nolasque est tellement rare que ce sont les deux seuls français du XVIIIème siècle le portant d'après les archives (avec le peintre et dessinateur Pierre Nolasque Bergeret 1782/1863), la fille unique du chevalier de Couvay Elisabeth Couvay de Bernay (°1724-1755) épousa en 1742 le duc de Crillon-Mahon Louis de Balbe-Berton (°1717-1796), un de ses fils reprit le prénom de Pierre Nolasque.

Le chevalier de Couvay avait acheté au duc de Boufflers le château de Fontenay-sous-Bois, 23, rue Saint-Germain, sa fille et son gendre l'occupèrent avant de le vendre en 1754, Jean-Jacques Rousseau qui n'était pas tout à fait l'ours que l'on prétend qu'il fut, y passa une journée qu'il raconte au Livre VIII de ses Confessions : Ayant vécu dans deux des plus brillantes maisons de Paris, je n'avais pas laissé, malgré mon peu d'entregent d'y faire quelques connoissances. J'avois fait entre autres che Madame Dupin celle du jeune prince héréditaire de Saxe-Gotha et du Baron de Thun, son gouverneur. J'avois fait, chez M. de la Poplinière, celle de M. Segui, ami du Baron de Thun et connu dans le monde littéraire pour sa belle édition de Rousseau. Le baron nous invita, M. Séguy et moi, d'aller passer un jour ou deux à Fontenai sous bois, où le prince avait une maison. Nous y fumes. A souper le Prince parla de la détention de Diderot. Le Baron, pour me faire parler, accusa le prisonnier d'imprudence : j'en mis dans la manière impétueuse dont je le défendis. L'on pardonna cet excès de zèle à celui qu'inspire un ami malheureux, et l'on parla d'autre chose. Dès ce même soir Klupffell et moi, commençames une liaison qui devint bientôt amitié. Celle avec le sieur Grimm n'alla pas tout à fait si vîte. Il ne se mettoit guère en avant, bien éloigné de ce ton avantageux que la prospérité lui donna dans la suite. Le lendemain à diné l'on parla de musique ; il en parla bien. Je fus transporté d'aise en apprenant qu'il accompagnait du Clavecin. Après le dinér on fit apporter de la musique. Nous musicames tout le jour au Clavecin du Prince et ainsi commença cette amitié qui d'abord me fut si douce, enfin si funeste, et dont j'aurai tant à parler désormais.
Il s'agit de Frédéric de Saxe-Gotha (°1735-1756) qui n'avait alors que 14 ans qui y séjournait en compagnie du baron de Thun, son gouverneur, d'Emmanuel-Christophe Klüpfel (°1712-1776), pasteur luthérien de Genève, son chapelain, et du baron Frédéric Melchior Grimm (°1723-1806), son lecteur.
L'auteur homonyme de Jean-Jacques dont il est question est le poète Jean-Baptiste Rousseau.

Le catalogue de la bibliothèque de Couvay donne une idée non pas de sa richesse de marchand et de banquier mais de l'étendue de ses connaissances et de ses intérêts.
Sa galerie de tableaux étant tout aussi impressionnante.
Malgré cette notice, Couvay était d'origine française, on trouve maître Martin Couvay mort en 1598 sous Henri IV qui était déjà secrétaire du roi.
La bibliothèque personnelle de Madame Couvay fut vendue le 5 avril 1759 à Paris.

Un renseignement précieux sur Le Blanc de Verneuil.
Pierre Nolasque Le Blanc (de Paris) étant alors élève au Collège Mazarin, pour la distribution des prix de fin d'année participa à une représentation d'une adaptation d'une tragédie de M. de Voltaire "Alzire ou les Américains", on donna dans la même séance "Le Glorieux" comédie de M. Destouches (°1680-1754) "La Comédie est telle qu'elle se trouve dans M. Destouches, à quelques changemens près, qu'on a jugés nécessaires" à laquelle il prêta son concours le lundi 12 août 1754 à une heure précise.
On peut supposer qu'il avait environ seize ans à ce moment-là, ce qui mettrait sa naissance aux alentours de 1738. Le collège Mazarin ou collège des Quatre-Nations avait été conçu pour soixante gentilshommes pauvres, on pourra trouver la liste de quelques-uns de ses condisciples de cette matinée théâtrale dans le catalogue de la BNF. En 1687, on confia à la Sorbonne et à ses professeurs le soin de l'enseignement dans ce collège.

Parmi ses condisciples on trouve :
Etienne Nicolas Guérin (°1735/1736-1794), exécuté juste avant Robespierre le 27 juillet 1794 (9 Thermidor An II). Étienne-Nicolas Guérin, 58 ou 59 ans selon les sources, né à Paris, ex-caissier général et agent de la manufacture des glaces de Gressy (Seine et Marne), condamné comme conspirateur. Il se retira à Gressy près Claye, pendant la Terreur, il y fût arrêté (il travaillait pour la manufacture de Saint-Gobain, il ne faut pas le confondre avec son homonyme Nicolas Guérin 52 ans de Beaumont sur Orne mort le jour suivant le 28). Il jouait les rôles de Zamore dans la pièce de Voltaire et le rôle titre du Glorieux, Lecomte de Tufière !
Charles Angélique de Choiseul (°27/10/1737 Autun), chevalier de Malte, fils de François Bernard César Marquis de Choiseul seigneur de Bussières, mort le 6/7/1749 qui épouse le 23/7/1730 Charlotte fille de Jacques de Foudras comte de Demigny.
Jean Gilles de Calonne de Limont (°Douai), fils de Louis Joseph Dominique de Calonne (°1700-1784), chv, sgr de Merchin, Conseiller lai le 11/7/1726, président à mortier le 14/2/1739, président au Parlement de Flandre à Douai époux en 1726 de Anne Henriette de Franqueville (°1708-1773), frère cadet de Charles Alexandre de Calonne (°1734-1802), comte d'Anonville, intendant de Metz en 1780, Avocat général au conseil provincial d'Artois, procureur général du parlement de Douai (4 février 1759), maître des requêtes (le 8 mai 1765), Grand Trésorier, contrôleur général des Finances de 1783 à 1787, ministre d'Etat de 1783 à 1787, commandeur des ordres du Roi.
Comme frère du premier président, Pierre François Louis de Calonne de Merchin, éc, secrétaire en la chancellerie de Douai en 175, conseiller à la chancellerie du parlement de Flandre, Douai en 1761, époux de sa belle-soeur Marie Catherine Françoise de Franqueville veuve du président Donche de Beaulieu, filles tous deux de Jacques de Franqueville d'Abancourt (°1673-1723), conseiller à la Cour de Douai.
Pierre-Henry d'Hiris (de Paris) avocat en parlement et juge royal, procureur du roi par intérim à la Basse Terre en Guadeloupe puis installé au conseil souverain de Martinique en 1771. Rôle de Lisimon dans "Le Glorieux".
Jean Charles Hubard de la Cour, rôle de Mendoze dans "Les Américains", fils de Jean Hubard de la Cour, maître émailleur à Paris rue de Montmorency et de Marie Geneviève Vincent (morte en 1786). Dmt rue Charlot sous la Révolution en 1793. Il acheta un office de lavandier de la Paneterie-commune de la Cour de Versailles et devint avocat du Roi en sa Cour des Comptes, Aides & Finances de Montpellier puis à Paris.
Jean-Baptiste-Louis Gelhay, de Paris, fils de Jean Gelhay procureur au Châtelet de Paris le 27/7/1736, dmt paroisse St Eustache en 1751/1761, même famille que Jean Martin Gelhay, commis-receveur des émoluments du sceau, Paris paroisse Saint-Honoré, en 1761.
André-François de La Loere, de Paris, neveu probablement d'André François de La Loere (°1697), éc, conseiller du roi, notaire au Châtelet de Paris marié le 16/7/1738 à Marguerite Geneviève Baudouin, petit-fils de Gilles de La Loere, avocat au parlement de Paris, même famille que Gilles de La Loere, avocat au parlement de Paris, paroisse St Josse en 1761.
François-Joseph Cazalis, de Paris, origine probable une famille de maîtres rotisseur-traiteur de Paris, Jean François Cazalis et Pierre François Cazalis qui se marie en 1751, paroisse St Eustache.
Henri-François Vollée, de Paris, je suppose une famille de marchands bouchers de Paris.
Je n'ai pas pu identifier le dernier Jean Jérôme Chrysostome Fourdinier de Paris, on trouve un Jérosme ou Jérôme Fourdinier, maître mercier "marchand de tout, faiseur de rien", franc-maçon, époux de Marie Anne Boitel qui passe un acte le 26/3/1765 avec l'administration générale de l'Assistance publique de Paris, un Fourdinier (mort vers 1783) marchand de laines rue des Lombards "A la toison d'or" et un certain nombre de Fourdinier à Paris de familles marchandes.

Tout ceci donne raison à Calonne qui déclarait dans un Mémoire au Roi du 3 mai 1781, Il n'y a plus de clergé, ni de noblesse, ni de tiers état en France : la distinction des trois ordres est purement fictive, purement représentative et sans autorité.
La mixité sociale était totale, une école de gentilshommes comme le collège Mazarin était devenue une fiction.

En politique tout le monde a raison, c'est cela qui est formidable, les fâcheux vous répondront que tout le monde a tort à un moment ou à un autre devant le tribunal du temps mais ce tribunal existe-t-il ?

Sophie transporte ses affaires à la Chaussée d'Antin, quartier à la mode où elle loue au président Leblanc de Verneuil une maison entre cour et jardin.
Il s'agit de la cantatrice et épistolière Sophie Arnould (°1740-1802) qui eut son heure avant la Révolution notamment en interprétant Gluck et dont l'esprit était apprécié de Voltaire qui vint lui rendre visite dans son appartement lors de son triomphal retour, le samedi saint de la Pâques 1778. Barbey d'Aurevilly l'appelait un Voltaire femelle ...
Des mots si joliment XVIIIème de Sophie : elle disait que « le mariage est le sacrement d’adultère », « qu’une femme appelle avoir raison ne pas avoir tous les torts» et à un de ses amants qui l’avait surprise le trompant avec un chevalier de Malte « Monsieur est chevalier de Malte ; il accomplit son voeu en combattant les infidèles»
Elle était la fille d'un officier de bouche de la Cour, ceci explique tout !

Le baron Von Grimm dans sa « Correspondance littéraire et philosophique », rapporte que dès que Sophie Arnould et Rosalie Levasseur, toutes deux chanteuses, et Marie-Madeleine Guimard, première danseuse de l’Opéra, eurent été informées de la candidature du chevalier de Saint-Georges à la direction de l’Opéra, elles présentèrent un « placet » à la Reine pour lui faire savoir que « Leur honneur et la délicatesse de leur conscience ne leur permettraient jamais d’être soumises aux ordres d’un mulâtre » Et Grimm ajoute non sans ironie : « Une si importante considération a fait toute l’impression qu’elle devait faire. »

La Guimard se fit construire un magnifique hôtel par Ledoux à La Chaussée d'Antin à côté de celui de Leblanc de Verneuil.

Au moment de la Révolution Le Blanc de Verneuil habitait préférentiellement rue Pavée dans le Marais en sa qualité de procureur général du Tribunal d'attribution des Requêtes de l'hôtel au souverain d'après Camille Desmoulins.
Pierre Nolasque Le Blanc de Verneuil alors président à Montauban était membre de la franc-maçonnerie avant 1780 à la Respectable Loge de la Bienfaisance comme à peu près toute l'élite de la Nation.

Le père de Laurette, Jean Louis Randon de Malboissière (°1706-1763) dont je parlais antérieurement sur cette page avait un cousin germain Pierre Louis Paul Randon de Boisset (°1709-1776) qui était un des grands financiers du XVIIIème comme le chevalier de Couvay, Jean François Delmas donne un aperçu de ses richesses, de ses collections de tableaux et de celles de ses confrères.

Certains se demandent comment l'on doit nommer les arabes que l'on envoie dans l'espace et moi qui avait toujours cru qu'on les appelait les Allahnautes !

Guerres et paix en Europe centrale aux époques moderne et contemporaine: mélanges d'histoire des relations internationales offerts à Jean Bérenger par Daniel Tollet et Lucien Bély en page 278 et en note, on pose la question de la mythique aide française aux Turcs pendant le siège de Vienne en 1683. Il pourrait s'agir de Philippe Le Masson du Pont (°1650-1733), ingénieur et grand-maître de l'artillerie de Jean III Sobieski, gentilhomme de la Chambre de la Reine de Pologne Marie Casimire de la Grange d'Arquian, arrivé en Pologne vers l'an 1674, il fut nommé ingénieur en chef de l'artillerie près de l'hetman Sobieski, plus tard roi de Pologne, il était le frère de Jacques Masson ou Lemasson banquier à Paris associé avec Lévesque et avec Joseph Narcis (banquier de 1670 à sa mort en 1707) lui-même associé du grand Antoine Crozat. Il y a une liaison indirecte avec le banquier Pierre Nolasque Couvay (°1685-1751) par ses cousins Pierre, Nicolas et Pauline Beguin et une vilaine histoire d'usurpation d'héritage sur les enfants de Narcis et de sa veuve remariée à Pierre Beguin.

Joseph Narcis (prononcez Narcisse) banquier à Paris avait épousé Marthe Catherine Masson, il meurt brutalement le 17/10/1707 laissant 4 enfants en bas-âge dont Joseph Philippe Narcis de Lorette l'aîné (°1697 Paris), négociant syndic de la compagnie des Indes en 1747 qui plaide contre les Beguin vers 1729/1730. La veuve donnera sa confiance à Pierre Beguin qui s'empara de la fortune. Pierre Beguin épouse en 1711 la veuve Narcis voir Cochin.

Je ne crois pas - c'est là un grand terme de mon différend avec le monde des médias - que la visibilité soit en raison directe de l'importance et de la profondeur de champ des individus. Qui en-dehors des initiés connaît un physicien comme Mathias Fink ?

Je ne veux pas dire non plus que l'obscurité est toujours garante d'une qualité individuelle. Seulement que le plus grand nombre n'est pas le meilleur juge pour certaines choses qui le dépassent. Le vulgum pecus serait pour le moins incapable de faire la différence entre un imposteur et celui qui apporte une véritable plus-value à la pensée durable. Le peuple ne peut juger que de ses sentiments, pas de l'esprit qui est chose abstraite et non personnelle.
La foule est narcissique en diable ... c'est pourquoi elle se choisit parfois des monstres en son sein pour la représenter et que toutes les manifestations d'hystérie lui sont coutumières.

La recherche c'est bien, mais il faut avoir la fibre ! Ce n'est pas seulement une question de capacités intellectuelles mais aussi de patience ... c'est du retournement temporel comme dirait Mathias Fink ! Entretien avec Fink.
Au fond c'est cela, être capable d'entendre ce que la Nature nous dit et ne pas seulement répéter en perroquet tout le temps la même chose. Ca c'est bon pour le professeur qui n'a rien à inventer juste à transmettre un savoir venu d'ailleurs ... ce qui n'est pas rien mais n'est pas le tout des choses !

Un autre entretien avec Mathias Fink qui donne une idée des problématiques - ô le vilain mot - du monde des idées, je veux dire des idées qui portent des fruits ...

Les journalistes ne jugent pas, ils préjugent ... contamination mortelle et radiative pour la pensée publique !

René Grousset a écrit un livre qui s'intitule "Le bilan de l'histoire" aux lendemains des deux guerres qui ensanglantèrent l'Europe, il vaut mieux ne pas avoir à tirer un bilan quand les yeux ont vu certaines choses ...

Je suis trop âgé pour faire partager mon expérience.

Benjamin Franklin et Thomas Jefferson fréquentaient la société d'Auteuil, c'est à dire le salon de Madame Helvétius et ceux que l'on appela les idéologues, comme Condorcet, Cabanis, Destutt de Tracy ... je crois savoir que Franklin et Jefferson ont eu plus de part que beaucoup d'autres à la déclaration d'indépendance américaine et à la constitution des Etats-Unis, je peux donc affirmer qu'en tant que français et héritier des Lumières j'en sais peut-être plus long sur l'Amérique des origines que bien des américains même investis de la magistrature suprême.

Thomas Paine réussit le prodige de naître anglais, de se faire naturaliser américain et d'adopter l'esprit français pour défendre l'émancipation féminine comme les droits des peuples. Il fut un adversaire résolu d'Edmund Burke. Il est seulement regrettable qu'il n'ait pas eu davantage l'esprit artiste et qu'il n'ait pas su adoucir ses attaques contre la monarchie qui n'était pas le mal d'où tout vient mais seulement la résultante d'un état de fait historique.
Il fut naturalisé français en 1792 et obligatoirement emprisonné par Robespierre qui y voyait une concurrence intellectuelle mais cela lui permit d'une certaine manière de mûrir ses idées. C'est à Auteuil qu'il rencontra Condorcet qu'il influença.

Madame Helvétius alias Minette recevait dans son salon flanquée de deux prêtres, les abbés Lefèvre de la Roche et Morellet, Franklin qui passa plusieurs années à l'hôtel de Valentinois ayant à faire ses adieux à son hôtesse dont il avait demandé la main lui écrivit ces mots dans une lettre de 1785 datée de Londres, Nous partons aujourd'hui. Adieu ma très, très, très chère amie. Souhaitez-moi une bonne traversée et dites aux abbés de prier pour moi puisque "c'est leur métier". Je me sens très bien. Si j'arrive en Amérique vous aurez bientôt de mes nouvelles. Je vous aimerai toujours. Pensez parfois à moi, et écrivez parfois à votre Benjamin Franklin.
Quoique ce salon était le plus avancé de Paris et qu'on y défendait le matérialisme avec d'Holbach par exemple, il n'en restait pas moins que les formes extérieures de la religion n'y étaient pas mises complètement à l'écart. L'ostracisme n'est jamais un signe d'intelligence ...

Les Mélanges de littérature de Jean Chapelain (°1595-1674) édités par Denis François Camusat publiés à Paris chez Briasson et Jean-François Tabarie en 1726 furent dédiés au Chevalier Couvay.

Il semble que Pierre Nolasque Couvay ait travaillé concurremment avec les quatre frères Pâris à la chute de Law. Le fils de Jean Pâris de Montmartel (°1690-1766), Armand-Louis, marquis de Brunoy (°1748-1781) se rendit célèbre pour les fêtes macabres qu'il organisait dans sa fastueuse propriété avant de devoir la vendre en 1774 au comte de Provence par suite de ses dissipations.

Les deux catalogues de la bibliothèque de Couvay établi le premier de son vivant en 1728 (qui contient son portrait gravé par Drevet d'après Tournière), le second après sa mort en 1751 - ainsi que celui de sa femme en 1759 - attestent qu'il était polyglotte et très érudit, conformes à un homme qui avait habituellement commerce avec les autres hommes dans toute l'Europe. Son goût était sûr et poli par l'usage et la fréquentation des beaux esprits de son temps. On ne devient pas un grand financier sans quelque usage du monde et sans s'approprier la culture la plus fine et la mieux appropriée à convaincre, persuader subtilement et charmer par la parole et les moeurs les plus douces.

Faire son commerce du commerce des hommes est un art après tout du moment qu'il reste au stade artisanal et qu'il ne passe pas par le truchement des médias et ne tombe non plus dans ce froissement de l'âme qu'on nomme la rencontre du grand public. Mais en cela comme en toute chose l'industrie a effacé l'artisanat, et les formes de la com' ont remplacé le rituel des affects de la ruelle des précieuses ou du beau langage des salons des Lumières. La rhétorique publicitaire s'est substituée à la pure et simple conversation qui pouvait prendre tous les styles des plus sobres aux plus ornés.

Le slogan a remplacé le mot d'esprit, le gimmick et le jingle, les onomatopées plaisantes ... je me blesse la bouche rien qu'en prononçant le nom d'Obama qui est le pire exemple de notre époque et le parfait reflet de la production médiatique où la production en série de messages remplace l'élaboration unique du trait qui fait mouche, du mot d'auteur, de ce qui ne saurait se répéter sans s'affaiblir. Il fallait être original à tout coup dans ces bureaux d'esprit où l'on se réunissait en petit comité ... tout le contraire de la répétition infantile qui nous accable aujourd'hui puisque l'on s'aligne sur le moins-entendant, celui dont l'esprit est le plus lent à percuter.

Etre en société ce n'est pas être avec tout le monde ... il est curieux que les philosophes qui fréquentaient les salons du XVIIIème siècle n'aient pas compris que par essence la politique démocratique qu'ils appelaient de leur voeu allait détruire cette société élitiste dont ils faisaient leurs délices ! C'est bien parce que leur parole était irresponsable qu'elle était libre, comme le cercle des beaux esprits était loin du royaume des bureaux de Versailles ! et comme ils pouvaient à loisir faire et défaire le jeu social sans manquement grave à l'ordre de la société. Stendhal a bien saisi la contradiction entre l'ordre de la parole qui se veut un art et la besogne lourde et sans grâce des temps populaires qui s'effectue dans l'application et la peine mais l'harmonie du Paris d'avant 1789 avait été irrémédiablement détruite. La responsabilité tue l'irresponsabilité ... et la poésie ne peut naître que de la gratuité, celle du temps qui passe sans effacer les particularismes et les sensibilités. L'éducation populaire est l'ennemi de l'édification de soi comme statue de marbre et monument poétique. La politique universelle est nivellatrice par excellence. Ce sont les irrégularités de l'individu qui en font son prix poétique.

Ce lien nous donne une image du contrat de mariage le 29/9/1773 au château de Versailles entre Mr Louis Guillaume Le Monnier et Mme Marie Ursule Durant Demonville veuve Martin.
Il a comme particularité d'avoir comme témoin toute la famille royale au grand complet plus la comtesse de Marsan née de Rohan-Soubise grande ordonnatrice de ce mariage dont elle avait doté les mariés et surtout son cher médecin Lemonnier.
Le frère de la mariée, Sébastien René Durant Demonville étant lui aussi présent.
En passant la souris sur le texte on obtient une lecture avec quelques erreurs qui s'y sont glissées par exemple Sully au lieu de Poilly !

Qui étaient les condisciples de Sébastien René Durand de Demonville (°1728-1774) au collège royal de Nanterre tenu par les chanoines réguliers de Sainte-Geneviève ? Le 27 août 1744 à midi et demi lors de la cérémonie de remise des prix de fin d'année, ils donnèrent une représentation théâtrale, Jupiter vengé ballet meslé de récit qui sera dansé (écrit et composé par le régent de rhétorique, les danses sont de la composition de M.Rameau) avec François Foueson (°Saint-Domingue), Julien Foueson (°idem), Emmanuel Le Berton (°Saintes), Pierre Louis de Fresne (°Lisieux), Amable Louis François de Malartic de Mont-Ricoux (°Montauban), Joseph de Bassecourt (°Paris), Jacques Dulys (°Paris), César Etienne Choppin (°Paris), Charles-Edmond de Forges (°Paris), Thadée de Castillo (°Cadix), Etienne de Castillo (°idem), Louis-Benoît de La Courcière (°Saint-Domingue), Jean-Pierre Floret (°Bordeaux), Jean-Baptiste Pont-Noyer du Vallon (°Martinique), Louis de Saint-Pierre (°Pons en Saintonge), Louis-François Lussan d'Esparbès (°Montauban), Jean-Claude Forget (°Versailles), Nicolas-François le Fèvre (°Paris), Jean-Baptiste Nicolas Desnoyers (°Rouen), Charles François Chandéon de La Valette (°Montfort l'Amaury).

Une critique de ce spectacle considéré comme indécent est faite ici : La Révolution, recherches historiques sur l'origine et la propagation du mal en Europe, depuis la Renaissance à nos jours par Monseigneur Jean Gaume, publié en 1856/1858 (pages 289 à 294).
Ô le sot XIXème siècle ...

Je sais peu de choses sur tous ces élèves.
Veuve en 1770, Marie-Françoise Santo-Domingo épousa en 1778 à la Croix-des-Bouquets (Guadeloupe) Jean-Baptiste-Nicolas Des Noyers, écuyer, chevalier de Saint-Louis, capitaine au régiment de Monsieur, il mourut en 1781 ou 1782. Sa veuve rentra en France métropolitaine pour s'installer à Nantes avec sa soeur.
Louis-François de Lussan vicomte et marquis d'Esparbès fut colonel au régiment de Périgord, se maria en 1762 avec la fille d'un fermier général puis veuf en 1764, il se remaria avec une Dlle de Saint-Geniès et eut une postérité des deux lits.
LA VALETTE (chevalier de), alias Charles-François Chandéon de La Valette (°1731), il entre dans l'armée en 1746, dit le chevalier de La Valette, en 1761 capitaine au régiment de Bourbonnais, devient lieutenant-colonel du régiment de Saintonge en 1773 puis maréchal de camp. Il participe à la guerre d'indépendance américaine avec son régiment (siège de Yorktown) en 1781 (membre de la société des Cincinnati). Son aïeul : Charles Benoist Chandéon de La Valette, chevalier, maître d'hôtel de la duchesse de Berry en 1715, gentilhomme de la maison du roi, son oncle : Pierre Balthazard Chandéon de La Valette (mort le 22/8/1752 à 59 ans), conseiller du roi, contrôleur de la bouche du roi en 1736.
Ses parents : Nom : THOURETTE Geneviève Domicile : Montfort-L'Amaury, 78 Relations : veuve de l'intervenant 2
Intervenant 2 Cité dans l'acte Nom : CHANDEON DE LA VALLETTE Charles Benoît (mort avant 19/3/1761) Qualité, état civil : écuyer Profession : gentilhommaitre du roi Domicile : Montfort-L'Amaury, 78.
Nom : FORGET Jean Claude chevalier Profession : capitaine général des fauconneries du roi Domicile : Versailles en 1751/1761. Marié à Marie de Vassan (même famille du Limousin que la mère de Mirabeau) dont une fille FORGET Marie Philippe à Versailles en 1761. Il devait être fils de Pierre Claude Forget marchand bourgeois de Paris mort en 1751.
29/7/1751 Dot : Intervenant 1 Première partie Nom : DIVERY DUMESNIL Nicolas Profession : président au présidial Domicile : Beauvais <60> Intervenant 2 Première partie Nom : TESTARD DULYS Charlotte Elisabeth Relations : épouse de l'intervenant 1, fille de l'intervenant 3, fille de l'intervenant 4.
Intervenant 3 Deuxième partie Nom : TESTARD DULYS ou Jacques Tétard du Lys écuyer Domicile : Paris. Vivant en 1751 et mort en 1761.
Intervenant 4 Deuxième partie Nom : LEPOT Marie Charlotte Relations : épouse de l'intervenant 3. Vivante en 1761 paroisse Saint Paul.
Je suppose que ce sont les parents de Jacques Dulys.
César Etienne Choppin, chevalier avocat et conseiller au Parlement de Paris en 1751/1761, le 21/7/1751 il achète un office de commissaire aux requêtes du palais, il est époux de Christine Joseph Beugniet vivante en 1761. Fils de CHOPPIN DE GOUZANGRE Etienne Alexandre chevalier président de la cour des monnaies (premier), Paris Paroisse Saint-Louis-en-l'Île, 75 en 1761.
Nom : LE JARRIET DE FORGES Charles Edme Qualité, état civil : chevalier Profession : écuyer de main du roi, Paris Domicile : Paris, Paroisse Saint-Eustache, 75 en 1761. Je suppose qu'on peut l'identifier à Charles Edmond de Forges.
9/12/1761 : Nom : BASSEREAU Marie Reine Charlotte Profession : Lorient, 56 Relations : épouse de l'intervenant 2
Intervenant 2 Cité dans l'acte Nom : SAINT-PIERRE DE Louis Profession : ingénieur, Lorient, 56.
Amable Gabriel Louis François de Maurès de Malartic de Montricoux (°9/4/1729 Montauban), conseiller du roi, premier président en la cour des aides et finances de Montauban, en avril 1774 premier président du conseil souverain de Perpignan. Il épouse à Paris en 1759 la fille d'un fermier général dont postérité 3 enfants.
Louis-Benoît Renaud de La Courcière frère je pense de Jean Louis Renaud de La Courcière, créole du Cap Saint-Domingue, qui entre dans la régiment Suisse avant 1751, officier en 1759 sur l'escadre de M de Blénac qui se rend en Amérique.

François Louis Durant du Bignon ou Dubignon, écuyer, major du régiment des Cent Suisses de la Garde du Roi à Versailles en 1761/1773. J.F. DURANT DUBIGNON, né à Paris, ex-major des cent suisses du Roi, sera exécuté le 21 messidor an II ou 9 juillet 1794 à 74 ans, victime du tribunal révolutionnaire. En 1773 il signe à Versailles l'acte de mariage de sa cousine germaine Marie Ursule Durant Demonville avec le médecin Louis Guillaume Lemonnier.
Il possède en 1778 une propriété à Châtenay-Malabry, "La Vallée aux Loups", qui fut vendue comme bien national, achetée par François-René de Chateaubriand au XIXème siècle : c'est aujourd'hui l'Arboretum de Châtenay-Malabry qui appartient au Conseil général des Hauts-de-Seine.

Une anecdote : René Sébastien Durant Demonville est mort quelques jours après Louis XV, il était désespéré par la mort de son maître et errait comme une âme en peine dans l'appartement et il a ainsi attrapé la maladie du Roi (la petite vérole).

Un livre qui semble excellent quoique dans l'esprit du temps : Croiser le fer : violence et culture de l'épée dans la France moderne (XVIè-XVIIIè siècles) par Pascal Brioist, Hervé Drévillon et Pierre Serna publié en 2002 chez Champ-Vallon.
Il date de 1547 le dernier duel en champ clos autorisé et en présence du roi de France, le fameux combat entre La Châtaigneraye et Chabot qui se termina par la victoire de ce dernier grâce au coup de Jarnac (qui est devenu une locution courante).

Il y a plus de sens dans l'absurde qu'on ne le croit ...

Jean Martin, Jean-Michel Reboul et Frédéric Sommer ont traduit un livre collectif édité par S. Fred Singer qui contredit formellement les assertions sur le climat qui sont le plus largement répandues dans les médias et qui tiennent le public en haleine régulièrement;

Il est douteux que les neuf millions de français qui ont regardé "Home" (maison, on se croirait dans un film de Spielberg ...) soient en situation de lire ce genre d'ouvrage qui ne relève pas de la Propaganda Staffel.

Louis Bachelier livre édité en 2002 comporte une étude de l'oeuvre de Jules Regnault, "Calcul des chances et philosophie de la Bourse" par Franck Jovanovic et Philippe Le Gall (pages 165 à 202) intitulée "Les jeux de l'envers : une autre histoire de la contribution de Louis Bachelier à la théorie financière et à l'économétrie".

Dans cet article Franck Jovanovic et Philippe Le Gall soulignent que je suis incapable de faire la différence entre Jules et Joseph Regnault : je ne vais pas reprendre la polémique, j'ai expliqué avec force détails et exemples que de l'oncle et le neveu - du moins il semble bien que tel était leur lien de parenté - l'un était un auteur reconnu du cercle académique, l'autre était un spéculateur qui a fait fortune en suivant les conseils de son oncle mais qui n'a jamais rien publié, autant confondre Bernard Madoff avec John Nash !

A History of Econometrics in France de Philippe Le Gall paru en 2007 commet la même erreur d'attribution ... article intitulé "Natural laws on the Stock Market : Regnault's financial physics" pages 107 à 158.

Même si une illumination soudaine leur faisait comprendre leur erreur, il est improbable qu'ils reviendraient dessus tout simplement parce que ce serait reconnaître une faute de raisonnement.

Toutes proportions gardées cela me fait penser à la polémique entre Chandrasekhar et Eddington qui dans les années trente était considéré comme une sommité de la science pour avoir prouvé grâce à des expériences menées lors d'une éclipse de soleil que la relativité générale était exacte. Eddington ne voulut jamais admettre qu'il pouvait exister des étoiles qui sous l'effet de leur propre poids sombraient en un puits relativiste (dont la lumière ne peut s'échapper). Eddington conscient d'avoir blessé Chandrasekhar en le black-boulant vint le voir à la fin du colloque en lui disant qu'il s'excusait et Chandra lui demanda : "pourquoi vous avez changé d'avis ?", "Non" répondit Eddington, "alors vos excuses sont inutiles" rétorqua Chandra. Effectivement la connaissance n'a que faire des questions de susceptibilité personnelle.

Qui était Rodolfe Kretly ou Krettly ? Il était musicien au régiment des Gardes-Suisses, à St-Denis le 14 août 1730, au régiment de Versailles en 1762, en novembre 1766 à Notre-Dame de Versailles, il fut le parrain de Rodolphe Kreutzer, le célèbre compositeur et violoniste virtuose à qui Beethoven dédia une sonate, fils de Jean Jacob Kreutzer musicien lui aussi au régiment des Gardes-Suisses. De ce Krettly descendent le musicien Gérard Calvi et son fils le journaliste Yves Calvi qui ont donc pris un nom de scène.

La dénaturation silencieuse ...

La propriété de Sébastien Durant de Monville à Versailles est devenue le lycée Sainte-Geneviève, plus célèbre encore sous le nom de Ginette.

Les drogmans, ces drôles de français qui s'en allaient gouverner au nom du roi de France les intérêts des chrétiens d'Orient auprès de la Sublime Porte, Gilles Veinstein dans sa leçon inaugurale au Collège de France en parle et notamment de Denis-Dominique Cardonne (°1721-1783) et ses deux petits-fils Antoine-Jérôme Desgranges (°1784-1864) et Alix Desgranges (°1793-1854), jeunes de langues comme l'on disait.

Il est possible qu'Etienne Regnault, premier gouverneur de l'île Bourbon ait été apparenté à Jean Baptiste Colbert et originaire de Champagne comme cette illustre famille de Reims, installée à Troyes et enfin à Paris.
Regnault de Paris avait commencé par être simple employé dans les bureaux de Colbert. On trouve de son écriture dans les premiers papiers de la Compagnie des Indes Orientales.
Etienne Regnault fut, du 5 août 1665 au 8 mai 1671, le premier commandant de l'île pour le service de Sa Majesté et celui de la Compagnie des Indes. Embarqué en mars 1665, il remplace Louis Payen de Vitry-le-François. Il quittera la Réunion pour Pondichéry avant de retourner en France en 1673, il vivait encore en 1681.

La fortune de Colbert par Jean Villain publié par Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 1994.
Gérard Colbert (°1550-1617), dmt rue de l'Ecu puis du Temple de Paris, propriétaire de vignes à Suresnes, époux de Marie Pingré (morte en 1636), dont un fils Nicolas Colbert (°1595-1650) époux de Marie Lemercier, fille d'un valet de chambre du roi. Jean Regnault était le beau-frère de ce Nicolas Colbert-Lemercier qui avec Regnault était propriétaire d'offices de receveur et payeur des rentes de l'Hôtel de Ville de Paris pour 100000 livres. Il avait tout loisir pour se consacrer à l'insu de ses voisins à des opérations financières, seul ou en association avec son beau-frère Jean Regnault et un parent de celui-ci ...En novembre 1634 Colbert cède son office à deux hommes d'affaires de sa connaissance, Antoine Legrain, sieur de Viroflay et Jehan Regnault, tous deux Receveurs généraux des Finances en la Généralité de Caen. Viroflay. — Donation de la seigneurie de Viroflay faite par demoiselle Marie Blot, veuve de M. Antoine Le Grain, à demoiselle Anne Le Grain, sa fille. Hôtel-Dieu à Antoine Legrain, écuyer, sieur de Viroflay, receveur général des finances à Caen, de 14 arpents de terre dépendant de la ferme de Chaville. En 1648, Antoine Le Grain, époux de Marie Belot, est seigneur d'Ursine et de Viroflay. La paroisse comprenait alors onze maisons et trente-neuf personnes. Seine et Marne : Département, par M. Jean Regnault, trésorier de France, général des finances, grand-voyer en la Généralité de Paris, et par MM
Il me paraît assez crédible qu'Etienne Regnault né à Paris soit un descendant de ce Jean Regnault considérant la logique familiale et clanique de l'époque.

D'autres Regnault contemporains mais sans rapport immédiat :
On a un Etienne Regnault marchand de vins en gros à Paris en 1626, administrateur de la Confrérie de Saint-Nicolas de Varangeville.
33 000 livres Etienne Regnault, écuyer, receveur des tailles de l'élection de Paris, rue du Mail, puis receveur général du prince de Conti rue de la Sourdière (fils d'Etienne Regnault secrétaire notaire du roi) a fait une faillite énorme en novembre 1715.
Certificat d'Étienne Regnault, trésorier de l'extraordinaire des guerres, attestant qu'il n'a pas payé les gages de capitaine de Louis de Crillon (15/5/1589, 20/6/1591 à Pithiviers, 17/7/1591à Mantes, 13/4/1593, 1596/1597, 1601). Étienne Regnault, trésorier de l'extraordinaire des guerres sous Catherine de Médicis entre 1533/1563.
Armes d'Hozier : Etienne REGNAULT, bourg, de Paris. D'az. à la tête et au col de renard.
Papiers de Jean Baptiste Colbert marquis de Torcy, Aux temps de la princesse de Ursins : Nombreuses pièces aux Affaires Etrangères sur l'intrigue des sieurs Deslandes Regnault et Flotte pour mettre le duc sur le trône d'Espagne, particulièrement lettre ...
REGNAULT-DESLANDES, il est mis à la Bastille. Le fils ou le père ?
Mémoires de Philippe de Courcillon marquis de Dangeau.
Mémoires secrets sur l'établissement de la maison de Bourbon en Espagne par Charles Auguste d'Allonville marquis de Louville, publié par Maradan, 1818
"Colbert : la politique du bon sens" par Michel Vergé-Franceschi publié par Payot, 2003 :
Dérèglement en effet qui se situe dans un curieux contexte : Regnault des Landes, totalement inféodé à Fouquet ... le capitaine Pierre Regnault, sgr Deslandes, gouverneur de Concarneau. Le président (Fouquet de Challain) eut pour successeur Pierre de Regnault, seigneur des Landes, commandant (c'est-à-dire gouverneur) de Concarneau.
Mémoires du Cardinal Dubois par Paul Jacob.
Châtel-les-Cornay (Marne), le sieur d'Epinay, vendu 29 septembre 1659 à Pierre de Regnault, commandant à Concarneau. Les enfants de ceux-ci vendirent cette propriété, le 13 septembre 1661, au sieur Pierre Regnault des Landes, et à dame Catherine Minette ou Herminette du Breuil son épouse. Pierre Regnault des Landes, gouverneur de Bains (1669) Pierre Regnault, seigneur des Landes, gouverneur de Bains-en-Flandres. ... notaires au bailliage de Chaumont (52), de vendre la terre et baronnie de La Voivre à messire Pierre Regnault, chevalier, sieur des Landes, gouverneur de Bains. Pierre Regnault, seigneur des Landes, gouverneur de Bains-en-Flandres, avait acheté la terre de Vignory (52) le 13/7/1669 aux Clermont d'Amboise. Ce Regnault était lié à Fouquet, à Colbert et à la Champagne ...
A cinquante ans de distance, il doit s'agir du père et du neveu. Cette famille ne semble pas avoir été étudiée. Si en fait : Généalogie de Renaut (Renault) des Landes, comte de Vignory (52) en Champagne, originaire de Bretagne; produite... au mois de décembre 1670. D'argent au sautoir de gueule accompagné en chef d'une croisette de sable.
Elle fut tenue sur les fonds par commandement du roi Louis XIV par M. Pierre de Renault, comte de Vignory, gouverneur de la ville et prévôté de Binch.
Archives généalogiques.
On a prétendu que Pierre de Renaut, comte de Vignory, gouverneur de Trêves, mort d'une chute de cheval en 1675, sans postérité, était fils d'un maître d'école nommé Guillaume de Renaut.
On a Etienne Renaut, originaire de Bretagne, seigneur des Landes, tué à Béarn, 9 avril 1671, il avait acheté avec son frère Pierre gouverneur de Trêves la seigneurie de Vignory, c'est donc de lui que doit descendre le Regnault Deslandes qui vivait vers 1708.
BNF : Factum pour Mre Pierre de Regnault... des Landes, conseiller du roy en ses conseils d'Estat et Privé, gouverneur des isles et chasteau de Tatiou (Tatihou), et Mre François de Minette du Breüil... de Saint-Vrain et consors, demandeurs, contre De Jeanne-Alexandrine de Marmier (épouse d'Olivier Tolosani de Biscamps), et consors, deffendeurs ; et contre Barthélemy Fredoc, intervenant. [Texte imprimé] / (Signé : La Fouasse.) Publication : (S. l., [1666]).
Titre(s) : Factum du procez, pour De Jeanne-Alexandrine de Marmier, femme séparée quant aux biens de... Olivier Tollozany... de Biscamps, héritière bénéficiaire de défunt Cleriadus de Marmier, son père, et pure et simple de Claude-Renée de Pontalier sa mère, défenderesse, demanderesse et intimée ; contre François Heminette du Breüil (Minet du Breüil)... de Saint-Vrain, Mre Pierre de Renaut... des Landes, dame Catherine Heminette du Breüil sa femme et consors, demandeurs, défendeurs et appellans. [Texte imprimé] / (Signé : Panier Du Ranclos).

Sous Louis XI : Regnault du Châtelet seigneur de Vignory. Lettres du roi faisant don à son conseiller et chambellan Regnault du Châtelet, capitaine des gardes de Louis XI, seigneur de Pompierre, puis du Châtelet en partie, comte de Vignory. Il ne semble pas que ce Regnault du Châtelet (nom patronymique) soit en relation avec Pierre Regnault comte de Vignory en 1669.

Dupleix et l'Inde française Par Alfred Martineau, Alfred Albert Martineau Publié par E. Champion, 1920.
Deslandes était le gendre du gouverneur François Martin. Lorsqu'il arriva à son poste, en septembre, Regnault venait de mourir. Deslandes, comme son ... En 1686, Martin envoya les marchands Pellé, Regnault, et Grégoire Boutet au Bengale. Le Zamorin de Calicut lui fait bon accueil en 1686. Aux Indes, on peut supposer que le commis Regnault resta tout d'abord attaché à l'Escadre de Perse. En janvier 1669, il est à Calicut : en juin 1674 chef du comptoir de ...
Il doit s'agir d'Etienne Regnault ancien gouverneur de l'île Bourbon qui serait mort le 4 septembre 1688 aux Indes au Bengale ou à Hoogly près de Calcutta.
The Calcutta historical journal Par University of Calcutta Publié par University of Calcutta, 1984 :
The initial complication for the French was solved by the sudden death of Regnault on September 4, 1688. By early January 1689, Deslandes had been able to
Aux Indes, on peut supposer que Regnault resta tout d'abord attaché à l'Escadre de Perse. ... André Boureau-Deslandes, de Tours arrivé à Surate sur le ... Boureau-Deslandes, en juillet-août 1676. André Boureau-Deslandes (°Tours), responsable du comptoir français de Chandernagor et gendre en 1686 de François Martin (°1634 Paris - 1706 Pondichéry) arrivé à Pondichéry en janvier 1674. Boureau-Deslandes s'embarque à Pondichéry pour la France le 23/2/1700.
La réaction mercantiliste de Boureau-Deslandes : Né à Pondichéry en 1690, André-François Boureau-Deslandes (°1689-1757) commissaire général de la Marine et auteur est le fils d'un agent de la Compagnie des Indes à Pondichéry.
Médecins de fortune et d'infortune.
La percée de l'Europe sur les océans.
Masque et Lumières.
La Compagnie des Indes Orientales et François Martin.
Je crois que le procès est fait Etienne Regnault est resté aux Indes jusqu'à sa mort le 4 septembre 1688 au Bengale ou à Hoogly près de Calcutta.
Il ne faut pas confondre le commis Etienne Regnault avec le marchand Regnault établi à Chandernagor, second du comptoir depuis 1703 et qui refuse le commandement de Chandernagor en 1705 peu avant la mort de François Martin.

On admettra que tous ces noms avaient de quoi faire rêver les jeunes gens restés en France et tourner la tête de quelques-uns : le Roi de Golconde, le Mogol, le Zamorin de Calicut, Masulipatam, Chandernagor, Pondichéry, les richesses fabuleuses des Indes ...

Yfig me reproche souvent de trop parler du passé alors je vais en remettre une couche, Histomag'44 dans son numéro spécial pour le 65ème anniversaire du débarquement parle de l'arrestation de Maître Ernest Pierre Marie Le Verger (°1895-1944), notaire de Loudéac et arrière-grand-père de mes neveux, piégé par Louis Marie Maurice Zeller (°1/1/1895 Menton - fusillé à Rennes le 17 juillet 1946) de souche alsacienne, alias Marc Denis ou Marc Evrard, un opiomane ancien officier de la Royale (école navale 1913/1914, lieutenant de vaisseau), croix de guerre 14-18, puis Croix de Feu, membre du PSF et pendant la guerre promu capitaine de la LVF.
Il faut lire 1895 et non 1885 comme date de naissance de Maurice Zeller.

Le lieutenant Ernest Le Verger était croix de guerre 14-18 et fut fait chevalier de la légion d'Honneur à titre posthume en 1945, son neveu et gendre Robert Poirier (°1919-2002) connu dans la Résistance sous le nom de lieutenant Bruno obtint le 20 août 1944, la reddition de l'unité de DCA allemande et de ses 130 hommes qui gardaient le barrage de Sarrans sur la Truyère (Cantal). Groupements ORA qui encerclent la garnison allemande de Mur de Barrez et du Barrage de Sarrans, sur la Truyère. Compagnies-Bernard (Cl. Bouchot) - Bruno (R. Poirier) - German Gonzales, formant le Bataillon FFI du Barrage de L'Aigle. Les compagnies Poirier (Bruno) et Bouchot (Bernard) interdiront la direction de Rodez avant le 15/8/1944 et l'encerclement de la compagnie de la DCA allemande sera réalisé les 17 et 18 août.
... la flanc-garde du 2ème C.A arrivée le 7 septembre 1944 à Paray-le-Monial. L'une de ses unités, la compagnie Poirier-Bruno, faute d'avoir pu établir le 7 matin le contact prévu avec le groupement de combat Thollon, engagé au nord de la Loire, rejoindra la C.F Pommiès (Corps Franc) à Etang-sur-Arroux. Et que la compagnie Bruno égarée du groupement Merlat de la D.L (division libre) d'Auvergne placée de justesse par le commandement du C.F en flanc-garde à hauteur du carrefour des quatre-vents, a été attaquée à son tour peu après mon départ d'Etang-sur-Arroux par une colonne ennemie venant de Luzy qu'elle a tenu en respect seule pendant deux heures. Venant de Nevers par Luzy, une force allemande comprenant cinq mille hommes se ...

Beaucoup d'officiers de marines occidentales se livraient à l'opiomanie au XIXème siècle et au début du XXème siècle, Maurice Zeller a fait réquisitionner un banal pavillon en bordure du gros bourg. Il l'a meublé de faux meubles chinois, a disposé partout des bibelots exotiques ; il couche par terre sur une natte.
Il n'est pas jusqu'à la cruauté orientale dont il ne fasse ses délices ...
Il fut rayé des cadres pour trafic de stupéfiants : Pour cet officier de marine brillant, promu à un avenir sans ombre, les choses se gâtent en 1925. Zeller est muté en Indochine. D'après Paul Bonnecarrère, il avait obtenu la croix de chevalier de la Légion d'Honneur (à vérifier). Il devenait lieutenant de vaisseau sur Le Condé, un croiseur, La Marseillaise, Le Strasbourg, officier navigateur pour sept mois de patrouilles le long des côtes de Syrie. La carrière s'annonçait fort bien mais des démons l'habitaient ... Dirigeant le bureau de recrutement de la LVF dans les Côtes-du-Nord il en aurait été relevé pour avoir puisé dans la caisse ...

J'ai revu hier soir Lacombe Lucien mais l'indifférence quasi-absolue du personnage limite l'intérêt du film, il faut malgré tout que le héros même en négatif suscite quelque lueur d'intelligence dans le regard du spectateur pour se soutenir dans son souvenir ... on admettra que faire un film sur un Maurice Zeller eut eu davantage d'intérêt !

On ne peut pas dire que Patrick Modiano stimule exagérément l'intelligence ... d'ailleurs à chaque fois que je l'ai vu à la télévision il avait l'air d'un idiot, un Lacombe Lucien !

Il semble qu'aujourd'hui la littérature soit devenue le repaire des imbéciles et que l'on ne puisse avoir d'empathie que pour les faibles quotients intellectuels ...

L'idiot du village est le nec plus ultra de l'espèce humaine et la société primitive - première ! - la forme la plus aboutie de la civilisation ...

Qu'on présente l'idiot comme une victime des apparences, je veux bien, comme un modèle c'est autre chose ! L'inversion des valeurs dont rêvait Nietszche est largement accomplie.

Il est tout à fait révélateur de voir l'Académie suédoise récompenser un Jean-Marie Le Clézio qui n'a jamais pratiqué que le premier degré dans toute sa vie d'auteur - les bons sentiments - et exclure un Jorge Luis Borgès qui n'a jamais privilégié que le second degré c'est à dire l'ironie intellectuelle et jamais l'empathie avec ses héros.

Si Borgès peint un gaucho aussi rustre qu'un petit Lacombe Lucien, il n'en fera pas pour autant une victime et il ne montrera pas spécialement de complaisance pour lui même s'il meurt courageusement dans un duel au couteau pour une cause stupide !

Est-il utile de rabaisser la littérature en en excluant l'intelligence à moins d'être animé d'une véritable haine pour le beau ?

Quand je dis inversion des valeurs ... il y a la même option dans le christianisme qui préconise de se rendre semblable à de petits enfants ! Idée reprise par Pascal ... je doute de l'avantage qu'il puisse y avoir à mêler une telle simplicité à nos sentiments et à nos idées. Potion magique dans laquelle on tombe quand on est tout enfant ... sans doute !

La même rétrogradation - Antée qui reprend des forces en touchant Terre - qui revient à intervalles récurrents comme source de tout bonheur.

Mettre le bonheur au centre de tout ... oui, mais quel bonheur ? Celui des simples d'esprit sans doute. Ce qui est devenu la raison ultime des nations.

Réplique d'Yfig : Mais non iPidi, je ne te reproche pas de trop parler du passé, je te reproche de ne pas assez parler du présent ...... ce n'est tout de même pas la même chose !
- Question naïve : cela commence quand le passé ?

Je complète un tableau d'honneur sur mes proches ou lointains cousins Regnault qui sont dans l'armée française :
- Xavier Petit, capitaine de frégate, chevalier de la Légion d'Honneur 30/6/2005.
- Thierry Petit, capitaine de frégate, chevalier de la Légion d'Honneur 5/7/2008.
- Gildas Courau, capitaine de corvette le 1/12/2007.

Dans la branche Regnault de Vaufland, on trouve deux polytechniciens petits-enfants de Georges Regnault (°1902-1975), X 1922 :
- Jean-Marie Boucher (°1973), X 1994 époux de Sandrine Allard-Couluon (°1975), X 1995, ingénieur civil des Mines en 2000 (JM Boucher, fils du général de corps d'armée Patrick Boucher et de Marie-Christine Regnault).

Je vais éclaircir la pensée d'Yfig de manière radicale mais qui aura le mérite de mettre les choses au net (au point comme dirait un officier de marine regardant dans une lunette) : Pour vivre heureux il faut faire comme les animaux et être dans un éternel présent, sans se projeter ni dans le passé, ni dans le futur. Je suis évidemment tout à fait d'accord, cela évite les angoisses inutiles, sinon le stress, malheureusement ce présent éternel ne se conjugue guère avec l'intelligence des choses. On peut penser que l'explosion primordiale il y a quinze milliards d'années est d'une actualité plus brûlante que le journal télévisé du jour qui est lettre-morte si je puis dire ! En fait il me semble que l'esprit profond qui s'applique à la continuité de la Nature - tout autant qu'aux ruptures apparentes - est plus dans le vrai que l'esprit journalier - on disait un journalier pour ces manouvriers qui n'avaient que la sueur de leur front comme seul bien et hypothèque d'hoirie sur l'avenir - qui ne se projette nulle part et ne trouve de refuge que dans la superstition la plus étroite.

L'étude des archives relativise les vérités immédiates. Elle nous permet de nous hausser au-dessus de l'esprit quotidien. Cette agitation brownienne qui ne mène nulle part ou si peu loin et avec une telle dépense d'énergie pour des résultats si infimes qu'il n'est guère nécessaire d'en parler et de s'y étendre.

Poincaré disait que la science consistait à chercher les faits à haut rendement afin d'économiser l'avenir.

J'en profite pour saluer mon brillant cousin japonais, physicien du solide (matière condensée), Yugo Oshima ou dans sa version française, Hugo Oshima (°1974). Il a reçu en 2008 une récompense "Best Poster Award".
Le Riken est un grand laboratoire japonais qui s'intéresse à de nombreux domaines de l'étude de la matière.

Il n'est pas le seul physicien en activité dans la famille, Louis-Pierre Regnault dirige le "Service de Physique Statistique, Magnétisme et Supraconductivité" au CEA à Grenoble et Thomas Thuillier est au Laboratoire de physique atomique et de cosmologie toujours à Grenoble où il s'occupe du projet Spiral2.

Un de mes cousins côté Pomiès de Foix fait carrière dans la Marine comme son père : La médaille de la défense nationale, échelon « argent », est décernée à titre normal, à compter du 1er janvier 2008 à Paul Alexandre Maroine Labit, Lieutenant de vaisseau, agrafes « Bâtiments de combat » et « Missions d'assistance extérieure ».

Il descend d'Elizabeth Pomiès (°1837-1894) et de son gendre Edouard Barbe (°1857-1930), avocat à Foix et bâtonnier de l'Ariège, auteur aussi notamment chez Veuve Pomiès de textes d'érudition, de récits d'ascensions dans les Pyrénées et d'une comédie. Son frère cadet Charles Barbe (°1875), notaire à Tarbes eut un fils Charles Barbe à qui il transmit son étude et qui pendant la guerre prit le parti de la Révolution nationale (il fut tué en 1943).
BARBE Charles. Jeune notaire de Tarbes, membre du SOL, puis de la Légion Tricolore, engagé dans la LVF plusieurs années (il est chef du service social de la Milice).
Mais Charles Barbe était sans doute trop pur pour vivre une vie banale et sans grandeur dans le monde d'aujourd'hui égoïste et immoral.
Jean Bassompierre, Charles Barbe et Boudet-Gheusi parmi d'autres, se portèrent volontaires pour servir sous l'uniforme allemand de la LVF.
... l'aspirant Charles Barbe, chef du SOL des Hautes-Pyrénées, le lieutenant Bassompierre. ... La LVF déjà avait mauvaise réputation dans la vieille droite.
"Le Monde" : Trois anciens résistants de Tarbes, arrêtés pour avoir exécuté en 1944 les époux BARBE mis en liberté provisoire, 19/20 SEPT.

On trouve d'autres hommes dont l'engagement sous l'uniforme allemand est assez incompréhensible. A Béziers, Pierre Cance (°1907-1988), ingénieur, capitaine d'infanterie dans l'armée française puis Commandeur de la Sturmbrigade, Max Knipping, as de l'aviation de 14/18 dont on invoque les dettes pour expliquer qu'il ait rejoint Joseph Darnand autre héros de 14/18.

Très joli ce nouveau musée de la BD à Angoulême installé dans les anciens Chais Magelis.

Ceci me fait penser que je suis passé lundi dans le quartier Bercy, Cour Saint-Emilion devant les anciens chais et dans le charmant et nouveau parc où l'on a même planté une vigne dont je doute qu'elle puisse donner grand chose à cette latitude ...

Daniel Cordier vient de faire publier ses mémoires, "Alias Caracalla".
Le prestige du vainqueur de 40 ne joua pas sur lui qui se rendant à Londres dès le 25 juin 1940 cherchait à tuer du boche et non à endosser l'uniforme honni "feldgrau". Il regretta de n'avoir pas tiré un seul coup de fusil de toute la guerre ...

Plus difficile pour Cordier de parler de ses goûts sexuels que de rentrer en dissidence avec le régime de Vichy !

Mon sentiment c'est qu'aujourd'hui se mettre dans les pas des américains c'est un peu comme chausser les bottes des allemands en 40, c'est suivre les traces des vainqueurs ... je suppose que beaucoup d'officiers de l'armée française de 2009 sont subjugués par le matériel, l'organisation et le prestige de l'US Army !

On a envie de dire à ces militaires de carrière et si en 2020 c'est l'armée chinoise qui est la plus puissante au monde, vous ferez-vous chinois ?

D'ores et déjà dès cette année le PIB de la Chine va dépasser celui du Japon qui était le deuxième au monde depuis 1968, et vers 2018/2025, il devrait surpasser celui des Etats-Unis (donc le scénario est crédible).

Les guerres civiles sont le moment des plus grandes extravagances ...
Ariège. Au siège de la Milice à Foix, le tortionnaire numéro 1, spécialiste de l'électricité, est un prêtre, l'abbé Baurès, ex-curé de Rieucros. Dans l'Ariège, le curé de Rieucros, l'abbé Baurès, s'était mis au service de la Milice et avait de fréquents contacts avec la Gestapo. Elle travaillait pour la Gestapo. Les miliciens de l'Ariège ont exécuté entre mai 1944 et la Libération 7 personnes et en ont livré 22 autres aux Allemands. Les miliciens, auxiliaires de la Gestapo sont très actifs dans leur chasse aux résistants. Il faut dire que dans le département de l'Ariège les maquis sont nombreux et actifs.
Le chalet de Lauquié propriété familiale sera le siège de la Gestapo (le S.D de Foix) pendant toute la période de novembre 1942 à août 1944 commandée par un certain Willy Sticher au printemps 1944. Le chef des renseignements à la Gestapo de Foix, Willy Sticher, transporte des grenades à Rieucros et prépare une expédition punitive.
Bref le pauvre Jean est embastillé à Lauquié ce chalet fuxéen qui a vu tant de supplices.
Il demeure tout d'abord à Foix, à Lauquié, gracieuse villa devenue sinistre par l'usage qu'en a fait la Gestapo. Soumis durant cinq jours à d'affreuses tortures, rapporte encore René Dejean (°1915-1988).
Abbé Baurès : S'est spécialisé au siège de la milice locale (Toulouse) dans la torture à l'électricité de suspects communistes ou juifs : reconnu à la libération, il est lui-même arrêté et torturé avant d'être exécuté sommairement par la Résistance.

Encore un curé qui se croyait moderniste parce qu'il se servait de l'électricité pour faire parvenir les hérétiques à résipiscence !

On agite le grelot de la burqua pour ne pas parler de l'immigration de masse ... et pour éviter de dessiner les contours du peuplement futur de la France.

Certains croient qu'ils conserveront la prospérité tout en rognant sur les libertés individuelles, alors que les unes sont les conditions de l'autre !

Ciudad Juarez cette ville de la frontière de l'autre côté du Rio Bravo, El paso aux Etats-Unis ville prospère et tranquille - tout est relatif - la grande ville mexicaine rongée par le crime et la corruption en grande partie qui viennent des trafics de drogues avec les américains, mais je suppose que les américains préfèrent que la frontière soit maintenue et les protège de la contamination de leurs propres vices !
Les frontières sont justement là pour souligner la ligne de démarcation entre nos vices et nos vertus, entre la civilisation et le pays de décadence et sans volonté qui nous est assujetti.
En 1860 français et anglais dirigés par Lord Elgin vinrent faire la guerre pour l'opium et saccagèrent le palais d'été des empereurs chinois dont le pays était resté dans un état stagnant depuis des siècles. Un crime et un viol mais nécessaire à la poussée de la civilisation. L'amiral américain Perry commandant une flotte occidentale forçant les ports du Japon fit de même en 1854 avec les shoguns ... le prix à payer ? On le connaît. L'opium qui se répand dans les rangs de l'Occident, Pearl Harbor et la guerre dans le Pacifique au XXème siècle.
La civilisation n'est pas un état neutre ... le développement des vices s'y fait concurrement avec les vertus.

Je trouve particulièrement savoureux de voir le français - ou ex-français, je ne sais - Emmanuel Saez récompensé par la médaille John Bates Clark pour avoir dénoncé les inégalités fiscales aux Etats-Unis conjointement avec Thomas Piketty, tout en s'étant installé à Berkeley où on lui offrait des conditions très supérieures à ce que les universités françaises sont en mesure de lui apporter ! Bien entendu encore une fois voici un intellectuel qui mord la main qui l'a nourri mais qui continue pourtant de quémander les fruits du système le plus capitalistique qui soit ! Ses grandes facultés d'analyse devraient se porter sur la bizarre psychologie qui l'amène ainsi à se déjuger dans les faits sinon dans les idées mais peut-être que son discernement mathématique est plus subtil que ses capacités à sonder l'âme humaine en ses tréfonds ne sont étendues.

Vous savez que je ne crois pas qu'il existe une économie en-dehors des êtres humains qui l'animent donc pour moi la méta-économie qui consiste dans l'étude de la psychologie individuelle et collective a toute sa place dans les fondements d'une véritable économie politique. Je ne réduis nullement les motivations des hommes à leur réalité économique mais enfin l'argent est le nerf de la guerre et il en faut aussi bien pour faire fonctionner une université que n'importe quelle entreprise.

Deux choses comptent, la perception que les citoyens ont de leur pays et des chances qu'il offre, l'efficacité ou rendement que l'argent obtient en passant par certaines mains décideuses plus que par d'autres. L'accumulation capitalistique autorise de belles entreprises comme les universités américaines avec leurs fondations et autres donations de leurs anciens élèves et des entreprises qui leur sont redevables. La misère de l'université française devrait faire réfléchir sur les manques criants de notre système socialisé et étatisé à l'extrême.

En regardant les courbes de distribution des revenus que Thomas Piketty a établi pour la France et les Etats-Unis, il est impossible de se faire une idée de l'état du pays considéré, c'est la résultante de tellement de facteurs dissemblables, d'un tel agrégat de situations diverses et variées qu'il n'est pas pertinent d'élaborer une politique, économique, sanitaire, de recherche scientifique voire de politique étrangère sur un tel indice.

L'espérance de vie est une statistique intéressante car elle permet des comparaisons beaucoup plus fortement corrélées.

Il y a des indicateurs pertinents et d'autres qui ne le sont pas. Et enfin il y a notre jugement qui dépend en partie de nos présupposés philosophiques, en partie de notre expérience quotidienne.

La liberté est un sentiment qui se respire comme disait Valéry mais tout le monde ne la ressent pas avec la même acuité parce tout le monde n'a pas les mêmes besoins d'expression.
Certains se limitent à l'expression sportive, quand d'autres ont besoin de faire ressortir toutes les facettes de leur intellect pour vraiment vivre.

Ai-je jamais interdit quoi que ce soit à qui que ce soit ? La seule personne que j'ai soumise à des restrictions c'est moi.
Thomas Piketty et Emmanuel Saez passent pour de grands savants et moi pour l'idiot du village, tout simplement parce qu'ils sont agiles à manier des tableaux de statistiques sans voir ce qu'il y a dessous, il leur manque l'esprit de finesse essentiellement. Leur enfer futur est pavé de bonnes intentions, Condorcet qui était lui aussi un bon mathématicien est tombé dans les mêmes errements au moment de la Révolution. Il était fondamentalement inapte au jeu social par manque de connaissances du coeur humain, mais cette science-là est tout un art et aucun doctorat jamais n'en donnera les clefs.

Je rappelle ce qu'Henri Poincaré qui était un beaucoup plus grand mathématicien que Piketty, Saez et Condorcet pris ensemble le furent et ne le seront jamais disait au sujet de l'usage par Condorcet des probabilités dans les sciences sociales et notamment dans l'établissement d'une justice équitable, qu'il était tombé dans des aberrations sans nom.

Voici la preuve de ce que je dis Poincaré et l'affaire Dreyfus.

Le scandale des mathématiques, l'application des probabilités aux sciences morales, est une expression qui se trouve chez Joseph Bertrand il me semble, je ne saurais dire si Auguste Comte a employé auparavant cette expression.
C'est Stuart Mill qui avait employé cette expression reprise ensuite par Joseph Bertrand.

L'expression Ce fut le scandale de la géométrie est tirée des oeuvres de Voltaire, chapitre XXV Des méprises en mathématiques de son ouvrage intitulé "Des singularités de la Nature".
Comme vous le voyez il faut toujours remonter aux sources ... et Google Books est vraiment devenu indispensable pour cela ! Croyez-vous que Google Books aurait pu exister en France avec tous les freins que les institutions publiques y auraient mises ? Encore une fois la supériorité d'un système intéressé montre qu'elle permet de réaliser des choses qu'un système soi-disant purement gratuit ne permet jamais. La gratuité n'existe pas : c'est une fiction ! Tout a un coût. C'est pourquoi l'argent a son prix.

Même la Liberté a son prix et son coût, mettez-vous bien cela dans la tête avant de vouloir vous engager en politique !

Camille Landais est le troisième larron de la triade avec Thomas Piketty et Emmanuel Saez.
Je m'étonne beaucoup qu'on n'ait pas appris à réfléchir à ces jeunes gens ... aucun physicien un tant soit peu rigoureux ne fonctionnerait ainsi, au feeling si je puis dire !
Quand on dit d'un mathématicien qu'il a de l'intuition cela ne signifie pas que son intuition est juste et sera vérifiée au final. On connaît de célèbres exemples d'intuitions qui n'ont jamais pu être vérifiées comme l'hypothèse de Riemann alors que dire dans des domaines aussi mouvants et incertains que l'économie qui dépendent tout entier de la qualité des hommes ? Il n'y a pas d'économie en-dehors des hommes, l'économie des machines qui est une discipline particulière où l'on analyse les causes d'usures, le rendement, les erreurs de fabrication est une discipline à part entière bien calibrée mais dont la rigueur est loin du flou méthodologique qui s'attache à l'économie humaine.

Il est intéressant de savoir que c'est le grand Charles Babbage (°1791-1871) qui a été parmi les premiers à écrire un Traité sur l'économie des machines et des manufactures traduit dès 1833 chez Bachelier par l'ingénieur et sinologue Edouard Biot (°1803-1850), membre de la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale (la S.E.I.N) qui en 1848 récompensa Regnault pour son rouleau-compresseur construit avec l'aide de la maison Bouilliant.

Il faut lire attentivement l'introduction d'Edouard Biot - fils de Jean-Baptiste Biot, un des premiers savants de son époque - avant de se plonger dans le texte de Charles Babbage, petit par la taille, grand par l'esprit.

Il y a des esprits lumineux qui mettent de la clarté là où d'autres se complaisent dans les délices de l'obscurité.

De qui ces vers ?

A vous, deux mots, messieurs les Zoïles,
Gens d'humeur triste et de moeurs difficiles !
Je le sens bien : ce nom de syphilis
Doit exciter vos dédaigneux mépris :
Pauvre insensé, que t'a fait notre oreille ?
Jamais vit-on baliverne pareille ?
Qui t'engage à rimer malgré Phébus ?
Ta faible prose et tes sales rébus ?

Messieurs, sachez qu'une oreille pudique
Peut écouter ma muse poétique ;
Mais j'y consens, soit, blâmez mon projet :
J'ai chanté sans connaître mon sujet.

De mon aïeul, le docteur Frédéric-Auguste Davesne (1798-1872), âgé de vingt ans alors, La Syphilis, poëme en deux chants, par F. A. D***, étudiant en médecine. Chez Dentu, Paris, 1818, in-8 de 16 pages d'une feuille, imprimerie de Gillé. Signé à la fin Aug. D***, en 378 vers. La partie citée forme la préface de l'ouvrage. Un exemplaire se trouve à la BNF.
Le plus amusant c'est qu'il fut la plus grande partie de sa vie le médecin des Dames de Sion à Paris et à Evry-Grand-Bourg ! Et que son arrière-petite-fille en fut la mère supérieure ...

On le trouve cité en partie dans : "Le parnasse médical français : ou, Dictionnaire des médecins-poètes de la France anciens ou modernes, morts ou vivants : didactiques, élégiatiques, satiriques, chansonniers, auteurs dramatiques, vaudevillistes, comédiens, fantaisistes, burlesques, rimailleurs, etc., etc" par le docteur Achille Chéreau (°1817-1885) - Paris A. Delahaye 1874 - XXIV et 552 pages. En pages 151 et 152.
Si l'on nous demande pourquoi nous nous permettons d'attribuer ce poème au docteur Davesne, nous répondrons qu'après avoir consulté les thèses soutenues à la Faculté de médecine de Paris entre les années 1818 et 1821 nous en avons trouvé une ayant pour sujet La Puberté défendue le 22 mars 1821, et qui est de Frédéric-Auguste Davesne. Ce serait bien extraordinaire que nous n'eussions pas rencontré juste. C'est un poème de 378 vers qu'on lit avec plaisir et qui est écrit sous une forme attrayante. Voici comment l'auteur montre le mal affreux s'appesantissant d'abord sur le peuple et montant ensuite jusque sur les marches du trône ...
L'idée fut reprise plus tard : "Syphilis, poëme en deux ou trois ou quatre chants" (selon les éditions), par Auguste Marseille Barthélémy, avec des notes par le docteur Jean Giraudeau de Saint Gervais (°5/11/1802 St Gervais, Vienne) 1840, 1848, 1851 (qui est une réclame pour son traitement végétal et dépuratif). Proh ! pudor.

J'ai trouvé tout ceci sur Gallica malheureusement le moteur de recherche n'est pas fameux et il est difficile d'y piocher ce qu'on veut.

Un second extrait, les amours d'Henri de Navarre, le Vert Galant :

Tout fier d'un tel progrès, le monstre cette fois
Osa monter enfin sur le trône des Rois ;
Le monarque éprouva sa rage meurtrière.
Vois ton royal amant, sensible Féronnière,
Tout rempli des douceurs d'un amour clandestin,
Voler où l'entraînait son penchant libertin.
Sèche tes pleurs jaloux... l'ingrat, il t'a trahie !
Mais de la syphilis il ressent la furie.
Hélas ! plains son malheur et ne l'accable pas ;
Sans doute il t'aime encor, il doit fuir de tes bras.
Et toi, sublime Henri, toi dont le nom rappelle
Un nom cher aux Amours, toi, de la Gabrielle
Et de tous les Français l'ornement et l'orgueil,
Ton ardeur vint aussi donner en cet écueil.
Ah ! pourquoi loin des bras de la tendre d'Estrées,
Ton coeur va-t-il chercher des amours insensées !
As-tu donc oublié les délices d'Anet,
Et ces galants boudoirs et ce riant bosquet
Où, quand tu languissais aux genoux de ta dame,
L'inflexible Mornay vint surprendre ta flamme !
Reviens, reviens enfin près de ta Gabrielle ;
Henry, tu fus volage, elle est encore fidèle.

Ils ne sont pas si mal troussés tous ces vers d'un jeune carabin de vingt ans et Henri IV l'aurait peut-être pris comme médecin pour soigner son mal de Vénus ... sinon ses peines de coeur !

Belle devise de Duplessis-Mornay (°1549-1623) : « arte et marte » - (par le talent et par le combat).

Une image fantaisiste d'artiste : Mornay arrache Henri IV à son amour pour Gabrielle d'Estrées attribué à Jean Michel Moreau dit le Jeune (1741-1814).

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Des progrès dans la compréhension des réservoirs profonds du VIH.

La burqua : un ghetto et qui plus est un ghetto ambulant.
En ce qui me concerne je ne voterai jamais pour quelqu'un comme Martine Aubry qui permet qu'on enferme les femmes en un ghetto portatif sous prétexte de les protéger (on a entendu mille fois ce genre d'arguments).

Cela fait penser à ce vieux nazi réfugié en Espagne qui expliquait que si on avait regroupé les juifs dans des camps de concentration c'était pour mieux les protéger des bombardements anglo-saxons ...

Les livres reconnus ...
J'essaie d'être de ceux qui ont les yeux avisés qui reconnaissent les ouvrages méconnus. Et puis quoi, il faut un commencement à tout et un bon premier lecteur pour que s'ensuivent d'autres.

Derrière Condorcet il faut voir sa femme, c'est elle qu'il faut reconnaître dans toutes les bêtises qu'il commit sous la Révolution, mais - il y a toujours un mais dans ces affaires-là - sans elle il n'eut connu ni le rêve de l'amour, ni la passion du bonheur, ni la solitude finale du trépas ! Donc en un sens il fit assez de sottises pour être un homme complet ...

Elle l'avait épousé par raison et elle l'a donc fait déraisonner ...

Avis à la population !
Mon nouveau mail : pierre.driout@sfr.fr
A partir du 15 septembre 2009, mes pages persos auront toutes migré vers une nouvelle adresse sfr que je communiquerai en temps utile.
Mon numéro de tambour-major de ville est très au point ...

Je préfére toujours la réflexion à la production.

Tout est là, il suffit de classer les choses autrement.

Que doit-on penser d'un drogué, pédophile et nègre qui se paye des enfants blancs comme l'on s'achète des animaux de compagnie ? C'est pourtant le modèle que l'on offre au monde sous prétexte que le saltimbanque en question était illustre et riche, ni la justice, ni les moeurs américaines n'y gagneront rien et le scandale reste intact même après sa mort quand il est question que l'on se serve encore de ces enfants pour en tirer quelque bénéfice médiatique ou autre.
De ces jeunes vies brisées, livrées en pature aux voyeurs de toutes espèces, issues de cet odieux marché aux esclaves modernes des utérus et des éprouvettes que va-t-il rester au final ?

Ce qui est frappant c'est la grande lâcheté collective, celle qui fait fermer les yeux à tout un chacun devant une célébration quasi-universelle et hystérique par peur d'aller contre le sens du courant même si les langues commencent à se délier en catimini.
On pense à ce qui passait en Europe entre 1939 et 1945, quand tous les peuples d'Europe voyaient les rafles de juifs mais que personne n'osait s'interroger sur la destination finale d'une population entière ainsi déportée quand même les peuples encore libres et leurs chefs ne disaient rien publiquement ...

L'aplaventrisme a encore de beaux jours devant lui ...

Il y a une douceur chez Fauré même au coeur des mouvements les plus vifs qui s'oppose aux paroxysmes de Franck.
Gabriel Fauré nous fait supposer que tout ce qui n'est pas musique est bavardage.

Un grand artiste nous entretient dans le domaine de l'illusion, c'est sa force et sa faiblesse, il agit comme un puissant filtre d'amour et de dégoût de la vie terrestre.

J'ai acheté le "Louis XIV" de Pierre Gaxotte - très bien illustré - quoiqu'en fait je n'aime guère le personnage (inoui d'égocentrisme) mais je lis en ce moment le "Monsieur frère de Louis XIV" de Philippe Erlanger et j'avoue ma grande préférence pour Philippe d'Orléans, pittoresque, faible, sodomite aux mains des vilains mais au fond sans malice propre.
Philippe Erlanger (°1903-1987) étant lui-même une grande folle qui aurait pu servir de modèle au Charlus de Proust.
Pierre Gaxotte (°1895-1982), monarchiste et catholique, très proche des milieux maurassiens avant-guerre était tout autant gentilhomme de la manche que Philippe Erlanger et Monsieur ...
Il est douteux que ces deux historiens mondains aient pu s'apprécier car Gaxotte - ami intime de Dumézil à Normale Sup' - était très antisémite et ennemi déclaré de Blum avant-guerre et Erlanger par sa mère descendait des Camondo, juifs du Bosphore.

Dieu n'aime pas qu'on invoque sans grand nom en vain ... pourquoi aurais-je plus d'indulgence pour Louis XIV qui révoqua l'édit de Nantes et persécuta le mieux qu'il put mes ancêtres protestants alors que je n'en ai pas pour les intégristes orientaux qui hantent nos rues ?

Précision : on prononce Gazotte, c'est en effet un lorrain de souche.

Documentaire sur Balenciaga (°1895-1972) qui refusa le prêt-à-porter jusqu'à la fin et qui ferma sa maison de couture à Paris en 1968 quand la dictature de la rue se mit à imposer ses goûts sur la mode. Saine décision ...

Quand le haut imite le bas tout est perdu fors l'honneur de se retirer à temps.

Il existe une prolétarisation des moeurs qui donne le ton et qui s'impose à tous, c'est une dictature à minima, celle de l'opinion publique toute puissante, reine d'un jour.

Quand la mauvaise monnaie chasse la bonne ... le seul remède c'est de tenir éloigné de ces vils tréteaux de la gloire ce à quoi l'on tient et d'ainsi le protéger des mauvaises influences.

Certains parlent de reconstruire le château de Saint-Cloud, oeuvre de Monsieur, mais moi je crois que la vraie merveille du règne ce fut Marly !



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L'élément le plus fabuleux du domaine était la Grande cascade qui dévalait toute la colline derrière le Pavillon du Roi. La perspective écrasée de la peinture ne donne qu'un faible idée de l'effet que faisait cette eau qui jaillissait des bois ...

Si vous passez aujourd'hui dans le parc de Marly-le-Roi vous serez désolé de l'état d'abandon d'un tel paysage, là où se trouvaient les pavillons sauvagement détruits après la Révolution par un marchand de biens, on trouve des trous, de véritables fondrières entourées de barrières métalliques pour éviter que les touristes n'y tombent ! Quelle déchéance ... orchestrée par l'Etat et dont personne ne s'offusque.

Bien entendu il faudrait un Louis II de Bavière pour réaliser cela pas un Frédéric Mitterrand, ce n'est pas la même espèce de décadence ! Mais la médiocrité de notre personnel politique reflet de notre état démocratique nous interdit ce doux rêve.

Il y a certaine forme de décadence qui exclut la petitesse et il y en a d'autres qui en autorisent beaucoup du moment qu'elles sont médiatiques et font pleurer Margot.

L'égalité pour les nuls en dix leçons ... je n'ai jamais eu aucun sens de l'égalité. Je laisse volontiers ce ramequin à la rue de Solférino.

Quant au bonheur des peuples, ce n'est pas un programme politique.
- Tom Ford styliste de Gucci : Êtes vous heureux ?
- Karl Lagerfeld : Darling, je ne suis pas si ambitieux.

Les physiciens disent que le monde naît d'une brisure de symétrie ... la symétrie absolue c'est la mort des choses, la fin des temps. Et d'un minuscule écart à la norme naîtra toute une floraison de vie ...

Carnet Regnault :
Une nouvelle génération dans la descendance de Jean Regnault (°1869-1962), Edouard Franc et Agathe Mesnard ont eu un fils en 2008, Amalric Franc (6ème génération en partant de Jean Regnault comme génération 1).

Le Figaro du 30/6/2009 a annoncé le décès du docteur Olivier Hartmann, beau-père de Joëla Champagne de Labriolle (arrière-petite-fille de Jean Regnault) :

M. Daniel Canepa, préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, président du conseil d'administration de l'Institut Gustave Roussy, le professeur Thomas Tursz, directeur général de l'Institut Gustave Roussy, le docteur Valteau-Couanet, chef du département de pédiatrie et le professeur Jean Lemerle, ancien chef du département de pédiatrie, le conseil de direction, le département de pédiatrie, l'ensemble du personnel de l'Institut Gustave Roussy ont l'immense douleur de vous faire part du décès du
docteur Olivier HARTMANN
survenu le 27 juin 2009.
Ils adressent à sa famille et à ses proches leurs condoléances émues.
Les obsèques auront lieu en l'église Saint-Séverin, Paris (5è), le mercredi 1er juillet, à 11 heures.
Aux couronnes, la famille préfère orienter votre participation vers les actions de recherche du département de pédiatrie de l'Institut Gustave Roussy.
Vous pouvez laisser des messages sur le forum de l'Institut Gustave Roussy qui lui est dédié et qu'ils transmettront à sa famille : www.igr.fr
Le docteur Olivier Hartmann ancien interne des Hôpitaux de Paris, a rejoint en 1975 l'Institut. Il est alors le pionnier du développement de la chimiothérapie à haute dose et de l'autogreffe en traitement des tumeurs solides graves de l'enfant. Il devient chef du département de pédiatrie en 1996, qu'il quitte pour prendre sa retraite en novembre 2008. Il a consacré sa vie à soigner les enfants avec toute sa passion et son humanité. Sa générosité, sa rigueur, son engagement, son absence totale de vanité et ses exceptionnelles qualités d'enseignant ont profondément marqué tous ceux qui l'ont rencontré.
Ce qu'il a construit continue de vivre à travers ce qu'il nous a transmis et les progrès de la connaissance auxquels il a contribué. Nos pensées vont vers sa famille. Il est et restera, pour nous, un grand monsieur.

Le Figaro du 14/3/2009 :

M. Dominique MARION et Mme, née Marie-Dominique Grison,
M. Alain GUILLOTIN de CORSON et Mme, née Camille Desjonquères,
ont la joie d'annoncer les fiançailles de leurs enfants
Claire et Grégoire

Claire Marion, architecte d'intérieur, est la génération 5 des descendants de Jean Regnault.

On peut noter que Grégoire Guillotin de Corson (°1981) descend d'Edmond Motte (°7/6/1899 Armentières, Nord - 7/7/1986 Beaucamps-Ligny, Nord), industriel-brasseur, membre d'une célèbre famille du Nord, alliée aux Mathon, Mulliez, Prouvost etc. Il existait déjà dès 1967 une alliance entre une Regnault de Beaucaron et un Mathon, fils d'une demoiselle Motte, petit-fils d'une demoiselle Mulliez.

On trouve dans cette famille très nombreuse Léonie Motte (°1884-1965) épouse de l'industriel lyonnais Edmond Gillet (°1875-1931), qui par son action sociale fut faite officier de la Légion d'Honneur en 1956.

Yfig aura beaucoup ri de mon idée de faire reconstruire le château et le parc attenant de Marly tels qu'ils étaient au temps de la splendeur louis-quatorzième. On dira que ma vocation de comique qui était longtemps contrariée aura reçu un encouragement décisif mais je le prends autrement ! Je considère tout au contraire que c'est une excellente idée sur le plan économique et des plus réalistes. Le coût de la reconstruction serait faible avec les techniques modernes, quelques dizaines de millions d'euros tout au plus, bien entendu la structure des bâtiments serait en béton, seule leur surface serait recouverte de pierres de taille issues des carrières d'Ile-de-France, cette belle pierre blonde qui orne les plus beaux édifices du Grand Siècle. Quant au coût de fonctionnement, il serait largement couvert par les entrées qui deviendraient payantes et les diverses manifestations qu'on pourrait organiser, l'ouest de Paris manquant de ce genre de lieux consacrés à la culture.
On admettra facilement qu'un des grands atouts de la Bavière ce sont les châteaux construits par Louis II qui à l'origine semblaient obérer les finances du royaume mais qui aujourd'hui amènent un flux considérable de touristes du monde entier.
Bien entendu il faut creuser le projet et mettre à sa tête un homme de goût et d'action mais il me semble crédible et dans une période où l'on cherche des relais de croissance, prometteur sur le plan économique. Il suffit d'avoir une certaine vision à long terme de l'avenir et ne pas se contenter de gérer les affaires courantes à la petite semaine entre compassion factice et vision étriquée du présent politique. Tout le contraire du goût par trop démocratique des élus de la République ... il ne faut jamais trop céder aux sirènes de la popularité si l'on veut être un grand homme qui marque son époque.

Le point le plus épineux c'est de trouver un homme de valeur à mettre à la tête de ce style d'entreprise, quelqu'un qui connaisse et la valeur des belles choses et l'art de compter ! Un homme complet et ce n'est pas la chose la plus commune au monde ...

Il n'est pas interdit de se mithridatiser contre la vie moderne ... ou de se créer des oasis loin de l'agitation chronique du siècle. Là où tout n'est qu'ordre et beauté nous contait le poète des paradis artificiels. Le contact des belles choses agrandit le ciel de l'âme. Il surélève la voûte de la société.

Il existe un charmant livre qui a été publié il y a quelques années, "Les jardins d'André Gide" (aux éditions du Chêne, cela ne s'invente guère), qui reprend une à une les visites de Gide dans les parcs et jardins d'Europe - il y manque juste les jardins d'Afrique du Nord et l'on sait l'importance qu'ils eurent dans toute sa vie mais surtout dans sa jeunesse quand il s'agissait de goûter aux délices des jeunes chairs comme en des fruits interdits !

On sait que Gide avait l'oeil averti sur toutes les curiosités botaniques et scrutait attentivement animaux et plantes comme un véritable naturaliste.

L'intelligence pure n'existe pas, il n'existe que des formes d'intelligence appliquées à de certains objets.
Si j'écoutais ce que l'on me disait je n'écrirais plus rien puisque que je m'en tiens toujours à un objet circonscrit et c'est presque toujours autre chose que l'on voudrait me voir traiter.

Par contre il existe un bavardage pur qui est fait de riens ... une bienveillance ou une médisance qui effleure les mots, une matière de jeu verbal qui n'egage pas et que l'on aurait tort de prendre pour forme (ou si l'on veut dont on aurait tort de se formaliser).

Les écrivains seraient-ils les assassins de l'espérance parce qu'ils ôtent les illusions ?
Plut à Dieu qu'ils soient calomniés pour une aussi bonne cause ... je crains malheureusement qu'ils ne fournissent autant de mauvaises raisons à se faire adorer que les autres artistes.

Il paraît qu'on veut installer un musée de l'histoire de France à Fontainebleau, cela promet ... à la gloire de tous les mouchoirs s'il est mis en place sous l'égide de l'actuel ministre de la sous-culture télévisuelle ? Une épigraphe peut-être : l'ai-je bien mouché ?
On pourrait peut-être choisir comme futur programme de ce panthéon le titre d'un ouvrage d'Antoine Joseph Gorsas (°1752-1793) : L'âne promeneur ou Critès promené par son âne ; chef d'oeuvre pour servir d'Apologie au Goût, aux Moeurs, à l'Esprit, et aux Découvertes du siècle. Première édition, Revue, corrigée, et précédée d'une Préface à la Mosaïque, dans le plus nouveau goût. A Pamplune, chez Démocrite, Imprimeur-Libraire de son Allégresse Sereinissime Falot Momus, au Grelot de la Folie.
Connaissez-vous Gorsas ? Né à Limoges, il vint à Paris à l'âge de 5 ans pour y étudier sous la férule des maîtres de Sainte-Barbe, recommandé par un ami de son père Jean Renaud factotum du précepteur du futur Louis XVI, l'évêque de Limoges Jean-Gilles de Coëtlosquet (°1700-1784), académicien français en 1761. Il devint commis de la ferme générale et domaine de Versailles puis il fonda vers 1779 à Versailles une pension qui préparait aux concours militaires, ce qui le conduisit à Bicêtre du fait de ses opinions avancées. Entre-temps en février 1775, il avait épousé une demoiselle Roudier, née à Troyes, fille d'un commis des voitures de Versailles et d'une demoiselle Congniasse-Desjardins, qui lui donna trois enfants, ce qui ne l'empêcha pas plus tard d'avoir une liaison durable avec une femme du Palais-Royal, Brigitte Mathey, qui tenait un cabinet de lecture à la pire époque robespierriste, pourchassé comme membre de la faction Girondine il ne trouva rien de mieux à faire que de se réfugier chez elle où il se fit arrêter le 6 octobre 1793 et dès le lendemain fut le premier des Girondins à tomber sous l'échafaud dans le panier qui recueillait les têtes trop chaudes.
Publiciste il avait fondé plusieurs journaux, Nodier le qualifie de niais, dupe de la Révolution qu'il avait appelée de ses voeux ! Hébert le nommait Sapajou-Gorsas ... que d'épithètes pour un si petit homme !

Gorsas, maître de pension ou comment l'on concevait l'enseignement en cette heureuse époque (soit jouer à la bête à deux dos entre deux cours de dessin), d'après les mémoires du comte Louis de Frotté alias le Lion de Normandie par Jean Silve de Ventavon.
Il en fait un adepte du "petit défaut" (l'homosexualité) tout autant qu'un mari trompeur, emprisonné à Bicêtre en 1788 non pour ses opinions mais pour pédophilie.

Jean Lambert, gendre d'André Gide venant de lire Eloges de Saint-John Perse (quel pseudonyme prétentieux, multiculturel avant l'heure !), lui dit à Locarno Quelle dignité de ton dans ce langage !, Gide sourit et alla chercher un carnet où il venait, le matin même, de noter : "Eloges". Cette sorte de dignité que le langage confère ...
Nous étions en 1948 et je suppose que Gide n'était pas complètement dupe du personnage que s'était construit Alexis Léger, le diplomate en goguette des accords de Munich ! Il y a des écrivains comme Chateaubriand ou Victor Hugo qui pensent qu'être poète c'est prendre systématiquement la pose dans toutes les circonstances de la vie. Que la vie extérieure soit exactement la même chose que la vie intime. Le dessous et le dessus confondus ...

Ceux qui sculptent leur statue de marbre me laissent aussi froid que le marbre en question. Et puis à y regarder de plus près on s'aperçoit que c'est souvent du stuc habilement déposé ou du placo-plâtre, qu'il y a beaucoup de rafistolages pour ne pas dire de trucages dans la biographie des susdits.

J'ai regardé hier soir sur Arte Les vestiges du Jour (The Remains of the Day) de James Ivory, il n'y a presque pas d'intrigue, si ce n'est l'arrière-plan historique de la montée du nazisme en Europe et la coupable complaisance des élites anglaises pour Monsieur Hitler, on pourrait donc croire qu'on va fort s'ennuyer, il n'en est rien, l'absence de dialogues explicatifs n'empêche nullement la subtilité psychologique des rapports maîtres-domestiques et cette espèce de manière de se modeler sur la vie des seigneurs, pleine de restrictions et non-dits - le fameux can't de l'Angleterre victorienne quand son empire dominait le monde - dont Anthony Hopkins donne un exemple impeccable, la seule faute de goût de ce film inspiré d'un livre anglo-japonais serait, je crois, dans le portrait cruel d'un diplomate français joué ou surjoué par Michaël Lonsdale qui se laisse aller à montrer ses pieds boursouflés et douloureux à l'heure où les enjeux sont la survie de son propre pays ...

Les Mémoires de Sanson (apocryphes) confirment que Gorsas fut bien emprisonné pour abus sexuel - pour pédérastie - sur des garçons confiés à ses soins avant la Révolution de 1789.
La peinture en procès de René Démoris et Florence Ferran, livre récent (2001) est à peine plus indulgent.

On ne peut pas chasser l'irrationnel, on peut juste le canaliser, normalement les religions servent à endiguer cet afflux de pensées folles. Il arrive malgré tout qu'elles soient elles-mêmes entraînées à une forme d'hystérie collective.

Louis de Frotté et les insurrections normandes de Léon de la Sicoutière 1793-1832 (en 3 tomes, 1889) est la source dont s'est inspiré le livre plus récent que je mentionnais plus haut.

La chapelle royale de Versailles sous Louis XIV : cérémonial, liturgie et musique par Alexandre Maral, excellent livre paru en 2002 à la librairie Droz.

La Correspondance de Madame duchesse d'Orléans née Princesse Palatine est pleine de cette grosse farce allemande qui devait susciter l'indulgence de Monsieur, le 25 mars 1706 de Marly, elle conte une anecdote qui montre le bon caractère de son époux, un garde n'osant annoncer au château de Saint-Cloud mylord Lincoln, car prononcé à sa mode disait l'aboyeur cela donnait "une sottise, car il y a du con en son nom", "Je crus que Monsieur allait mourir à force de rire" rajoute la Palatine en se souvenant de son cher et tendre mari.

Un comédien nommé Volange 1756-1808 par Nadine Audoubërt (paru en 1996 aux Editions de l'Harmattan), encore un ouvrage où l'on parle de Gorsas le critique littéraire - rôle qu'il aurait dû garder au lieu de se fourvoyer en politique - en page 53 et suivantes. Maurice François Rochet - et non pas Maurice G. Dantec (il semble qu'une conversion subite à la lecture de ce grand auteur obscur ait saisi tous les partisans de l'In-nocence ce matin) - qui prit le pseudonyme de Volange était un comédien de la Foire, cette délicieuse scène en plein air qui enchanta le XVIIIème siècle parisien (elle était installée en dur sur les boulevards en cette fin du XVIIIème dans des théâtres en bois le plus souvent).

Lichtenberg n'a rien inventé, en page 47 le couteau de Langres de Janot-Volange : Tout ce qu'il y a de pus meilleur ; vous n'en verrez pas la fin de celui-là. Il m'a déjà usé deux manches et trois lames, c'est toujours le même.

Dorvigny inventeur du Boulevard mais dans la langue du XVIIIème siècle, bien plus aérienne que ce qu'elle est devenue dans la main des hommes à idées ... et à principes ! Il fallait être délicieusement immoral sans y penser comme en un songe puisque l'on finissait excommunié de toutes les façons. Un véritable auteur peut-il se prendre au sérieux ? C'est la société qui se prend par le côté sombre et a de ces lourdeurs d'estomac qui tournent le plus souvent au tragique. Celui qui est né écrivain, et parisien de surcroît, y voit un comique vif-argent qui ne pèse jamais sur les esprits. Un auteur n'est jamais complètement sobre ...

"N'oublions pas que Marot, Molière, Philippe de Champaigne et tant d'autres illustres furent valets de chambre du Roi" nous dit Jal, ce n'était pas un mince avantage que d'être ainsi admis dans l'intimité du Roi et en tirer beaucoup de bénéfices de diverses sortes. L'habitude ne s'en est pas tant perdue que cela ... il y a valet et valet, valet du roi et valet de comédie. Les deux font parfois les gorges chaudes de la cour et de la ville.

Il y avait d'ailleurs une certaine inconséquence dans l'Eglise qui excommuniait les comédiens mais pas les dramaturges ...

Vaut-il mieux être Jocrisse, Cadet-Roussel, Innocentin, Agnelet ou Troll ? C'est ce que je me demandais en suivant les débats sur ces graves blogs où l'on dispute de l'avenir du monde ...

Nicolas Sarkozy : l'homme qui voulut être plus américain que le premier américain.

On a longtemps cherché qui était le premier habitant de l'Amérique, ne cherchez plus on l'a trouvé ...

Une phrase comme : "nous nous sommes mis d'accord pour maintenir à deux degré maximum le réchauffement climatique" est tout bonnement ridicule, je ne crois pas aux miracles politiques, si demain le soleil décidait - pour autant qu'il ait une volonté propre - de chauffer fortement la Terre ce ne sont pas l'infatuation et le bavardage de la race humaine qui pourrait l'empêcher ... vanité des vanités !

Les curiosités esthétiques de Robert de Montesquiou par Antoine Bertrand (Droz 1996).
Un livre comme on les aime, pour les érudits et les gens distingués. Merveilles de choses rares qui ne se sont pas galvaudées dans un vacarme assourdissant de réclames ...

On se souvient du mot de Mazarin mourant et regardant ses riches collections d'art : Et dire qu'il va falloir quitter tout cela ! C'est dire à quel point le cardinal croyait peu en les jouissances de la vie éternelle et que nos jours ici-bas étaient tout ce qu'on pouvait espérer de délices de notre temporel.

La rue Neuve-des-Martyrs par un beau soir de 1845 selon L'Artiste Revue de Paris (en page 20).
Une rue hantée par des lorettes et des musiciens pour une sérénade des dupes.

Puisque Montalte se posait la question et répondait à sa manière - sous les injonctions du réalisateur Guy Girard - de savoir ce que c'est être français, je dirais que c'est surtout un facteur d'étonnement constant. Etre français c'est être curieux de ce qui n'est pas français car enfin comment peut-on ne pas être français ?
Les Français, documentaire de Guy Girard, mardi 14 juillet 2009, France 3, 23 h 35.

Etre français c'est s'attendre au pire avec désinvolture.

Dieu créa le Monde puis il attendit les Français pour le critiquer.

Le Français s'attend à tout sauf à se voir dans un miroir.

Le Français désespère de la France mais jamais de lui-même.

Le Français fait un bruit assourdissant pour ne pas s'apercevoir qu'il est seul au monde de son espèce.

Un Français ne dit jamais de choses définitives parce qu'il aurait bien trop peur d'avoir à se taire ensuite.
Par contre il lui arrive de faire des actes manqués par politesse essentiellement.

Un Français n'est jamais totalement étranger à lui-même, sa bonne éducation le lui interdit.

Tous les citoyens de France se croient la tête politique et se piquent de penser les choses de gouvernement mieux que quiconque. Ils sont leurs propres dupes mais ils en sourient d'aise et c'est le principal.

Dumas fils dans "La Question d'argent" donna en 1857 une définition célèbre et insurpassée : Les affaires, c'est l'argent des autres.

Toujours de Dumas fils dans cette même oeuvre, un mot que je trouve mignon mais qui demande un instant d'explication, quand on achetait au terme, c'est à dire qu'on réglait à la fin du mois les actions du cours du jour, alors le boursier demeurait fidèle à ses échéances : J'aime au 15, j'épouse au 30.

L'Esprit de Paris caractérisa ainsi le Système de Law : Belzébuth engendra Law, Law engendra Mississipi, Mississipi engendra le Système, le Système engendra le billet, le billet engendra l'action, l'action engendra l'agio, l'agio engendra le registre, le registre engendra le compte, le compte engendra le bilan général, le bilan général engendra zéro, à qui toute puissance d'engendrer fut ôtée.

C'est après la chute de Law que le rue Vivienne devint le centre boursier de Paris jusqu'à son remplacement par des marchés électroniques dématérialisés.

Nos félicitations du jour vont au maire de Loudéac - Marianne d'Or 2009 - qui refuse de célébrer un mariage irrégulier malgré les injonctions du procureur de la République. L'esprit de résistance n'est pas mort en Bretagne.

Jamais Mallet-Bachelier première maison d'édition scientifique de son époque n'aurait fait un compte d'auteur et donc jamais on ne voit en première page d'un de ses livres l'adresse de l'auteur comme pour l'ouvrage soi-disant de Jules Regnault !
Cinq exemples reproduits par Google Books :
Recherches cliniques sur les Eaux-Bonnes par Cazenave 1854.
Essai sur la philosophie des sciences par Ampère 1856.
Cours d'algèbre supérieure de Serret 1854.
Leçons de chimie générale de Cahours 1856.
Leçons de mécanique élémentaire d'Ossian Bonnet 1858.

J'attends que Franck Jovanovic trouve un contre-exemple ... rien de plus facile de faire la vérification avec Google Books ! Tapez Mallet-Bachelier et chez l'auteur.

Je trouve extravagant qu'un docteur es-sciences ne soit pas capable de mener une réflexion de niveau aussi basique ...
Qu'est-ce qu'il imagine ? Qu'un type venu d'on ne sait où se présente à la porte de Springer-Verlag ou d'Elsevier et propose un manuscrit de 220 pages et demande qu'on l'édite sur sa bonne mine ? Il lui suffit de glisser une enveloppe peut-être ... mais ce serait la réputation de la maison qui serait ruinée et encore plus quand l'on considère ce qu'était la rigidité du XIXème siècle, sa raideur morale et éditoriale en pleine ère positiviste des sciences.
Il est clair que l'adresse de l'auteur sur la première page du livre montre qu'il s'agit d'une supercherie, d'une manigance pour effacer les traces du véritable auteur qui ne veut pas se dévoiler et il avait de bonnes raisons pour cela. Seul quelqu'un déjà introduit dans la maison Mallet-Bachelier pouvait obtenir la complicité des éditeurs et quant à Jules Regnault, le neveu de Joseph Regnault, aussi bien désargenté que sans diplôme, il fut le prête-nom de son oncle pratique comme il s'en faisait couramment dans toutes les affaires de Bourse. D'ailleurs faut-il le répéter ? La maison Mallet-Bachelier n'éditait pas de livres de finance ou d'économie à cette époque.

Tout est sorti de l'imagination enfiévrée de Franck Jovanovic, soutenu dans son délire par Philippe Le Gall ... joli couple !

La voici cette fameuse page de garde :

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Castel était une librairie qui servait de dépôt, en effet le passage de l'Opéra reliait le boulevard des Italiens et la rue Le Peletier là où se trouvait l'ancien opéra avant la construction de la salle Garnier, donc tout à côté de la Bourse.
L'imprimeur Paul Dupont, un autre de ses principaux éditeurs, avait une imprimerie, passage du Caire en 1857 (toujours existant, quartier du Sentier), toujours dans le même quartier des affaires de l'époque, le quartier de la Bourse.

Le prix de ce livre était de 5 francs soit le salaire journalier d'un ouvrier de l'époque, si l'on estime à mille exemplaires le tirage de l'ouvrage (d'après l'exemplaire de la bibliothèque nationale à Madrid le tirage fut de huit mille), cela représente donc une somme de 5000 francs que Jules Regnault qui habitait une chambre de bonne aurait été bien incapable de réunir.
Depuis 1863 jusqu'à nos jours, le prix du livre a beaucoup baissé grâce aux progrès de la mécanisation et à l'abaissement du coût de l'énergie.
D'autre part Frank Jovanovic non seulement n'a pas cherché à expliquer pourquoi Jules Regnault (1834-1894) n'a jamais rien publié ni avant, ni après 1863 mais encore pourquoi aurait-il eu subitement le besoin de publier ce livre ? Dans quel intérêt ? Pour quel motif ? Pour asseoir une réputation mais auprès de qui ? Où a-t-on vu que les employés de banque sont des intellectuels en chambre qui pour se délasser publient leurs pensées ? "Les propos d'O.L. Barenton, confiseur, ancien élève de l'école Polytechnique" quoi ! Supercherie célèbre de 1948 et oeuvre d'un polytechnicien, Auguste Detoeuf (°1883-1947), ingénieur général des Ponts et Chaussées, créateur de la société Alsthom, toujours rééditée, comme quoi aux P&C on a toujours eu le goût de l'imposture et du canular !

Je donne tous les droits à l'imagination et notamment celui de se tromper. Mais la connaissance n'est pas seulement l'imagination toute nue. Sinon nos rêves et nos cauchemars seraient la vraie science !

Il faut savoir que Joseph Regnault a passé huit ans au premier régiment du Génie entre 1815 et 1823 et qu'il a dû bien s'amuser au milieu des sapeurs qui sont eux aussi de joyeux drilles ! On est loin des mornes étendues de l'enseignement formaté du jour.
Je relisais l'ouvrage de Jean-Charles qui s'intitule "Les Gaietés de la Marine" où l'on montre que les marins comme les biffins savent plaisanter et faire des farces.
Regnault fit ses études à Metz, il est donc normal qu'il ait intégré ce régiment qui fut formé à Metz en 1814.

J'ai ouvert un petit article wikipedia : Claude Lucien Bergery, prière à chacun d'y apporter les ajouts nécessaires pour l'embellir et l'enrichir.

François Vatin parle très bien de Bergery qui avec Poncelet, tous deux républicains, fondent à Metz en 1825 des cours d'éducation populaire. Par suite d'une mésentente accidentelle ils se brouillèrent. Il participe à la création en 1820 de la Caisse d'Epargne, en 1825 de la Société de secours mutuels, faisant de Metz une ville-modèle dans le domaine économico-social. Ce qui confirme et contribue à l'explication du rôle du messin Joseph Regnault à la tête du Denier de la Veuve.

Le passé c'est mon pays, je ne suis donc apatride nulle part.

Une nouvelle biologique stupéfiante : des cellules aux gènes différents dans le même corps.
Difficile de dire ce que cela signifie, encore faut-il que tout cela soit confirmé de manière précise.
Il n'est pas tout à fait exact de dire que l'on ne fait jamais de prélèvement de tissus hormis en cas de cancer, on pratique par exemple couramment des biopsies du foie lors des hépatites chroniques.

La vertu simplificatrice des mathématiques ne fonctionne pas en biologie.
Pas moyen d'y tracer des plans de la comète ...

S'il y a des variants génétiques à l'intérieur des êtres vivants cela induirait peut-être un nouveau mécanisme de l'évolution des espèces ... ce serait littéralement le chaînon manquant qui permettrait de comprendre la grande vitesse de changement des organismes dans certaines configurations.

Mon supermarché Atac - le bien-nommé - a sournoisement profité de l'extension des colonies juives de Jérusalem et banlieue pour afficher à sa porte comme un Te Deum à la gloire des armées du Roi-Soleil qu'il y avait un arrivage de nourriture cacher venue tout droit d'Israël ... je me perds en conjectures ! Dois-je me mettre des papillotes avant d'entrer dans ce glorieux temple de la consommation ?

Ah ! tout va mieux, je viens de m'apercevoir qu'on l'a déjà débaptisé Atac et rebaptisé illico presto Simply market, je suis donc en Amérique, quelque part du côté de Brooklyn, tout s'explique, c'est le dépaysement qui me surprenait !

La Bourse de Paris vers 1860.

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C'est amusant de voir des messieurs se protéger du soleil avec des ombrelles ...

Et quand l'on songe que notre temps restera celui de M. Dabadie et que l'on parlera de lui comme de l'époque de M. Bonnat, Grand-Croix de la Légion d'Honneur, membre de l'Académie et directeur de l'école des Beaux-Arts, l'illustrissime Léon Bonnat, ce nom qui vibre sous notre langue !
Jean-Loup Dabadie : Il apprend à lire et à écrire à Grenoble où il passe son enfance. Il écrit cependant des romans d’abord, publiés quand il a vingt et vingt-et-un ans. Pierre Lazareff lit ces deux livres, ainsi que des articles qu’il signe dans Arts et Spectacles. Pierre Lazareff le fait alors venir dans son groupe de presse où Jean-Loup Dabadie apprend le seul métier qu’on lui ait enseigné : celui de journaliste. Mais, après que Pierre Brasseur eut créé sa première pièce La famille écarlate au théâtre de Paris, il « quitte tout » pour devenir définitivement, comme le qualifiera François Truffaut, un écrivain de spectacles. Depuis, il ne cessera d’écrire des scénarios et dialogues de films, des pièces de théâtre, des sketches et des chansons.
C'est beau ! c'est beau comme l'antique ! c'est trop beau ! Devant tant de beauté classique alliée à tant de modestie notre coeur éperdu d'amour sanglote et chavire : M. Dabadie successeur de M. Pierre Moinot, le grand Moinot, l'unique Moinot, celui qu'on a tant chanté dans les cours et les ruelles du vieux Paris ! Qui donc pouvait occuper son fauteuil sinon notre immortel chansonnier ?
M. Dabadie qui sans se lasser a trompé les éléphants pour nous emmener au paradis avec ces titres tellement forts : Les yeux secs, Les dieux du foyer, Bonne fête Paulette ... l'inoubliable Paulette que nous aurions voulu serrer dans nos bras !
M. Dabadie, il vous reste des marches à gravir, des devoirs à remplir, mais d'ores et déjà nous pouvons vous le dire, sobre et digne Jean-Loup : chapeau bas vous êtes un homme dont le génie n'a pas égaré le coeur et qui êtes resté des nôtres, trop aimable Dabadie !

Parfois je me fais l'effet d'être Pierre Dac et de parler au nom du pays tout entier dans sa pleine et entière territorialité ... plus pompier, on ne peut pas !

Il écrit mal : c'est une grande force.
Quand on écrit de travers on n'a pas besoin de respecter la langue, on peut même la torturer sans qu'elle proteste. Les mauvais écrivains sont des bourreaux au petit pied ... qui obtiennent la faveur du grand public plus facilement que les autres.

Edward Sansot de son vrai prénom Joseph, écrivain gersois, né le 1/1/1864 à Aignan, mort le 15/6/1926 à Nice, ami de prédilection de Laurent Tailhade avec qui il entretenait des relations coupables - pour l'époque.
André Germain (°12/8/1881 Paris - 15/9/1971 Locarno, Suisse), richissime fils du fondateur du Crédit Lyonnais, Henri Germain (°1824-1905), brièvement marié par arrangement avec la fille d'Alphonse Daudet. mariage contre-nature peut-on dire, d'après Jouhandeau doté par la Nature de la vigueur et des attributs d'un âne ...
Fut-ce par l'entreprise de son frère Lucien Daudet (°1878-1946), chéri des vieilles princesse Mathilde et impératrice Eugénie, que ce mariage fut arrangé ?
Son père avait été le secrétaire particulier du duc de Morny dont il traça un portrait célèbre dans Le Nabab.

Entretien avec Marcel Boiteux, quelques évidences économiques ...

Merce Cunningham vient de mourir.
Connaissez-vous François Delsarte (°1811-1871) ? Sa soeur Aimée Delsarte (°1815-1861) fut la mère de Bizet. Il était le fils de Jean Nicolas Toussaint Delsarte, inventeur criblé de dettes et d'Albertine Rolland de Solesmes dans le Nord qui avait fui le foyer conjugal pour se réfugier à Paris. Elève de Bambini qui lui apprit à interpréter Gluck, il devint professeur ou pédagogue de chant, de déclamation et de danse. En 1869, il fit la rencontre de son principal disciple l'américain James Steele MacKaye (°1842-1894) ; Je ne sais si Merce Cunningham (°1919-2009) reçut indirectement ou non cette influence, mais il est sûr que Delsarte pensait lui aussi que le danseur était le centre de la scène. Le chorégraphe Hermes Pan (°1909-1990), professeur de Gingers Rogers et Fred Astaire et d'autres vedettes d'Hollywood comme Rita Hayworth, Cyd Charisse, Betty Grable, Shirley MacLaine, Kim Nowak fut le disciple de François Delsarte à travers son professeur de Memphis, Georgia Brown qui ne jurait que par lui.
La Modern Dance américaine doit tout ou presque au Delsartisme, Ted Shawn, la Denishawn school, Isadora Duncan, Ruth Saint-Denis, Henrietta Hovey, Geneviève Stebbins etc.

Gabina Farova et ses modèles masculins et féminins, éloge du corps digne de Cunningham.

Que fait le Maître qui prétend nourrir de sa science ses écoliers ? Il fait ce que je fais en ce moment, il revêt sa pensée d'un corps pour la rendre sensible et transmissible. Il l'incarne et en fait une parole. François Delsarte.

Chaque petit mouvement de Ted Shawn.

En fait Georgia Brown n'enseignait qu'aux jeunes filles et le curieux Hermes Pan devait l'épier à travers le trou d'une serrure pour percer à jour ses secrets mais n'est-ce pas comme cela que l'on découvre le sens de la vie ?

Georges Pomiès (°1902-1933) écrira dans Propos sur la danse en 1930 : « La Danse ne crée que l'individu elle est la plus efficace méthode de l'évolution humaine ».
Qui se souvient de Pomiès ? Et pourtant sa mort prématurée n'a rien enlevé à son talent.
Georges Pomiès inoubliable artiste complet de music-hall dans ses rôles de mime, chanteur, danseur, acteur et par ailleurs amant de Lisa Duncan (°1898-1976) fille adoptive d'Isadora qu'il ravit à Jouvet, il incarna même le bonhomme Michelin !
Sa soeur Hélène Pomiès (°1897-1963) était une lettrée qui pratiquait et traduisait l'espagnol avec Jean Cassou (°1897-1986).
Nouvelles espagnoles, présentées par Jean Cassou. Préface de Henri Barbusse. Traduites de l'espagnol par Jean Cassou et Hélène Pomies. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue française, Gallimard, 1937. In-16 221 pages.
Je tiens à rapprocher de Misères un recueil d'Hélène Pomiès qui mérite cet honneur à cause des premiers textes de son recueil: Du sang sur la montagne. Ces textes, en effet, inspirés par des histoires de maquis, ont retenu toute la ...

Georges Pomiès était le fils de Charles Pomiès (°11/6/1872 déclaré le 12/6/1872 Alençon, Orne, image 46, acte 162 - 19/11/1956 Paris, 14ème à 84 ans), employé de commerce, dmt 24 rue des Fossés Saint Jacques et avant 9 boulevard du Palais, fils de Joseph Félix Pomiès (°9/9/1837 Bruges, Belgique), musicien attaché au théâtre, dmt à Mirecourt en 1864, artiste lyrique, 35 ans en 1872, décédé avant 1896, époux le 1/10/1864 à Mirecourt (Vosges) de Marie Incarnation Lucile dite Lucie Garcia Lopez (°31/10/1840 Madrid, Espagne), attachée au théâtre de Mirecourt en 1864, artiste lyrique, 30 ans en 1872, sa veuve, sans profession en 1896, dmt au Havre (Seine Maritime).
Acte de mariage à Mirecourt, pages 27/28, deuxième bobine. Joseph Félix Pomiès était le fils de Félix Pomiès (°25/1/1796 Bayeux, Calvados), capitaine retraité, 69 ans en 1864, époux de Caroline Isabelle Vanmeldert, 45 ans en 1864, dmt tous deux à Bruxelles.
Dont Caroline Pomiès (°5/12/1869 Cognac, Charente - 15/6/1873, déclarée le 16/6/1873 Le Havre, Seine-Maritime à 3 ans et demi, au 9 rue Royale chez ses père et mère, témoin le père et Paul, musicien, 47 ans, ami du père, dmt au Havre, page 376), fille de Félix Joseph Pomiès, musicien, 30 ans et de Marie Incarnation Lucile Garcia.

Charles Pomiès qui épousa à Paris, 5ème le 27/10/1896 Adèle Guignard (°25/7/1872 Diors, Indre - morte avant 1933, inhumée à Diors), dmt à Paris, 77 rue Claude Bernard, fille de François Guignard et de Louise Bourguignon, cultivateurs.
Acte de mariage à Mirecourt, pages 27/28, deuxième bobine. Joseph Félix Pomiès était le fils de Félix Pomiès (°25/1/1796 Bayeux, Calvados), capitaine retraité, 69 ans en 1864, époux de Caroline Isabelle Vanmeldert, 45 ans en 1864, dmt tous deux à Bruxelles.
Félix Pomiès était nommé le 25 mai 1839 capitaine de 2ème classe au 9ème régiment d'infanterie de Ligne de Belgique. Félix Pomiès capitaine de 2ème classe le 19 juin 1840 au 1er régiment de Ligne. Toujours en 1844.
Par arrêté royal du 13 janvier 1853, Félix Pomiès capitaine au 1er régiment de ligne est admis à faire valoir ses droits à la pension de retraite. Il cessera d'appartenir à l'armée belge le 1/2/1853.
Belgique : Pasinomie : collection des lois, décrets, arrêtés et règlements, Volume 30 : 595 17 septembre 1849 Acceptation de la loi du 25 juin 1849 qui accorde la naturalisation ordinaire au sieur Pomiés (Félix), capitaine au 9ème régiment de ligne, né à Bayeux (France), le 25 janvier 1796. (Moniteur du 20 septembre 1849.)
Marie Incarnation Lucile dite Lucie Garcia Lopez (°31/10/1840 Madrid, Espagne), artiste dramatique, fille de Antonio Garcia, 57 ans, fabricant d'éventails, et de Ferminia Lopez, 52 ans époux domiciliés à Valladolid, Espagne. Sans contrat de mariage. Témoins Charles Morin 42 ans, directeur théâtral, Edouard Louis Damey, 26 ans, Victor Courtois, 25 ans, Léon Zénard, 24 ans, tous trois artistes dramatiques de passage à Mirecourt.

Ils eurent au moins trois filles nées dans le 14ème. Hélène Marie Lucile Pomiès (24/1/1897 Paris, 14ème - 25/5/1963 Versailles, Yvelines), célibataire, Yvonne Clémentine Louise Pomiès (°4/10/1898, déclarée le 6/10/1898 Paris, 14ème 4 rue de la Gaîté - 8/2/1977 Genève, Suisse), mariée à Paris, 14ème le 8/11/1958 avec Joseph Henri Roger Morot de Grésigny (°20/2/1904 Dijon - 31/7/1984 Saint-Mandé, Val de Marne), sans postérité, Carmen Marianne Charlotte Pomiès (°29/9/1900, déclarée le 30/9/1900 Paris, 14ème 4 rue de la Gaîté - 29/9/1982 Champceuil, Essonne), célibataire. Sportive professionnelle. Héroïne de la Résistance intérieure FFI, membre du CNR. Après la guerre elle retourne à Preston en Angleterre où elle était entraîneuse avec sa compagne Florrie Redford, son ancienne coéquipière de football.
1914 : Ecole des filles de la rue Huyghens (XIVe arrond.). Institutrice : Mme Simonin. Elèves : Louise Bardol, diplôme d'or. Hélène Rodier, diplôme d'argent. Antoinette Fabre, diplôme de bronze. Carmen Pomiès, mention.
Histoire du football féminin au XXe siècle par Laurence Prudhomme-Poncet, L'Harmattan 2003.
Page 171 : Au printemps 1937, le traditionnel France-Belgique a lieu à Cherbourg. A l'automne, au Stade Buffalo, en lever d'un match masulin, l'équipe de France rencontre l'équipe de Paris. Malgré les tentatives de quelques adeptes de ce sport viril, le football féminin disparaît. A Femina Sport, au début de l'année 1939, une pétition est présentée par Mlle Carmen Pomiès en faveur du football. La direction répond par la négative préférant une démonstration de base-ball par deux équipes scolaires masculines.
Carmen Pomiès était arrière puis demi à l'équipe de Femina Sport. Elle participe au premier match international en 1920. Mlle Pomiès devient arbitre de football après des examens dès 1924. Elle fut d'abord étudiante en chirurgie dentaire.
Durant l'Occupation elle est membre du cercle athlétique club de Montrouge. Membre des FFI à Paris et du CNR.
Mlle Carmen Pomies of Paris, champion javelin thrower for 1920 and the only 'foreigner' in the team was goalkeeper and saved the situation. The Jersey forwards for a time adopted the policy of constantly feeding out to the ends and this.
Nevertheless, regardless of her role, what Pomies goes on to say is interesting. After the Liberation in 1944, Pomies wrote to Frankland of the 'delirious joy of deliverance' and of the freedom to play and discuss women's football as ...'Oh, of course I was FFI and I did it with all my heart and strength ... I went on the barricades and fought my part.'"2 If this information is accurate, incidentally, Carmen Pomies was indeed a unique case. Contrary to popular myth, ...

Carmen Pomiès est née en France. Elle a étudié la chirurgie dentaire à l'université, mais a également participé à des activités sportives et est devenu la meilleure lanceuse de javelot de France.
Carmen a également joué au football et en 1920 la Fédération des Sociétés Sportives de France féminine a décidé d'envoyer une équipe en tournée en Angleterre. Madame Milliat, qui avait fondé la fédération, a été un grand défenseur de femmes jouant au football : «À mon avis, le football n'est pas mal pour les femmes La plupart de ces filles sont belles comme des danseuses grecques je ne pense pas qu'il soit vraiment féminin de jouer au football en tant que.. qu'elles ne jouent pas comme les hommes, elles jouent vite, mais pas un football vigoureux. "
L'équipe française a joué quatre matches contre le célèbre Dick Kerr Ladies au nom de l'Association nationale des handicapés et de leur Soldiers and Sailors. Une foule de 25.000 personnes a assisté à la maison de Preston North End pour voir le premier match international non officiel entre l'Angleterre et la France. L'Angleterre a gagné le match 2-0 avec Florrie Redford et Jennie Harris.
Les deux équipes se sont rendues à Stockport en voitures. Cette fois, l'Angleterre a gagné 5-2. Le troisième match a été joué à Hyde Road, Manchester. Plus de 12.000 spectateurs ont supporté la France qui obtint un match nul 1-1. Madame Milliat a indiqué que les trois premiers matchs ont levé £ 2,766 pour le fonds d'ex-Servicemens.
La finale a eu lieu à Stamford Bridge, la maison du Chelsea Football Club. Une foule de 10.000 personnes a vu les Dames Françaises victoire de 2-1. Toutefois, les dames anglaises avaient l'excuse de jouer la plupart des jeux avec seulement dix joueurs car Jennie Harris avait subi une blessure grave, peu après le début du match. Ce jeu a fait sensation dans les médias lorsque les deux capitaines, Alice Kell et Madeline Bracquemond, s'embrassent à la fin du match.
Le 28 Octobre 1920. Alfred Frankland a Dick Kerr Ladies sur une tournée en France. Une fois de plus Carmen Pomies joué pour l'équipe française. Le dimanche 31 Octobre, 22 000 personnes ont regardé les deux parties match nul 1-1 à Paris.
Le prochain match a été joué à Roubaix. L'Angleterre a gagné 2-0 devant 16.000 spectateurs, un record d'affluence pour cette terre. Florrie Redford a marqué les deux buts. L'Angleterre remporte le prochain match au Havre, 6-0. Le dernier match a été à Rouen. L'équipe anglaise a remporté 2-0 devant une foule de 14.000 spectateurs.
L'équipe française est arrivée pour une autre tournée en Angleterre en mai 1921. Carmen Pomies a très bien joué et Alfred Frankland persuade de rester en Angleterre et jouer Dick Kerr Ladies. Frankland arrangé pour elle de travailler dans les bureaux de Whittingham hôpital et Lunatic Asylum à Preston. Son premier match était contre Coventry Mesdames sur 6 août 1921.
En 1922, Frankland a décidé de prendre son équipe sur une tournée du Canada et les États-Unis. L'équipe comprenait Carmen Pomies, Jennie Harris, Daisy Clayton, Alice Kell, Florrie Redford, Florrie Haslam, Alice Woods, Jessie Walmsley, Lily Parr, Molly Walker, Lily Lee, Alice Mills, Annie Crozier, Mai Graham, Stanley Lily et RJ Garrier . Leur gardien de but habituel, Peggy Mason, n'a pas pu y aller en raison de la mort récente de sa mère.
Lorsque le Dick Kerr Ladies arrivé au Québec le 22 Décembre 1922, ils ont découvert que la Dominion Football Association avait interdit de jouer contre des équipes canadiennes. Ils ont été acceptés aux États-Unis, et même si elles sont parfois contraints de jouer contre les hommes, ils ont perdu seulement 3 des 9 jeux. Ils ont visité Boston, Baltimore, St. Louis, Washington, Detroit, Chicago et Philadelphie au cours de leur tournée en Amérique.
Le Dick Kerr Ladies aux Etats-Unis en 1922 : De gauche à droite: Florrie Haslam, Molly Walker, Woods Alice, Jennie Harris, Kell Alice, Lily Lee, Redford Florrie, Walmsley Jessie, Lily Parr, Pomiès Carmen et Clayton Daisy.
Florrie Redford a été le meilleur marqueur de la tournée, mais Lily Parr était considéré comme le joueur vedette et les journaux américains ont rapporté qu'elle était le «joueur le plus brillant parmi les femmes dans le monde". Un membre de l'équipe, Alice Mills, a rencontré son futur mari à l'un des jeux, et y reviendra plus tard de l'épouser et devenir un citoyen américain.
A Philadelphie, quatre membres de l'équipe, Jennie Harris, Florrie Haslam, Lily Parr, et Molly Walker, a rencontré l'équipe féminine américaine olympique dans une course de relais d'environ un quart de mile. Même si leur coureur le plus rapide, Alice Woods, était indisponible pour cause de maladie, les dames Preston encore gagné la course.
Dick Kerr Ladies ont continué à jouer à des jeux de bienfaisance en Angleterre, mais refuser l'accès par la Football Association à l'grandes salles, l'argent recueilli a été décevante par rapport à l'année qui suit immédiatement la Première Guerre mondiale. En 1923, les dames françaises sont venus pour leur tournée annuelle de l'Angleterre. Ils ont joué contre Dick Kerr Ladies au Cardiff Arms Park. Une partie des recettes ont été pour le Fonds de la cathédrale de Reims en France.
Dick Kerr Ladies : De gauche à droite : Miss Grice, Alice Norris, Jennie Harris, Daisy Clayton, Alice Kell, Redford Florrie, Haslam Florrie, Woods Alice, Pomies Carmen, Walmsley Jessie et Lily Parr.
Carmen Pomiès est finalement revenu en France où elle a continué à jouer au football. Cette carrière fut arrêtée après l'invasion de la France en 1940. Elle a écrit à un ami que «les Allemands nous avaient empêché de jouer".
Au cours de la Seconde Guerre mondiale Pomiès était un membre des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) et a été l'une des héroïnes de la Résistance française. Dans une lettre à Alfred Frankland elle a expliqué que "je l'ai fait avec tout mon cœur et toute ma force. Je suis allé sur les barricades et je me suis battu à ma place."
Pomiès travaillé dans un bureau où un officier allemand signait des passeports. Elle a été capable de servir le Conseil National de la Résistance (CNR) et d'aider des gens à s'échapper de la France en leur obtenant des passeports pour ceux qui étaient recherchés par la Gestapo.
À la fin de la guerre Pomiès est retournée à Preston où elle vivait avec son ancienne coéquipière, Florrie Redford.

Quelques images de Georges Pomiès avec sa partenaire Lisa Duncan, Tango (1931) et La Dernière Nymphe (1932).

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Création d'un petit article sur wikipedia : Georges Pomiès.

Baudelaire évoquait des correspondances, nous faisons des liens, il limait ses vers, nous polissons nos joysticks ... l'éphémère des paroles était gravé dans le marbre de l'imprimerie, nous confions nos écrits à des séries de bits plus ou moins significatifs et permanents. Le rêve d'immortalité est le même, dans l'instant de la jouissance et dans le désir de perpétuer cette jouissance dans d'autres esprits par le truchement du rêve numérisé.
L'attrait de la nouveauté n'est pas mort et le goût de la continuité nous possède encore. Nous sommes à la fois archaïsants, sommaires, brutaux et déliés, raffinés à l'extrême ... le goût d'une certaine corruption des sens s'accomplit d'une manière ou d'une autre dans l'acte créateur.
Que nous fassions des enfants ou que nous enfantions des idées, c'est à peu près la même chose, avec plus ou moins de naturel.
Nous spéculons ... sur une seconde vie, sur une nature seconde.

Le dimanche 18 avril 1926 le capitaine Louis Regnault faisait la une du Figaro dirigé alors par François Coty et Robert de Flers, son dernier fils Bernard venait de naître à Alep (pour être plus exact que le journaliste auteur de la dépêche, il était en fait chef de bataillon depuis 1918), je cite l'article :

EN SYRIE.
Nos partisans repoussent un groupe de rebelles.
Le mouvement de soumission s'accentue.
Beyrouth 17 avril. - Ce matin un engagement a eu lieu, aux environs d'Ajisser Tarra, entre des partisans et un groupe de bandits. Ces derniers ont pris la fuite en laissant sur le terrain dix cadavres.
Le mouvement de soumission s'accentue. Les villages de Keferkoud, Dahr El Ahmar, Halvi, Yahya Yenta ont fait leur soumission.
Les populations de la haute vallée du Jourdain regagnent leurs foyers. Dans toute la zone du mont Hermon, le travail de la terre reprend rapidement.
Une opération rapidement menée dans la région désertique de Palmyre a contraint les Maoualis à se soumettre. Dans le Djebel Dovili, au nord-ouest d'Idlip, le capitaine Regnault à la tête de quatre escadrons a dispersé des bandes venues de Turquie.
Le général Gamelin a annoncé dans son ordre du jour aux troupes : Le jour est proche où le drapeau français flottera de nouveau à Soueida et où les rebelles n'auront d'autres resources que de demander la paix.


L'esprit n'était pas tout à fait le même que celui qui prévaut aujourd'hui où le moindre petit caporal anglais met en cause son gouvernement devant les caméras.

J'entends le jour qui monte et la nuit qui vient ...

Le bonheur n'est pas une excuse, c'est à peine une circonstance atténuante.

A une autre époque on aurait fusillé le caporal déserteur, mais comme on est dans la société du bonheur, on en fait un héros.

L'évolution de la notion de héros est symptomatique comme l'on dit si vilainement dans le méta-langage contemporain.
Dans les temps anciens, il y avait deux types de héros, le héros positif, couvert de médailles et ruisselant d'honneurs qui défilait les jours de fête et le héros négatif style Lacenaire qui faisait frémir les bourgeoises toutes emoustillées par les mains de l'assassin (c'était encore mieux quand il avait un peu de lettres).
Puis apparaît l'anti-héros, le père de famille comme le décrit si joliment Péguy et qui fait la joie du théâtre de boulevard et des comédies hollywoodiennes (7 ans de réflexion).
Puis maintenant le contre-héros celui qui nous enduit de bonne conscience et qui nous explique en secret que notre lâcheté commune est la voie de la sagesse, l'engagé déserteur qui accuse son gouvernement de l'avoir envoyé dans un endroit où il y avait de la castagne en est l'archétype.

Nous ne parlons plus notre langue, nous parlons des méta-langages, soit le langage de la technologie, distancié comme tout bon intellectuel qui se respecte des émotions premières, soit l'infra-langage des SMS qui nous fait balbutier comme des bébés toute notre vie.

Comme la langue pure et naturelle semble un médianoche, de véritables agapes après tout ce maigre, ce Carême de notre temps ... on a les religions qu'on peut, les nôtres sont frustes sur le plan esthétique.
La langue est le dernier domaine où la main de l'homme peut s'attarder à loisir pour lui donner tout le relief que l'on veut, pourquoi s'en priver et laisser ce dernier soin à quelques confectionneurs du prêt-à-penser, prêt-à-parler ?

Le beau langage que l'on parlait dans les salons amoureux où l'on proposait le fin du fin, quelques expressions choisies pour plaire à l'écouteuse et charmer la naïveté des auditeurs par le piquant des répliques et le soin relevé des idiomatismes.

Certains s'inquiètent de mon silence sur ce blog, mais il n'y a là rien de bien mystérieux, pas de subite maladie de l'âme ou de langueur éprouvée sous les chaleurs tropicales, seulement je travaillais à compléter mon blog consacré à Regnault et notamment ces jours-ci à faire des recherches sur Louis Bachelier (°1870-1946) et ses origines encore obscures. Il y avait là un vaste champ d'études que je n'avais pas voulu jusqu'à présent aborder mais j'ai été largement récompensé de mes efforts et de ma fructueuse attente.
Car comme le dit le Livre de la Sagesse : Omnia in mensura, pondere et numero.

Je laisse les esprits sublimes gouverner et expliquer le Monde, moi je m'occupe du microcosmos ...

Quelle est la ligne qui sépare le charlatanisme de la recherche scientifique ? Nul ne le sait, certaines spéculations qui paraissent osées en leur temps se révèleront exactes et confirmées par de multiples preuves, d'autres qui semblaient plausibles s'effondreront sous les coups du réel. On ne peut pas borner les droits de l'imagination sinon à stériliser l'esprit ...
Un bon exemple qui remonte à la fin du XVIIIème siècle, le mesmérisme, Franz-Anton Mesmer (°1734-1815) avait pensé utilisé le magnétisme comme cure thérapeutique. On sait que l'électricité peut être utilisée dans la régénération et la stimulation des muscles, ce qui n'est pas le cas du magnétisme, mais la résonance magnétique nucléaire est la base de procédés d'imagerie moderne ...

L'éther semblait un concept plausible pour les scientifiques du XIXème siècle mais les expériences du Michelson et Morley ont fait s'effondrer sa réalité et la relativité a remplacé ce paradigme par celui d'un champ de forces issus de la seule gravitation.

Autre chose : une phrase comme celle que je rappelais un peu plus haut et qui se trouve originellement dans le Livre de la Sagesse a une vocation heuristique même si elle n'est pas directement explicative, c'est pourquoi on la retrouve reprise par des esprits aussi déliés que Saint-Augustin, Descartes, Pascal, Regnault etc. Elle leur sert de fil ou de ligne d'appel pour dérouler leurs pensées.

Axiome 1 : les droits de l'imagination sont imprescriptibles.
Axiome 2 : nous naissons tous libres et inégaux par la force de notre fantaisie créatrice.
Axiome 3 : nous sommes liés par les règles de la logique pour énoncer un discours communicable et déliés par la puissance poétique qui a ses règles propres.
Axiome 4 : le monde tout entier n'est pas contenu dans notre esprit et notre esprit n'est pas tout entier contenu par le monde.

La verve de Jules Barbey d'Aurevilly : Lettres à Madame de Bouglon.
La baronne de Bouglon (°1820-1901) possédait le château du Prada dans les Landes venant de son époux, veuve dès 1848, elle se lia d'amitié avec Barbey d'Aurevilly en 1851, qui venait donc passer des vacances auprès de cette famille.
Les Bouglon étaient liés aux Bachelier de Gentès et d'Agès installés à Dax depuis la fin du XVIIème siècle et venus de Reims en Champagne dont le mathématicien Louis Bachelier (°1870-1946) est issu.
La Bastide d'Armagnac.

Correspondance générale, Volume 5 par Jules Barbey d'Aurevilly.

Il est possible que la mythomanie fasse les bons romanciers mais elle ne forme pas de gens très adaptées à la réalité !
Barbey d'Aurevilly déteste la pourriture philosophique de Ninon de Lenclos alors que moi je la trouve très plaisante même si je fais la part des choses et je vois bien que le XVIIIème libertin et notamment Voltaire a poussé son avantage dans la personne de cette courtisane pour en faire un modèle de vertu désintéressée ce qu'elle n'était certainement pas ! Le siècle des Lumières c'est aussi celui des feux trompeurs ...

Le fils du notaire Arouet savait compter aussi bien que la belle Ninon, ce qu'il admire en elle c'est l'absence de scrupules avec lequel elle trompe les belles âmes, pas le soi-disant détachement philosophique qu'elle ne pratiqua jamais que de loin.

L'augmentation du prix de l'électricité - 1,9% au 15 août pour les ménages et 4 à 5% pour les entreprises - est en grande partie dû au Grenelle de l'environnement et au financement des énergies alternatives comme l'éolien. Il est bon que chaque abonné EDF le sache avant d'aller voter !

C'est la Dîme écologique qu'on nous impose : cette nouvelle religion plébiscitée par les nantis dont les pauvres seront encore une fois les gogos et les exclus !

Qui veut vivre à côté d'une éolienne ? Autant vouloir choisir de s'installer en bout des pistes de Roissy ...
Vents de colère ! ou la folie des ravagés de l'écologisme.

L'aïeul maternel du mathématicien Louis Bachelier (°1870-1946) était un poète amateur et un musicien de circonstance comme il en existait beaucoup au XIXème siècle époque où les instruments de reproduction mécanique du son n'avaient pas encore gâté le sens musical.
Revue de Rouen et de Normandie 1843.
Notice sur les progrès de la musique vocale au Havre par le banquier et négociant Jean-Baptiste Fort-Meu.

La BNF capitule et fait appel à Google pour numériser son fonds ; on connaît mon profond mépris pour ces fonctionnaires qui m'ont refusé il y a de cela une dizaine d'années une carte de lecteur. Non seulement ils se révèlent incapables de faire fonctionner correctement leurs installations propres mais encore l'informatique les dépasse et le moteur de recherche qu'ils ont installé pour Gallica est si médiocre qu'il est presque impossible d'y rechercher une information précise. Il vaut mieux dans ces conditions qu'ils recourent à Google pour accélérer la mise en ligne de leurs collections. En comparaison des institutions comme la BNF ou encore pire les Archives nationales (les ANF) qui se révèlent malgré leurs budgets considérables insuffisantes pour rendre le service qu'on attend d'elles, les archives départementales font des merveilles, du moins certaines d'entre elles quand elles sont stimulées par des hommes politiques intelligents.
L'administration centrale française est une vaste sinécure où des gens qui se croient au-dessus de leurs fonctions cultivent leurs aigreurs en refusant systématiquement de rendre le moindre compte au public.

La Valse cette danse étrangère indécente, convenant seulement aux prostituées et aux femmes adultères selon le Times en 1816, est d'origine ancienne mais c'est au XIXème siècle qu'elle devint la vedette des salons.
Quand on veut parler des Nocturnes de Chopin on cite toujours John Field comme l'inventeur du genre, quand on aborde ses Valses on oublie toujours de nommer Gatien Marcailhou qui en fut la plus brillante illustration et lui donna sa renommée parmi les cercles cultivés.

Petit poème en prose : Le Pacha.
Correspondance générale: Tome IV : 1854-1855, Volume 4 par J. (Jules) Barbey d'Aurevilly.
Il est un Pacha à trois queues dont le Pachalic a bien trois pouces carrés ... saint turc d'homme, ce saint Antoine ou ce saint Hilarion des Pachas, mais gloire à Allah ! il ne bouge et ne veut augmenter son sérail de personne - son sérail qui n'a que des sultanes, - les demoiselles de Bachelier !

Le Lapinos, il est runéiforme : c'est un rébus dont nous avons perdu la clef, bien malin qui ...
Comme les augures il parle dans le vide mais cela ne le distrait pas de continuer. On imagine que le dernier druide au fond des forêts celtes continuait ses incantations et à cueillir le gui dans les grands chênes alors que son peuple s'était déjà détourné vers d'autres autels.

Nicolas Sarkozy : on n'aura jamais vu autant d'énergie dépensée avec aussi peu de rendement. Gaspillage anti-écologique c'est pourquoi il a ressenti le besoin de faire le Grenelle de l'environnement pour se remettre en question, ce fut un complet échec.

Victor Hugo : le fils d'un sabreur.
Sa virilité prodigieuse gomme toute nuance, ce n'est pas une palette qu'il a sur son chevalet, ce sont des pétards qui font beaucoup de bruit pour peu d'effets. L'intelligence et l'âme sont restées à la porte et attendent le frêle Baudelaire, ce chinois, ce mandarin, ce fils de prêtre.

Il y en a qui vendent du rêve et d'autres qui vendent du cauchemar. Lesquels sont les plus réalistes ? Baudelaire cet inventeur de religion touche aux enfers et au ciel tout en même temps. Notre temps qui se croit si malin et qui repousse la religion de l'art s'invente des religions encore beaucoup plus stupides et éphémères.
Baudelaire l'homme en noir qui se permettait des cheveux verts parce que la nature n'est pas assez réaliste ...

Baudelaire l'anti-prophète que je salue bien bas, celui qui est allé de toutes ses forces contre l'esprit de son temps, qui détestait le rire voltairien qui courait les rues aurait encore bien plus de loisirs de haïr la société d'aujourd'hui et son contentement niais, son penchant obscène pour le bonheur.
Etre un ennuque du cerveau c'est encore bien pire que de connaître l'andropause. Notre temps se vante d'avoir vaincu l'impuissance masculine à tout âge, la belle affaire ! Ce que le corps y gagne ne viendra pas suppléer aux déficiences de l'intelligence.

Baudelaire révérait l'excellence de l'imaginaire, la seule fable à portée des hommes.

Question moisissure Sollers en connaît un rayon depuis le temps qu'il se ballade à Venise ... il est curieux que ce soient les écrivains les plus avariés qui émettent les avis les plus douteux sur la France !

Si le poisson pourrit par la tête, les écrivains pourrissent par les sentiments ...

Dis-moi ce que tu débines et je te dirai ce qui te fascine etc.
Le rapport entre l'Académie française et la littérature est équivalent au rapport entre le Jockey Club et l'équitation, le vague souvenir d'une origine et quelques prix distribués deci-celà pour faire bonne figure !
Enfin tout cela n'est même pas la mort du petit cheval ...

Le néant clapote un peu et puis la vermine elle-même s'en lasse.

Mon luxe à moi c'est ma pauvreté, car enfin le luxe est la seule chose nécessaire à un homme digne de ce nom.

Je ne cherche pas le paradoxe c'est la vie qui est paradoxale et qui vient à moi sans que j'y pense.

L'homme crée des religions comme l'huitre secrète la perle autour de ce qui la démange car enfin toute religion n'est jamais qu'un ornement surnaturel.

Un des grands reproches que l'on peut faire à la sociologie et aux sociologues conséquemment c'est d'avoir un regard rétrospectif et aucune imagination ...

Les historiens tout au contraire passent leur temps à tirer des conclusions imaginaires sur des faits non avérés sous prétexte qu'ils sont morts et enterrés ! Donc ils croient qu'on peut tout se permettre avec le passé .... l'excès de fantaisie dans un cas et la mort de l'imagination dans l'autre cas, voilà deux disciplines aussi illusoires l'une que l'autre et qui prétendirent régenter leur temps chacune à leur manière l

Moi je suis un épouvantable philosophe qui dissout les certitudes et les cultes les mieux établis, la fabrique des grands hommes comme la fabrique des grands peuples ! Je crois à l'action dissolvante de la pure critique intellectuelle parce que je suspends mon jugement en premier lieu quand les faits viennent contrarier les faits.

Etablissez une classification puis rajouter un fait nouveau et vous risquez de mettre bas votre ordre si soigneusement mis au jour. La science est un éternel recommencement si la Nature est infinie ! Que dire alors de l'imaginaire ...

Il nous reste la méthode et les outils du langage.

Les hommes de bien frémiront devant la philosophie et se couvriront la tête de cendres en écoutant les philosophes !

Je m'étais amusé à faire un commentaire de chacune des affirmations mythomaniaques de David Madore sur la dernière entrée de son blog mais comme ce garçon est vaguement vaniteux, il les a sucrées, je les remets ici pour autant que je m'en souvienne !

J'ai déjeuné au restaurant de l'Assemblée nationale, et j'ai été reçu dans le salons privés de la présidence du Sénat. L'HISTOIRE JUGERA.
J'ai rencontré un ancien Premier ministre du général de Gaulle. ILS SONT TOUS MORTS DONC DAVID MADORE POURRAIT L'AVOIR ASSASSINE.
À une certaine époque, ma mère serrait régulièrement la main de Jacques Chirac. CHIRAC A SERRE BEAUCOUP DE MAINS DANS SA LONGUE CARRIERE.
Mon père a été en tête-à-tête avec la reine d'Angleterre, qui l'a salué. QUEL METIER EXERCE DONC CETTE PAUVRE REINE A SALUER DE PARFAITS INCONNUS !
J'ai échangé des mails avec l'inventeur d'Internet. TOUT LE MONDE SAIT QU'INTERNET SERT SURTOUT A CELA : ECHANGER DES MAILS AVEC SON INVENTEUR.
J'ai parlé avec Stephen Hawking. CELA PROUVE QUE DAVID MADORE EST IMMORTEL CAR IL Y A TRENTE ANS QU'HAWKING NE PARLE PLUS.
Un article sur moi est paru dans Le Parisien, et j'ai fait l'objet d'un reportage télé. IL FAUT BIEN REMPLIR LES COLONNES DES JOURNAUX ET LES ANTENNES DE TELE.
J'ai discuté avec un membre de l'Opus Dei ouvertement homosexuel. L'OPUS DEI OUVERTEMENT HOMOSEXUEL : ENFIN UNE BONNE NOUVELLE !
Un de mes amis d'enfance a été tué dans un attentat. IL NE VAUT MIEUX PAS ETRE AMI D'ENFANCE DE D.MADORE.
J'ai circulé dans la rue à Paris en toge romaine. UN IMMORTEL PEUT TOUT SE PERMETTRE MAIS PARIS SE NOMMAIT LUTECE A L'EPOQUE.
J'ai été pris en photo, entièrement nu, dans une salle de cours, à l'ENS, et de même dans le lycée de Nogent-sur-Marne. MIEUX VAUT NU QUE TROP COUVERT.
J'ai fait cadeau à un ami d'un rubis d'une dizaine de carats. S'IL T'EN RESTE UN ...
J'ai eu un découvert d'environ 60000€ pendant à peu près une semaine sur mon compte en banque, et je n'ai pas payé d'intérêts. MADOFF A FAIT BEAUCOUP MIEUX.
Je suis l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petit-thésard de Lagrange. LAGRANGE ETAIT PHILOSOPHE, IL S'EN REMETTRA.
Victor Hugo était le cousin germain de mon arrière-arrière-(arrière?)-grand-père ; et l'arrière-grand-mère de Napoléon est mon ancêtre. NAPOLEON ET VICTOR HUGO SONT DES SUPERSTITIONS ET DES CULTES ARCHAIQUES PAS DE QUOI SE VANTER.
Je porte le nom d'un chevalier de la table ronde. QUELLE LANGUE PARLAIENT LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE ?
J'ai fait l'objet d'un culte religieux. VOIR A VICTOR HUGO.
J'ai reçu des menaces de mort. LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE ONT MAL FINI.
Je suis l'objet d'un article d'une encyclopédie très consultée. CE N'EST PAS UN TRES BON SIGNE DE MODESTIE.
Le guide Who's Who m'a demandé l'autorisation d'ajouter une entrée sur moi. COMBIEN CELA RAPPORTE ?
J'ai récemment passé un bon nombre d'heures en compagnie du beau-frère d'Ewan McGregor à interviewer de jeunes talents. IL Y A MIEUX A FAIRE AVEC DE JEUNES TALENTS.
J'ai été le petit ami de la petite-nièce (ou arrière-petite-nièce, ou arrière-petite-cousine, je ne sais plus exactement) du maréchal Leclerc. MON CHIEN AUSSI.

Je lui disais récemment que toutes ses affirmations mythomaniaques étaient vraies mais qu'il avait néanmoins raté sa vie quelque part car il ne m'avait jamais rencontré, à mon humble avis ce fils unique doit surtout avoir peur que je lui ris au nez ce qui n'a jamais dû lui arriver mais qui lui ferait le plus grand bien !

Etant inaccessible à la vanité on peut bien se permettre de dire toutes les bêtises que l'on veut à mon sujet cela m'indiffère, mais tout le monde ne partage pas la même équanimité philosophique ! J'en connais un certain nombre qu'une piqure d'épingle dérange ...

Savez-vous pourquoi je n'admire pas Victor Hugo ? Parce qu'il a toujours bonne conscience exactement comme un primitif qu'il n'est pourtant pas. Baudelaire lui cultive sa mauvaise conscience en quoi il est éminemment moderne car suprêmement coupable à bon escient.

Sous Nicolas 1er est surgi un nouveau personnage de la scène politique française : le procureur Jean-Claude Marinsky c'est lui qui officie dans les procès de Clearstream ! Coupable par bénéfice collatéral et instigation indirecte c'est le nouveau chef d'inculpation qui est sorti de sa manche, on attend les aveux complets du principal accusé sous peu et sans utilisation de propofol ...

Je lisais des articles de Didier Nordon et je me disais qu'il était trop malin pour être un grand mathématicien, car au fond qu'est-ce qu'un géomètre de première force ? C'est un type qui s'échine pour prouver de toutes petites choses et qui ne les prend pas de trop haut, tout le contraire de ces amuse-gueules de la pensée qu'il publie dans "Pour la Science" !

Richard Strauss = l'anti-Rachmaninov. Autant l'un est ténébreux, mélancolique et exilé, autant l'autre est solaire et central.

Ne trouvez-vous pas que j'ai les bras indulgents et sculptés ?

L'intelligence à titre de sidération.

On me répliquera avec juste raison que mes recherches sont un peu gratuites et qu'elles n'ont aucun rapport avec les mathématiques développées par Louis Bachelier (°1870-1946), je n'ai certes pas la prétention d'un sociologue qui croirait qu'en analysant le contexte historique, le social et le biologique disons, on détermine une forme de pensée abstraite ! Mais il reste un cadre dans lequel a évolué Louis Bachelier, ses origines bordelaises en font un lointain héritier des Girondins, c'est à dire quelque part un minoritaire face aux Jacobins parisiens, ceci explique peut-être sa mise à l'écart des grands courants de la pensée scientifique française de son époque. Il est un libéral, héritier de la pensée anglo-saxonne comme Regnault dont les références sont tournées vers l'Angleterre. Ses aïeux sont plus proches des conceptions d'une monarchie parlementaire tempérée par la liberté de la Presse que d'une tyrannie républicaine qu'elle soit incarnée par les Bonapartistes ou par les institutions de la IIIème République.
Qui ne connaît pas Bordeaux - et Louis Bachelier par son père comme par sa mère est issu de la bourgeoisie bordelaise - ne comprendra pas un certain climat adouci par les effluves des grands vins et par le commerce lointain qui tempère toute chose et relativise le poids des idées et des changements que le temps seul clarifie. Bachelier ne cherchera pas à s'imposer et ne revendiquera pas un rôle central dans la vie de la pensée française. D'ailleurs c'est de l'étranger, un russe Kolmogorov, des américains plus tard que viendra la reconnaissance de son rôle.

Bien entendu les mots ne sont jamais qu'une fiction et l'on pourra toujours me reprocher de n'avoir tracé qu'un portrait imaginaire de Louis Bachelier mais du moins je lui donne une apparence historique, je l'insère dans une trajectoire qui prend du sens. C'est tout ce que l'on pouvait exiger de moi, lui faire quitter le champ de la quintessence géométrique pour lui faire toucher le sol du pied.

Si vous voulez le groupe Bourbaki représente le jacobinisme, le désir d'ordre à tout prix quitte à stériliser l'intellect, le refus des marges et de l'excentricité, le rejet du flou probabiliste.

Poussons l'analogie géographique et historique encore un peu plus avant ...
Je ne pense pas que Le Havre ait modifié quoi que ce soit à l'atmosphère intellectuelle dans laquelle a grandi Bachelier, c'est un port qui tout autant que Bordeaux partage la même philosophie des échanges, de la rupture avec le centre nivellant, on y ressent les effets du temps continu, des mouvements amples de la houle et des marées, des influences proches et lointaines et des accroissements insensibles (l'influence anglaise va-t-on dire ou le gène marin). Car enfin Louis Bachelier est bien un adepte du temps long plutôt que des crises révolutionnaires.

Il a enfin complété ses études à Caen, autre port normand, rien là qui détonne, la même continuité de style et il est mort à Saint-Servan, c'est donc bien un homme du grand large, un homme qui prend son inspiration dans le grand souffle qui vient de l'Ouest, ce vent de liberté dans lequel certains hommes se reconnaîtront toujours.

Ce qui est extraordinaire c'est que j'ai écrit Rouen au lieu de Bordeaux ce qui prouve que ma main pense indépendamment de mon cerveau, c'est digne d'un conte d'horreur à la Edgar Poe !
Car enfin comme l'écrit Bossuet : Ce qui est hasard à l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu !

On pourrait essayer une définition : l'horreur littéraire est la rencontre contrariée entre ce qui apparaît au lecteur comme un pur hasard et qui nous est révélé finalement comme le dessein d'une volonté étrangère au héros.

Je hais les révolutions littéraires ... celles qui font tourner le monde notamment.

Un article intéressant : Les geeks à la conquête de Wall Street.
Ce qui est amusant c'est que Regnault a expliqué les mécanismes essentiels de la Bourse dès 1863, l'automatisation actuelle ne fait que les rendre plus opérants !

Laissons les geeks se dévorer entre eux ...

Ils sont un peu comme les piranhas, leur intelligence est étroitement spécialisée.

Faut-il raconter l'Histoire quitte à être traité comme quelqu'un qui raconte des billevesées ? Et je pense en particulier à l'histoire des sciences qu'on appelle d'un mot savant, épistémologie ou faut-il se contenter d'opérations - les opérants de la tekné si je puis m'exprimer ainsi - qui résumeraient toute la science et par extension toute la recherche ? C'est un peu comme si l'on souhaitait résumer la théorie de l'information à des suites binaires de un et de zéro en oubliant l'organisation des langages qui commandent la logique de ces suites !
Il y a quand même une histoire de la science, des motivations, des choix parmi la multitude des sujets qui s'offrent à la pensée, une pression sociale comme des préférences individuelles dont il faut extraire un certain ordre et une certaine cohérence. On ne saurait tout résumer à un hasard primordial qui s'insinuerait partout.
D'une manière générale on va des objets simples aux objets complexes, donc il y a des sujets qui s'imposent d'eux-mêmes parce qu'ils sont les plus faciles. Et enfin il y a une hiérarchie du développement des connaissances, les classifications se raffinent et posent de nouvelles questions au fur et à mesure. On apparie les phénomènes selon des règles parfois assez artistes pour qu'on puisse parler d'un choix esthétique de ceux qui se livrent à la science.

Attention ! A partir du 15 septembre 2009, l'adresse de mes pages perso sera au choix :
http://driout.perso.neuf.fr
http://pierre.driout.perso.sfr.fr
http://pierre.driout.perso.neuf.fr

Jean Martin a commenté une série d'études sur l'albedo de la Terre mesuré indirectement par son reflet sur la Lune, ce qui importe c'est qu'il n'y a aucune corrélation entre le taux de CO2 et les variations de cet albedo qui exprime l'ennuagement de notre globe, encore une preuve du montage des explications carbonocentriques aux variations de la température sur notre planète.

Champagne : récolte et millésime exceptionnels ! C'est quand même terrible le réchauffement climatique cela va nous forcer à avaler toutes ces petites bulles ...

Il faut conserver un vrai tempérament d'amateurisme en toutes choses ...
De préférence ouvrir les écoutilles et s'imprégner de l'air du large.

Saint-Simon est enfermé dans le château de Versailles, ce palais des merveilles défuntes et il imagine telle Shéhérazade des histoires fantastiques pour se délivrer de la menace perpétuelle d'un tyran oriental et tout-puissant, il réinvente une chevalerie de l'écriture comme ses aïeux enfourchaient de fiers coursiers pour délivrer quelques princesses lointaines, lui c'est la France qu'il voit aux mains des robins - des bourgeois - et menacée de périr dans sa foi vive en la noblesse. Saint-Simon rêve quelque Espagne donquichottesque pour des infants et des infantes qui défilent gravement et lentement sous le regard d'on ne sait quel Dieu périssable et dont la pureté est enfouie sous des amoncellement d'or et de diamants. Notre duc et pair est parti en croisade lointaine : il nous a laissé ses grimoires.

Saint-Simon n'est pas collet monté comme n'importe quel snob ou mondain de l'Académie française ou ces écrivains pour plateau télé, il est tout à ses rêves, il s'épuise à se libérer d'un Klingsor qui se nomme Louis XIV, on ne sait s'il faut l'appeler Parsifal le chaste-fol ou Kundry la servante-pécheresse.

J'appelle écrivain un type qui lutte pour se libérer de quelque chose. Les autres sont des auteurs.

Puisque vous ne me le demandez pas je vais vous dire mon sentiment : Alain Minc est un vendeur de savonnettes à vilains ...
C'est ce que j'ai écrit sur le site d'Ivan Rioufol, j'ai signé iPidiblue NAP ta mère !

Nouvelles Regnault :
Le commissaire-lieutenant de l'armée de terre Nathalie Derche est nommée commissaire-capitaine le 1/8/2009.
Le lieutenant Maxime Laudet est nommé capitaine le 1/8/2009.
Le capitaine Nicolas de Fontanges est nommé commandant le 1/8/2009.
Le colonel de l'armée de l'air Eric Ygrand est nommé au Shape (Etat-major de l'Otan) à Mons en Belgique.

Des équipes de chercheurs français ont développé une nouvelle molécule CD4-HS qui inhibe le développement du VIH.
Reste à savoir si l'on pourra utiliser pratiquement cette nouvelle clef sur les patients ... les essais in-vivo devraient débuter prochainement.
Pendant ce temps les américains ont identifié deux nouveaux anticorps PG9 et PG16.
Une perspective pour un vaccin qui restait jusqu'à ce jour hypothétique. On considère que la portion du virus sur lesquels ils jouent est suffisamment stable pour qu'ils induisent une large résistance (réponse) du système immunitaire.

On peut définir la pensée du prophète comme une pensée qui ne connaît pas l'échec. Ceci distingue la démarche scientifique qui ne croit pas que tout est possible de la démarche religieuse qui dit qu'il suffit d'avoir la foi et que le reste viendra par surcroit.

J'ai quarante-six ans et j'en suis encore à vivre d'expédients ! Et le plus drôle c'est qu'au nom de millionnaires incultes comme Nicolas Hulot ou Yann Artus-Bertrand le gouvernement s'apprête à me taxer sur ma consommation de mazout de l'hiver (mon immeuble a une chaudière qui fonctionne avec ce carburant) ! Je n'ai d'ailleurs aucun moyen de limiter mon chauffage car il n'y a pas de commande individualisée par appartement. Enfin on peut espérer que maintenant que le vote écologiste n'est plus seulement un vote de confort mais entraîne des impôts supplémentaires tous plus déments les uns que les autres - acheter l'électricité produite par les éoliennes à des tarifs prohibitifs par exemple dans un pays qui exporte son électricité nucléaire ! - il y aura une salutaire réaction de la part d'un certain nombre de gens qui comme moi ont peu de moyens. La sagesse vient à l'usage du bulletin de vote ...

Je n'ai jamais pris l'avion de ma vie c'est dire mon décalage avec la réalité de la plupart de mes concitoyens ... si tous ces gens-là, les Duflot, les Bové, les Mamère ont un besoin de punition comme disait Philippe Muray (envie du pénal et autres désirs pervers), ils n'ont qu'à se flageller eux-mêmes ! Je n'éprouve pas trop le besoin de contrition.
Nous sommes dans un société largement hystérisée par le soin des médias, alors que la raison a besoin d'un minimum de respect, c'est à dire d'équanimité pour fonctionner correctement.

Les phénomènes d'hystérisation collective n'existent pas seulement dans les dictatures, ils sont à l'état latent dans toute société même la plus démocratisée.
Hier soir nous avions sur Arte un documentaire consacré à la Révolution Culturelle voulue par le Grand Timonier dans l'Empire du Milieu qui fit plus d'un million de morts et causa une chute de la production industrielle estimée à 13/15%, elle faisait suite au Grand Bond en avant de la fin des années cinquante qui se traduisit par une famine qui entraîna la mort de 38 millions de chinois selon les estimations des démographes. Ces mots d'ordre calamiteux cachaient mal des visées politiques, des ambitions de pouvoir.
C'est une maladie infantile de l'homme particulièrement répandue : un Nicolas Hulot me faisait sourire tant qu'il se livrait à des acrobaties aériennes, mais à partir du moment où il s'est voulu vecteur d'opinions, où il a voulu transformer en message sa vie propre et sa petite personne en prophète, mon rire a tourné jaune.

Schopenhauer disait qu'il fallait des rentes pour pouvoir philosopher tout à son aise, j'y souscris volontiers, ou alors très peu de besoins comme Diogène !

On peut refuser la culture comme on peut renier le passé, il y a plusieurs méthodes pour cela, des plus violentes aux plus diffuses, on peut aussi se laisser envahir par le culte d'un passé rendu présent par la répétition la plus obscène, les religions y réussissent très bien en figeant le développement de l'humanité sous une chape de plomb, une humiliation constante de la pensée.
Où se trouve la vérité, me dira-t-on ?
Tout dépend de l'échelle de temps que l'on considère, c'est un peu comme une courbe fractale : où se trouve donc son centre, son point nodal ?

On peut faire une analogie avec une courbe fractale, selon le grossissement que vous choisirez elle vous apparaîtra tout à fait différente, il en est ainsi du visage du passé, selon la plus ou moins grande focale de votre viseur il va prendre des figures de plus en plus fugitives, de moins en moins ressemblantes. Il faut se résoudre à ce fait troublant, l'échelle de temps choisie détermine la vérite du passé comme de l'avenir.

Les Tudors sur Arte, enfin une production de cinéma où l'on ne nous fiche pas des nègres à toutes les scènes ! Etrange impression de retourner dans la civilisation à une époque pourtant si cruelle et si brutale : d'étranges raffinements y cotoient les meurtres les plus crus, les signes les plus indécents de la société, une certaine pourriture des moeurs sur laquelle flotte le délicieux parfum de l'amour de l'art.

Je ne conçois pas la civilisation sans le revers de la décadence. Une société complète flatte tous les sens à la fois, l'intelligence et les remuements calmes ou brutaux de l'âme.

Le plus grand crime dont on puisse accuser notre temps c'est qu'il est l'antipoésie incarnée, sa morale est basse, ses étiages sont ceux du ventre ou du sommeil, la santé est toujours odieuse. Ô le sommeil de l'âme, ce triste songe de gondolier ivre de soi-même ...

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,

Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l'horizon
De ma raison,

Puisque l'arôme insigne
De la pâleur de cygne,
Et puisque la candeur
De ton odeur,

Ah ! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbes d'anges défunts,
Tons et parfums,

A, sur d'almes cadences,
En ces correspondances
Induit mon coeur subtil,
Ainsi soit-il !

Que faire avec l'ignorance ? C'est le problème majeur du monde contemporain. Notre ignorance grandit de manière exponentielle à mesure que la connaissance collective s'accumule, nous sommes donc comme en un milieu de gué où nous craignons à chaque instant de perdre pied d'où tous les actes irrationnels qui finissent par commander notre vie.

Je préfère l'esthétisme qui est un guide sûr à l'hystérie moralisante qui fait tourner en rond les meilleurs esprits.

On a tort de mépriser l'ignorance puisque c'est elle qui mène le monde finalement, toutes les religions l'ont bien compris.

Au sujet du blog de Libération, "Secret Défense", j'avais envoyé hier ce message qui n'est pas passé :
Le général Stéphane Abrial aux U.S.A ? On aurait mieux fait d'envoyer une femme aux américains, cela leur aurait fait peur !
J'en déduis que c'est surtout Jean-Dominique Merchet qui a peur des femmes en premier lieu avant même les puritains américains ...

Dis-moi ce que tu censures et je te dirai quelle est la couleur de tes angoisses !

Je vais fonder le club des diatribes obscures, venez nombreux, ou plutôt non ne venez pas en nombre mais cultivez votre fiel avant de pénétrer dans cet antre des obscurcisseurs en toutes choses. L'excès de bonté sera sévèrement réprimé.

Je suis passé devant le 19 avenue Stephen Pichon, le Jack's Hôtel, une plaque indique que Jean Genet y est mort seul dans la nuit ce qui lui a évité de finir à l'hôpital accablé de douleurs à cause du cancer.

Les mathématiques c'est du temps pur.

Le suicide c'est très surfait, vous savez ...

Etre un homme politique de talent dans une démocratie : être le meilleur ami de tout le monde.
Connaître la théorie des groupes mais pas au sens mathématique ... diviser ses adversaires et rameuter ses supporters.

Toute société mérite d'être détruite, sinon elle n'existe réellement pas. Bien entendu c'est par l'esprit qu'on doit l'annihiler ... je n'entends pas user de moyens grossiers pour parvenir à mes fins.

Le professeur doit être un bon conducteur de savoir : il doit lever les résistances de l'élève, les préventions qu'il a hérité de sa fausse culture télévisuelle ou familiale, les méchantes habitudes de paresse naturelles à tout âge, les idiosyncrasies de tout ordre, du langage appauvri de la rue au repliement maladif sur soi-même.
On ne lui demande pas d'être un supra-conducteur qui n'offre aucune résitance, il lui est même loisible de s'échauffer un peu quand la température de la classe est trop froide ou au contraire de refroidir les élans inconsidérés. C'est une question de tact, il faut fonctionner à la bonne température ...

Je disais à Pierre Cormary que René Girard s'était largement inspiré de Gabriel de Tarde en y rajoutant une sauce apocalyptique chrétienne qui n'avait rien à y faire (on m'a répondu qu'il l'avait dépassé de loin et moi que lorsque l'on dépassait son but on ne l'atteignait pas) en fait il fait une rétrofiction, il applique une logique fictionnelle à ce qui tenait à des lois extérieures à toute idéologie. Ni le christianisme, ni aucune religion ne peut rien contre l'état des choses et le développement logique des facultés intellectuelles de l'homme, la machine à raffiner les difficultés des philosophes même mâtinée de religiosité est impuissante à épuiser la force de la Nature quand on la regarde avec la puissance de la raison.
De toute cette métaphysique sociologique il ne peut rien ressortir de neuf qu'une infinie répétition des errements du passé.
Si la Nature est infinie alors la religion ne peut rien contre elle, c'est une force inusable et même serait-elle insensible elle finirait par effacer toute volonté de s'y opposer comme un océan infiniment renouvelé finit par réduire en grains de sable les roches les plus dures.
Il y a un projet dans la Nature, la raison qui s'y applique est portée par cette force et abat tous les obstacles qu'elle trouve devant elle. Nous sommes pénétrés depuis Descartes de cette pensée qu'en nous rendant comme maîtres et possesseurs de la Nature nous nous rendrons maîtres de nous-mêmes, la méthode y veille ou si vous préférez l'appeler d'un autre nom le doute méthodique. La Nature est une école de modestie c'est pourquoi elle nous rend fort.

Tout réduire à la société c'est ne rien expliquer : la Nature précède toute société, appelons cela si vous voulez individualisme si ce n'était un si gros mot philosophique.
Il a d'ailleurs fallu énormément de temps pour que l'évolution fasse apparaître des êtres sexués c'est à dire des individus qui avaient besoin d'autres individus ! La loi, la règle c'est la force évolutive qui est en chacun de nous du plus petit ciron à la plus grosse baleine. Les sentiments d'affiliation sont seconds pour ne pas dire derniers. Etre ingrat c'est la loi de l'expansion continuelle du monde vivant, je dévore tout ce qui peut me permettre d'accroître mes forces. La morale est une commodité ... la morale c'est à dire les égards pour autrui.

Un scientifique use d'approximations quand il ne peut faire autrement c'est à dire le plus souvent, il ne généralise qu'avec les plus extrêmes réserves et dans ces cas-là il nomme cela "principes" qu'on pourrait croire tirés d'un chapeau, principe de moindre action, principe de moindre temps, principe de l'entropie croissante etc. Le savant se méfie de toute la force de sa rigueur des prétentions philosophiques à spéculer à l'infini ...

Tout le monde me le dit : Je ne comprends rien à rien et je suis d'une étrange bêtise.

Heureusement la politique n'est pas une science exacte, cela laisse de la marge pour corriger les erreurs.

Les orques et les dauphins du Marineland d'Antibes.
Il leur importe peu que ce soit tel ou tel soigneur qui s'occupe d'eux, ce qui leur plaît c'est que les êtres humains leur donnent des stimulis agréables en jouant avec eux quand ils ne sont pas en bande pour s'entr'encourager à des courses-poursuites et autres batifolages marins. De même les êtres humains aiment jouer avec de parfaits inconnus sans qu'il soit question pour eux de faire plus ample connaissance la partie terminée. Il n'y a aucun mimétisme social là-dedans, ou si l'on veut la naissance de toute société est largement comprise là-dedans, c'est le besoin de stimulis de notre cortex qui explique nos besoins de vivre en société pas la conformité à je ne sais quel ordre transcendant.
Quant au sexe il est accessoire, la plupart des animaux n'ont de besoins sexuels que périodiques, seuls les hommes sont en chaleur toute l'année.
Inutile de dire que les théories de René Girard sont complètement déphasées par rapport aux réalités biologiques que l'étude des animaux supérieurs nous découvre. La culture est une seconde nature mais il ne faut pas en abuser en oubliant la première !

Montesquieu était un grand ami de Jean-François Melon (°1675-1738), le premier économiste français, si l'on peut dire, il rapporte dans "Mes Pensées", ceci : Melon disait agréablement que l'homme est un singe manqué. Cela a un sens dans le rapport où les hommes ont des imperfections que les bêtes n'ont point.
Il y a plus d'intelligence dans cette remarque que dans toute l'oeuvre de René Girard ...

L'intendant de Bordeaux protecteur de la liberté. Tourny a prononcé le mot qui fait la lumière : les commerçants de Bordeaux sont un peu anglais ; ils revendiquent les droits qui leur sont chers, avec un égoïsme tempéré par le bon sens, en des réunions qui sont des meetings véritables.
Il reconnut que « le négociant que son intérêt anime sans cesse regarde toujours comme une injustice ce qu'on lui refuse et comme une chose due ce qu'on lui accorde. »
Ce qui est foudroyant c'est non seulement l'élévation de pensée mais aussi la facilité à exprimer dans un langage clair et direct les intérêts contrariés et croisés qui font une société au lieu de souligner d'artificieux consensus comme la pensée moderne veut en trouver partout ce qu'on appelle proprement le politiquement correct.

Ce qui embrouille le plus proprement la langue c'est une pensée artificieuse ... Ce qui n'est pas clair n'est pas français.

C'est un véritable combat d'arrière-garde que celui contre l'orthographe régulière du français, il y a si longtemps que la plus grande licence y est admise que la langue est devenue pure poésie et que ce serait faire preuve du puritanisme le plus exacerbé que de vouloir ramener quelque ordonnance que ce soit dans ce paysage revenu à l'état de friche ou de simple nature.
Les puristes s'accomodent de cet état de chose parce qu'ils savent retrouver dans le trésor de la langue française des exemples de bon style qui restent intangibles comme un jardin à la française soigneusement entretenu où les mauvaises herbes sont appelées ainsi et non plantes endémiques à l'état sauvage comme pour les glorifier et les ennoblir.
Les modes passent et trépassent, le français reste.

Le métromane.
Nous sommes accablés par la métronomie ... le temps nous est compté à chaque atome qui s'écoule dans le sablier des sociétés ultraperformantes et calibrées jusqu'à la nanodimension.

Il n'y a plus d'autorité qui puisse réformer l'orthographe du français, vous arrivez trois siècles en retard messieurs les réformateurs ! Et chacun fait comme bon lui chante, trouvant ses modèles ou dans le passé, ou dans un avenir non encore écrit.
Et la science me dira-t-on, n'appelle-t-elle pas elle aussi des rénovateurs audacieux ? Mais la science se moque des moyens, elle ne vise que les fins et elle est jugée par les fruits qu'elle produit et non pas par les intentions qui y président. La science est fondamentalement amorale comme le disait Henri Poincaré, ne vous en déplaise vous tous adeptes du lissage de la pensée en toutes choses !

Comme le disait la comtesse d'Aulnoy « Quand on connaît l'Espagne, on n'a pas envie d'y bâtir des châteaux. »

Il est plus difficile de renoncer à se séduire que de renoncer à séduire les autres avec sa fantaisie.
Se surprendre, se séduire, deux choses si difficiles qu'on peut y user une vie entière. Quelle chose étrange, mettre assez de distance entre soi et soi pour ne pas être ennuyé de sa propre vie.
Heureusement nous nous stimulons manuellement si je puis dire avec le hasard, avec les rencontres heureuses et malheureuses.
La langue est la pire et la meilleure des choses comme le disait Esope, on y trouve ce qu'on y a jeté et ce qu'on y a perdu. Il n'est nul besoin qu'elle soit fasciste pour exercer le pouvoir d'un miroir sur nous.

La marquise de Sévigné était sage comme une image mais n'avait pas les yeux dans sa poche, qu'on en juge, à Vichy lors de sa cure en 1676, elle assiste à des danses paysannes, des bourrées du pays, elle y remarque un grand garçon déguisé en femme, qui me divertit fort, car sa jupe était toujours en l'air, et l'on voyait dessous de fort belles jambes. Etait-ce donc tout ce qu'elle voyait ou plus avant encore ?

Arnaud Le Marchand est maître de conférences en économie à l'université du Havre, il a publié en 2007 un article intitulé : "Une lecture socio-économique de Louis Bachelier : théorie de la spéculation et milieu boursier du Havre".
Résumé : Louis Bachelier, né en 1870 dans une famille de négociants en vins installée au Havre, est considéré comme le fondateur de la finance mathématique et l'auteur d'avancées importantes sur la voie de la théorie de la relativité. Son oeuvre fut découverte aux USA juste après sa mort et exerça une influence importante. Le but de cet article est de contextualiser les travaux de ce précurseur et de proposer une lecture socio-économique de la formation de ses idées. En retour, les idées de Louis Bachelier permettent aussi de porter un autre regard sur le fonctionnement et l'évolution de son milieu d'origine : les négociants du Havre à la fin du XIXe siècle.
L'idée est intéressante en soi, j'aurais personnellement pensé qu'on aurait pu travailler sur le même sujet mais en s'orientant vers les relations entre la ville de Bordeaux et les aïeux de Louis Bachelier, elle est malheureusement gâtée par une faute que personne n'a l'air d'avoir fait remarquer à Arnaud Le Marchand, il n'y a pas de rapport entre les travaux mathématiques de Louis Bachelier et la Relativité restreinte ou générale, la confusion vient du fait que cinq ans avant Albert Einstein (1905), le mathématicien français avait entrepris l'étude de la marche aléatoire ou mouvement brownien (1900).
Il vaut mieux d'ailleurs dire que son oeuvre fut redécouverte par les américains dans les années cinquante-soixante du XXème siècle que de prétendre qu'ils l'ont vraiment découverte, j'ai prouvé (il suffisait de chercher un peu) que beaucoup d'éminents esprits avaient lu et commenté les travaux de Louis Bachelier (°1870-1946) bien avant cette mode soudaine quasi-hollywoodienne.

Comme l'adresse de mon site a changé, je remets ici en lien mon étude du cas Regnault.
Malgré le désordre qui y règne, vous trouverez dans cette page beaucoup de renseignements sur Louis Bachelier sur lequel j'ai travaillé tout cet été.

J'ai souvent l'impression de laisser de petits cailloux blancs pour les autres, qu'ils en tirent profit c'est leur problème.

Il y a un esprit pédagogique mais y-a-t-il une pédagogie ?

Par expérience je sais que tous les livres sont remplis de fautes, le seul livre dans lequel on ne trouve pas de faute - humaine s'entend - c'est le grand livre de la Nature auquel on doit se référer pour toute étude un peu sérieuse du phénomène humain.

Quel est le statut de la Culture alors ? On l'entend souvent comme une contre-Nature ou une Nature seconde selon les cas. On la charge de toute l'imagination dont l'homme est capable et de tous les errements dont il se croit ou coupable ou innocent. Mais cela n'est rien ... ce qu'il faut dénoncer c'est la simplicité dont elle se targue et qui n'est le plus souvent que pauvreté évidente, facilité, manque de temps avec lequel on a composé sa pensée. La beauté fondée par l'homme si elle n'est basée sur l'imitation de la Nature n'est tout au plus qu'une épure, une vue en perspective des choses, un raccourci élémentaire. L'homme invente des codes spéciaux et singuliers parce qu'il n'est pas capable de percer le grand code universel. Les canons de la beauté sont conventionnels mais de cette convention naît une lumière qui emplit nos âmes parce qu'elle signifie que nous sommes sur la bonne voie. Une pensée universelle engendrerait une compréhension universelle et simultanée de la Nature dont nous ne percevons que quelques fragments.
La Nature mélodie universelle dont nous n'entendons que quelques faibles échos, nous suppléons à la faiblesse de nos sens par la vertu de notre imagination. L'intelligence est chose rare ...

Qui a donc dit que la tristesse était féconde ?

Teodorico Pedrini (°1671-1746) et Joseph Marie Miot (°1718-1793) sont deux prêtres-musiciens le premier Lazariste italien et le second membre français de cette fameuse Compagnie de Jésus qui faisait la pluie et le beau temps - ou presque - à la Cour de l'Empereur de Chine. Pedrini n'a laissé comme oeuvres musicales que des compositions à la mode occidentale mais Miot a transcrit des airs traditionnels chinois qu'il a intitulé divertissements dans un mixte entre les coutumes musicales européennes et extrême-orientales qui est assez savoureux. Un enregistrement fait lors du festival de Saint-Florent Le Vieil sous le nom d'un Concert baroque à la Cité Interdite nous restitue l'atmosphère délicate de cette rencontre insolite entre deux mondes qui avaient vécu si longtemps en s'ignorant et en développant des esthétiques si divergentes que les points communs mirent très longtemps à émerger !

Ces deux hommes s'étaient si bien acclimatés qu'ils finirent leurs jours tranquillement au milieu des sujets du céleste Empire. Contrairement à son éminence le cardinal Charles Thomas Maillard de Tournon (°1668-1710) mis en résidence surveillé, resté trop occidental et trop assujetti au Pape et aux querelles intestines des factions européennes ce qui entraîna la perte des Jésuites tout autant que de beaucoup d'autres sectes présentes depuis le XVIème siècle.
Les chinois n'aiment pas qu'on dérange les lignes pures ... Mallarmé a fait un charmant poème là-dessus, le chinois au coeur fin et au pinceau léger n'apprécie guère le bouleversement qu'apporte l'âme inutilement querelleuse des européens à la peau blanche et au nez pointu.

Au sujet du suicide, le vrai croyant devrait répondre : personne ne se suicide car nous sommes tous immortels !
Curieusement aucun homme de foi ne pousse l'esprit de conséquence jusqu'à ce point extrême ... déduisez-en ce que vous voulez !

Selon Borgès la secte des immortels vit en un enfer régressif où elle désapprend tous les gestes civilisés. Ce qui nous maintient à la surface de cette mince pellicule de civilisation c'est bien la peur de la mort et le désir de maintien des apparences.

J'attends vainement depuis des lustres que les écologistes se suicident en masse comme des lemmings puisque la fin du monde est toute proche - cocher au choix la case : trou dans la couche d'ozone, réchauffement ou refroidissement climatique selon les saisons, El Ninio, fièvre d'Ebola, chikungunya, grippe aviaire, H1N1 ou bien fin du pétrole ou tout en même temps - et que moi personnellement - comme on dit chez les gens bien-nés - je n'aimerais pas voir cela de mon vivant !

Les raffinés préfèrent la bonne grosse pierre venue du fin fond de l'espace qui fonce vers nous à toute allure nous prenant pour de simples dinosaures, ces grosses bêtes qui avaient tout misé sur leur force musculaire et avaient fait l'impasse sur le cerveau !
Les plus savants attendent impatiemment que le soleil nous grille comme de vulgaires soles meunières, mais les savants ont tout leur temps et ils peuvent espérer la confirmation de leurs théories quelques milliards d'années en prenant leur mal en patience comme on dit.

Nous sommes tous des singes malfaisants ... mais il vaut mieux l'oublier si l'on veut faire de grandes choses.

Sainte-Beuve a toujours représenté le goût bourgeois, il fut le M.Bertin de la littérature, il dépeignit cet ignoble Restif de la Bretonne, il voulait dire sans le sou et ouvrier ce qui est le pire des crimes pour un bourgeois qui ne tâche pas ses mains. Les frères Goncourt ne furent pas en reste et le surnommèrent le Scudéry du ruisseau ce qui dans ce petit goût qui était le leur ne voulait à peu près rien dire. Grimm au moins bien avant eux l'appela le Rousseau du ruisseau.
Tout cela n'est pas une question de moeurs bien entendu, car ces charmants messieurs fréquentaient tous des catins de bas-étage mais signifiait seulement que Rétif se mêlait au peuple, alors qu'ils n'ont que des louanges pour le divin marquis de Sade qui a grand air même sous l'infamie de la geôle ! Sainte-Beuve l'appelait le grand inspirateur, on imagine de quel genre d'inspiration il pouvait doter l'impuissant auteur des Lundis !

De l'ennui naquit un jour la diversité ...

Pour ceux qui l'ignore il s'agit d'un décalque de ma composition du célèbre vers d'Houdart de la Motte, l'ennui naquit un jour de l'uniformité, qu'il faut bien un peu relever et épicer pour le mettre au goût du jour !

Au sujet des élèves qu'il faut motiver pour qu'ils rentrent en classe et y restent, on pourrait dire par ailleurs que parmi ceux qui entrent en prison certains y mettent du vice sans qu'on ait besoin de les motiver !

Chaleureuse réunion Regnault en la paroisse Saint-Léon de Paris le dimanche 11 octobre 2009.

Je disais à mes cousines que les comportements sautaient parfois une génération et que ma soeur s'est conduite avec ses trois enfants exactement comme sa grand-mère avec ses cinq enfants : en femme frustrée !
Mon aïeule Jeanine Regnault n'étant pas amoureuse de son époux Georges Driout ne ressentit aucune espèce d'affection pour ses enfants et les éleva à coups de triques, un jour sa mère Madeleine Regnault la voyant les battre lui fit cette remarque : Mais enfin Jeanine on n'élève pas les enfants comme cela, elle renonça donc à exercer son courroux contre eux et à calmer son insatisfaction amoureuse de cette bizarre manière et quand son mari rentrait le soir de l'usine, elle lui disait : Georges untel a encore fait ceci ou cela, tu dois le corriger, et mon grand-père qui n'y voyait pas malice de battre à coups de garcette ses enfants qui n'étaient guère coupables. Mais pire que les coups était l'indifférence dans laquelle ils ont été élevés, dans son carnet de jeune maman, Jeanine notait ses impressions de nouvelle accouchée et écrivait avec lucidité qu'elle ne ressentait rien à regarder ses nourrissons alors que tout le monde se récriait d'admiration sur leur beauté !
Dans le cas de ma soeur ce fut à peu près le contraire, l'excès de passion plus que l'indifférence, la mésentente du couple provoqua sa vengeance de femme frustrée et elle excitait son mari - une vilaine brute disons-le ! - à exercer sa coupable industrie sur ses enfants dès leur plus jeune âge.
Nous - ma mère et moi - proposâmes même d'accueillir les enfants à la maison pour les élever d'une autre manière plus conforme à de saines habitudes, bien entendu ma soeur refusa, elle avait besoin de ses enfants pour servir d'exutoire à ses colères rentrées et de défouloir à sa mauvaise humeur !
Je dois dire que je lui trouve d'autant moins d'excuses que ni moi, ni ma soeur nous ne fûmes des enfants battus de même que les six filles Regnault ne furent pas davantage maltraitées par leurs parents aimants et unis.

Dimanche j'ai vu avec plaisir Mady Labit née Dubarry (°1920) - prononcer Labi' à l'occitane - qui est la veuve du commandant Roger Labit (°1911-1975), c'est lui qui pilotait l'hydravion dans lequel mon oncle Francis Driout (°1924-1949) a trouvé la mort près d'Arzew et comme le corps ne fut retrouvé que sept jours après il y eut deux enterrements successifs à Saint-Mandrier au cimetière militaire.
Elle descend d'Elizabeth Pomiès (°1837-1895), soeur aînée de Jean Pomiès (°1840-1879) et m'a confirmé que nous sommes bien issus des Pomiès de la Cour de Versailles au service de l'évêque de Mirepoix, Jean-François Boyer (°1675-1755), puis de son élève le Dauphin Louis et de la Dauphine Marie-Joséphe de Saxe, des filles de Louis XV, "Mesdames" et du prince François-Xavier de Saxe, cousin par sa mère et oncle par sa belle-soeur de Marie-Antoinette et aussi oncle maternel des trois derniers rois de France (c'est compliqué !).
Elle ignorait ce que m'a appris il y a quelque temps notre cousin Tersouly, Henry Michel Badie d’Arcis que Jean Pomiès se soit suicidé à la suite de la faillite de la Banque de son beau-père Jean Tersouly qu'il dirigeait depuis 1875 dans un temps où l'honneur régissait encore les relations sociales.

Roger Labit était capitaine de corvette : Marins américains et français entourent le CC Roger Labit (1911-1975) ...

Affaire Dreyfus :
Aviez-vous remarqué qu'Esterhazy rime avec Sarkozy ?

Henri Guillet (°1927) me disait que Jean Regnault (°1869-1962) était un homme du XVIIIème siècle qui avait affiché une gravure de Fontenelle dans sa chambre. Fontenelle qu'on a qualifié de pré-Voltaire en beaucoup moins turbulent, plus ironiste que satiriste et par suite plus attaché aux sciences qu'à la révolution sociale.
Jean Regnault qui fit carrière à la Banque de France (à l'époque où elle était encore le fief des deux cents familles avant sa nationalisation totale sous le Front populaire puis complétée en 1945) aurait voulu être professeur d'Histoire, il avait la passion des livres et était membre de sociétés historiques régionales comme ses aïeux.

On peut admirer l'ironie du progrès : la Banque de France est évidemment beaucoup plus démocratique maintenant qu'elle se trouve à Francfort ...
On pourrait en dire autant pour le siège de l'armée française qui se déplace à Mons en Belgique sous la haute autorité des américains.

Note sur la descendance Tersouly :
La fille d'Henry Badie d'Arcis, Mlle Fadette Badie d'Arcis enseigne à l'Alliance française à Bangkok en Thaïlande.
On peut supposer qu'elle a moins de soucis pour imposer l'ordre dans sa classe que les professeurs de niveau équivalent en France.

Regnault qui avait une intelligence profonde avait démontré dès 1863 qu'il était impossible de faire rapidement fortune à la Bourse sans informations privilégiées. Les mécanismes étant exactement les mêmes aujourd'hui qu'hier, il n'y a pas de raison que sa démonstration soit faussée par les techniques modernes des donneurs d'ordres.

Voici un article du Monde du jour :

A Wall Street, le Dow Jones se porte mieux, mais les scandales continuent. Un milliardaire américain d'origine sri-lankaise, gérant de fonds spéculatifs, et plusieurs dirigeants de grandes sociétés américaines, comme IBM, Intel Capital ou McKinsey, ont été arrêtés, vendredi 16 octobre, aux Etats-Unis, dans la plus grave affaire de délits d'initiés concernant des fonds spéculatifs.
Les différentes infractions auraient permis de réaliser 20 millions de dollars (13 millions d'euros) de profits illégaux sur plusieurs années. Les enquêteurs ont expliqué avoir été autorisés à procéder à des écoutes téléphoniques pour la première fois dans une affaire de délit d'initiés à Wall Street. Celles-ci auraient commencé en novembre 2007, à la suite de la dénonciation d'un salarié du fonds, lui-même impliqué dans une transaction illicite, et qui aurait ensuite coopéré avec la justice.
Le procureur fédéral de New York, Preet Bharara, a souligné que la justice américaine était décidée à employer vis-à-vis des financiers les mêmes outils de surveillance électronique que pour les organisations criminelles, les trafiquants de drogue et les terroristes.
Au centre de l'affaire, Raj Rajaratnam, 52 ans, son fonds spéculatif Galleon, qui gérait 3 milliards de dollars, et deux dirigeants du hedge fund New Castle, qui fut une filiale de Bear Stearns Asset Management avant la chute de la banque d'affaires, au printemps 2008. Selon une première plainte, M. Rajaratnam aurait agi avec le directeur de la trésorerie d'Intel Capital, Rajiv Goel, et Anil Kumar, directeur chez McKinsey & Co. Les faits se seraient déroulés sur trois ans à partir de janvier 2006.
INFORMATIONS "PRIVILÉGIÉES"
Une seconde plainte accuse trois autres personnes, deux dirigeants de New Castle, Danielle Chiesi et Mark Kurland, et un haut dirigeant d'IBM, Robert Moffat, de délits d'initiés leur ayant permis de gagner plusieurs millions de dollars. M. Moffat est accusé d'avoir transmis une information d'initié à New Castle au sujet du fabricant de puces AMD, obtenue dans le cadre des négociations d'affaires entre IBM et cette entreprise. Il est aussi accusé d'avoir fait parvenir des renseignements sur IBM avant la publication des résultats trimestriels du groupe. Ironie du sort, IBM vend des logiciels pour aider les sociétés à prévenir les délits d'initiés.
M. Rajaratnam aurait également bénéficié d'informations privilégiées "offertes" par un analyste de l'agence de notation Moody's à propos de Hilton, ce qui lui a permis d'acquérir 400 000 actions du groupe hôtelier juste avant l'annonce de son rachat par le fonds d'investissement Blackstone.
Au vu des chefs d'accusation retenus, les six inculpés risquent vingt ans de prison. "Aujourd'hui, demain, la semaine prochaine, la semaine suivante, les initiés privilégiés de Wall Street qui envisagent d'enfreindre la loi devront se poser la question importante : est-ce que les gardiens de la loi sont en train d'écouter ?", a averti le procureur.
Raj Rajaratnam, né dans une famille tamoule de Colombo, avait été placé au 236e rang des Américains les plus riches par le magazine Forbes. En septembre, il avait promis un million de dollars pour aider à la réhabilitation des anciens soldats des Tigres de libération de l'Eelam tamoul, à la suite de leur défaite en mai. Mais, vendredi, c'est menotté qu'il est apparu devant les caméras de télévision pour son arrestation.
Pierre-Antoine Delhommais (avec Reuters et Bloomberg.)

David Madore pense que je ne sais pas lire et particulièrement ses posts mais c'est peut-être qu'il ne sait pas se relire et se comprendre !
Il l'intitule Mettez-vous à la place des victimes...
Ce "vous" - qu'il met en question - ou je m'abuse suggère l'idée d'une société où des individus tous égaux encourent les mêmes peines, n'est-il pas vrai ? S'il n'existait pas un système de prisons modernes, que ferait-on ? Soit on accomplirait une vengeance particulière pure et simple, soit le coupable réparerait par le dédommagement de la famille de la victime (ou de la victime si elle est encore en vie). L'exemple du droit coutumier des sociétés anciennes nous montre que c'était le système adopté presque naturellement.
Ce qui est étrange c'est l'irréalisme foncier de la pensée de David Madore. Il adopte un point de vue sub specie aeternitatis qui n'existe nulle part ... après cela il doit penser qu'il est Juste parmi les Justes ! Absurdité manifeste.

On pourrait rajouter que son post est faussé par la prémisse qu'il contrepose ; mettez-vous à la place du criminel ! Qu'il croit être une phrase scandaleuse et une révélation, mais enfin ! Les avocats font cela tout le long du procès, ils sont la voix et l'émanation de l'accusé, c'est donc bien que le système judiciaire moderne - occidental - pose en principe l'égalité des droits de la victime et de l'accusé. Cela va de soi, inutile de le rappeler.

J'ai horreur d'expliquer ma pensée. Si D.Madore n'avait pas sous-entendu que j'étais un parfait idiot, je ne me serais pas donné la peine de lui répondre. Je ne le prends pas pour un idiot mais pour un pur kantiste qui vit dans un monde d'idées qui n'ont de liaisons qu'asymptotiques avec la réalité des choses humaines. C'est peut-être le propre de certains matheux ...

Il y a un monde entre nous : lui n'est jamais sorti des bancs de l'école et moi j'ai survécu en traversant tous les milieux et les plus grands dangers. Il lui est presque impossible de saisir de quoi l'étoffe de ma vie est faite. Alors qu'il m'est très facile de comprendre de quoi la sienne est tissée.

Je me suis même fendu d'un petit message chez Maître Eolas pour dire ce que je pensais du dernier verdict de "Justice à Vegas", en clair dans l'état actuel des choses on ne peut mieux faire, les améliorations de la justice ne peuvent être que marginales.
La justice américaine est évidemment plus dure que la nôtre mais elle est aussi plus populaire, les policiers-enquêteurs et les juges sont élus, ils doivent rendre des comptes ce qu'ils ne sont pas censés faire en France, c'est la différence essentielle entre nos deux systèmes.

Je suis très jaloux : iPidiblue est plus célèbre que moi ! Sur Google, il triomphe et moi je me fais tout petit ... c'est mon ombre portée qui finit par me dévorer comme dans un conte allemand.

Si l'on me demande à quelle époque je veux bien vivre, je réponds n'importe laquelle sauf celle où je me trouverais !
Bien entendu ma réponse est à l'opposée de toutes celles des autres qui pensent qu'ils sont toujours trop bons pour leur propre époque !

J'ai l'habitude de me remettre en cause perpétuellement, c'est un sport que je recommande qui donne une grande force intérieure.

Je n'aime pas l'art du professorat car c'est l'art de la paraphrase, même un professeur de mathématiques ne songe qu'à faire paraphraser ses démonstrations par ses élèves, c'est pourquoi il y a si peu de créatifs dans ce qui demeure néanmoins une forme d'art nécessaire.

L'invention en art est une forme spontanée qui transige avec les règles, il en est de même avec ce qui nous paraît le plus éloignée de notre libre-arbitre comme les sciences naturelles. La nature est féconde en ruses.

Il faut considérer les crimes des hommes comme des créations librement consenties et les juger avec des critères esthétiques exclusivement sinon l'on verse dans le larmoiement et le pathos qui font les sociétés médiocres, toutes les sociétés grégaires.

J'admets volontiers que ce qui condamne le plus sûrement les criminels c'est leur manque d'imagination.

Je suis allé à la fondation Gustav Mahler à côté du parc Monceau, dans un charmant hôtel particulier où j'ai été gentiment accueilli.
Les symphonies de Mahler m'ont toujours fait penser à des prosopopées musicales.
Wagner est plus roublard, il s'incarne en de multiples personnages, comme le magicien Klingsor son royaume est fait de vices et de vertus entremêlés comme des ronces, Franz Liszt en serait le chevalier blanc qui viendrait le délivrer de tous ses sortilèges par l'imposition de l'amour, don d'une fille-fleur, cette Cosima au nom si musical.

Henry Louis de la Grange a consacré sa vie à ce seul compositeur, chose tout à fait unique, il existe certes des chefs d'orchestres tel Sir Thomas Beecham qui ont promu un compositeur un peu marginal comme Frédérick Delius, mais c'est un cas particulier que celui d'un critique qui devient l'homme d'une seule oeuvre.

Quelques renseignement sur Jean Tersouly (°1817-1892) :
En 1833 à 16 ans, il est admis comme élève boursier à l'Institut agricole sis au château de Coëtbo sur la commune de Guer près de l'actuel camp militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. On sait qu'il conserva par la suite cette fibre malgré sa vocation d'entrepreneur et d'ingenieur puisqu'il remporta plusieurs prix aux comices et concours d'agriculture sous le Second Empire. L'institut fondé par la Société pour l'émancipation intellectuelle et le Journal des connaissances utiles d'Emile de Girardin (°1806-1881) était dirigé par le propriétaire de la demeure Hippolyte de Béchenec et supervisé par Elie de Montgolfier (°1784-1864), beau-frère de l'inventeur Marc Seguin (°1786-1875). Pierre Antoine Masson-Four (° Beaune - Paris), pharmacien à Auxonne puis à Dijon, membre de l'Académie de cette ville, professeur d'histoire naturelle à l'école forestière de Nancy à son ouverture en 1824 fut un des enseignants de cet établissement, époux de Pierrette Four, il est le père du physicien Antoine Philibert Masson (°23/8/1806 Auxonne - début 1860 Paris), l'inventeur avec Bréguet de la bobine qu'on appelle faussement de Ruhmkorff, cousin germain de Victor Masson fondateur des éditions du même nom.
Je ne sais quelle école Jean Tersouly put faire par la suite pour compléter ses études, il y avait à ce moment-là très peu d'écoles d'ingénieurs en France hormis celles des Arts&Métiers.

Le chalet de Lauquié qu'il fera construire sur le ruisseau du même nom au milieu d'un grand parc aux portes de Foix, vendu par les Mestre doit être réhabilité par la région Midi-Pyrénées et le conseil général de l'Ariège pour devenir la maison du tourisme.

Le jardin a été référencé par le ministère : Jardin d'agrément dit parc du château de Lauquié à Foix (09) Catégorie : Jardin d'agrément aire d'étude : Ariège adresse : Sud (boulevard du) auteur(s) : maître d'oeuvre inconnu propriété privée observations : Cote du dossier Environnement : 32D. Dossier de jardin repéré (non visité) type d'étude : pré-inventaire (documentation préalable, jardins remarquables) date d'enquête : 1991 rédacteur(s) : Rogez Isabelle N° notice : IA09000025 (c) Ministère de la Culture, direction de l'architecture et du patrimoine, 1991 ; (c) Ministère de l'écologie et du développement durable, 1991.
Chalet de Lauquié :
Lors de la libération de l’Ariège, le futur général Bigeard (dit alors « Aube ») s’y installera avec la mission Interalliée. Des fouilles rapides (et qui n’ont pas été poursuivies) dans le jardin du château de Lauquié, début septembre 1944, mènent à la découverte de 2 cadavres dont l’un a été tué d’un coup de revolver dans la nuque : l’on ignore toujours leurs identités.
Voir ce placard sur le Net :
Midi-Pyrénées - 23/01/2009 Actions sur le document Réhabilitation de la Maison Lauquié et l'aménagement du CDT à FOIX (09)Nom et adresse officiels de l'organisme acheteur : SA COGEMIP (Société d'Economie Mixte). Correspondant : Marie-Christine FAULON, mandataire agissant au nom et pour le compte du Maître d'ouvrage : conseil général de l'Ariège 54 Bd de l'embouchure Central Parc - bâtiment D - B.P. 22414, 31086 Toulouse Cedex 2, tél. : 05 62 72 71 06, télécopieur : 05 61 57 23 13, courriel : marie-christine.faulon@cogemip.fr, adresse internet : http://www.cogemip.fr. Le pouvoir adjudicateur agit pour le compte d'autres pouvoirs adjudicateurs. Objet du marché : mission de maîtrise d'oeuvre pour la réhabilitation de la Maison Lauquié et l'aménagement du CDT à FOIX. C.P.V. - Objet principal : 45000000. Lieu d'exécution : maison Lauquié, 09000 Foix. L'avis implique un marché public. Caractéristiques principales : l'ouvrage à concevoir et à réaliser concerne : Réhabilitation de la maison Lauquié pour y installer les locaux du Comité Départemental du Tourisme de l'Ariège à FOIX (700 m2 environ de superficie sur 3 niveaux) La part de l'enveloppe financière affectée aux travaux par le maître de l'ouvrage s'élève à : 1 200 000,00 EUR (H.T.) Quantités (fournitures et services), nature et étendue (travaux) : l'attributaire se verra confier une mission : Mission de Base + exe, conformément au décret Numéro 93-1268 du 29 novembre 1993 la mission sera décomposée en une tranche ferme, il est précisé que la mission de base comprend la réalisation de la mission de coordination en matière de Système de Sécurité Incendie prévue par l'arrêté du 2 février 1993 (soit conception du s.s.i + coordination s.s.i + fourniture du dossier d'identité S.S.I). Refus des variantes. Prestations divisées en lots : non. Date prévisionnelle de début des prestations (fournitures/services) : 16 février 2009. Date prévisionnelle de commencement des travaux : 5 janvier 2010. Conditions de participation : Situation juridique - références requises : les candidats désirant participer à cette consultation, devront notamment, présenter obligatoirement des compétences en matière d'architecture, d'ingénièrie dans les domaines techniques suivants : Bet structure, BET fluides et économie de la construction. Marché réservé : non. Critères d'attribution : Offre économiquement la plus avantageuse appréciée en fonction des critères énoncés dans le cahier des charges (règlement de la consultation, lettre d'invitation ou document descriptif). Type de procédure : procédure adaptée. Date limite de réception des offres : 30 janvier 2009, à 12 heures. Numéro de référence attribué au marché par le pouvoir adjudicateur/l'entité adjudicatrice : 32839. Renseignements complémentaires : a) les documents de la consultation seront remis gratuitement, uniquement sous la forme d'un support papier, à chaque candidat qui en fera la demande écrite à l'adresse indiquée ci-dessous - b) la transmission des offres par voie électronique n'est pas autorisée - c) autres renseignements : voir le règlement de la consultation. Date d'envoi du présent avis à la publication : 7 janvier 2009. Adresse auprès de laquelle des renseignements d'ordre administratif et technique peuvent être obtenus : COGEMIP. Correspondant : Mme Faulon 54 Bd de l'embouchure Central Parc, 31086 Toulouse, tél. : 05 62 72 71 06, télécopieur : 05 61 57 23 13, courriel : marie-christine.faulon@cogemip.fr.

Visiblement on a changé les plans initiaux puisque les 700m2 du chalet devaient abriter le Palais de Justice et maintenant la maison du tourisme de l'Ariège.

Ma contribution au débat : Jules Regnault.

Qu'est-ce qui fait la force de Racine ? La relation inverse qui existe entre la rigueur de sa langue et la crudité des actes qu'il raconte. Enoncées sans apprêts ces histoires sanglantes ou aux affects extrêmes et cathartiques tomberaient à plat comme de vulgaires faits-divers historiques mais il les transcende par l'effort du langage pour se libérer de la sphère commune. Là où ses héros échouent, la poésie réussit.
La tragédie : l'histoire d'un échec qui contraste avec une forme impeccable.

Chez Maître Eolas j'ai dit ma manière de voir le dernier volet de "Justice à Vegas" qui représente un admirable - et peut-être dernier - moyen de comprendre les ressorts de la tragédie antique ou bien moderne telle que Corneille et Racine l'ont ressuscitée. Le quelque chose d'implacable dans l'ordre social qui écrase les individus qui ne peuvent émettre que des cris inarticulés, la joie des vainqueurs et leurs pleurs, l'étouffement des vaincus, tout cela ne se voit plus guère que dans l'enceinte judiciaire restée encore pure aux Etats-Unis sans complaisance pour des atermoiements et recherches d'une vérité historique qui échappera toujours à notre attention. Que Phèdre soit la fille de Minos et Pasiphaé ne lui sera d'aucun secours face à son destin quand elle s'en ira se jeter dans la mer, cette grande réconciliatrice des âmes perdues ! On laisse le jugement sub specie aeternitatis aux âmes divines pas à la justice humaine.

Note : c'est la confidente Oenone qui se jette à l'eau mais si Phèdre s'empoisonne c'est pour obtenir une scène spectaculaire, logiquement le sort d'Oenone aurait dû être le sien, le dramaturge choisit l'inverse par commodité.

Les sociologues viennent de découvrir qu'à la télévision on n'invite que les riches, eh bien oui ! car les égouts de l'Internet sont destinés aux pauvres, dixit le gouvernement !

C'est ici !

Identité nationale = souveraineté populaire.
Si l'on veut vraiment que les français retrouvent le sentiment de s'appartenir, sentiment battu en brèche par la montée en puissance des institutions européennes et la mondialisation, il faut qu'on leur laisse se réapproprier des pans entiers de leurs responsabilités comme par exemple la justice et la police, cela passe par l'élection des juges et des chefs des polices locales comme aux Etats-Unis. Mais est-ce que vraiment les élites au pouvoir ont envie de restituer au peuple ces morceaux de souveraineté ?

Je pense que le débat lancé par le gouvernement sur ce thème restera donc fictif et qu'il n'en sortira que des symboles creux, quelque chose qui sera entre la lettre de Guy Moquet et la lettre du petit Saïd qui exprime sa nostalgie du bled !
De même qu'il n'y a que des preuves d'amour en amour, il ne peut y avoir que des morceaux de vraie souveraineté rien moins que perchés dans les nuages, et la souveraineté populaire c'est la responsabilité individuelle et politique.

Bien entendu avant 1789, l'identité nationale était tout entière symbolisée par le roi de France lui-même émanation du roi éternel qui règne au plus haut des cieux puisque nous étions dans une monarchie de droit divin, mais puisque nous sommes maintenant tous nés dans une démocratie laïque qui est censée être passée dans les moeurs, il est clair que le peuple est souverain et qu'il ne peut accepter que des détachements transitoires de sa souveraineté qu'il remet entre certaines mains à certains moments précis de son histoire civile.

C'est juste le passé que je hante ... être en phase, drôle d'idée !

Selon Georges Malbrunot de plus en plus de jeunes Européens affluent en Afghanistan, information à prendre avec des pincettes mais enfin ...

L'autre jour je faisais une livraison à Courbevoie, à deux pas des grandes tours de La Défense, un ensemble résidentiel, pas moins de cinq grilles et portes cadenassées à franchir avant de parvenir au saint des saints : le logis de l'heureux homme ! Ce doit être une antiphrase. J'avais vu sortir une Porsche du garage de la résidence et j'ai supposé que c'était cela le monde rêvé de demain, un monde où les riches vivent dans la peur et la haine.
Le plus drôle c'était d'imaginer un incendie dans l'immeuble et les pompiers mettant une demi-heure avant de franchir le seuil de l'appartement en feu et ne trouvant que des cadavres calcinés, ce qui est arrivé à Monaco dans le logement forteresse du banquier Edmond Safra enfûmé par son propre kinésithérapeuthe ivre de haine contre son patron. Car enfin aussi bien protégé se croit-il le riche est à la merci de son barbier ou de la call-girl qu'il paye pour ses menus loisirs ! Voir le banquier Edouard Stern dont les jeux spéciaux finirent plutôt mal.

Quel monde curieux où l'on proclame à tous vents la confiance en l'homme (voir la rubrique antiracisme par exemple) et où l'on fait tout pour éloigner le plus possible les contacts avec l'engeance humaine !
Le grand écart entre le langage et les usages doit-il grandir ainsi à l'infini ou bien à un moment ou à un autre le divorce sera-t-il proposé à l'issue d'une crise douloureuse ? On attend le règne des machines pour nous délivrer de la sale espèce.

Les pathologies du monde occidental quoique dissimulées par le triomphe de la technique n'en existent pas moins avec une force accrue par l'accélération du temps.
La civilisation des menus-plaisirs est aussi celle des micro-vices.

Je suis un Français de bonne roche mais il m'arrive de me demander si je ne serais pas mieux reçu en n'importe quel autre endroit au monde. Je comprends la tentation de l'écrivain de s'installer dans un exil intérieur voire d'abandonner ses pénates dans la mesure où il est étranger à tout ce qui se développe et se fait sans lui.

Dans un certain sens l'écrivain est fils de ses oeuvres plus que de son pays et s'il y est resté attaché c'est par le moyen de sa langue plus que nommément par les hommes, sa culture est autotochne, ses attaches sont ailleurs, dans ses rêves bien plutôt. L'écriture est un exil. Cela fait tâche, tous ces petits signes noirs que l'on dépose, les autres spectateurs ne comprennent pas un tel attachement à des grimoires, à de vieilles archives mortes, à des papelards à moitié détruits et rongés par l'acidité du temps. La vie se dresse contre l'écrit et l'esprit tue la lettre.

On n'a pas même l'espoir d'être intelligent aux yeux des siècles. Car l'esprit est de nature abstrait et ne s'incarne pas volontiers en quelque façon que ce soit. La seule consolation de l'écrivain : finir idiot aux yeux des autres.

La pensée politique moderne - la plus in de toutes - me fait penser au Catoblépas, cette bête fabuleuse à la tête trop lourde - ce qui est heureux car si un homme croise son regard, il meurt foudroyé - et qui se mange les pieds. Cette idéologie politique est tellement embrouillée qu'à moins d'être Alexandre et d'en trancher le noeud gordien, on ne peut que renoncer à en comprendre les tenants et aboutissants et ne la considérer que comme une religion de recours ultime quand toutes les autres ont renoncé à expliquer le monde nouveau. On se doute que celle-ci échouera aussi mais qu'importe les plus futés s'en seront bien amusés entre temps et l'auront joué comme les tartuffes des anciennes religiosités.

Une pensée politique universelle est une contradiction dans les termes, un non-sens chronique, mais qui s'en aperçoit ? Tout le monde croit que la fin des temps résoudra l'énigme et en attendant fait comme si cela avait un sens, personne n'est assez fou pour espérer comprendre d'une manière univoque l'oracle hystérique de la Pythie.

Les hommes politiques au fait des usages lancent des "mouvements", moi j'aimerais bien de temps en temps relancer l'immobilité, cette activité intérieure et spéciale, la contemplation platonique des choses et des mouvements internes, il y a beaucoup de choses en-dessous comme disait Feynman et l'on a tort d'ignorer voire de mépriser l'infra-liminaire.
L'étendue du monde est plus grande en-dessous qu'au-dessus, c'est une question d'ordres de grandeurs et je me fais fort de le démontrer à qui le veut. Les secrets sont tout proches mais nous ne les voyons pas, il faut immobiliser le temps et la matière pour les saisir. Descendre toujours plus avant, ralentir toutes choses, refroidir la Nature. La théorie des grands ensembles doit céder le pas à celle des petites quantités.

J'ai toujours pensé que Cantor se trompait avec ses constructions fantasmatiques d'ensembles de plus en plus étendus, c'est un baroque qui devient vite monstrueux et qui perd tout sens commun. Il faut tout au contraire construire les mathématiques avec le moins d'éléments possibles et parvenir à un idéal d'économie de pensées.

Dans les civilisations antérieures le plaisir transcendant c'était l'immortalité, remplacé aujourd'hui par toute une série de menus-plaisirs - réservés autrefois aux rois - si nous devons fonder notre propre royauté sur quelque chose d'un peu tangible, j'aimerais qu'on voit de la transcendance dans cette infra-page de notre conscience, dans ce qui échappe à l'attention commune. A nous d'en faire quelque chose ...

Le problème n'est pas d'être connu d'un milliard de personnes, ce qui n'est jamais qu'une manière populacière d'être reconnu, mais d'échanger des éléments de compréhension entre individus. La foule n'a rien à faire avec l'intelligence et je n'ai que faire de ce qui ne comporte qu'une quantité minimale d'esprit ...

Chacun voit vomi à sa porte ... et comme le chien qui y retourne nous revenons éternellement aux même erreurs, du même au même.

Ne croyez pas que nous nous soyons dégoûtés définitivement de nous, la Nature est ainsi faite que nous reprenons goût très vite à nos plus sales appétits une fois qu'ils sont rassasiés.

Tout est dans tout, certes ! Mais je préfère les petits tout au Grand Tout.

Le grand déclassement de la peinture comme manière de vivre et de voir.
Qu'est-ce qui différencie la peinture contemporaine de la peinture ancienne ? C'est que son inculture ne la gêne pas du tout. Tous les sujets sont égaux, toutes les matières ont même dignité.
On n'aurait pas songé à mettre sur le même plan une nature morte et une allégorie savante. Il y avait des peintres de grand genre et des peintres de petit genre. Cette remarque a été faite à de nombreuses reprises par exemple par Valéry, mais de rétrécissement en rétrécissement on se demande si l'objet même de la peinture n'en a pas été affecté, il s'agissait de refaire un monde, il ne s'agit plus que de manières dans le style du peintre, de coups de pinceau, on a donc réduit l'inspiration à sa plus simple expression, celle de la technique et de la technique on ne recherche que l'écume, la facilité en tous genres. Plus d'oeuvres concertées, plus de pensée qui prévaut avant l'acte ...
La cinématographie de l'art de peindre s'est réduite comme peau de chagrin, la dimension temporelle et donc intellectuelle déclassée au profit des genres mécaniques. L'art industriel du cinéma a vaincu la dimension artisanale du peintre qui se cultivait tout en cherchant le coup d'oeil particulier depuis l'esquisse la plus allusive jusqu'à la composition la plus concertée. Même la pornographie paraît plus aboutie que tout ce fatras de la peinture contemporaine, au moins là on met dans le mille à tous coups !

La soupe Campbell de Warhol est le nec plus ultra de nos rêves et la source profonde de nos désirs dit le psychiatre-peintre car regarder ou manger sont une même chose, il s'agit de s'assimiler le monde au profit de nos intestins, de cette machine immonde que nous ignorons mais qui nous connaît.

Ce qui n'est pas clair, n'est pas français ! restons-en là !
Et donc toute la métaphysique, toute la religiosité latente n'a rien de français, la civilisation française c'est celle de la vie en société, le français est l'animal social par excellence. Laissons à l'Orient, ce désert de l'esprit, tous ces salamalecs obscurs et abscons dans lesquels il se complaît.

Je m'auto-cite, une fois n'est pas coutume, voici ce que j'ai répondu chez Eolas au sujet du thème maintenant fameux de l'identité française :

200 Eric Coffinet.
Comme le rappelle l’historien Vincent Duclert, professeur agrégé à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et auteur de “La France, une identité démocratique” (Seuil, 2008), il existe en France un “patrimoine commun de droits et de libertés”, dont la liste est par définition ouverte, et qui constitue ce qu’il appelle l’identité démocratique de la France - expression qu’il préfère à celle d’identité nationale, dans la mesure où elle met l’accent sur un “projet politique” en devenir plutôt que sur une “définition essentialiste” fixée une fois pour toutes.

Certes ! Mais cela suppose de ne pas atomiser le droit …
Pour reprendre la thèse célèbre du rasoir d’Occam, il ne faut pas multiplier inutilement les entités et on doit respecter un principe d’économies de moyens.
La société doit rester lisible.

Maître Eolas qui a à peu près le courage d'une ombre ayant supprimé une petite histoire que j'ai racontée sur son blog, je la reprends ici. Eric Raoult fait parler de lui en ce moment, il prétend dicter la bonne parole politique aux écrivains, il se trompe de siècle et de lieu selon moi. Le personnage est d'ailleurs tout à fait conforme aux apparences qu'il se donne : un gros cochon qui se prendrait pour un arbitre du bon goût ! Ma cousine, qui est journaliste, suivait la campagne du député-maire Raoult, au bout d'un moment il la remarque car elle était jeune et jolie et il lui fait des propositions non-équivoques, bien entendu elle le renvoya à ses fonctions électives ! On sait qu'Eric Raoult est coutumier de ces numéros éléphantesques où il croit charmer les belles, une célèbre soirée électorale où il entreprit de dire sa flamme à Elisabeth Guigou tourna au désastre puisqu'elle lui répondit : Mais moi Monsieur Raoult je ne vous trouve pas du tout charmant ! Ce qui le laissa coi et complètement déconfit.

En tout état de cause, le jour où j'ai besoin d'un avocat je ne fais pas appel à Eolas car c'est une couille molle ...

Le monde a été annulé.
Nul n'en avait été prévenu, c'est pourquoi l'on voit des gens aller les bras ballants cherchant un dernier rayon de soleil ou bien faisant des gestes comme s'ils pouvaient encore se reconnaître ! Mais non il n'y a plus ni miroir, ni visage familier, il n'y a plus que des ombres qui ne veulent rien dire. Parfois un semblant de cri s'étouffe au sortir de la gorge, on sent que des êtres humains ont vécu dans ces corps dénudés, mais rien qu'un brouillard les recouvre à présent.
Alors puisque le monde n'a été qu'un grand rêve qui dura à peine plus longtemps qu'un arc-en-ciel une vague prière supplie que tout ce qui reste soit définitivement aboli et il passe une espèce d'ange d'amour qu'on prend pour un grand diable tant il est noir et ses yeux profonds comme des braises ardentes.

Le mot vulgarité aurait été introduit par Madame de Staël au sujet de la Révolution nous dit Sainte-Beuve, il rajoute que ce fut tout naturellement pour qualifier les moeurs et le langage comme les idées de cette époque de même qu'urbanité avait été initié dans la langue française dans le courant du XVIIème siècle pour sommer une période de haute civilisation.

Création d'un petit article sur le Wikiberal : Louis Bachelier.
Ceux qui pourront compléter et préciser ma prose seront les bienvenus.

Je suis extrêmement mécontent de Sfr qui m'a fait perdre beaucoup d'argent depuis début octobre en ayant changé l'adresse de mon site, en coupant régulièrement ma ligne de téléphonie fixe et maintenant je m'en aperçois en consultant ma facture téléphonique en me facturant des appels locaux !
Ces gens-là n'ont visiblement aucun égard pour leurs clients. J'étais abonné à Club-Internet depuis l'an 2000, qui fut racheté par Neuf puis cette maison par Sfr.
Bien entendu j'envisage toutes les possibilités si les choses ne s'améliorent pas et notamment de passer à la concurrence.

C'est quoi le besoin de Vérité ? Le désir de fixer un état momentané en quelque chose qui soit un peu moins fugace ? C'est donc juste une question de tempo ...

La véritable mélancolie, celle de l'intelligence, c'est de ne pouvoir se fixer sur aucun objet.
Heureusement il nous reste le recours de la bêtise, toujours à notre portée.

Un roi qui s'amuse, c'est une contradiction dans les termes, quand on est un roi de l'esprit on reste éternellement songeur, vague et rêveur, attaché à des objets incommunicables car incommensurables avec les gestes les plus communs.

Ce sont les Messieurs de Port-Royal qui ont inventé ce mot d'Egotisme qui a connu quelque célébrité par la suite et qu'ils croyaient discriminant. On sait que le christianisme rend le Moi haïssable, Stendhal a repris la balle au mot si je puis dire, pour en faire un drapeau de la singularité de ses émotions non réductibles à une apparence sociale, à une figure législative.

Etre une espèce d'esprit universel qui n'a pas trouvé son époque ... tout le contraire d'Henri Beyl